dimanche 22 juillet 2018

La révolution syrienne expliquée aux français


Lors de l’entretien que le président Poutine a accordé à son homologue français juste avant la finale de la Coupe du monde de football à Moscou, le 15 juillet 2018, le président Macron a admis que l’Occident avait perdu la guerre contre la Syrie. Il a alors évoqué le souhait de son pays de mener une opération humanitaire en Syrie.
Le détail de l’opération humanitaire jointe a été fixé lors d’une entretien téléphonique entre les deux chefs d’État, le 21 juillet.
Jusqu’ici les actions humanitaires françaises étaient exclusivement destinées aux « rebelles », c’est-à-dire aux habitants des zones contrôlées par les jihadistes.
De nombreux efforts « humanitaires » occidentaux et français en particulier ont servi de couverture à la livraison de matériels militaires ; raison pour laquelle la République arabe syrienne exigeait lorsqu’elle le pouvait de pouvoir perquisitionner ces convois.
Les Forces spéciales françaises ont soutenu les jihadistes durant la totalité de la guerre, à l’exception des trois derniers mois de la présidence Sarkozy.





Les États-Unis et leurs alliés ont intensifié leurs plans pour évacuer des centaines de membres des Casques blancs (Organisation dite humanitaire cooptée par les services secrets occidentaux, NdlR) par et leurs familles du gouvernorat de Quneitra, dans le sud de la Syrie, alors que les forces syriennes continuent de nettoyer la zone des forces antigouvernementales, ont déclaré des responsables étatsuniens à l’Associated Press (AP).
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Les États-Unis ont temporairement gelé 200 millions de dollars de financement pour des programmes de stabilisation impliquant la Syrie plus tôt cette année, alors que le président Trump a parlé de se retirer de la Syrie après la défaite de l’Etat islamique (EI)*, mais ils sont allés de l’avant avec le déblocage de 6,6 millions de dollars pour les Casques blancs le mois dernier.
Damas a publié une critique cinglante de la décision étatsunienne, accusant Washington et ses alliés de soutenir un groupe qui constitue une « incarnation flagrante du soutien des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et d’autres États pour divers types de terrorisme dont la Syrie a été témoin depuis 2011″.
Plus tôt, des sources militaires s’adressant à Sputnik Arabic ont averti que leur surveillance du groupe les a amenés à conclure qu’ils pourraient préparer une nouvelle attaque chimique sous faux drapeau au beau milieu de l’avancée de l’armée syrienne.







Le sommet d’Helsinki et l’avenir de la Syrie : Trump est-il un faiseur de paix ?




Il est possible que la libération de la ville de Der’aa par l’Armée Arabe Syrienne marque la fin de la guerre, longue de sept ans, qui a dévasté la Syrie. Der’aa, une ville le long de la frontière libanaise, a été le site des toutes premières premières confrontations violentes entre des groupes armés et la police, le 17 mars 2011. Je visitai la Syrie en avril 2011, et eus l’opportunité d’enquêter sur les événements survenus ce jour-là.

Les médias de l’état syrien ont montré des scènes aériennes de tireurs d’élite tirant dans la foule et sur les policiers. Je découvris que la technique employant des tireurs d’élite embusqués avait également été utilisée en Égypte et en Tunisie, pendant les soulèvements populaires fomentés par la CIA qui s’étaient déroulés sur place. Le Printemps Arabe faisait partie de l’agenda de « démocratisation » du Président George W. Bush pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Le gouvernement US a dépensé des milliards de dollars, à entraîner des jeunes dans des opérations de changement de régime qui allaient coûter la vie à des millions de personnes.

Quand je me suis rendu dans la ville syrienne de Der’aa, les résidents se plaignaient de l’absence de forces de sécurité dans les environs qui ont été investis par des terroristes. Le jour de mon arrivée, une bombe avait détoné dans le centre de la ville. Cette nuit-là, alors que je me promenais dans la ville, il m’a été conseillé de rentrer à mon hôtel car des hommes armés tiraient aveuglément sur les gens dans les rues.

