lundi 21 mai 2018

Nicolas Maduro le Victorieux


Il était le favori à sa propre succession, Nicolas Maduro a été réélu président de la République bolivarienne du Venezuela avec 67,7% des voix. Fortement critiqué en Occident, le scrutin était également rejeté par une partie de l'opposition.
Le 20 mai 2018 se tenait l'élection présidentielle vénézuélienne. Réélu haut la main, Nicolas Maduro a remporté 67,7% des suffrages, se plaçant largement en tête devant son principal opposant, Henri Falcón, qui obtient quant à lui 21,2% des voix. Le scrutin s'est déroulé alors qu'une partie de l'opposition avait appelé au boycott. L'élection a de fait été marquée par un fort taux d'abstention – environ 52%, le plus important depuis 1958. Selon le décompte officiel, le président sortant a donc obtenu 5 823 728 suffrages sur 8 603 936 de votes.


Cette élection présidentielle est la preuve que le Venezuela est une démocratie qui fonctionne normalement, même si les médias occidentaux s'échinent à présenter ce pays comme un régime autoritaire. Il en ressort logiquement une image caricaturale de la révolution bolivarienne, bien éloignée de la réalité. Depuis l'arrivée d'Hugo Chavez au pouvoir, il y a eu près de 20 processus électoraux dans le pays.
Le problème du Venezuela n'est pas Nicolas Maduro. Le problème est que ce pays subit le joug d'une opposition putschiste et antidémocratique qui refuse systématiquement le suffrage populaire dès lors qu'il lui est défavorable. Le peuple vénézuélien mérite une opposition digne de ce nom car une opposition constructive et respectueuse de la volonté du peuple est nécessaire à la vie politique.
Nicolas Maduro dispose de la légitimité suprême que lui ont conférée ses concitoyens en l'élisant président de la République. Seuls Washington et ses alliés, dont l'Union européenne, s'opposent à la volonté du peuple vénézuélien et aux règles démocratiques. On peut exprimer un désaccord avec la politique menée par le gouvernement, mais en aucun cas lui nier sa légitimité démocratique.
On ne peut pas pointer du doigt le système électoral vénézuélien quand il est défavorable à l'opposition et l'applaudir quand cette même opposition obtient la majorité à l'Assemblée nationale ou remporte des municipalités ou des Etats.
Les sanctions internationales sont illégitimes et inefficaces. Depuis plus d'un demi-siècle, Washington impose des mesures de rétorsion économique iniques à Cuba qui affectent les catégories les plus vulnérables de la population et constituent le principal obstacle au développement du pays. Il en est de même pour le Venezuela. Il est regrettable que l'Union européenne, au lieu d'adopter une position indépendante et constructive vis-à-vis du Venezuela, s'aligne sur la politique étrangère des Etats-Unis. Si l'Union européenne est une puissance économique indéniable, elle reste un nain politique incapable de s'affranchir de l'influence étasunienne.
Les alliés de Washington s'alignent sur la politique de leur maître et considèrent que ces élections sont illégitimes. Les autres nations du continent respectent la décision souveraine du peuple vénézuélien et l'indépendance du pays en ne s'immisçant pas dans ses affaires internes.
Salim Lamrani


«Si l'empire ou les gouvernements d'extrême droite d'(Amérique latine) souhaitent un jour parler dans un contexte de paix et de respect, je suis toujours ouvert au dialogue ... Je m'adresse ici à l'empire : comprenez que le Venezuela est la garantie d'une stabilité sociale et politique dans la région [d'Amérique latine]. C'est un péché d'essayer de déstabiliser le Venezuela !»
Nicolas Maduro, Président de la République du Vénézuéla



Venezuela : Nicolas Maduro est réélu Président de la République avec 68 % des voix


Par  Thierry Deronne, le 21 mai 2018


Le vice-président bolivien Alvaro Garcia Linera l'avait annoncé il y a quelques jours : "Le peuple du Venezuela détient aujourd'hui, de nouveau, la clef de l'avenir de l'Amérique Latine. Exactement comme il y a deux siècles, comme à l'époque de Simon Bolivar, son rôle historique est de protéger notre continent face à un empire et d'empêcher celui-ci de balayer les autres foyers de résistance". Après quatre ans de guerre économique, la tâche était difficile, à l'image du peuple indigène d'Autana, dans l'État d'Amazonas, faisant la file sous la bruine pour traverser le fleuve Orénoque et rejoindre les bureaux de vote.

La campagne de la droite consistait, à travers le secteur privé majoritaire dans l'économie, à augmenter les prix au-delà de tout ce qu'on avait connu jusqu'ici et à promouvoir le boycott du scrutin, allant jusqu'à paralyser le transport dans la région de la capitale, le jour de l'élection. Une droite sous forte influence externe, en osmose avec les annonces anticipées de l'Union Européenne et de la Maison Blanche de refuser le verdict des urnes. Dans sa conférence de presse tenue peu avant l'annonce des résultats, le candidat le mieux placé de l'opposition Henri Falcon a soudain refusé de reconnaître la légitimité du scrutin et a exigé d'en organiser un autre, tout en critiquant les secteurs radicaux de la droite: "aujourd'hui il est clair que cet appel à l'abstention a fait perdre une occasion extraordinaire de mettre un terme à la tragédie que vit le Venezuela".

