mercredi 23 mai 2018

Au Donbass: une guerre invisible


Ô errant, toi qui pleures les êtres
Qui fréquentent peu leur âme
Et meurent terrassés 
Par un trop-plein d’indifférence !

Errant habillé d’étoiles et de poussière
Quand tout autour de toi meurt sans pudeur ni honte,
Tu espères encore et toujours
Quand il n’y a plus rien à espérer !

Athanase Vantchev de Thracy - Paris, le 19 mai 2018



Après le putsh des néo-nazis de la place Maïden en Ukraine, planifié par les stratèges Us spécialistes des révolutions de couleurs, une guerre d'usure, terrible, et devenue invisible se déroule depuis 4 années aux portes d'une Europe aveuglée par l'allégeance de ses dirigeants à la puissance Otanesque. Une guerre honteuse dont un des buts évidents est de déstabiliser la Russie et de mettre sous le joug la population russophone du Donbass qui oppose une résistance héroïques à une armée fasciste armée, financée et entraînée par l'Occident. Gaël Hadey



Ecolière étudiant chez elle car à Gorlovka
les écoles ont été fermées à cause des bombardements
Photo: Erwan Castel


Les combats dans le Donbass s'intensifient depuis début mai, faisant à nouveau des blessés au quotidien, des morts, détruisant les habitations d'une population qui n'abandonne pas sa terre, qui ne se résigne pas. A nouveau, à Gorlovka, les enfants retournent dans les caves. Une enfance dans une cave. Une enfance volée pour la gloire éphémère des hommes. Une enfance bombardée par une armée fanatisée. Un pays aux mains d'intérêts qui le dépassent. Une enfan t en pleine guerre civile. Une guerre que certains aimeraient exporter.” KarineBechet-Golovko



Le 23 mai 2018

Les opérations militaires ukrainiennes de la nouvelle "Opération des forces conjointes" lancée début mai qui ont enflammé à nouveau la ligne de front du Donbass n'ont pas transgressé le caractère génocidaire des précédentes car une nouvelle fois la population civile du Donbass n'a pas seulement été la victime des bombardements et attaques de Kiev mais aussi sa principale cible.

Ainsi depuis le début du mois de mais ce ne sont pas moins de 20 victimes civiles qui sont tombées dont 5 tués et 3 blessés graves, plus de 100 habitats qui ont été détruits par les ukrainiens, des milliers de foyers privés d'eau et d'électricité, et des milliers de familles à nouveau vivant dans la crainte de cette mort qui rôde à nouveau dans le ciel comme une épée de Damoclès.


La population civile du Donbass qui subit ces bombardements fait preuve depuis ces 4 années de martyr d'un courage exceptionnel ainsi que d'une capacité de résilience inouïe. La plupart ont le choix de partir chez des parents ou des amis vivants dans des zones éloignées du front, ou de chercher un nouveau logement avec l'aide des services sociaux de la République. Mais ces femmes et ces hommes restent par amour et résistance car ils savent que ces tirs délibérés des soudards ukrainiens cherchent à les déloger de leurs habitats pour mieux écraser ensuite leurs villes et leurs villages.

Mieux que de subir avec héroïsme les souffrances de cette guerre à caractère génocidaire les populations civiles du front, et je peux personnellement en témoigner vivant à 500 mètres de l'aéroport de Donetsk, font preuve d'une solidarité permanente vis à vis des voisins et particulièrement des enfants, des personnes âgées isolées, mais aussi des soldats qui sont souvent aidés jusque dans les travaux de renforcement du front où des volontaires viennent les pelles et pioches à la main leur prêter main forte.

Ainsi ces héros désarmés du Donbass s'accrochent à leurs appartement, maison, et jardin, organisant une vie souterraine dans les caves où les bougies éclairant le sourire des icônes veillent sur leur espérance.  
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Combien faudra-t-il encore de morts civils et militaires pour que l'opinion internationale ouvre enfin les yeux sur cette guerre abjecte et sournoise qui sévit au cœur de l'Europe se développe et menace la paix du Monde ? 

Car la première victime de cette guerre du Donbass reste la Vérité et il nous appartient à nous, les veilleurs et lanceurs d'alerte qui la semons dans les sillons virtuels du Monde et de tenter de la réanimer pour que la Paix puisse enfin triompher de la guerre...
 