Il y a eu de nombreux rapports de gens subissant des attaques au cours de cérémonies de funérailles. Le traitement médiatique occidental a fait paraître qu’il s’agissait du « régime » d’Assad qui envoyait des tireurs d’élite ouvrir le feu sur des familles de civils assassinés pendant leurs funérailles. Mais la réalité est toute autre ; des tireurs d’élite non-identifiés ont ouvert le feu pendant des funérailles, dans le cadre d’un terrorisme total conçu pour déstabiliser complètement le pays. J’étais déjà familier de ce genre de terrorisme après les troubles en Irlande du Nord. En 1988 Michael Stone, un loyaliste muni d’une arme à feu, tira dans la foule assemblée pour les funérailles de trois volontaires de l’IRA. Au cours du conflit de 30 ans en Irlande du Nord, les services secrets britanniques (Mi-6) ont coopté des terroristes loyalistes contre la population nationaliste. Des attentats sous faux drapeau furent menées par la Force Research Unit (FRU), une organisation terroriste secrète travaillant pour les renseignements britanniques.

Dans son livre « Low-Intensity Operations: Subversion, Insurgency, Peacekeeping » [« Opérations de Basse Intensité : Subversion, Insurrection, Maintien de la Paix », NdT], le Général britannique Frank Kitson explique comment les Britanniques ont développé une nouvelle forme de méthode guerrière contre-insurrectionnelle en Irlande à travers la création de forces auxiliaires. De nombreuses techniques utilisées en Irlande sont devenues des éléments constants de la guerre en Syrie.

Il est important de noter que la guerre contre la Syrie a été finalisée à Londres, deux ans avant le Printemps Arabe. Les renseignements britanniques, qui disposent d’un réservoir impressionnant de piétaille djihadiste, préparaient l’invasion du pays. Il est également indispensable de comprendre que la guerre contre la Syrie était une conséquence directe du Printemps Arabe. Et de fait, celui-ci fait partie intégrante des « soulèvements populaires » si chers à l’establishmentgauchiste petit-bourgeois. Sans le discours de « révolution » et de « soulèvement populaire », il eut été impossible aux agences de renseignements britanniques, étasuniennes, françaises et « israéliennes » de commettre un génocide contre une nation, pour ensuite le reprocher aux gardiens de celle-ci.

En dépit du fait que l’ancienne Secrétaire d’État Condoleezza Rice ait reconnu la responsabilité des USA dans les révoltes du Printemps Arabe, des publications altermondialistes comme Le Monde Diplomatiquese sont mises à calomnier les analystes rappelant ce fait, comme étant des « théoriciens de la conspiration ». De telles publications ont joué un rôle crucial pour berner la Gauche à croire que les guerres en Libye et en Syrie étaient des révolutions progressistes, dirigées par des héros de type Che Guevara. L’année 2011 vit l’émergence officielle de l’alliance islamo-gauchiste, où des activistes de gauche joignirent leurs forces à celles d’al-Qaeda et de la CIA dans une série de guerres brutales néocoloniales.

À cause de l’opposition déclarée de Trump à la destruction de l’Irak et de la Libye, j’ai suggéré que sa présidence puisse être plus porteuse de paix en Syrie que celle proposée par son adversaire néolibérale et belliqueuse à l’extrême, Hillary Clinton. C’est une opinion également partagée par le Président Bachar al-Assad. Trump a dit qu’il entend se retirer de Syrie. Il pense que la guerre n’a pas été à l’avantage des USA et de leurs intérêts dans la région. Toutefois, à chaque fois que Trump a essayé de se désengager de Syrie, des attentats sous faux drapeau ont été perpétrés par « l’opposition » et leurs agences de soutien occidentales, contraignant l’administration Trump a « prendre des mesures » en lançant des campagnes de bombardement unilatérales, conçues pour apaiser l’establishment néolibéral.

