mardi 4 mai 2021

Journalisme officiel contre Paroles de citoyens


Francis Lalanne, artiste et citoyen


Le poids des mots et le choc des analyses :

J’ai vu une belle citation sur le site de Action Humaine ». Les médias ne reflètent pas ce qui se passe dans le monde, mais ce qu’on veut qu’il se passe dans nos têtes ». En plus on sait très bien qui possède les médias…
Le simple fait que bon nombre de médias sont financés par l’Etat implique, nécessité oblige, que les médias rapportent l’évangile diffusé par l’Etat et son Administration. Et les médias qui se disent indépendant ne peuvent pas échapper à cette pression.

Je le répète : Dans un temps de guerre les journalistes sont des espions des agent doubles . Dans un temps de paix les journalistes sont des informateurs de l’état... 
Il est certain que la guerre a une dimension informationnelle et que l’occident mène cette guerre qui ne dit pas son nom contre tous les pays qu’il juge s’être mis sur sa route .
De ce point de vue , l’occident est sans morale , sans pitié et le fait avec une hypocrisie qui dépasse l’entendement.

Parler de paix lorsqu’on a un tel état d’esprit est une vraie filouterie .
Et de ce point de vue ; l’occident a beaucoup d’avance et s’embarasse pas d’état d’äme .
99.9% des merdias Français (et européens et étatatsuniens) sont exactement au niveau de ceux de la Corée du Nord.
Les mensonges, les fake news etc sont diffusés 24/7 par le groupe « France Intox » et tous les autres....
Mais le pire ce sont toutes les « NO NEWS » et là c’est de loin de plus grave, silence total sur de multiples sujets graves.

Aujourd’hui les émissions de propagande qu’ils appellent ‘journal » ou « information » sont devenues une suite de reportages qui n’ont rien à faire à ces heures là « 13h ou 20h » afin de ne parler de rien.

Exemple, la situation covidienne en Inde:
“...les photo représentant des corps emballés dans des linceuls dans la rue, ou brûlés sur des bûchers cérémoniels ne correspondent pas à des morts covid mais à des morts ordinaires ou à des victimes d’un tremblement de terre…en une époque d’inversion des valeurs le mensonge devient vérité incontestable…. l’histoire est gorgée de mensonge devenue vérité….mais chut !!!

Le « complot » est avant tout dans l’attitude de l' »Europe » politique – qui n’est jamais qu’un appendice des USA, surtout des « Démocrates ».
Les attitudes des Pouvoirs en Europe de l’Ouest sont étrangement semblables. Les Fauci, les Fergusson, Buzyn, les Salomon, les Axel Kahn et les Véran y ont leurs homologues…Gaver les mutinationales, surtout US, voilà leur but, exactement comme Macron a donné Alcatel, Alstom, les compteurs…aux States.
Mais les choses changent, la construction du mensonge craque de partout…Hier, c’est le Sénat italien qui a autorisé les traitements par Ivermectine, Hydroxychloroquine, Azitromycine… 

Bientôt il ne restera à Macron et à ses potes psychopathes/assassins
qu’à tenter un coup d’Etat, ou à se barrer bien loin!
Et qu’ils crèvent, comme ils ont fait crever des milliers de Français!

Francis Lalanne : « Je le dis haut et fort : La France a sombré dans la dictature ! »

Pour conclure, un peu d'humour:

Apocalypse 13:15 “Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués.”
“C’est la pétoche à tous les étage !”


Recherche: André Chenet, pour le magazine en ligne “Désobéissance civile” d'après les commentaires de lecteurs de journaux alternatifs qui ont bien assimilés la nullité programmée des médias subventionnés. 

Photo: Francis Lalanne, artiste-citoyen exemplaire, un des rares artistes de renommée, avec Roger Waters (ex-Pink Floyd) et Gilad Atzmon (saxophoniste de jazz et écrivain israelien exilé en Angleterre) à "ouvrir le feu" selon la sublime expression du poètes français Tristan Cabral.


vendredi 30 avril 2021

L'églantine écarlate du 1er mai

 

Étoile sinistrement frappée, 
Astre, non de la seule France, symbole de mon âme ses plus précieuses espérances,

Lutte et audace, divine furie de liberté, 
Astres d’aspirations vers l’idéal lointain, rêves enthousiastes de fraternité,

Astre de terreur pour le tyran et le prêtre.

Étoile crucifiée, vendue, par des traîtres,

Étoile palpitante sur un pays de mort, héroïque pays, 
Étrange, passionné, railleur, frivole pays ! Malheureuse !

Walt Whitman, extrait du poème “Ô Étoile de France"





Le 1er Mai en soi n’est pas une fête, il est né d’un jour de grève, celui où des syndicats américains ont exigé de limiter le temps de travail quotidien à 8 heures. La répression fût sanglante et ce jour est devenu celui de toutes les luttes ouvrières.

En France, la fleur emblématique de la Fête du travail était l'églantine écarlate. Cette fleur traditionnelle du nord de la France avait été choisie en hommage aux ouvriers tués par l'armée lors d'une manifestation sanglante à Fourmies (Nord) en 1891.

Désormais en France les ouvriers épinglent une églantine écarlate, fleur traditionnelle du Nord, en souvenir du sang versé à Fourmies.

Le 1er Mai est écarlate, tâché du sang de ceux qui se sont révoltés. Le 1er Mai, c’est l’odeur de la poudre, de la répression, des 4 manifestants pendus, accusés d’avoir fait exploser une bombe, alors que c’est la police elle-même qui avait commis cet attentat afin de décrédibiliser « les anarchistes ».

Le 1er Mai est notre jour de révolte, car nous n’oublions pas. Nous célébrons tous les héros de la lutte sociale, le général Ludd fût le premier à s’être organisé contre la révolution industrielle qui transformait l’artisan en esclave des machines dans les filatures de laine. La semaine de 76 heures, le travail à 5 ans, c’est en Europe au siècle dernier (les manifestants arborent sur la poitrine un triangle rouge, symbolisant les « trois-huit » de leurs revendications : 8 heures de travail, 8 de sommeil, 8 de loisirs).

Une fleur, blanche celle-là, commence à lui faire concurrence au début du XXème siècle, dans les cortèges. Rien de politique à cela : la tradition d'offrir du muguet le 1er mai remonte au roi Charles IX (deuxième moitié du XVIème siècle), qui en avait fait un porte-bonheur. A la Belle époque, le muguet en pleine vogue s'impose comme la fleur du printemps et de l'amour.

Le 24 avril 1941, pendant l'occupation nazie, le Maréchal Pétain instaure officiellement, le maréchal Pétain, instaure officiellement le 1er Mai comme « la fête du Travail et de la Concorde sociale ». La radio ne manque pas de souligner que le 1er mai coïncide aussi avec la fête du saint patron du maréchal, saint Philippe. L’églantine rouge, associée à la révolte des classes populaires, est remplacée par le muguet). 

jeudi 29 avril 2021

Ce que disent nos dents

 de la guerre sociale



À propos du livre d’Olivier Cyran

Par 


Voilà un livre vraiment original, tout à la fois drôle et glaçant, impressionnant. Olivier Cyran y décide de considérer les dents comme symbole des inégalités, enjeu politique, porteuses parfois de douleurs terribles qui sont autant de souffrances sociales. L’ouvrage s’ouvre sur une scène traumatique, chez le dentiste : « J’avais sept ans quand j’ai connu la pire douleur de ma vie », raconte-t-il. « Une douleur de ce calibre a ceci de singulier qu’elle est à la fois indescriptible et ineffaçable : une vie plus tard, son écho grésille encore sous les sédiments de la mémoire. » De là vient la compréhension de ce que « la dent est l’objet d’un rapport de forces perpétuel et chaotique », orchestré dans les cabinets libéraux ou désormais par les commerciaux du soin dentaire low cost, celui des « classes régnantes et de leur système de prédation ».

