vendredi 1 juin 2018

To be bio or not


© Fotofolia

Les dérives du bio business

Entretien avec Philippe Baqué


 De 1998 à 2008, la surface mondiale cultivée en agriculture bio labellisée a été multipliée par plus de 3. Aujourd’hui, une part importante de ces cultures bio se retrouve aux mains de grandes exploitations spécialisées dans des monocultures d’exportation. La Bio peut elle se résumer à la distribution d’aliments sans pesticide pour consommateurs occidentaux soucieux de leur santé ? Ne doit elle pas prendre en compte également des principes sociaux et environnementaux s’interrogent des sociologues, agronomes, paysans et journalistes dans un ouvrage collectif, « la Bio entre business et société » publié aux éditions Agone ? Le journaliste Philippe Baqué, qui a coordonné cette grande enquête internationale qui les a menés en Europe, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Amérique latine, répond à nos questions.





Quel est l’origine, le point de départ de cette enquête collective portant sur les dérives industrielles de la Bio?  
J’ai réalisé, en 2000, un film intitulé l’Eldorado de plastique dans lequel je dénonçais la Jcatastrophe écologique que représente, en Andalousie, cette culture intensive de produits agricoles, gorgés de pesticides, sous d’immenses serres. Je dévoilais aussi l’exploitation d’une main d’œuvre immigrée, corvéable à merci, permettant aux producteurs de gagner beaucoup d’argent. Je suis retourné en Andalousie, dix ans plus tard, à la demande d’une société de production afin de faire des repérages en vue de réaliser un documentaire sur l’agriculture bio. J’ai découvert chez ces producteurs bio espagnols les mêmes pratiques et les mêmes dérives que je dénonçais, dix ans auparavant, dans mon film. Ces agriculteurs produisaient des fraises, tomates et autres concombres avec des techniques intensives identiques mais sans intrants chimiques. Cette agriculture industrielle se conjuguait, ici aussi, avec l’exploitation d’une main d’œuvre immigrée corvéable à merci. A côté de cette agriculture intensive se sont développées néanmoins, en Andalousie, des pratiques agricoles paysannes inventives, en rupture avec le système dominant.

Quel accueil a reçu votre livre tant auprès des professionnels de la bio que des consommateurs?
Quand j’ai évoqué ce projet d’enquête, bon nombre d’acteurs de la bio m’ont dissuadé d’évoquer ces dérives à une période où la Bio avait le vent en poupe, craignant que nos révélations ne nuisent à la filière. Je leur ai expliqué que l’objectif de notre ouvrage ne se limitait pas à révéler au grand jour les faux pas et impasses de la bio. Qu’il s’agissait aussi de montrer les pratiques positives et inventives émanant de nombreux paysans pratiquant l’agro-écologie par exemple, ou des formes de système participatifs de garantie. Depuis sa sortie, le livre n’a reçu que des réactions positives. Il suscite beaucoup de débats et de questionnements.

La bio plafonne en France autour de 3% de la surface agricole utile. D’où viennent donc les produits bio qui « alimentent » les grandes surfaces, de plus en plus nombreuses à en proposer sur leurs étals dans l’hexagone ?
Plus de 35% des produits labellisés bio consommés sur le territoire sont importés. En 2008, les importations de fruits et légumes ont augmenté de 22%. Elles représentaient, à l’époque, 60% des approvisionnements. La grande distribution qui a investi dans le marche de la bio a tout intérêt à encourager les importations qui lui permettent d’accroître ses bénéfices. Ce système est fondé sur la production, en grandes quantités et à coût réduits, de fruits et légumes labellisés bio, au Maroc, en Italie, en Espagne ou en Israël par exemple. Il repose sur des techniques de cultures industrielles, l’exploitation de la main d’œuvre et le pillage des ressources naturelles. Achetés à très bas prix par les intermédiaires ou les centrales d’achat, qui mettent les producteurs en concurrence, ces fruits et légumes procurent des marges confortables à la grande distribution. Celle ci les vends sur ses linéaires deux ou trois fois plus chers que les fruits et légumes non bio. Ce système permet aussi à la grande distribution de maintenir une pression constante sur les producteurs français. La bio chère aux Leclerc, Auchan et autres géants de la grande distribution fonctionne exactement comme l’agriculture conventionnelle. Il s’agit d’une agriculture bio intensive et productiviste n’ayant qu’un seul but : maximiser leurs profits. Ce, en conformité avec la réglementation européenne du label AB qui n’impose aucune limite à ces pratiques.