Erwan Castel, volontaire breton au Donbass


Lire l'intégralité de l'article : Les civils encore et toujours ciblés




Dans cette crise ukrainienne l'Union Européenne a servi de miroir aux alouettes pour les ukrainiens et de cheval de Troie pour l'OTAN qui malgré l'échec de sa stratégie en Crimée et le freinage organisé par la rébellion du Donbass, continue étape par étape à organiser l'intégration de l'Ukraine dans l'alliance. Car pour Washington peu lui chaut de la population vivant sur les rives du Dniepr, seul compte la militarisation de son territoire, la normalisation et le contrôle de son armée de chair à canon que l'OTAN veut transformer en bélier contre la Russie.” Erwan Castel


Gorlovka au Nord, Maison bombardée à Zaitsevo, 1 mort 1 blessé
Photo: Erwan Castel



Situation sur le front du Donbass

par Erwan Castel, le 22 mai 2018


La semaine écoulée fut la pire semaine depuis le début de l'année 2018 en termes de bombardements, combats et victimes civiles sur ce front du Donbass que l'opinion publique dite "internationale" persiste à vouloir ignorer.



Plus de 7000 violations du cessez le feu, 6 morts (dont 4 à Gorlovka) et 11 blessés, de nombreuses pertes militaires principalement du coté des assaillants ukrainiens (au minimum 10 tués) sans compter les innombrables destructions occasionnées lors des bombardements (plus de 90 maisons détruites rien que sur Gorlovka)

Cette aggravation brutale de la guerre, qui depuis 4 ans couve dans cette région coincée entre l'Ukraine et la Russie, était prévisible suite à la mise en oeuvre de la "loi de réintégration du Donbass" votée en février à Kiev et qui prévoit de relancer une dynamique offensive sur le front du Donbass en remplaçant le format d'une "Opération spéciale Antiterroriste" enlisée dans les tranchées par une "Opération des forces conjointes".

Depuis le 9 mai des opérations ukrainiennes croissantes ont commencé sur le front de Gorlovka la deuxième ville de la République populaire de Donetsk et une pierre d'angle majeure du front entre Donetsk et Lugansk. 
En Russie on prend très au sérieux cette nouvelle escalade militaire dans le Donbass tant sur le plan militaire ou de nombreux experts accréditent l'hypothèse d'une prochaine offensive de Kiev avant la coupe du Monde de football (15 juin) que sur le plan politique ou les discussions d'urgence sont réalisées antre le Président Poutine et ses "partenaires occidentaux" des accords de Minsk où à la Douma par exemple où le député Yuri Afonin du bloc communiste  a déclaré que devant l'échec des négociations et la menace d'une offensive la Russie devarit reconnaitre les Républiques de Donetsk et Lugansk afin de protéger leurs citoyens   

Depuis le début de ce mois de mai, date du lancement de cette "opération des forces conjointes" l'armée ukrainienne a repris ses campagnes de bombardements et ses reconnaissances offensives. ces nouvelles pressions correspondent :
  1. soit à une première phase d'une offensive majeure destinée à capturer une ville secondaire, un carrefour stratégique, séparer les républiques ou isoler les forces Sud de la République de Donetsk,
  2. soit à poursuivre la stratégie "des petits sauts de crapaud" et faire reculer progressivement la ligne de front républicaine par des attaques mineures ne générant pas de réaction internationale,
  3. soit de déstabiliser définitivement le processus de paix engagé à Minsk et de forcer la communauté internationale à mettre en oeuvre une mission de l'ONU (casques bleus) par laquelle Kiev espère rejouer le scénario du Kosovo.



Personnellement je pense que
Kiev peut tenter de jouer ensemble ces trois options pour reprendre la main dans le dossier du Donbass et surtout consolider par un succès militaire et diplomatique un pouvoir de plus en plus contesté tant sur le plan national que international :





Ainsi on peut imaginer les "forces conjointes" de Kiev dans une première phase mener des pressions offensives mineures (les "sauts de crapaud") pour fixer les forces républicaines loin de leur axe offensif majeur prévu. Ces pressions offensives doivent être faites sur des zones de contact (obtenues suite au précédent grignotage de la zone neutre) proches de points névralgiques (villes, carrefour etc...) obligeant les républicains à renforcer leurs défense. C'est peut-être ce qui se passe en ce moment dans le secteur de Gorlovka où suite aux bombardements et attaques ukrainiennes des unités de réserve de la DNR ont été envoyées en renfort (comme le bataillon blindé "Somali" par exemple)