L’accès aux soins dentaires est marqué par de profondes inégalités. « Même la très libérale Cour des comptes dénonçait fin 2016 une “érosion continue des prises en charge par l’assurance maladie obligatoire” ». De plus en plus de personnes doivent renoncer aux soins. Olivier Cyran affiche donc d’emblée la couleur – rageuse, subversive et déterminée : on est à l’ère d’une « séquence historique complètement folle qui nous met sous la triple menace d’une épidémie mortelle, d’un capitalisme avide d’exploiter l’aubaine et d’un régime politique robotisé encodé pour changer le monde en pépinière à start-up, mais qui ne semble plus gouverner que par la haine des pauvres, la démagogie raciste et la force brutale et toute-puissante de son appareil policier. » Et donc, les dents comme métaphore on ne peut plus concrète et matérielle de cette guerre sociale.

Pour en saisir tous les enjeux dans leur pleine richesse, l’ouvrage procède par quelques retours en arrière, loin dans le temps, il y a 14 000 ans avec la découverte d’un acte chirurgical de toute évidence admirable. À ce confrère qui était peut-être une consœur à l’origine de l’opération (dent trépanée, nettoyée et obturée), un dentiste d’aujourd’hui tire son chapeau. Mais aussi, bien plus loin encore, il y a… 130 000 ans : on sait que l’homme de Neandertal se curait les dents pour les nettoyer et en tentant à toute force de soulager certaines douleurs ; on trouve même trace d’une intervention sur une mandibule trouvée lors d’une fouille archéologique en Croatie, acte de dentisterie préhistorique menée avec un bout d’os et un bout de bois. De fait, le livre a de belles pages d’histoire. Il y est question notamment de l’état apocalyptique des dents de Louis XIV ; et parfois le tout vire au cauchemar : un jour, des chirurgiens lui ont par mégarde arraché un morceau de mâchoire – au point que des aliments lui remontaient ensuite par les fosses nasales (mmmm…)

On apprend que les dents gâtées, au XVIIIe siècle, étaient surtout celles de classes possédantes quand elles se sont jetées avec engouement sur le sucre venu des Caraïbes et donc de l’esclavage : l’état des dents n’a jamais été aussi désastreux dans toute l’histoire de l’humanité. Pages d’histoire terribles, justement, quand il s’agit de rappeler l’esclavage. On arrachait les dents des esclaves pour les châtier ou les reconnaître après une tentative d’évasion – mais aussi fabriquer des dentiers pour riches, comme ce dentier à dents d’esclaves de George Washington (Washington possédait toute une collection de dentiers composés de dents humaines et animales – âne, cheval, chèvre, ivoire d’hippopotame…). O. Cyran décrit la « rage mutilatrice des maîtres blancs » et, avec ces dentiers composés de dents d’esclaves, le « vertigineux concentré d’une histoire de barbarie et de pillage, où la classe dominante blanche désarme littéralement la bouche des Noirs pour armer la sienne ».

*

Aux États-Unis aujourd’hui, on estime que 36 millions de personnes sont totalement édentées ; une sur dix n’a pas les moyens d’acquérir un dentier. Quand une personne meurt d’une rage de dents qu’elle n’a pas pu soigner, elle est presque toujours noire, étant donnée l’inégalité de l’accès aux soins. En 2007, un enfant noir de 12 ans, Deamonte Driver, est mort d’une surinfection d’un abcès dentaire. Sa mère privée de couverture sociale ne possédait pas les 80 dollars exigés du dentiste pour extraire la molaire malade. On pense aussi à Kyle Willis, un jeune chômeur africain-américain de Cincinnati, mort à 24 ans des suites d’un abcès dentaire lui aussi, parce qu’il n’avait pas les 100 dollars nécessaires au rendez-vous de dentiste. « Les dents trahissent la cruauté du monde », écrit Olivier Cyran.

Mais l’essentiel du livre porte sur la France, sous la « nomenclature byzantine des actes remboursés et non remboursés », où la Confédération nationale des syndicats dentaires a pu recommander d’inscrire les patients bénéficiaires de la CMU sur liste d’attente : dans une voie de garage, pour éviter de les soigner. Une étude de Médecins de Monde menée auprès de 230 praticiens, en 2003, indiquait que plus d’un tiers refusent de prendre des « patients-CMU ».

On est très loin du serment d’Hippocrate : « Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. » C’est bien d’une « guerre sociale » qu’il s’agit. 45 % des ouvriers non qualifiés déclarent au moins une dent manquante non remplacée, contre 29 % des cadres. Olivier Cyran évoque une « discrimination débraillée » et cet « art d’ignorer les pauvres » selon l’expression de John Kenneth Galbraith. Il décrit la profession de dentistes (sans oublier les exceptions) dévorée par la « voracité chronophage propre à l’organisation capitaliste du travail ».

Les études de cas sont effrayantes. Pour O. Cyran ce ne sont d’ailleurs pas des « cas » mais des hommes et des femmes qu’il a pu parfois rencontrer. Leurs histoires sont terribles : victimes de dentistes véreux, particulièrement de ces cabinets low cost, capitalistes sans scrupules. Ainsi du cabinet Dentexia, chaîne low cost liquidée en mars 2016 « après avoir escroqué, maltraité ou martyrisé à des degrés divers environ 3000 patients ». « Jamais les dents des pauvres n’avaient été la cible d’une entreprise de démolition aussi diaboliquement performante. » « Ses dentistes, inexpérimentés et d’une incompétence tragique pour la plupart, travaillaient à la chaîne, comme des automates en surchauffe ».

Des centaines de patients en sont sortis non seulement mutilés, infectés ou édentés mais aussi ruinés. Leurs bouches laissées en lambeaux. Il faut vraiment lire ce livre et les témoignages de personnes mutilées par ces « broyeuses », symbole d’un capitalisme dentaire en pleine expansion. Des spirales de douleur et de honte, mais aussi la force de l’organisation collective pour se défendre face à ces machines à sous, avec la mise en place d’une association d’usagers de soins dentaires.

Olivier Cyran a réussi à rencontrer un dentiste de gauche… Lire son témoignage est passionnant et édifiant. Il relate les pratiques de ce milieu socio-professionnel, sa pingrerie, l’habitus aristocratique d’une majorité de la profession, son mépris de classe, son attachement souvent à son statut de chef d’entreprise plutôt que de soignant, l’ancrage affiché dans la rentabilité. Celui à qui Cyran attribue le pseudonyme de Paul Lafargue confie :

« Certains m’ont dit : T’inquiète pas en prenant de l’âge tu finiras de droite. J’attends toujours. Les gens de gauche qui virent à droite, c’est parce qu’ils n’ont jamais été vraiment de gauche. Une fois que t’as ouvert les yeux sur l’injustice sociale tu ne peux pas les refermer ».

Contre l’univers des remboursements et non-remboursements arbitraires, il avance une idée élémentaire :

« On pourrait créer des centres de soins de service public », « une gestion privilégiant l’intérêt public sur la rentabilité. Ça reposerait sur un modèle que l’on connaît et qui porte un nom : le système hospitalier. »


Ludivine Bantigny




Olivier Cyran, Sur les dents. Ce qu’elles disent de nous et de la guerre sociale, Paris, La Découverte, 2021, 296 p., 20/15€.


Source: Contretemps 


mardi 27 avril 2021

Comment le monde intellectuel et artistique a été mis « sous contrôle »


Par Aude de Kerros


Le monde de l’art a été mis au pas pour servir un projet politique. Ce faisant, au nom de la défense de la liberté, ce sont les libertés artistiques et intellectuelles qui ont été suspendues. Aux artistes et aux amateurs de trouver les ressources pour remettre la liberté au cœur du projet artistique.


Exposition Jeff Koon - D'après une photo de l'AFP

Lors de la guerre froide (1948-1991), l’Occident était aussi appelé « le monde libre ». La liberté économique était alors reliée dans les esprits à l’idée de liberté intellectuelle et artistique, notions qui apparaissaient inséparables. Lorsque le système soviétique s’est effondré et que le monde est entré dans une période d’hégémonie dominée par l’Amérique, il est devenu plus évident  que certains pays pouvaient jouir d’une grande liberté économique et ne pas accorder pour autant de liberté de pensée, de presse, de religion, de mode de vie. C’est en particulier le cas des pays musulmans. Dans certains  pays le régime peut être plus qu’autoritaire et avoir cependant des niches de liberté, comme la Chine où l’économie est suffisamment libre pour permettre aux petits entrepreneurs de se développer et aux très grandes entreprises internationales de s’installer. La liberté intellectuelle est très limitée, mais une certaine liberté existe dans les arts.