Quel rôle ont joué les Communautés européennes dans ce processus de dénaturation de la Bio ?
Dans les années 1970 et 80, il existait en France une quinzaine de cahiers des charges de l’agriculture dite biologique. Il fallait mettre de l’ordre dans un secteur dans lequel ni les consommateurs, ni les producteurs ne se retrouvaient plus.
En 1986, un premier cahier des charges, celui de Nature & Progrès, a été homologué. A la fin des années 1980, le ministère français de l’agriculture a décidé de priver du qualificatif « agriculture biologique » les acteurs de la Bio ne s’inscrivant pas dans un cahier des charges homologué. Les paysans se sont retrouvés ainsi de plus en plus écartés des structures d’homologation au profit d’organisations agricoles et agro-industrielles non bio. Ce sont désormais des technocrates de Bruxelles qui décident de cette réglementation sous la pression des lobbyistes. En 2007, la Commission européenne a nettement diminué les exigences du cahier des charges et interdit aux états membres de maintenir des cahiers plus rigoureux que le sien. Le cas des 0,9% de résidus d’OGM, désormais tolérés dans les produits bio, illustre parfaitement cette dérive. Cette nouvelle réglementation se basant essentiellement sur des principes techniques a encouragé le développement tous azimuts d’une bio industrielle.

Parallèlement au fleurissement d’une bio industrielle dans les pays du Sud, n’observe-t-on pas aussi en France une multiplication des conversions en bio ?
On a enregistré en effet un nombre croissant de conversions à l’agriculture Bio dans le sillage des actions de sensibilisation menées par les organisations historiques de la Bio comme ProNatura, Nature & Progrès et Demeter. D’autres conversions se sont opérées sous la houlette d’énormes coopératives agricoles s’appuyant sur des arguments essentiellement financiers. Cette agriculture ci est de moins en moins paysanne. Chez les « producteurs » de volailles, on observe par exemple des conversions en bio qui s’effectuent dans le cadre d’élevages intensifs de poulets bio qui n’ont rien à envier aux élevages conventionnels. On peut élever, dans de tels élevages, jusqu’à 80 000 volailles par an. Les agriculteurs se transforment ainsi en sous-traitants des coopératives agricoles. En Bretagne par exemple, ces toutes puissantes coopératives convertissent des producteurs à des monocultures de légumes uniquement destinés à la grande distribution. Les producteurs français, mis en concurrence avec leurs homologues étrangers, se retrouvent pieds et poing liés à la grande distribution.

Le capital de confiance attaché au label AB ne risque t-il pas d’en pâtir?
Les opérateurs géants de l’industrie agroalimentaire, qui exploitent le label AB comme ils exploitent les ressources naturelles, minent en effet de plus en plus celui ci. Ils le font, comme le montre Pierre Besse dans notre ouvrage collectif, avec la complicité très active de l’appareil bureaucratique nationale et européen qui a compris que la Bio pouvait être un fabuleux outil marketing et un facteur de croissance. Les politiques qu’ils mettent en œuvre nient de plus en plus les principes originels de l’agriculture biologique qui avaient pour nom proximité, équité, solidarité, coopération et maintien d’une agriculture paysanne.
Les produits bio doivent ils vraiment être identifiés à l’aide d’une certification, celle-ci étant l’apanage d’organismes privés soumis à la concurrence et à la recherche du profit ? La bio se résume t-elle à la seule certification ? N’y a –t-il pas d’autres alternatives possibles ? L’association Nature & Progrès entretient par exemple un regard très critique tant vis-à-vis de la certification que du label AB européen. Elle a mis en place et encourage le développement de systèmes participatifs de garantie en mettant en place des commissions dans lesquelles siègent des producteurs et des consommateurs. La relation est basée sur la confiance et l’échange et non sur un simple tampon AB que l’on appose sur un produit afin de fermer les yeux des consommateurs. Ces systèmes participatifs de garantie tendent à se développer sur toute la planète.