Depuis sa prise de fonctions en 2016 le Président Trump s’est retiré des Accords de Paris sur le Climat, et de l’UNESCO ; il a resserré la sécurité aux frontières ; il a contraint les multinationales à se relocaliser aux USA ; il a entamé des pourparlers de paix en Corée ; il a réduit le chômage parmi les minorités raciales et indigènes des USA, et a commencé à démanteler l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord (OTAN). Il a nommé des Juges dans l’administration judiciaire US qui sont hostiles à l’agenda LGBTQP et à l’avortement. Ce sont toutes des réalisations importantes, des victoires cruciales contre la mondialisation et ses valeurs délétères.

Le Sommet de Helsinki représente clairement un tournant dans la politique étrangère US. Après des mois de propagande anti-russe intense orchestrée par les renseignements britanniques avec de fausses attaques chimiques comme dans la notoire « affaire Skripal », le Président Trump s’est refusé à mentionner les prétendus « crimes » de la Russie. J’avais dit en 2016 que Trump représentait une possibilité de détenteavec la Russie, et peut-être de désescalade de la politique étrangère US de déstabilisation et de stratégie du chaos. Bien que Trump se soit retiré de l’accord nucléaire iranien, son rapprochement avec la Russie rend plus probable un accord futur avec Téhéran.

Ces observateurs qui ont décrit Trump comme fasciste, et critiqué mon soutien conditionnel de sa victoire présidentielle, ont dorénavant l’air bien niais. Ils ont totalement lu de travers les conditions concrètes qui alimentent la politique étrangère de Trump. Trump est clairement en opposition aux néoconservateurs présents dans les agences de renseignements. Ses actes, depuis sa prise de fonctions, ont radicalement sapé l’élan d’établissement d’un nouvel ordre mondial unipolaire.
Pendant 7 ans, le public occidental a été contraint de voir dans le Président Poutine un soutien envers le « dictateur génocidaire », Bachar al-Assad de Syrie. Des attentats chimiques sous faux drapeau ont régulièrement été perpétrées par des terroristes appuyés par l’Occident et imputées au Président syrien. Mais au bout de sept années de propagande de guerre, les mondialistes ont eu besoin de porter les choses une étape plus loin : la Russie, ont-ils affirmé, s’est elle aussi livrée à des attaques chimiques contre ses ennemis dans les pays occidentaux. L’objectif de la propagande anti-russe était de criminaliser complètement le gouvernement russe, rendant ainsi le dialogue US/Russie impossible.

Donald Trump a démoli avec succès l’ensemble de cette campagne de propagande. Le conflit entre un État Profond lié aux agences les plus impitoyables du capitalisme financier et la résurgence de l’état-nation sous Trump est désormais plus évidente que jamais. En ce qui concerne la nation syrienne, existe maintenant une réelle perspective de paix. L’un des aspects les plus importants du Sommet de Helsinki, c’est que la mention de la sécurité d’ « Israël » comme thème essentiel pour ramener la paix en Syrie équivaut à reconnaître que l’avancement des intérêts stratégiques « israéliens » était en fait la raison principale de la guerre contre la Syrie. La victoire d’Assad en Syrie a ruiné les plans d’hégémonie d’ « Israël » dans la région. Le Premier Ministre « israélien » Benjamin Netanyahou déclare désormais qu’il acceptera une Syrie dirigée par Bachar al-Assad. La guerre « israélienne » [par procuration] a échoué.

Je ne me fais pas d’illusions sur Donald Trump ; c’est un camelot, un brigand et un impérialiste impitoyable. Mais en tant qu’Homme d’État il s’est révélé rationnel, pragmatique et créatif. Le Sommet de Helsinki a fait progresser la cause de la paix, de la diplomatie et des forces populistes à travers le monde.
Gearóid Ó Colmáin

Article original en anglais :
Source: The Helsinki Summit and Future of Syria: Is Trump a Peacemaker?, gearoidocolmain.org, le 18 juillet 2018

Traduction : Lawrence Desforges pour Global Presse


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