mercredi 16 mai 2018

L'histoire d'un serial killer en Palestine occupée

Edition Spéciale Palestine



Palestiniens gazés dans un camp Est de gaza, le 14 mai 2018
(Photo: Marcus Yam / Los Angeles Times via Getty Images)




Je résisterai

Je perdrai peut-être – si tu le désires – ma subsistance
Je vendrai peut-être mes habits et mon matelas
Je travaillerai peut-être à la carrière comme porte faix, balayeur des rues
Je chercherai peut-être dans le crottin des grains
Je resterai peut-être nu et affamé
Mais je ne marchanderai pas
O ennemi du soleil
Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.
Je résisterai
Tu me dépouilleras peut-être du dernier pouce de ma terre
Tu jetteras peut-être ma jeunesse en prison
Tu pilleras peut-être l'héritage de mes ancêtres
Tu brûleras peut-être mes poèmes et mes livres
Tu jetteras peut-être mon corps aux chiens
Tu dresseras peut-être sur notre village l'épouvantail de la terreur
Mais je ne marchanderai pas
O ennemi du soleil
Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.
Tu éteindras peut-être toute lumière dans ma vie
Tu me priveras peut-être de la tendresse de ma mère
Tu falsifieras peut-être mon histoire
Tu mettras peut-être des masques pour tromper mes amis
Tu élèveras peut-être autour de moi des murs et des murs
Tu me crucifieras peut-être un jour devant des spectacles indignes
O ennemi du soleil
Je jure que je ne marchanderai pas
Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.

Samih al-Qâsim (1939/2014)



Devant l'impunité totale dont jouit Israël, la communauté internationale demeure passive, sinon complice, reportant sans cesse l'adoption de véritables sanctions pour l'obliger à respecter le droit international. Or, à l'instar de la campagne qui avait ciblé le régime d'apartheid en Afrique du Sud, le minimum serait d'imposer un boycott visant les compagnies israéliennes du complexe sécuritaire et militaire, de même que toutes celles qui font affaire avec l'armée israélienne. C'est entre autres ce que réclame le mouvement non violent Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) lancé par la société civile palestinienne en 2005.


Un tueur en série (appelé parfois, par anglicisme, un serial killer) est un criminel auteur d'homicides qu'il réitère dans le temps. Selon la définition la plus répandue, ce type de criminel a commis au moins trois meurtres, dans un intervalle de temps – de quelques jours à plusieurs années – séparant chacun de ces crimes. Il semble, dans certains cas, tirer un certain degré de plaisir du fait de tuer ses victimes.
Cependant, dans une thèse présentée par la magistrate française Fiammetta Esposito (qui a fait l'ojet d'un livre2), un tueur en série se définit, indépendamment du nombre de victimes, par sa motivation intrinsèque, issue de fantasmes et par un passage à l'acte d'une extrême violence sexualisée. Autrement dit, un meurtrier pourrait être classé au nombre des tueurs en série dès son premier passage à l'acte, s'il est animé par une pulsion spécifique. Dans ce cas, son parcours criminel est interrompu, dès le premier meurtre, par l'arrestation, ou tout autre motif (maladie, décès…).
Le meurtrier de type « sériel » est généralement défini comme psychopathe ; il est considéré comme responsable pénalement. Dans de rares cas, il peut être diagnostiqué par l'expertise psychologique comme étant psychotique ; il est alors considéré comme n'étant pas responsable de ses actes et ne pourra être condamné. Wikipedia


Jérusalem occupée

52 morts et 2400 blessés dont 1200 par balles. C’est le dernier bilan de la sanglante journée du 14 mai 2018 dans la bande de Gaza. Mais pour Netanyahou, c’est un “jour glorieux”. Lors de la cérémonie d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, il a remercié Donald Trump avec des trémolos dans la voix. “Quel jour glorieux ! Souvenez-vous toujours de ce moment, c’est un jour historique. C’est un grand jour pour Jérusalem et pour l’État d’Israël. Un jour qui restera dans nos mémoires pour des générations et des générations”. Cette journée restera dans les mémoires, en effet, mais pour ce qu’elle est vraiment : un nouveau massacre colonial.