Vous évoquez dans votre ouvrage le « grand écart » du réseau Biocoop. De telles structures de distribution peuvent elles se développer sans renier leurs propres valeurs ?
La bio a le vent en poupe et Biocoop en profite. On comptait 177 adhérent dans le réseau en 1998. Celui ci s’était fixé pour objectifs, il y a dix ans, d’atteindre le seuil des 500 magasins et 15% du marché de la bio. Ils ne sont aujourd’hui « que » 320, mais leur chiffre d’affaires a été multiplié par quatre. Le réseau s’est centralisé échappant ainsi au contrôle de ses fondateurs et des gérants de boutiques. Biocoop demeure néanmoins aujourd’hui encore une référence. Le réseau est né d’un mouvement social avec lequel il n’a pas complètement rompu. C’est la transparence qui importe et la recherche de débats. Mais, à force de vouloir rivaliser avec la grande distribution, Biocoop risque fort d’être entraîné dans le tourbillon et de devoir adopter les mêmes armes qu’elle.

Dans ce contexte général, de quel projet de société l’agriculture bio peut elle être porteuse ?
Le monde de la bio est très diversifié. La bio ne se limite heureusement pas à une production industrielle d’aliments sans pesticides. J’ai beaucoup appris, en Colombie notamment auprès de la coopérative Cosurka qui regroupe 1300 petits producteurs qui cultivent, chacun, 1 ou 2 hectares et commercialisent leur café avec la coopérative Andines. Ils luttent ensemble, depuis des années, pour défendre leurs terres, leurs semences et une agriculture agro-écologique diversifiée. Ces producteurs, doués d’une lucidité extraordinaire, ont beaucoup à apprendre aux militants et citoyens des pays du Nord. En Andalousie, j’ai rencontré d’anciens journaliers qui ont occupé des terres à la fin de la période Franquiste. Ils les gèrent, aujourd’hui, au sein d’une coopérative. Ce projet de société s’esquisse peu à peu au gré d’une myriade de mouvements sociaux, et de réflexions critiques portant sur la consommation et l’alimentation. On échappe ici au domaine de la bio certifiée. Nous avons trop tendance à réduire la bio à la seule certification. Elle va bien au-delà. La charte adoptée en 1972 par la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique insiste sur le fait que l’agriculture biologique doit produire plus d’énergie qu’elle n’en consomme, respecter les spécificités des terroirs en favorisant l’expression des potentialités naturelles et humaines. Mais aussi favoriser la solidarité entre tous les membres de la filière bio. Même si ces principes repris, en France, par la plupart des organisations de la Bio, sont aujourd’hui un peu malmenés, on observe, ici et ailleurs, un foisonnement de mouvements qui s’intéressent aux questions de la terre, des semences, de l’énergie, et à la résolution des problèmes sociaux et environnementaux. J’ai pu observer, dernièrement lors d’un reportage en Grèce, comment en cette période de crise, les populations se réapproprient peu à peu l’alimentation et les semences. Un mouvement très puissant de défense des semences réunit environ 10 000 personnes qui viennent de toute la Grèce pour se procurer et échanger des semences traditionnelles. Ici, tout le monde se met à cultiver. On voit des jardins collectifs jaillir de toute part. A Thessalonique, l’université a mis des terrains à disposition de 400 familles ; deux cent autres occupent des terres de l’armée. A Athènes, on voit des jardins fleurir dans des parcs, et sur des balcons et terrasses. On observe aussi de nombreux retours à la terre chez les jeunes qui réfléchissent à une agriculture à même de nourrir la population et cherchent d’autres modes de distribution qui se rapprochent de ceux des AMAP. De tels mouvements se retrouvent partout sur la planète. C’est bel et bien un projet de société qui est en gestation.