Avec 92.6% des votes comptés, le Centre National Électoral a donné les premiers résultats officiels, irréversibles. La participation totale s'élève à 46 %, soit 8 millions 360 mille votes. De ceux-ci, 5 millions 823 mille se sont portés sur le candidat Nicolas Maduro qui remporte la présidentielle avec près de 68 % des suffrages. De son côté, l'opposant Henry Falcón a obtenu 1.820.552 votes soit 21 %, l'évangéliste Javier Bertucci 925.042 votes (11 %) et Reinaldo Quijada, 34.614 votes. La Constitution vénézuélienne, dans son article 228 stipule : « sera proclamé vainqueur le candidat ou la candidate ayant obtenu la majorité des votes valides » : quel que soit le niveau de la participation, c'est la majorité simple qui détermine la victoire.

Force est de constater que le "noyau dur" du chavisme, qui a toujours oscillé entre 5 et 6 millions de votes, est resté intact et que l'abstention concerne essentiellement l'opposition. La pression de la guerre économique et des sanctions euro-américaines s'est heurtée à une fibre historique de résistance populaire et a même réveillé toute une organisation de base - notamment autour de la distribution et de la production d'aliments, en alliance concrète avec les mesures et les programme sociaux de Nicolas Maduro.

Liesse à Caracas le 20 mai 2018. Nicolas Maduro salue ses partisans rassemblés autour du palais présidentiel de Miraflores peu après l'annonce de sa victoire par le Centre National Électoral.
Après 26 jours de campagne officielle qui ont vu quatre candidats exposer des propositions antagoniques dans les médias, le Centre National Electoral cne.gob.ve avait installé 14.638 bureaux de vote sur l'ensemble du territoire. Étaient présents près de 2000 observateurs internationaux, venus notamment des nations caraïbes réunies au sein du CARICOM, de l'Union Africaine, et du CEELA, le Conseil des Experts Électoraux Latino-américains. 17 audits du système électoral avaient été organisés.

Composé en majorité de présidents des tribunaux nationaux électoraux de pays gouvernés par la droite, le Conseil des Experts Électoraux Latino-américains a expliqué par la voix de son président Nicanor Moscoso : "Nous avons eu des réunions avec chacun des candidats qui ont accepté les résultats des inspections et des contrôles. Nous sommes en présence d'un processus transparent, harmonieux." Luis Emilio Rondón, Recteur du Centre National Électoral et membre de l'opposition, avait estimé publiquement que le scrutin offrait les mêmes garanties de transparence que celles des élections de 2015, remportées par la droite avec deux millions de voix d'avance.

L'ex-président de l'Équateur Rafael Correa, présent lui aussi en tant qu'observateur, a rappelé que "les élections vénézuéliennes se sont déroulées avec une absolue normalité. J'ai assisté au vote dans quatre centres : flux permanent de citoyen, peu de temps d'attente pour effectuer le vote. Système très moderne avec double contrôle. De ce que j'ai vu, organisation impeccable. Personne ne peut mettre en doute les élections du Venezuela et sur la planète entière, il n'existe pas d'élections plus contrôlées qu'au Venezuela."

Autre observateur, l'ex-premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero avait déclaré vendredi que la position des Etats-Unis et de l'Union Européenne de « désapprouver » les élections présidentielles au Venezuela avant qu'elles n'aient lieu était une « absurdité ». Il a reconnu éprouver « une certaine colère à cause de ce qui est en jeu. C'est très grave de dire à un pays : ces élections ne sont pas utiles, elles ne valent rien, avant qu'elles n'aient lieu. C'est une marque d'irresponsabilité envers un peuple et son avenir. Que des positions si importantes aient été prises avec si peu d'éléments de jugement me fait peur ».

Zapatero s'est interrogé sur les préjugés de l'Union Européenne envers le Venezuela : « Pourquoi a-t-elle agi ainsi avec le Venezuela ? Ce n'est pas raisonnable, ce n'est pas facile à expliquer. (..) Je crois que l'Union Européenne doit redevenir une puissance régionale qui donne la priorité au dialogue et à la paix. Je crois que l'Amérique Latine attend de l'Union Européenne qu'elle parie sur le dialogue ». Zapatero a pris comme exemple Cuba : « Après tout ce que nous avons entendu sur Cuba, maintenant, il y a un changement total de situation, il est très facile de discuter avec Cuba. L'attitude envers le Venezuela reste un grand mystère. Celui qui dit avant de l'avoir vécu que les conditions ne sont pas réunies pour des élections au Venezuela soit est un devin soit a des préjugés. Si le gouvernement bolivarien voulait frauder, il n'aurait pas invité le monde entier à observer les élections. Or, mise à part l'Organisation des Etats Américains (OEA), on a invité le monde entier à vivre le processus électoral. L'Union Européenne, l'ONU, n'ont pas d'experts pour vérifier un processus électoral ? Bien sûr qu'elles en ont, mais nous sommes enfermés dans un grand préjugé, dans des dogmes et cela conduit au fanatisme et au désastre. » Il a souligné, pour conclure, qu'il faut « venir sur le terrain. La vie et l'expérience politique consistent à bannir les préjugés et à connaître la vérité par soi-même. »
Thierry Deronne, Caracas, le 21 mai 2018


Source : Venezuela Infos

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