Liberté et libertés

À partir de 1991, le « monde libre », tout particulièrement occidental,  a évolué dans un sens inattendu : La vie économique ploie sous des contraintes morales, des normes, lois et règlements qui prolifèrent en tous domaines et même dans  celui des idées, art et sciences.

En France notamment, depuis quarante ans la vie intellectuelle et artistique a connu l’encadrement : la subvention a favorisé l’art officiel, attentatoire aux initiatives privées et donc à toute concurrence.  Dans ce pays, réputé pour sa liberté de parole, le prestige de ses intellectuels et artistes, on voit s’imposer des manières culturelles importées d’Amérique peu habituelle : moralisme, manichéisme, consensus obligatoire.

Totalitarisme caché ?

L’effondrement du système soviétique, l’ouverture de la Chine au monde, ont suscité en Amérique la nécessité de forger une  l’idéologie consensuelle, un art global, effaçant les diverses civilisations considérées comme source de conflits. Seule la création d’une culture mondiale fondée sur les « droits de l’homme » pouvait couvrir d’un voile pudique et vertueux une domination hégémonique.

Les agents d’influence,  avaient précédemment gagné la guerre froide culturelle et soumis en  partie le monde européen à un conformisme tourné vers New York.  Il leur fallait désormais, l’étendre au reste du monde. Il ne s’agissait plus d’une manipulation entre Occidentaux ! Il fallait créer de toutes pièces un ciment culturel, artistique, des modes de penser, de vivre, de s’habiller  partagée par tous et partout.

Plus que jamais le monde des  intellectuels, artistes et classes dirigeantes économiques est la cible de l’influence. Eux peuvent faire pression sur les élus et les régimes politiques !

On apprend beaucoup du processus en observant le système de « l’Art contemporain international », ses plateformes installées sur tous les continents, ses réseaux en mesure de créer valeurs financières, notoriété, discours, hyper visibilité. C’est une chaîne de circulation des idées, de production de la valeur : en tête, les collectionneurs milliardaires, puis les médias, experts, hyper galeries, salles des ventes, foires, ports francs et institutions muséales, artistes, entreprises de production des œuvres. Le résultat est une expression partout visible, globale, minimaliste, dé-constructive d’identité, proclamée l’unique « Art contemporain ». Il est astronomiquement coté, seul « bancable » et rentable, seul proclamé « international », seul porteur du dogme sociétal de l’humanité et de son avenir, seul protecteur du genre, du climat, de l’immigration, etc.!


Les méthodes de soumission : inventaire

La cooptation ou l’effacement

La règle du jeu est claire : si l’artiste, l’intellectuel, le chercheur ne reconnaît pas la nouvelle définition et fonction de l’art, de la pensée et de la science, il est écarté de toute reconnaissance, carrière, financement, colloque, visibilité médiatique, circulation internationale. La non-correspondance aux normes suffit pour connaître la mort sociale.

Si un « non conforme » acquiert une visibilité, l’élimination se fera par dénigrement, accusation médiatisée, condamnation en meute : pas d’arguments, des adjectifs ! La première rafale que recevra le dissident sera : ringard ! réactionnaire ! pasticheur ! populiste ! ou, à l’américaine : « déplorable ! ». Si cela ne suffit pas, la deuxième rafale est diabolisante : fasciste !  extrême droite !

La consécration des médiocres

Pour que les plus reconnus soient aussi les plus soumis, et puissent donner espoir au plus grand nombre, les artistes cooptés sont d’une médiocrité spectaculaire. Ainsi ils doivent tout à ceux qui les consacrent. Les artistes les plus médiocres peuvent  alors s’identifier aux plus reconnus et espérer entrer dans la boucle. Leur soumission est ainsi acquise.

A lire aussi : Stratégies de manipulation des milieux intellectuels et artistiques : peur, sidération, et confusion (1947-1991)

L’arme de la confusion cognitive

En pleine guerre froide culturelle, les milieux de consécration et d’influence avaient attribué le rôle de leurre aux intellectuels et artistes : en étant critiques, détourneurs, dé-constructeurs, ils démontraient que « le monde libre » non seulement ne combattaient pas leurs engagements révolutionnaires, mais les consacraient et subventionnaient. C’est ainsi qu’ils prirent massivement le chemin de New York et des universités américaines.

Le jeu d’influence, après 1991, en période hégémonique leur donne comme mission la création d’un autre leurre : occuper l’espace médiatique de suffisamment d’images, de lieux communs, de slogans idéologiques pour créer l’illusion d’une réalité sociale et humaine globale, de faire prendre un microcosme vivant « en mode international » pour le tout. Cette haute sphère, cercle de financiers, intellectuels, artistes, gens de médias, etc. serait la vraie humanité « contemporaine », le reste du monde ayant potentiellement déjà basculé dans les poubelles de l’Histoire. Ainsi un libéralisme radicalisé a, comme le communisme totalitaire, une foi égale en la fatalité de l’Histoire. Le nouveau totalitarisme est là : une humanité unique, un art unique, une pensée unique, une science unique, pour le bien unique. Une dernière utopie !?

C’est ainsi qu’un totalitarisme caché dans le libéralisme a été justifié intellectuellement.

Contribuer à la victoire finale du globalisme c’est agir pour  le « triomphe du bien », c’est aller dans le sens du progrès : la restriction de la liberté, les violences non sanglantes, mais mortifères sont excusées en raison de la subtilité et douceur des  manipulations fabriquant l’assentiment. Ce qui est exclu ? L’adhésion du public, le langage commun, le débat, la diversité de la création.

Les détournements sémantiques, les changements de définitions

Le changement de définition des mots art, science, musée, création, etc. a été le premier grand chantier de la déconstruction non seulement de la civilisation occidentale, mais aussi de toute forme de grande civilisation. Ainsi la notion la plus anciennement déconstruite, vers 1960, est le contenu du mot « art ».

Les mots « art » et « Art contemporain » ont acquis un sens exactement contraire l’un de l’autre. Cette inversion a provoqué une confusion totale de toutes les notions adjacentes telles que celles de la valeur intrinsèque et ses critères. De même les mots « artiste », « histoire de l’art », « musée » n’ont plus le même contenu.  Ce modèle très efficace de manipulation où seuls les joueurs qui en tirent argent et pouvoir connaissent les règles du jeu, à entraîné des phénomènes semblables dans d’autres domaines : université, science, recherche. L’encerclement cognitif par le vocabulaire, les normes, lois, morale devient complet lorsqu’on y ajoute de façon perverse la culpabilisation, diabolisation, peur. C’est ainsi que la période hégémonique a connu le phénomène, difficile à imaginer en Occident, de la criminalisation de l’art et des idées.

Les plafonds  intellectuels et artistiques sont aujourd’hui établis. On entend de plus en plus : « vous ne pouvez pas dire ceci ou faire cela ! »

Comment peut-il exister une dissidence dans un monde libre ?

L’exemple français montre la contradiction. Il s’y est manifesté une dissidence d’intellectuels et d’artistes dès le début de l’étatisation systématique de la création (1981). Les médias ne l’ont pas relayée, mais diabolisée.

Diverses institutions (FRAC, DRAC CNAC, etc.), un corps « d’inspecteurs de la création », un budget conséquent, le contrôle de l’enseignement des écoles d’art, des médias, de centres d’art, ont tué le monde privé de la création par une concurrence déloyale. Ainsi, la diversité artistique non officielle est vite devenue invisible. L’art d’état est devenu « total », en se proclamant à la fois institutionnel et transgressif. Cette caractéristique lui permettait de donner pour rôle à son art officiel celui de la subversion permanente. L’État assurait ainsi lui-même la dissidence.