En effet Gorlovka, non seulement est la deuxième ville en importance de la République Populaire de Donetsk, économiquement un centre principal de production métallurgique et chimique, mais surtout la clef de voûte de la ligne de front entre Donetsk et Lugansk. Les républicains ne peuvent se permettre de voir tomber ce secteur qui supporte la continuité et la force cohésive des leurs armées. Même s'il y a peu de risque que Kiev s'aventure dans des combats urbains suicidaires au cœur de cette immense cité minière, les républicains ne peuvent laisser son armée grignoter sa périphérie dans laquelle circulent des axes logistiques vitaux comme Debalcevo (à l'Est de la ville), ce carrefour routier et ferroviaire majeur à la charnière des 2 républiques.  



Puis Kiev se lancerait dans un coup de force mesuré pas trop meurtrier pour ne pas provoquer une réaction militaire de Moscou car ses parrains occidentaux ne sont pas encore prêts pour une guerre directe avec une Russie dont ils veulent d'abord continuer l'asphyxie économique et la confrontation sur le théâtre levantin. Mais ce coup de force doit cependant "bouger les lignes" de la diplomatie internationale par une envenimation du front provoquant l'abandon définitif du processus de paix de Minsk 2. Pour ce faire il faudrait pour Kiev réussir à prendre une ville secondaire ou un carrefour stratégique pour relancer une dynamique au niveau de la communauté européenne lâchement accrochée à l'épave des accords de Minsk 2.

Enfin, par cet urgence de stabiliser à nouveau ce front qui menace l'Europe entière, les USA et Kiev tenteraient d'amorcer le scénario "casques bleus" en les déployant prioritairement dans la zone conquise par Kiev, ce qui permettrait de verrouiller  le gain de terrain et éviter un nouveau chaudron. Washington compte ensuite étendre une normalisation progressive et pro occidentale du Donbass, donnant à Kiev la possibilité d'y organiser sous couvert d'une pacification internationale un "nettoyage ethnique" du type de celui de la république serbe de la Krajina. Mais Moscou qui a flairé la perversité de la proposition occidentale, mais tout en acceptant le principe d'une mission de l'ONU, demande qu'aucun membre de l'OTAN y participe, espérant par là garantir la neutralité de cette force d'interposition.

Deux autres paramètres extra militaires sont à prendre en compte pour expliquer aussi cette aggravation croissante du front : 
  1. Le sabotage espéré par les occidentaux du Mondial de football 2018 (15 juin) en Russie pourrait trouver un prétexte dans une aggravation de la situation militaire dans le Donbass où la Russie serait accusée d'intervenir.
  2. Les élections présidentielles ukrainiennes 2019 (31 mars) pour lesquelles l'impopulaire Porochenko aurait besoin avant la course, de créditer sa candidature avec une victoire même partielle sur le front du Donbass 
On voit bien, dans ce scénario que confirment les propos de différents responsables ukrainiens comme par exemple ceux du Ministre ukrainien de l'intérieur Avakov, qu'il y a encore beaucoup d'inconnues et notamment celle de la capacité militaire des Républiques à contrer les opérations militaires ukrainiennes et étouffer dans l’œuf cette stratégie offensive indirecte de l'OTAN et surtout celle de la réaction russe qui ne peut se permettre de voir se réaliser une seule étape de ce processus de réintégration du Donbass qui provoquerait une militarisation atlantiste accélérée de cette région limitrophe et surtout une vive contestation de palais par une majorité qui refuse d'abandonner la population russe du Donbass.

Donc, soit l' "Opération des forces conjointes" va connaitre un enlisement comparable à celui de feu l' "Opération Spéciale Antiterroriste", soit la guerre éclate à nouveau parce que Kiev a décidé de jouer seul sa destinée ou que Washington qui perd en Syrie cherche à ouvrir un second front en Europe. 

La question est de savoir si des occidentaux sont prêts à mourir pour Donetsk et Lugansk. Pour ce qui est des russes ils ont déjà donné leur réponse depuis 4 ans avec les milliers de volontaires venus rejoindre les rangs des milices du Donbass. 

Erwan Castel





Source: Donbass!



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