Déversant un déluge de feu sur des manifestants palestiniens désarmés, l’appareil répressif israélien s’est surpassé dans l’horreur. Où sont ses laudateurs habituels, toujours prompts à répéter le laïus officiel sur cette vertueuse armée israélienne pénétrée d’impératifs moraux et soucieuse d’épargner les civils ? On ne les entend guère, ils rasent les murs. Quand les courageux pionniers de l’idéal sioniste se livrent à un pogrom en direct, ces imposteurs fielleux et abonnés aux plateaux-télé ont la mine basse et le regard chafouin.

Mais peu importe. D’autres se mettent à l’ouvrage, bien décidés à maquiller la scène de crime. Hypocrites, les médias français prennent le relais, nous expliquant du bout des lèvres que “les tensions sont vives” et qu’il y a des “affrontements à la frontière”. Quel sens de l’euphémisme ! On se demande bien, d’ailleurs, de quelle frontière il s’agit, car Israël n’en a aucune. La bande de Gaza est un morceau libéré - et assiégé - de la Palestine historique. Lorsque ses habitants veulent se rendre dans une autre région de la Palestine, ils rentrent chez eux, tout simplement. Parler de frontière, c’est faire comme si l’occupation était légale, c’est joindre le mensonge à la justification du forfait colonial.

Cette journée du 14 mai est la plus meurtrière depuis la guerre de l’été 2014 contre Gaza. Mais une fois de plus, dès qu’il s’agit de nommer l’oppression subie par les Palestiniens, les mots sont démonétisés, vidés de leur substance, frappés par une censure invisible. On connaît la rengaine : “Israël a le droit de se défendre”, les colonies sont des “implantations », les résistants des “terroristes”, le mur de séparation “un mur de sécurité”, Israël une “démocratie”, les manifestants de Gaza des “provocateurs” et des “extrémistes”. Dans cette novlangue invasive, les expressions apparemment les plus anodines sont trompeuses.
…/...
“Nos soldats défendent nos frontières”, déclare Netanyahou. Va-t-il également proclamer l’époustouflante victoire de sa vaillante armée ? Déjà, durant l’été 2014, le bombardement massif et meurtrier d’un immense camp de réfugiés était censé relever, dans la novlangue sioniste, du paradigme de la victoire militaire. Comme si le bilan de ce bain de sang perpétré à distance pouvait s’apparenter à celui d’une guerre remportée à la loyale, sur un champ de bataille, face aux soldats d’une armée digne de ce nom, l’Etat-colon se vantait de ses turpitudes. Aujourd’hui encore, comme un serial killer de série B, il se regarde dans le miroir, fasciné par sa propre image mortifère.
Bruno Guigue



La chasse aux palestiniens est ouverte

Mais celui qui ose montrer du doigt Israël est toujours discrédité et disqualifié par une accusation systématique « d’antisémitisme », ou dans le moins pire des cas, par celle de « fantasmer » un « complot juif » ; l’accusation « d’antisémitisme » étant la plupart du temps une manipulation exécrable qui n’hésite pas à utiliser de manière infâme, l’épouvantail traumatique du choc paralysant de la Shoah !
L’utilisation, fréquente, injustifiée de l’argument « Shoah » et donc de celui « d’antisémitisme », fait partie de la religion judaïque qui est depuis son origine une religion de l’Holocauste avec sa logique idéologique.

C’est une authentique idéologie qui se cache derrière la barrière de protection de l’argument « d’antisémitisme ».

L’idéologie de la judéité, qui n’a pas plus de légitimité qu’une autre quelconque idéologie, est exceptionnellement protégée par la Loi ! C’est la seule idéologie au monde ayant ce privilège « inexplicable » de pouvoir s’imposer à toutes les nations occidentales, sans que celles-ci puissent la critiquer, en parler simplement, la remettre en cause comme toutes les autres idéologies…

Contester la « judéité » (et non pas les Juifs) revient à une pratique de « l’antisémitisme ».

La manipulation spectaculaire des peuples, opérée par les médias occidentaux, n’est pas explicable sans une analyse de ces notions de « Judéité », « judaïsme » et « Juifs », que nous allons découvrir comme intrinsèquement et ouvertement mêlées à cette idéologie d’un interventionnisme « moral » pour un « Nouvel ordre Mondial ».

Évoquer cette réalité de la manipulation médiatique n’a rien à voir avec un « conspirationnisme » ou « complotisme », autre argument utilisé par les manipulateurs habituels pour jeter le discrédit, disqualifier et faire taire tous ceux qui osent réfléchir sur la question ! Car, ce Pouvoir des médias et des lobbies associés, agissant sur les États, affiche ouvertement son objectif, sans se cacher, dans une position tout à fait officielle n’ayant rien à voir avec le « complot ».