Propos recueillis par Eric Tariant

Pour aller plus loin :
Lire :
La Bio entre business et projet de société, sous la direction de Philippe Baqué (Contre-Feux. Agone, 2012)








Du Bon, du Bio, du Bobard ?


Il est de bon ton d’acheter bio. Légumes et fruits bien calibrés, belle couleur, rien qui dépasse. Voyons voir… Ouf ! Le label AB est présent, j’achète ! Du bon, du bio… ?

Lidl, Leclerc et les autres vendent de plus en plus du Bio. Juteux le marché. La nouvelle tendance s’appelle le « Bobobiobio ».

Les grandes enseignes agro-alimentaires ont élargi la brèche. Du bio en tête de gondole et omniprésent dans tous les rayons. Impossible de l’ignorer.

Le même cirque est en train de naître avec la nouvelle tendance : Vegan. Même Mac Do vient de nous sortir le Hamburger Veggie. Pas vraiment Vegan puisqu’il y a de l’Emmental, mais nous y sommes presque.

C’est trop.

Comment peut-il y avoir autant de production bio ? Suspect.

Où va l’argent ? Où va le blé ?

Et bien voilà : Les cartels agro-alimentaires comme Nestlé, Cargill, Coca-Cola ont acheté la plupart des distributeurs d’aliments biologiques. On y est !

Lima et Danival, pour la France, ont été rachetés par Hain Celestial (USA), derrière lequel se cache Monsanto, Walmart, Philipp Moris, City Group et Martin Lockeed. Du lourd, du très lourd.

En France : Nous avons Bonneterre, Bjorg, Evernat, Allos, Tartex, Alter Eco… Mais quand vous achetez un yaourt Bonneterre, vous engraissez Royal Wessanen, monstre européen de l’agro-alimentaire.

Quant à Danone, ce sont les rois de la prestidigitation. Mieux qu’Houdini. Comment faire un yaourt aux fruits… Sans fruits. (voir le fameux Danonino pour les tous petits). Mais je m’égare un peu.

95% des légumes bio sont produits à partir de semences de variétés hybrides F1 (pas la F1 automobile). En clair, votre melon bio dans votre assiette dégusté sous une terrasse ombragée, a une “chance” sur deux d’avoir été engendré par les trois monstres sacrés du chimique : Monsanto/Bayer/Syngenta.

Glups… Même avec une tranche de jambon cru gorgé de nitrates, ça a du mal à passer.

Kokopelli (association française qui distribue des semences issues de l’agriculture biologique et de l’agriculture biodynamique dans le but de préserver la biodiversité semencière et potagère) est “certifiée” bio par Qualité France, elle-même rachetée par Véritas, l’un des leaders mondiaux du contrôle industriel. Décidément, tout est noyauté.

Au niveau planétaire, l’IFOAM (la fédération internationale de l’agriculture biologique) oblige le petit paysan pauvre à produire du bio, et encore plus de bio, au détriment des sols de son pays et de sa vie.

Monde cupide sans foi ni loi.

Nous sommes loin de l’image que les Bobobiobio se font du paysan Bolivien content de produire du café pour les satisfaire. La vérité est ailleurs. C’est comme en Espagne. On produit du bio en surexploitant une main d’œuvre de femmes émigrées vivant dans des conditions misérables. Ollé ! Asi es la vida

Voyageons un peu dans les rayons d’un supermarché.

 Ah, le rayon fruits et légumes.

Chérie, une petite salade de tomates bio ce soir ? Voyons voir : Origine Espagne. Ah ! Ben non.