La camisole du conformisme a suffi à établir ce rapport de forces. Y résister demande sacrifice. Soljenitsyne disait : « En Occident vous n’avez pas besoin du Goulag, le manque de courage suffit ! »

Peu à peu ce qui s’est passé dans le monde des arts et sciences « humaines », mises au pas dès les années 1990, se passe aujourd’hui également dans le monde des sciences.

La création, la connaissance, la recherche libre, en Occident, se perpétue de plus en plus dans les marges, avec peu de moyens. Pensée cachée, art caché, sont le résultat d’un totalitarisme caché. L’invisibilité des dissidents actuels en Occident est plus importante que celle des dissidents soviétiques des années 1960 à 1990, pris alors en charge par la presse occidentale. 

L’effet boomerang – Les dé-constructeurs déconstruits

Lors de cette dernière décennie, l’hégémonie en place s’est affaiblie. La technologie numérique a rendu la dissidence, visible et audible. L’Art caché apparaît, à ceux qui le recherchent, dans toute sa diversité. En l’espace de trente ans, le samizdat est passé, du carbone, à la photocopie, puis au numérique. Il est devenu ainsi international. Le débat, le partage des idées, des savoirs, a repris place dans la vie intellectuelle. La révolution digitale a provoqué progressivement, à partir de 2005, des « disruptions » majeures. Les  institutions d’état, universités, musées, médias, etc., ne sont plus les seules références. Comme en URSS après 1960, un magistère parallèle, un lieu alternatif du débat, de la vie intellectuelle s’initie sur Internet pour trouver une réalisation au-delà. Les marges deviennent des centres vivants et actifs. La relation des personnes avec les médias, jadis asymétrique, ne l’est plus. L’Occident retrouve son modèle concurrentiel y compris dans l’art, la science et les idées.

Beaucoup d’intellectuels et artistes occidentaux ont progressivement compris la façon dont ils ont été manipulés et pris conscience de la perte de leur autonomie. Ils mesurent leur responsabilité. Ils comprennent qu’en manipulant leur public, ils se sont inclus eux-mêmes dans la boucle d’asservissement. Nombreux, ils deviennent dissidents.

L’idéologie hégémonique a perdu innocence et vertu. Elle est perçue aujourd’hui comme une utopie qui ne peut exister qu’imposée, car peut-on accepter de renoncer à l’héritage d’une civilisation, à effacer toute mémoire, sans qu’il y ait eu violence ? Est- il possible de vouloir « en même temps », liberté et globalisme ?

Aude de Kerros



Source: Conflits


mercredi 14 avril 2021

Que la révolte soit! (pamphlet)

Suivi de "Lettre ouverte aux Insoumis" de Francis Lalanne


Lithographie de Jean-Michel Follon


à Francis Lalanne

 

Je dis, j'affirme que depuis la trahison contre la nation française à l'issue du référendum de 2005 sur la constitution européenne, tous les gouvernements (Sarkozy, Hollande,Macron) qui se sont succédés depuis lors sont absolument dépourvus de légitimité, les votes peureux d'une minorité des électeurs les ayant porté au pouvoir ne furent alors que parodies d'élections dont la démocratie, déjà très mal en point, a fait les frais pour le plus grand bien des prédateurs internationnalistes.

En 2005, l'Etat dit de droit a ouvert en grand la porte de ses palais, ministères et administrations publiques aux propriétaires manipulateurs assoifés de pouvoir du grand capital privé. La République, au sens coutumier du terme, s'est joyeusement tirée une balle dans les deux pieds et joue maintenant à la roulette russe sur ordre de ces médecins “malgrès eux” que sont les banquiers, les hommes d'affaires milliardaires qui trônent au saint-siège de la Société Anonyme européenne (U.E.).

En France, les mises en scènes à répétition du terrorisme islamique, les violences intolérables commises contre les Gilets Jaunes, que n'avaient même pas enduré nos braves soixante-huitard, et maintenant le spectacle lugubre du CoronaCircus témoignent de la mentalité abjecte de nos dirigeants, et de leurs obligés, préoccupés davantage par l'enrichissement démesuré des castes qui les ont mis en place que par l'intérêt commun pour lequel ils n'ont que dédain et qu'ils associent à une sorte de totalitarisme rouge, c'est à dire une maladie mortelle (hommage en passant aux membres du CNR historique). La France dupée a omis de se soulever (par pudeur?) lorsque le nabot otanesque de la sinistre boutique de farces et attrappes à piéger le gogo (l'honnête citoyen) a fait adopter à grands frais de flans au caramel chimique le traité de Lisbonne, gloups!

Depuis plus d'une année, le bal Elyséen des pourris culs-et-chemises continue de plus bel sur les airs martiaux covidiens de “La Patrie en danger Tagada Tsoin-Tsoin” dont le piètre meneur de jeu dans ce casino mondialiste qu'est devenue la France, nourri par Rotschild, Attali & co fait figure d'anti-héros de mauvaise B.D. et/ou de précieuse ridicule se goinfrant de brioches tendres et dorées tandis qu'une importante portion de la population gauloise est repoussée vers “la décharge publique”, là où il va falloir “coûte que coûte” apprendre le Système D. (Système Démerde, disait mon grand-père) et chercher sa nourriture parmi les rebuts, les cadavres et les déchets empestant l'atmosphère que nos charmants écolos climatisés bon chic bon genre se chargeront de purifier avec les produits phytosanitaires de chez Johnson & Johnson recyclé dans les vertes énergies qui font rêver d'un monde meilleur ayant retrouvé les parfums suaves de lait et de miel du paradis perdu de l'enfance.

N'est-il pas décidément devenu urgent de désobéir une bonne fois pour toutes avant que les vaccins ne nous aient définitivement bouché nos si fragiles circonvolutions cérébrales avec les caillots épais d'imbecillité du consentement de masse? Ne pas AGIR collectivement et avec la plus grande fermeté dans la situation de désordre organisé où nous nous enlisons inexorablement semaines après semaines reviendrait à bénir nos bourreaux-inquisiteurset à renoncer définitivement à cette chance tellement inespérée qui nous a fait naître en tant qu'êtres humains dont l'intelligence, paraît-il, est unique sur cette “terre qui est parfois si jolie”.

André Chenet, chantre de la chienlit




…/...

En pratique, la République française contemporaine n’est plus un État de droit, puisque les dirigeants ne sont, sauf exception, jamais sanctionnés (quand c’est le cas, ils le sont très légèrement) pour leurs délits, crimes ou actes de haute trahison. D’ailleurs, le 23 février 2007, la nouvelle rédaction de l’article 68 de la Constitution supprime la référence explicite à la haute trahison et élargit le champ de cette responsabilité présidentielle aux « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat » comme cause de destitution.

Parallèlement, les citoyens sont soumis à une répression policière de plus en plus sévère.

Pourtant, c’est la croyance en l’État de droit qui confère à cet État « le monopole de la violence physique légitime » (Monopol legitimer physischer Gewaltsamkeit) pour reprendre la formule de Max Weber.

Or, cette légitimité est accordée à l’État – le Léviathan comme l’appelait Thomas Hobbes – par le peuple en vertu d’un contrat simple et clair : le peuple confie à la force supérieure, le Léviathan, l’État, sa volonté, en échange de la sécurité. La sécurité implique l’usage, en cas de nécessité, de la violence contre ceux qui mettraient en danger le peuple. Ainsi, Thomas Hobbes écrivait dans son ouvrage majeur, Le Leviathan :

« La fonction du souverain, qu’il soit monarque ou une assemblée, consiste dans la fin pour laquelle le pouvoir souverain lui a été confié, à savoir procurer au peuple la sécurité, fonction à laquelle il est obligé par la loi de nature, et il est obligé d’en rendre compte à Dieu, l’auteur de cette loi, et à personne d’autre ».

Suivant cette définition qui a fondée l’État moderne occidental, la France n’est plus un État de droit, car l’Exécutif n’exerce pas la violence pour protéger le peuple mais mène une guerre privée contre lui pour défendre des intérêts particuliers, ceux de l’oligarchie, des lobbies et des réseaux.

La République et ses représentants perdent ainsi leur légitimité. Et ce n’est pas là un point de détail. La perte de légitimité annonce l’effondrement du régime, d’où la rigidification accélérée du pouvoir exécutif ...