Il est indispensable de rétablir la « normalité » d’un discours paisible, légitime, naturel, critique, sur les Juifs, le judaïsme et la judéité : je revendique le droit et la liberté de penser et de pensée sur ce sujet qui a été confisqué par l’intolérance des nombreux inquisiteurs autoproclamés travaillant sans relâche à la chasse aux « antisémites » ! Les Juifs ne faisant pas plus partie de l’humanité que l’ensemble des autres groupes humains habitant la Terre, je ne vois pas pourquoi il ne serait pas possible d’en parler, en toute sérénité et liberté, comme n’importe qui le fait de son propre pays ou des autres peuples ayant tous, sans distinction, d’évidentes et naturelles imperfections critiquables, sans pour autant tomber fatalement dans un « négationnisme » ou une pratique de « l’incitation à la haine raciale »! Jean-Yves Jezequel


A lire absolument “Pourquoi Israël veut la guerre etl'obtiendra” de Jean-Yves Jézéchiel, pour comprendre la place géostratégique de l'Etat Hébreu pour la légitimisation du Nouvel Ordre Mondial.






ENFANTS DE GAZA
A bas les lâches barbares sionazi(e)s!

Leurs rêves explosés
Cherchaient juste le chant chaud
D'un lait de jasmin
Parfumé par l'éternité
D’un sourire berceur de mère
Eclairée de mille contes
Et caresses allumés!
On n’entend plus
Que l'écho éteint, amer,
De leur sang désarmé
Qui crie dans les matins noirs
De leurs envols assassinés!

© Mokhtar El Amraoui (poète tunisien)in " Nouveaux poèmes"



Balles tragiques à Gaza

Par Jacques-Marie Bourget

Le problème des larmes, comme encre pour écrire, c'est qu'elles ne laissent pas de trace. Alors il ne faut pas seulement pleurer mais tenter d'emboiter des mots pour tenter de décrire l'indicible.

Fût un temps où les chinois, quand ils exécutaient un condamné à mort –c’est-à-dire souvent-, demandaient à la famille de payer le prix de la balle, celle du peloton. En regard, je pense que les Palestiniens restent des privilégiés : Israël n’envoient pas de facture aux parents de ceux qu’elle massacre. La preuve que ce pays est vraiment une grande démocratie.

Pour avoir reçu, le 21 octobre 2000 à Ramallah, une balle de M16 produite par IMI (Israël Military Industry) dans le poumon gauche, je peux témoigner qu’il ne faut pas en faire une montagne. Et que ces gazaouis qui se font assassiner sont vraiment des pleurnichards. Quoi de plus noble que d’être touché (comme par la grâce) par un de ces divins projectiles qui sont comme une onction ? Si vous en êtes atteint c’est, forcément, que vous étiez en faute, pas dans le droit chemin mais dans la traverse de l’histoire. Une balle religieuse c’est comme une goutte d’eau bénite, ça fait du bien où ça coule et ça ne peut pas se tromper. Et c’est réconfortant de mourir en sachant qu’on est justement châtié. Survivant, on vous reprochera votre résurrection.

Pour être objectif, comme mes confrères journalistes qui couvrent en ces heures si complètement et humainement l’affaire du safari humain de Gaza, je dois dire que la réception d’un balle de M16, dans le buffet, est assez surprenante, sidérante. Le calibre 5,56 à 975 kilomètres heure, c’est bousculant. D’ailleurs on tombe. Après c’est le bonneteau. Ou vous restez en vie (où ce qu’il en reste), ou vous êtes mort. Voyez que j’avais raison d’affirmer que ce n’est pas si grave.

Voilà ma contribution pour rassurer les bonnes consciences, les pétitionnaires que l’on n’entend pas aujourd’hui. Qu’elle dorme tranquille la clique des Bruckner et des Val, un bon palestinien est un palestinien mort. C’est fou ce que certains entendent faire comme bruit autour d’un fait divers moyen-oriental, même s’il se passe au printemps !