Désolé pour nos voisins espagnols, mais ce ne sont pas les rois du bio. En théorie, les cultures hors-sol sont interdites en agriculture bio, mais l’exemple de la province d’Almeria, en Andalousie montre à quel point la réglementation est contournée. Depuis les années 80, est né l’eldorado de plastique. Les tomates, courgettes, aubergines, poivrons, framboises sont produites toute l’année. Remarquable. Tout est cultivé dans du sable recouvert de plastique, avec des nutriments bio délivrés par un système de goutte-à-goutte continu.

Et voilà. Origine Espagne. C’est bio, mais c’est de l’arnaque. Seul le sable est bio, car local (et encore) et les nutriments sont bio.

C’est cultivé plein champ (expression à la mode) mais cela ne veut rien dire.

Déprimant.

Le rayon volaille.

Chérie, oublions la salade de tomates bio espagnole. Et si on se faisait un petit poulet rôti ? Un label rouge, élevé en plein air et tout le tintouin.

Oui, mais, le label AB dans la réglementation européenne stipule que l’animal peut s’ébattre en journée, mais… sur 40 centimètres carrés. Over top.

40 cm² ! Franchement, si j’étais un poulet, j’en rêverais…

Et puis, il faut savoir que les poulets sont souvent sans becs pour ne pas s’étriper.

Pfou… Ils ont le droit aux antibiotiques une fois par an… Quand même ! Et aux traitements contre les parasites sans limite. Ouf, me voici rassuré.

Pas de traçabilité garantie, pas de transparence sur le contenu de leur gamelle (nourriture importée). Comme son cousin industriel, le poulet estampillé AB se goinfre de soja importé, bio (?) mais qui peut contenir jusqu’à 0,9% d’OGM.

L’éleveur bio est devenu un simple exécutant qui engraisse pendant 81 jours des volailles qui ne lui appartiennent pas, nourries par les géants de l’agroalimentaire.

Bon et ben tu sais quoi… Et si on se prenait une pintade ?

Poursuivons.

 Le rayon des produits transformés (laitages, biscuits, plats préparés).

Du bio ! Oui, mais là encore, ces aliments doivent être constitués d’au moins 95% d’ingrédients issus de l’agriculture biologique.

Pas d’OGM, ni produits chimiques, ni additifs, ni conservateurs.

Je veux bien, mais quid des 5% d’ingrédients qui restent ?

De plus, le label AB tolère 0,9 % d’OGM. Ennuyeux…

Il faut savoir également que l’Asie, l’Amérique latine, l’Afrique, la Roumanie et l’Espagne, principaux fournisseurs de produits bio, ne sont pas ou très peu consommateurs de bio.

C’est un non-sens. Des producteurs bio qui n’en n’ont rien à cirer du bio

Décourageant. On va finir par se faire des pâtes ce soir. Bio ?

 Tiens, le rayon vins et alcools :

Une petite bouteille de rouge pour oublier ?

Oui, mais, sulfites, or not sulfites ? Pesticides, or not pesticides ? Vin naturel ?

Bio ? Certifié Terra Vitis ? Vegan ?

Du vin Vegan ? Comprends pas.

Explication :

Pour faire du vin, il y a une étape qui s’appelle le collage.

(Coller le vin consiste à lui ajouter une substance d’origine protéique, qui coagule au contact des tanins, pour emprisonner et éliminer les particules en suspension. Cette étape prépare et optimise la filtration du vin.)

Dans le collage, on peut utiliser des produits animaux (lait, colle de poisson). Donc un collage avec par exemple des bentonites qui sont des argiles naturelles, seront des vins Vegan.

Vous suivez ? Un petit café bio, commerce équitable pour vous remonter le moral ?

Mais revenons au vin. AOC et AOP sont toutes les deux des appellations indispensables, car elles garantissent qu’un vigneron n’introduise pas des vins d’ailleurs dans un Sancerre ou un Corbières par exemple. Une charte oblige tous les vignerons d’une région à utiliser le ou les cépages locaux.