…/...

L’oligarchie, ses auxiliaires et ses salariés se serrent les coudes quand la colère populaire monte. En définitive, ils vont tous dans le sens de l’abolition de l’État de droit.

Youssef Hindi, In L’abolition de l’État de droit et la renaissance de la violence politique


Source: Strategika


Lettre ouverte aux « Insoumis »




par Francis Lalanne


À l’heure où la police verbalise des parlementaires du groupe LFI (la France insoumise), Francis Lalanne n’en démord pas et s’insurge qu’ils n’honorent pas davantage leur nom : plutôt que de s’en plaindre, ils feraient mieux à son sens de déclencher le désormais fameux « article 68 » de la Constitution qu’il appelle de ses vœux. Une tribune qui s’inscrit dans la lignée de son « J’appelle ! » qui avait été suivi d’une « Lettre à Monsieur le président de la République Française : « Et revive la France ».

Vous, CLÉMENTINE AUTIN, HUGO BERNALICIS, CAROLINE FIAT, ÉRIC COQUEREL, DANIÈLE OBONO, et toi, Cher ALEXIS CORBIÈRE…

Vous, MATHILDE PANOT, BASTIEN LACHOT, MURIEL RESSIGUIER, MICHEL LARIVE, SABINE RUBIN, JEAN LUC MÉLENCHON, BENEDICT TAURINE, LOÏC PRID’HOMME, ADRIEN QUATENNENS, JEAN-HUGUES RATENON…

Et vous, FRANÇOIS RUFFIN !

Vous qui dites aux Françaises et aux Français que vous êtes insoumis, comment pouvez-vous vous soumettre ?

Comment pouvez-vous cautionner par un refus d’agir, le coup d’État que le chef de l’exécutif inflige à nos institutions, et à notre pays ?

Comment pouvez-vous laisser libre cours à cette véritable dictature « sanitaire » que l’actuel gouvernement impose au peuple de France ?

Comment pouvez-vous ne pas vous révolter lorsque la loi dite « sécurité globale », veut désormais faire entrer le totalitarisme technocratique dans le droit commun ?

Comment pouvez-vous continuer à dédouaner par votre inertie le responsable du désastre national dans lequel est plongé notre pays, en le laissant sous vos yeux réaliser impunément ce qui n’est rien d’autre qu’un coup d’État ?

Vous qui dites aux Françaises et aux Français que vous êtes insoumis, comment pouvez-vous ainsi vous soumettre ?

Comment pouvez-vous VOUS soumettre, et soumettre la France à une politique vaccinale criminogène, une persécution sans précédent du corps médical qui se trouve aujourd’hui privé de son droit de prescrire et de son devoir de soigner ?

Comment pouvez-vous ignorer d’avantage le moyen constitutionnel de saisir la Haute Cour de justice par l’article 68 pour incriminer celui qui est le principal fauteur de ce qui s’avère désormais être une politique suicidaire, voire génocidaire ?

Comment pouvez-vous l’exempter ainsi de ses crimes, alors que chaque jour des Françaises et des Français succombent aux mesures à géométrie variable qui leur sont assénées comme le couperet de la Guillotine, sous la Terreur, dans le seul intérêt des laboratoires pharmaceutiques ?

Comment pouvez-vous tolérer l’éradication de toutes nos libertés fondamentales et de nos droits humains, par une bande de Putschistes en col blanc se servant des moyens de l’État pour s’emparer du Bien public et de sa Puissance ?

Comment pouvez-vous accepter l’inacceptable sans même tenter d’en référer au Pouvoir Judiciaire selon la Règle constitutionnelle ?

Vous qui dites aux Françaises et aux Français que vous êtes insoumis, comment pouvez-vous ainsi vous soumettre et remettre aux calendes la solution au malheur qui chaque jour précipite un peu plus la France dans la ruine et la désolation ?

Comment pouvez-vous décréter que la dépression collective résultant de la dictature que nous subissons peut attendre encore plus d’un an qu’un « MARÉCHAL » issu de vos rangs, soit porté au pouvoir pour devenir « le sauveur de la France » !

Vous qui dites aux Françaises et aux Français que vous êtes insoumis, comment pouvez-vous vous soumettre au principe éculé de l’homme providentiel ?

Il n’y a pas d’homme ou de femme providentiels !

L’homme ou la femme qui va sauver la France, n’existe pas !

Seule la France peut sauver la France !

Et dans le Système actuel, seule la Représentation nationale en tant que dépositaire de l’autorité publique a le pouvoir d’agir concrètement contre un abus de Pouvoir exécutif, pour que la France se sauve elle-même !

Que ne le faites-vous puisque vous avez ce pouvoir ?

Que n’usez-vous de ce pouvoir sacré d’être la France en la représentant, pour porter haut la voix de ce peuple souverain dont on veut aujourd’hui refaire un Tiers-État ?

Que ne faites-vous valoir votre insoumission à la pensée tyrannique en vous affranchissant publiquement de la corruption des deux assemblées ?

Que ne vous levez vous dans l’Hémicycle, non pour faire des bruits de bouche, mais pour mettre à bas le tyran au nom du peuple français ?

Vous qui dites aux Françaises et aux Français que vous êtes insoumis, reprendrez-vous à votre compte la stratégie politicienne indigne consistant à spéculer sur le marasme économique et moral dans lequel est précipité la société française, pour arracher au mécontentement public les votes qui manquent à votre intérêt privé ?

Amies et Amis du parti des insoumis ! Nous nous sommes côtoyés de près et de loin pendant la révolte des Gilets jaunes !

Aujourd’hui, je vous le dis avec l’amitié et le respect que je veux conserver pour vous dans mon cœur : ne nous proposez pas de remplacer un tyran par un autre comme solution à l’urgence d’en finir avec la tyrannie dans notre pays !

C’est maintenant qu’il faut agir et non en 2022 ! Vous en avez les moyens à l’Assemblée nationale. Mettez, je vous en conjure, ces moyens en action !

Vous avez crié dans la rue pendant un an avec les Gilets jaunes : « Macron Démission ! »

Qu’avez-vous à perdre aujourd’hui à crier au cœur de l’Assemblée nationale : « Macron DESTITUTION ! » ?

Formez le bataillon des représentants du peuple qui peuvent par un moyen constitutionnel mettre au banc des accusés celui qui veut siéger désormais sur le trône de France ! Et qui, à votre nez et à votre barbe, se fait roi de ses propres mains !

C’est maintenant qu’il faut agir et non en 2022 ! C’est maintenant car le temps presse ! Car sous l’impulsion du président de la République et de son gouvernement, on tue des Françaises et des Français chaque jour.

Comme l’écrit Roland Dorgelès dans « Les Croix de bois » : « au secours ! on assassine des hommes !… »

On met en danger des Françaises et des Français en usant des Pouvoirs Publics !

En confinant les bien-portants et en refusant de soigner les malades, on met en danger des Françaises et des Français !

En faisant obstacle par la force publique aux traitements précoces, on met en danger des Françaises et des Français !

En empêchant le corps médical responsable de soigner et de prescrire, on met en danger des Françaises et des Français !

En imposant des vaccins qui n’en sont pas ; et en transformant ainsi à leur insu nos concitoyennes et concitoyens en véritable animaux de laboratoire, en véritable cobayes, on met en danger des Françaises et des Français !

Amies et amis du parti des insoumis, pendant que le chef du Régime actuel use de son mandat pour mettre en danger des Françaises et Français, vous ne pouvez ni ne devez plus remettre à demain votre pouvoir et votre volonté de ne pas vous soumettre !

Car ce pouvoir et cette volonté doivent demeurer l’expression du peuple français.

Députées et Députés de la France insoumise ! Vous devez sans plus tarder, vous porter au secours de celles et ceux qui vous ont confié l’intégrité de la chose publique et la garantie des droits humains !

Sauvez la vie et l’existence de vos électrices et de vos électeurs !

Sauvez l’honneur perdu de la Représentation nationale !

Mettez à bas le Tyran !

Ici !

Et maintenant !

Si vous êtes insoumis vous n’avez point besoin pour cela d’en demander l’autorisation à un quelconque chef !

