mardi 27 février 2018

Paroles et sagesse d'indigènes mexicains en lutte


La candidature de Marichuy au Mexique: une campagne pour faire éclore cent fleurs rebelles : 

à lire dans son intégralité cet article fort instructif et éclairant de Mauricio Centurión sur Tlaxcala


Marichuy
Marichuy "Femme avec cœur” médecin généraliste guérisseur nahua a été désignée par le Conseil National Indigène du Mexique, sur une proposition de l'EZLN, candidate indépendante à la présidence du Mexique.
Le CNI s'est donné pour tâche la création d'un organe pluriel et représentatif, un instrument politique pour lutter pour la vie, pour affronter un Mexique ravagé par la violence du crime organisé, avec plus de 100 000 morts et 30 000 disparus dans la dernière décennie. un Mexique où l'extermination des peuples originaires est toujours l'unique forme de relation avec elles et eux et ils, cette fois-ci avec d'énormes projets extractivistes.
Ainsi parmi les communautés indigènes du Mexique a débuté une campagne électorale pas comme les autres, loin de notre conception de la hiérarchie, un combat dont voici quelques étapes, basée sur les sept principes du « Commander en obéissant »:



Représenter et non évincer
« Plus que des votes, nous collectons des douleurs que nous avons dans tous les villages et qui devaient être entendues. » « Nous n'offrons pas de solution magique, nous appelons nos peuples à s'organiser » . « Après 524 ans de dépossession et d'extermination, nous voulons passer à l'offensive et cette fois-ci être protagonistes de l'histoire que nous voulons vivre »


Proposer et non imposer
« L'armée zapatiste n'abandonne pas sa lutte pour la voie électorale, la lutte continue à partir de ses bases autonomes, les escargots (caracoles), nous avons simplement soutenu avec ferveur l'idée de gâcher la fête pour les riches »

Servir et non se servir
« ...le combat commence, le chemin, l'organisation. Et nous avons pris contact avec vous, cela dépend de tous de rester en contact, de continuer à marcher, à diffuser les douleurs, les souffrances, à démasquer le gouvernement, à ne plus permettre que les puissants maintiennent leur mainmise sur notre pays, nous demandons tout le monde de prendre conscience ».


Convaincre et non vaincre
« Nous ne cherchons pas à gérer le pouvoir, nous voulons le démonter à partir des brêches que nous connaissons, nous en sommes capables »
« L'heure est venue »
« Nous lançons un appel à s'organiser dans tous les coins du pays, afin de réunir les éléments nécessaires pour que le Conseil indigène de gouvernement et notre porte-parole soit enregistrée comme candidate indépendante à la présidence de ce pays. Ainsi la fête changera de camp, ce ne sera plus eux fêtant notre mort, mais nous, dans la dignité, par la construction d'un nouveau pays et d'un nouveau monde

Obéir et non commander
Les 71 membres du Conseil et sa porte-parole savaient qu'en assumant leur tâche, ils portaient la voix et le regard de celles et ceux d'en bas, s'engageant à se battre pour la justice et la démocratie, à respecter la terre mère et les langues et les visions du monde originaires à rester anticapitaliste, en bas et à gauche, à construire des révoltes et des résistances et avec les exploités du pays et du monde, contre ceux d'en haut, à ne pas se vendre, abandonner ou se rendre. À suivre et respecter les sept principes du « Commander en obéissant ».

"Nous voulons un monde où toutes les couleurs se retrouvent"

Construire et non détruire
« parce que ce combat n'est pas seulement national, il est international. Nous voulons une vie digne, nous voulons une vie meilleure, c'est pour cela que nous sommes ici, c'est pour cela que nous sommes en marche. La camarade a dit que nous n'apportons pas de casquettes, nous n'apportons aucun cadeau, nous venons partager notre douleur, notre expérience, notre souffrance, voilà ce que nous nous apportons avec nous, la réalité que le gouvernement n'osera jamais dire, ce qui se passe dans ce pays. Nous voulons rendre visibles toutes les souffrances, les disparitions, les morts, que le gouvernement a cachées ». « Nous vous demandons d'arracher le bandeau sur vos yeux pour ne plus croire les mensonges des capitalistes, des riches, des puissants, nous devons unir nos forces pour vivre, pour exister, nous sommes là pour ça »

Descendre et non monter
« Ce n'est pas notre propos de prendre le pouvoir ou d'arriver au fauteuil, parce que nous savons que l'unité ne se construit pas d'en haut, c' est quelque chose qui est corrompu et qui y arrive va se corrompre, nous voulons construire quelque chose d'en bas, de différent parce que nous ne sommes pas d'accord avec tout ce qui se passe, et nous ne sommes pas d'accord pour qu'on continué à nous ignorer ».


Source de cet article : Tlaxcala, le journal des traducteurs

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