Les Palestiniens se souviennent un peu plus aujourd’hui, que le reste de leur temps perdu, de la Nakba, le « cauchemar », la « catastrophe ». Qui marque, au printemps 48, l’exil pour 800 000 d’entre eux. Pendant longtemps les menteurs de guerre ont tenté de nous faire avaler que cette fuite répondait à un appel du grand mufti de Jérusalem disant, en gros : « quittez le pays pour mieux revenir en conquérants ». C’est une baliverne. Les Palestiniens ont été chassés par les armes, par la violence, le crime et la torture, chassés par les milices embryon de la future « Tsahal ». On nous parle, parfois de deir Yassin, « l’Oradour sur Glane de Palestine », comme « le » souvenir du massacre (une centaine de villageois exécutés). Mais cette tuerie cache d’autres deir Yassin, aujourd’hui connus grâce au travail des « nouveaux historiens » israéliens. Le photographe français Bruno Fert, dans son livre « Les Absents », glaçant comme l’iceberg du Titanic, nous montre les quelques pierres et vestiges qui restent de ces villages détruit en 1948.

Effacés de l’histoire.

En septembre 1982 j’ai vu le massacre de Sabra et Chatila à Beyrouth. Nain face à l’immensité de cette horreur pilotée par Israël, j’ai attendu 30 années avant de pouvoir apporter un témoignage. Les crimes son tels que l’on refuse d’en faire des mots. En décembre de cette année de deuil, l’Assemblée générale de l’ONU a qualifié cette éradication « d’acte de génocide », acte imprescriptible. Mais jamais instruit ni puni. Les massacres sont la litanie de l’histoire des palestiniens, les stations de leur calvaire.
Jadis cette barbarie récurrente mobilisait les cœurs purs, des hommes et des femmes descendaient en masse dans les rues de la planète pour hurler. Puis le 11 septembre, l’attentat contre les tours de New York a été l’occasion du coup de sifflet final. Les Palestiniens ne sont plus des combattants luttant pour leur terre, mais des terroristes. Faux dans sa réalité, le slogan qui a fait des enfants d’Arafat des clones de Ben Laden et Daech a été efficace. Mieux, avec la montée en force du Hamas (groupe dont la création a été aidée par Israël), avec ses femmes voilées et ses barbes, son allégeance aux Frères Musulmans, les palestiniens ont cessé d’être perçus comme des combattants nationalistes. Ils sont devenus des pèlerins de la Oumma. Ils ont quitté le champ de l’indignation pour foncer dans les querelles d’églises, le Qatar étant la nouvelle Mecque des chefs du Hamas. Ai-je dit qu’il était juste et bon de bombarder, massacrer, d’affamer Gaza ? Non, mille fois. Je tente seulement d’expliquer que dans un monde d’images, la cause palestinienne en passant des icônes de Leila Khaled et d’Arafat au polaroïd de Khaled Meechal a perdu la guerre de l’émotion.

Cette banalité des morts palestiniens, voulues par l’opinion publique israélienne, se traduit dans les lignes, commentaires et titres de notre presse française, propriété de milliardaires. Sur BFM-TV, Ulysse Gosset, clown à tête de Lucifer, est très en colère que les morts de Gaza « soient venus gâcher la fête de Jérusalem, l’ouverture d’une ambassade des USA qui, une fois de plus, enterrait le droit international. Les cathos bretons d’Ouest France, eux, voient ces crimes se situer « en marge » de la pathétique pitrerie de l’ambassade. Ah les crimes de marge. Marge ou crève ! Pour les autres savants de presse les mots pour le dire sont prêts : « c’est la faute du Hamas ».

Thème ancien puisqu’en 2000, juste avant de croiser cette balle de M16 tombée du ciel, j’avais longuement enquêté sur les ressorts de la « seconde Intifada ». On accusait Arafat ou Abou Jihad de tirer les ficelles rouges de la révolte en envoyant la jeunesse au casse-pipe. Et c’était faux. D’abord nul n’oblige un soldat, même israélien, à tirer sur des êtres désarmés ou équipés de frondes. Ensuite j’ai vu les mères, elles aussi chargées de cailloux, qu’elles lançaient à leurs enfants pour les faire rentrer de force à la maison. Dire que la mort d’un « martyr » est, pour ceux qui restent, un épisode de bonheur est une ignominie badigeonnée de racisme. Jusqu’à ce que soit publiée une étude conduite de concert par Trump et Netanyahou, du Darwin à rebours, les Palestiniens sont des êtres vivants. La preuve, ils saignent.

Jacques-Marie Bourget





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