Rassemblez -vous ! Ressemblez-vous !

Trouvez dans tous les groupes celles et ceux qui au fait de leur responsabilité d’élus se joindront à vous ; abolissant le temps d’une trêve, les divergences particulières pour la sauvegarde de l’intérêt général.

Je vous en conjure, ne donnez plus aux Françaises et aux Français l’image d’un élu qui touche 5 000€ et bientôt 7 000€ d’argent public pour privilégier les intérêts de son parti et non de sa patrie.

Vous qui dites aux Françaises et aux Français que vous êtes insoumis je vous exhorte par la présente à ne plus vous soumettre ni au chef de l’exécutif ni à quelque autre chef que ce soit…

Je sens dans mon cœur et dans mon ventre, que vous brûlez d’agir.

Je suis certain au plus profond de moi-même qu’il ne peut en être autrement.

N’attendez plus ! Agissez !

Le chef de l’exécutif a manqué manifestement aux obligations qui sont celles du président de la République.

Il doit de ce fait être destitué.

La saisine de la Haute Cour de justice permettra enfin publiquement de faire valoir aux yeux de toutes et de tous, que ses erreurs et ses fautes ont privé le peuple de France du droit qu’on lui présente aujourd’hui comme étant le seul essentiel : le droit à la santé !

Il est primordial pour l’avenir de la France et celui de la démocratie dans le monde qu’Emmanuel Macron soit destitué avant la fin de son mandat !

Et même si les deux assemblées en venaient honteusement à le gracier, il ne le serait pas pour autant aux yeux de l’opinion publique qui le destituera dans les urnes.

Vous qui dites aux Françaises et aux Français que vous êtes insoumis, si vous l’êtes vraiment : pour l’amour et l’honneur de la France, déclenchez l’article 68 !


Source : https://www.francesoir.fr/



jeudi 8 avril 2021

Nouvelles de Syrie après dix années de guerre


Syrie / Désormais, nous savons ce qui nous rapproche d’autres peuples…

Lettre de Nadia Khost, écrivaine syrienne



Vue de Damas


Mes chers amis, 

Nous ne nous sommes pas revus depuis votre lointaine visite en Syrie. Et, aujourd’hui, nous voici dispersés en divers points de la planète, l’entrée dans certains pays arabes étant désormais chose plus facile pour un Américain ou un Israélien que pour un Syrien. 

J’ai senti dans votre courrier une certaine tristesse à notre égard. Vous avez raison. La Guerre Mondiale qui a suscité l’écriture de tant d’épopées n’a duré que quatre ans, tandis que la guerre contre la Syrie se poursuit depuis dix ans. Une guerre menée avec la participation de grandes puissances ainsi que de petits États et au cours de laquelle les crimes commis ont bénéficié de la couverture de conférences de presse internationales, de réunions de chefs d’États européens, de larmes d’organisations humanitaires et d’un cortège d’intellectuels syriens. 

Croyez que je mesure votre tristesse. Dix années de nos vies et de la vie de nos enfants englouties dans une guerre qui a raccourci nos routes et nous a privés de nos forêts comme de nos montagnes, tandis que le sable de nos plages a oublié les traces de nos pas. Dix longues années au bout desquelles même la joie normalement inspirée par la floraison de nos bigaradiers et de nos cédratiers ne peut plus dissiper notre amertume, puisque les ailes du bonheur ne se posent qu’en pays sûrs. 

Néanmoins, même les enfants ont résisté en chantant. Certains ont continué à défiler sous les obus des groupes armés et nous avons marché à leurs côtés. Un obus est tombé à un pas de nous et lorsque nous sommes rentrés sains et saufs chez nous, nous avons célébré notre victoire sur la mort dans le pays du premier alphabet.

J’espère que des experts sincères écriront la vérité sur cette guerre menée contre nous, vu que généralement les Syriens accomplissent des exploits et passent outre sans les fixer pour l’Histoire. J’espère qu’ils se souviendront de ces jours difficiles, notamment du jour où le président français Hollande a déclaré à Poutine que la carte de la Syrie était désormais tel le damier du jeu d’échecs, signifiant la partition de fait du territoire de l’État syrien. Et ce, au moment même où les terroristes tentaient d’envahir le quartier d’Al-Qassa’ depuis la Place des Abbassides et d’entrer dans Damas depuis Daraya. 

Daraya, cette banlieue de l’ouest de Damas transformée en caserne de terroristes hébergeant des Américains, dont un agent de la CIA suscitant l’envoi de toutes sortes de messagers à sa recherche ; alors que les obus de mortiers pleuvaient sur les rues de Damas et interrompaient le silence de ses nuits, que « les bannières noires » flottaient sur les banlieues voisines de Jobar et de Zabadani, et alors que nous disions adieu à nos enfants et à nos époux partis étudier ou travailler sans aucune certitude de les retrouver sains et saufs à leur retour. 

Les terroristes ont même bombardé la Faculté d’architecture en plein centre de la capitale ainsi que l’Opéra de Damas. Cependant, les vendeurs de légumes sont restés disponibles, les magasins et les pharmacies ont gardé leurs portes ouvertes, les cliniques ont continué à recevoir les patients, les fonctionnaires ont tenu leurs postes dans les différentes institutions, les musiciens n’ont pas interrompu leurs répétitions, les concerts se sont poursuivis et les invités aux soirées culturelles ont répondu par leur présence. 

Jouions-nous avec la vie et la mort ? Probablement. Mais posons plutôt la question de savoir pourquoi un tel destin monstrueux a soumis le pays de tant de civilisations à autant de démantèlement et de destruction. Cela ne peut s’expliquer que par le fait que la Syrie, l’Irak et le Liban ont combattu Israël et qu’ensemble nous représentons le front oriental de ce combat. Explication à laquelle il faut ajouter la haine du faux contre l’authentique tout autant que la haine de l’inculte contre les héritiers de la civilisation. Bush n’a-t-il pas déclaré qu’il ramènerait l’Irak à l’âge de pierre ?

Malgré nos propres souffrances, nous ressentons douloureusement ce qui est arrivé à l’Irak et nous craignons ce qui risque de lui arriver encore avec la présence des Étasuniens sur son sol, car nous ne sommes pas habitués à penser uniquement à la Syrie, notre cœur étant toujours tourné vers ces pays frères avec la certitude que, de Bagdad à Beyrouth, le même sort nous est réservé sur la carte des partitions israélo-américaine.

Une certitude fondée sur le complot ourdi contre la Syrie par les États-Unis à cause de son importance géopolitique ? Certainement pas ! Cela, nous le savions bien avant eux avec, cependant, une vision différente de la leur. Une vision qui nous invite à défendre ensemble la dignité de l’arabité et de la personne humaine contre la barbarie occidentale que nous devons vaincre et évincer de notre Histoire. 

Nous comprenons donc pourquoi une nouvelle guerre a démarré contre nous : une guerre dirigée contre notre Livre syrienne et notre pain parfumé. 

Nous comprenons pourquoi l’occupant étasunien et ses agents kurdes volent notre blé ainsi que notre pétrole et, comme leurs ancêtres pilleurs, coupent les routes qui mènent à nous dans l’espoir de dessiner une nouvelle réalité sociale au sommet de laquelle trôneraient les courtiers de guerre et dans le gouffre de laquelle tomberait le peuple appauvri. 

Nous comprenons pourquoi nous faisons la queue devant les stations-service et les fours à pain, alors que si vous demandiez à l’un de ceux qui patientent dans les files d’attente s’il accepterait un accord favorable aux États-Unis et à Israël pour en finir avec la crise, il sursauterait de colère et vous répondrait : « Dans ce cas, comment nos anciens pourraient-ils nous pardonner ? Les ‘Martyrs de Mai’ n’ont-ils pas été les premiers à nous éclairer sur le sionisme ? ».

Avant la guerre, je n’avais pas imaginé que nous étions capables d’autant de patience et de courage. Est-ce le cas parce que nous sommes convaincus que notre défaite plongerait la région dans les ténèbres et la barbarie ? Est-ce parce que nous pensons devoir payer le prix du changement des relations internationales ? En effet, nous aurons contribué pour une large part à l’avènement d’une nouvelle réalité : celle d’un monde désormais multipolaire.