Mais aujourd’hui des vignerons veulent sortir des cépages imposés et ont envie de faire des vins avec d’autres cépages. Du coup, pas d’AOC ni d’AOP, mais des vins de pays ou des vins de France, et qui peuvent être bio.

Certains vignerons sont donc plus bio que bio, mais ne peuvent pas avoir le label AB. C’est une histoire de fous. Vous pouvez acheter un vin bio qui sera moins bio qu’un vin naturel sans le label bio.

Un deuxième café bien serré s’il vous plaît.

Bon, c’est quand même mieux d’acheter un vin bio qu’un Bordeaux par exemple qui ne l’est pas, car dans une bouteille classique, flotte 10 à 12 pesticides différents et 70 additifs chimiques. Merci BASF entre autres pour un produit qui s’appelle le Clameur et qui peut provoquer une Paresthésie (La Paresthésie désigne cette fameuse sensation de fourmillements. Elle se produit à la surface de la peau et donne la sensation de membres engourdis, de brûlure ou encore de fourmis envahissant une partie du corps). Un coup de rouge et hop, engourdi…Damned.

Enrichissant voyage au travers des rayons. Qu’est-ce que l’on n’a pas vu ?

 L’huile d’Olive.

 Alors là, c’est le grand délire. Toutes les huiles d’olive ou presque dans les grandes surfaces sont des huiles mélangées de provenance de la CEE et hors CEE. Labellisées bio. Faudra m’expliquer le contrôle sanitaire d’une huile en provenance de l’autre bout de la planète.

 Le miel.

Ce délicieux nectar. Impossible d’avoir du miel bio aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que les abeilles butinent là où elles veulent.

Malheureusement pour elles, quand elles butinent les produits chimiques du criminel Monsanto, elles en meurent. Tous comme les oiseaux d’ailleurs. Pour celles qui survivent encore à ce carnage, le miel sera forcément chargé de produits Monsanto.

Il faut savoir que tous les miels des grandes surfaces même labellisés bio, sont des miels mélangés à d’autres venants d’ailleurs. De Chine par exemple, et comme les Espagnols, les Chinois ne sont pas des parangons du bio.

J’ai rencontré un apiculteur qui produit un miel extraordinaire dans le Lubéron. Il est obligé d’installer ses abeilles dans des endroits choisis avec soin, afin d’éviter le plus possible les cultures OGM et les pesticides.

Il n’a pas eu le label AB, car il a refusé l’imposition de produits phytosanitaires pour nettoyer ses ruches. Il faut savoir que dans le cahier des charges AB, vous devez utiliser des produits de nettoyages soi-disant naturels.

Il préfère nettoyer ses ruches à l’ail. Plus antiseptique que l’ail, on ne trouve pas, mais du coup pas de label AB. Et pourtant, son miel est extra.

Allez comprendre.

Vous allez me dire, mais alors, que peut-on manger ?

Eh bien, pour l’alimentation en général, privilégions les circuits courts. Moins vous avez d’intermédiaires, mieux c’est. Ne faites pas confiance aux super marchés, ni aux géants de l’agro-alimentaire.

Pour le chocolat, le café, le miel et autres, même chose. Privilégiez les circuits sans trop d’intermédiaires. Vous pouvez trouver de l’excellent chocolat en provenance d’Amérique Centrale par exemple. Il sera plus cher que la tablette du supermarché, mais au moins vous aurez la satisfaction de ne pas engraisser Nestlé.

Rien n’est parfait en ce bas monde et rien n’est idéal. Mais en conservant une analyse aiguisée, on peut arriver à se nourrir le plus sainement possible sans devenir obligatoirement des Bobiobobios extrémistes.

Claude Janvier






Références:

- https://www.notre-planete.info/actualites/4280-BIO-multinationales

- http://www.linternaute.com/actualite/societe/1215939-8-verites-qui-derangent-sur-l-agriculture-bio/1216382-pesticides

- https://lesbrindherbes.org/2013/06/19/nouvelle-arnaque-au-label-bio/





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