Mes amis, ne vous inquiétez pas pour moi. Certes, durant cette guerre, j’ai souvent pleuré de tristesse devant les souffrances du peuple et du pays. Une tristesse qui n’a cependant rien à voir avec la résignation ou la faiblesse. D’ailleurs, les Syriens n’ont jamais courbé la tête, sauf lorsqu’ils ont été décapités par les terroristes wahhabites. 

En revanche, nous avons perdu nos belles illusions quant à l’idée que tout Arabe est plus proche de nous que le Russe, l’Iranien et le Vénézuélien. Nous avons découvert que ce qui unit ou divise les gens tient de la vision, du comportement et de la conscience. 

Dr. Nadia Khost

03/04/2021

Source originale : https://www.facebook.com/nadia.khost

Texte traduit par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne, auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe. Elle vit à Damas.

Source: Mondialisation.ca

mardi 6 avril 2021

Métaphysique de la Trouille

 Ou Psychopathologie du Covid


Par Guillaume de Rouville

.PPPPPPP

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.Les âmes féroces ont eu soif. Très soif.

Elles se sont abreuvées de notre lâcheté.

Les âmes féroces ont eu faim. Très faim.

Elles se sont repues de notre hébétude.

*

Tous unis et égaux dans la pleutrerie.

La collectivisation (à peine) forcée de notre veulerie.

Un spectacle unique dans les annales de l’épopée occidentale : une (quasi) unanimité dans la reculade, la retraite et la soumission face à un ennemi à peine plus grand que le néant.

La peur du bourgeois cultivé devant le célèbre microbe se fondant dans celle des masses apeurées par la peur même : voilà le triste spectacle qu’il nous a été donné de voir, de contempler et de subir.

*

Un air de 40, avec ses ombres rasant les murs, ses délateurs dénonçant les faibles, les milices (sanitaires et morales) militant pour l’hystérie collective, les kapos capitulant devant la hiérarchie des hiérarques bureaucrates au service des Princes de Davos.

La police de la pensée et des bonnes mœurs aux ordres de la trouille.

La trouille comme métaphysique d’une humanité en quête d’effroi et de servitude.

*

« Le courage est signe d’inégalité » dit le démocrate.

L’esprit démocratique a donc eu raison de notre esprit de conquête et s’est mis à cajoler la trouille pour en obtenir ses faveurs comme il le ferait devant son maître et bourreau.

L’égalité des peurs comme rouleau compresseur de notre prétention au courage.

*

Il y a dans le courage trop d’aristocratie pour être toléré par les élites progressistes.

Trop de prétentions à la vie pour n’être pas suspecte aux yeux de ceux qui veulent en contrôler le cours et les débordements.

*

.Trois formes de courage ont manqué à l’époque.

Le courage moral pour commencer : celui de ne pas croire sur parole l’expertise médiatique assénée sans répit à nos sens égarés ; celui de ne pas suivre la meute sanitaire voulant entraîner l’humanité dans le délire des objurgations paradoxales infinies ; celui de s’opposer à l’hystérie s’emparant de tous les rouages grégaires de la psyché humaine pour broyer à néant toutes les tentatives de pensées autonomes et sereines.

Il a fallu, en effet, du courage moral à chacun pour écouter sa voix intérieure, son instinct et oser penser ou percevoir à rebours de la marée montante des mauvaises nouvelles fabriquées à la chaîne et engager toute son âme contre la pression sociale des regards réprobateurs cherchant à couler les pensées dans le moule commun du conformisme terne et de l’obéissance blême.

S’opposer au flot des vérités imposées requiert d’abord un peu de courage moral. Car, avant de pouvoir mouvoir son corps contre la digue des contrevents, il faut être capable d’élever son âme au-dessus des averses et des flots.

Le courage physique ensuite : celui de ne pas obéir au port du masque, au confinement et de continuer une vie hors de la Nouvelle Normalité en se confrontant aux mille édits sanitaires avec résolution et panache. Ne céder ni devant l’intimidation de l’amende, ni devant les regards menaçants du passant, ni devant la dénonciation morale culpabilisant le contrevenant assimilé à un irresponsable, voire à un assassin de grand-mères et d’enfants. Ne pas trembler sur ses appuis et marcher droit.

Enfin, le courage intellectuel ou conceptuel : celui d’entrevoir que l’hystérie était voulue, souhaitée, chérie par certains et même orchestrée, canalisée pour de mauvais dessins ; ouvrir son intellect à l’idée que le mal et l’intention oblique peuvent se tapir dans l’âme de ceux qui prétendent diriger nos destinées. Reconnaître l’âme féroce qui peut se dissimuler derrière le sourire enjôleur et le ton patelin du politique ou du bureaucrate.

Le courage intellectuel, ajoute au courage moral une dimension spéculative et discursive ; il répond à la question « Pourquoi ? » et « Pour qui ? » afin de restituer son sens au chaos qui se déploie avec furie. Il cherche à trouver les responsables, à identifier les âmes féroces qui ont jeté leur ire et leur mépris sur les peuples apeurés et abrutis par la cacophonie des décisions et des déclarations contradictoires de leurs Maîtres. Ce courage-là permet de reconnaître le crime derrière la faute, l’intention assumée derrière l’erreur feinte ou prétendue. Il dénoue le nœud des évènements pour en découvrir la logique ; il met à nu les raisons, les réseaux, les mobiles et les buts ; à l’intuition première du courage moral, il adjoint l’analyse froide des faits et des actions humaines qui les ont engendrés. Il tire les conclusions logiques de l’enchaînement des faits.

Une fois que le courage intellectuel a répondu à ces questions, le courage moral continue son œuvre et pousse insensiblement celui qui en est atteint vers plus de courage physique.

La combinaison de ces courages, leurs entrelacs séquencés en une ronde qui se déploie comme un éternel retour d’une trilogie vertueuse, nous incite à l’action, seul salut aux intempéries de l’époque pouvant sauver nos âmes et nos corps d’une putrescence prématurée et certaine.

*

Ce qui frappa le plus les réfractaires à l’hystérie générale, fut le manque de courage de leurs contemporains face à une situation de violences aberrantes qui en réclamait si peu pour être contrariée et défaite.

*

Hélas, même la révolte eut ses lâches.

Mille soldats digitaux, pourfendeurs bruyants de la dictature sanitaire, mais qui, lorsqu’il faut se rendre sur les lieux du duel, se transforment en trois manifestants entourés par trois escadrilles de gendarmes.

Toute une armée fébrile et anonyme sur les réseaux sociaux qui se débande quand il faut se glisser dans le monde réel et faire tomber le masque digital.

Du monde digital à la rue, il y a une stupéfiante déperdition des armées et des rages, des cœurs et des courages.

Il y a bien eu quelques braves, mais point d’armée pour en découdre en masse avec l’époque.

Il y a bien eu quelques hommes pour se lever, mais point de bataillons pour affronter le temps présent et ses affronts.

*

Le digital a transformé la révolte en un objet de consommation courante.

Ils consomment donc la révolte comme un cornet de pop-corn devant un écran d’ordinateur.

*

Le chef d’œuvre des âmes féroces qui prétendent nous gouverner est d’avoir créé un précédent dont les peuples ne pourront se défaire aisément.

Si demain les bourreaux devaient libérer leurs victimes du carcan de l’emprise sanitaire qu’ils exercent avec une jouissance non dissimulée, il resterait cette expérience unique tentée avec succès sur les peuples, expérience qu’ils pourraient renouveler à loisir dès que la nécessité politique s’en ferait sentir ou dès que le plaisir sadique de faire souffrir leurs semblables se rappellerait à leurs sens.

Ils ont testé la résistance des foules ; elles ont ployé à la première sommation de courber leur échine.

*

Les Princes de Davos, ces exécuteurs testamentaires des peuples libres, ont vu avec un peu d’étonnement et beaucoup de bonheur, qu’aucune révolte d’envergure n’était venue secourir la veuve vaccinée et l’orphelin masqué.

*

Si tu oses encore lever ton regard vers le ciel après avoir tant baissé le front et rasé les murs, tu y verras, hélas, cette épée de Damoclès contre laquelle tu n’as pas osé ferrailler.

Plus tu attendras pour relever le front et moins probable sera ton élan pour rattraper le vol de tes libertés et de ta dignité.

*

Les peuples démocratiques n’ont pas simplement peur, ils ont la trouille.

Car, si la peur peut être légitime à de certains moments, la trouille n’est jamais qu’une peur grotesque.

La peur devient trouille quand la tragédie devient farce.

La peur peut rehausser l’âme, la trouille, elle, rabaisse le front au plus bas de sa honte. De la peur et des obstacles peut naître la fortitude. De la trouille n’émerge que les basses altitudes des résolutions mortes.

La trouille, c’est de la peur avec de la bêtise en plus.

*

La peur de quoi au juste ?

De risquer sa vie ?

D’être noyé dans la Loire par les hommes de Carrier ?

D’être brulé dans une église comme un Vendéen ?

D’être aligné devant le mur des Fédérés comme un Communard ?

De devoir partir à l’assaut des sentiers de la gloire comme un Poilu ?

D’être ramassé par la Milice comme un Résistant ?

De traverser une plage normande canardée par la mitraille comme un Soldat ?

D’être éborgné et mutilé comme un Gilet Jaune ?

Non.

Juste celle d’éprouver l’angoisse du regard de l’autre.

La peur bleue de désobéir à la loi la plus roide, au décret le plus mesquin, à l’arrêté le plus absurde.

La frousse de n’être point conformiste.

D’aller contre l’avis du Monde et de ses flopées expertes aux titres prestigieux et menaçants comme des oiseaux de mauvais augures.

De perdre son titre de bourgeois cultivé, respecté par ses semblables jusque dans sa nullité intrinsèque ; la crainte de n’être plus cet homme sans qualité qui fait la fierté de ceux qui n’en n’ont pas et qui n’en veulent point avoir !

*

Que l’on se taise sous le régime d’Enver Hodja ou de Pol-Pot, cela se conçoit bien.

Mais voici que chacun se calfeutre dans sa trouille à la moindre occasion qui lui est donnée de liquéfier sa morale en un dégueuli informe, alors même que ce chacun se croit heureux de vivre parmi les heures glorieuses de la démocratie représentative.

Représentative du Nouveau Régime de la Pétoche, pourrions-nous dire.

*

Une société progressiste qui célèbre la résistance et pratique le conformisme et la soumission, enjoignant à chacun d’endosser l’uniforme du révolté et de l’indigné dès que lui est jeté en pâture l’objet de sa révolte facile et de son indignation haineuse, mérite-t-elle de passer à la postérité avec un autre titre de gloire que celui de ses contradictions honteuses ?

Le marketing social a fait du révolté un héros sans chair ni os dévolu à dévider le réel de sa moelle charnelle. Le révolté n’est qu’une figure de style, une mondanité oiseuse dans un monde sans épopée ni droiture.

*

La trouille comme métaphysique de l’Homo Covidis.

La contrainte comme physique des fluides sociaux.

Fluides des masses enserrées dans les réseaux sociaux et fluides des monades égarées (les « individus libres ») qu’il faut canaliser vers leur destination finale : le vaccin.

La vaccination devenant la marque d’allégeance des foules (covidées de leurs entrailles) au Nouveau Régime de la Nouvelle Normalité.

*

On peut tous obéir.

On ne peut pas tous être libres.

La liberté n’est peut-être qu’une épopée d’âmes solitaires.

*

Le Covid est d’abord une maladie de l’âme : c’est la paralysie hystérique de la volonté.

Un abandon de notre volonté d’exister en tant que volonté, pour n’être plus que, collectivement, des âmes errantes à la recherche d’un fouet et d’une thérapie.

Des âmes en peine dans le réel et en quête d’obéissance allant se réfugier dans la maladie pour jouir du remède et de ses illusions.

*

La maladie comme remède à la volonté et à la liberté.

Perdre notre qualité d’individu, puis de citoyen, pour acquérir celle de malade et de patient.

S’abandonner à son bourreau, à son médecin, à son Prince de Davos pour ne plus souffrir de sa liberté.

Être malade et oublier le réel. Chercher une névrose comme condition humaine.

Définir son identité à travers sa psychose et les médications qui l’accompagnent.

La vie sur ordonnance.

*

Le peuple s’habitue très bien à sa muselière et à sa maladie. Il finira même par protester pour qu’on ne lui retire point cette camisole de papier à laquelle il prête déjà des vertus thaumaturges (tant il y porte ses mains comme il le ferait à une relique sacrée).

Il revendiquera aussi le droit d’être malade, même quand la maladie le fuira. Il lui faudra donc cultiver ses névroses à défaut de courage.

« Rendez-moi mes psychoses dont je ne saurais me lasser ! ».

La maladie est un droit.

*

Observez le misérable, il touche son masque mille fois par jour pour s’assurer que son visage ait bien disparu du monde sensible.

Il s’est entiché de sa scopophobie dont il ne peut plus se passer.

Un simple sourire, dévoilé par mégarde, échappant à son propriétaire, aurait le don suprême de le mettre en rage.

Il aura perdu son identité physique trop pesante à sa frêle carcasse ; il ne lui restera, au bout de son chemin d’effroi, que son numéro de sécurité sociale pour le distinguer de ses semblables.

Sa seule identité tangible sera sa maladie chronique, entretenue par tout un complexe de complexes décomplexés : agro-alimentaire, sanitaire et médiatico-politique. Et il en sera fier.

*

Vol au-dessus d’un nid de couards.

La démocratie occidentale sera réduite à n’être plus qu’un hôpital psychiatrique (pour tous) où chaque citoyen se verra assigné une maladie gratuite et obligatoire par un prêtre en blouse blanche.

Les hussards blancs de la République Sanitaire Universelle seront nos Nouveaux Maîtres.

Les frondeurs auront l’âme buissonnière.

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Notre valeur est-elle tombée trop bas pour que nous puissions nous racheter un jour de tant de génuflexions serviles ?

Pour 135 euros, tout un peuple qui part en trouille.

Que messieurs les techno-bureaucrates essayent donc un tarif de 99,99 euros la prochaine fois, et nous verrons quel sera le salaire de la peur de cet amas de masses inutiles que nous appelons foules républicaines.

Sensibles comme elles sont au marketing de la frousse, gageons que ces foules participent volontairement au mouvement descendant des enchères hollandaises.

Parions que même à 5 euros (qui dit moins !), tout un peuple poltron attrape la diarrhée éternelle.

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De cette peur pestilentielle, on a pu voir la gente médiatique s’en pourlècher les ondes.

La trouille ou l’eschatologie (scatologique) d’une époque ordurière et pusillanime.

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Le bourgeois cultivé est un pauvre type dont il ne faut même plus entretenir l’amitié par compassion sociale.

Sa trouille nous a libéré de notre propension à le respecter.

Non seulement on ne peut plus s’identifier à lui, mais il nous dégoute.

Il aime sa couardise comme une friandise.

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Dédions notre admiration à ceux qui n’ont jamais lâché prise avec le réel et ont maintenu l’honneur d’être humain tout au long de cette sombre et lamentable aventure.

Éduquons notre élégance morale aux défis et aux obstacles, auprès du bretteur de Bergerac et de son âme mousquetaire.

Qu’importe les idées, le courage est tout.

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Qu’importe le succès, la volonté est tout.

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Des peuples occidentaux, nous pourrons dire que la peur fut leur croyance.

Elle fut leur pitance et leur viatique pour descendre un à un tous les cercles de l’enfer démocratique.

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Ils n’auront eu dans leur vie d’autre métaphysique que celle de la pétoche.


« Contre la peur, un seul remède : le courage »[1]

« Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, – ou faire un vers ! »[2]

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.Guillaume de Rouville

Notes: 


[1] Louis Pauwels / L’apprentissage de la sérénité
[2] Edmond Rostand / Cyrano de Bergerac, Acte II, scène 8