mardi 30 janvier 2018

Voyage en Syrie (3)

EDITION SPECIALE EN 3 PARTIES

3 – Voyage en Syrie
ou Le témoignage d'un français dans la guerre




Depuis 2016, Pierre Le Corf, 27 ans, partage le quotidien des Syriens, avec lesquels il vit les moments les plus effroyables. Il a choisi de s’installer à Alep, ville martyrisée de part en part, pour y relayer les témoignages de ses habitants et tenter de leur redonner un peu d’espoir. Témoignage exclusif du seul Français à Alep.






Entré dans le pays depuis le Liban, par les voies officielles, par l’intermédiaire de l’association SOS Chrétiens d’Orient, il a d’abord sillonné Damas, Maaloula, Khabab et Homs, avant de poser son sac à Alep, dans la zone gouvernementale. Si le jeune homme est un habitué des pays et des contextes parfois difficiles, c’est en revanche la première fois qu’il se rend dans un pays en situation de guerre.

L’un de ses objectifs? Redonner «une voix à ceux qui n’en ont pas», explique-t-il. Et la ville d’Alep, meurtrie sous les bombardements conjoints du régime et des rebelles, l’a particulièrement touché. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a décidé d’y rester et de partager le quotidien des Syriens qui y résident encore, pour la plupart des déplacés qui ont fui les zones de combat pour se réfugier dans la zone gouvernementale. Non par crainte des raids aériens, mais pour fuir les villes prises par le Front al-Nosra et les autres groupes extrémistes. «Ils les forçaient à partir, menaçaient de prendre leurs enfants ou de les tuer», relate Pierre.

Les risques, il les prend pourtant au quotidien. Depuis son arrivée à Alep en avril 2016 le jeune homme a passé beaucoup de temps à proximité de la ligne de front, hébergé par des familles qui vivent encore là, malgré les bombardements et les tirs de snipers. Depuis lors, il s’aventure régulièrement à Midane, un quartier chrétien touché presque au quotidien par les tirs de mortiers ou les bombes artisanales fabriquées par les rebelles avec des bonbonnes de gaz. Il s’est aussi rendu à Zahra, Khaldié, Cheikh Maqsoud, entre autres, à la rencontre de familles déplacées par les affrontements.

Au fil de ses rencontres, Pierre Le Corf relaie sur sa page Facebook les témoignages souvent émouvants, toujours tragiques, parfois glaçants, de Syriens qui ont tout laissé derrière eux. Leurs maisons, leurs vies, leurs proches parfois, ainsi que leurs morts. Des témoignages bruts de décoffrage, illustrés par des photos de ces familles, qui parviennent, malgré tous les drames qu’elles vivent au quotidien, à garder le sourire. «Quand je suis arrivé ici, au départ, ils étaient curieux qu’un Français prenne le temps de venir les rencontrer», avoue Pierre. La curiosité d’abord, mais aussi, dit-il, un «vrai accueil», partout où il s’est rendu. «Ils savent que je viens pour aider, que ce n’est pas mon pays, pas ma guerre, pas mon peuple». Pierre a choisi de privilégier les civils, ceux qui subissent cette guerre de plein fouet. «Les gens que je rencontre ici ont le sentiment d’avoir été sacrifiés, oubliés. Ils sont en manque de reconnaissance, d’existence et d’amour, tout simplement», ajoute-t-il.....
Jenny Saleh

Lire l'histoire syrienne de Pierre Le Corf sur : Arrêt sur Info







"je suis fatigué et dégoûté des mensonges sur ce qui se passe en Syrie"





SYRIE: FATIGUÉ DES MENSONGES ...! 

 

Par Pierre Le Corf, le 20 Janvier 2018


Je me réveille en cauchemar comme de temps en temps, je travaillais hier avec des jeunes qui ont vu leurs amis mourir, ça réveille des choses … internet semble revenu … un message que je pense important, je suis fatigué et dégouté de cette manipulation en continu, de ces mensonges et – ou demi-vérités que l’on vous enfonce dans le crâne subtilement ou agressivement mais de manière très contrôlée … d’avoir ces trolls qui n’ont jamais mis un pied ici et pris dans la gueule ce qu’on à pris et qui attaquent les témoignages de gens qui eux ont affronté la guerre, tout ça au nom de leur pensée unique… en général je n’aime pas modifier ou éditer mes vidéos mais je mets des sous-titres anglais pour essayer d’être clair, encore une fois sans prétention, vous faites ce que vous voulez de ce message qui n’est que la continuité de ce que j’ai toujours publié et que j’assume.

Je n’ai rien à gagner encore une fois, on va probablement continuer à me tirer dans les jambes … mais je ne transmets que ce que j’ai personnellement vécu, que des témoignages de gens qui ont le courage de partager leur histoire, dénoncer, apparaître avec leur visage.

Vous savez la différence entre les gens qui vivent en zones terroriste et ceux qui vivent en zone gouvernementale (ce qui représente 80% de la Syrie) c’est qu’ici personne n’a d’équipe de caméraman qui suit ceux qui sauvent des gens sous les centaines de mortiers, pas d’équipements dernier cri mis à disposition par des agences de presse étrangères, de réseaux satellites par la Turquie, de réseaux d’activistes ou des millions de financements pour assurer une couverture minute par minute des événements, … ici les mortiers tombent, vous courez, vous aidez les gens, vous ramassez les morceaux, vous couvrez les corps, les familles pleurent tout autant, les gens meurent tout autant.

Ici les gens ne font pas d’activisme, les gens essayent de vivre et les vrais gens d’Alep Est comme de Idlib ou d’ailleurs aussi, ils ne veulent pas continuer à jeter de l’huile sur le feu et simplement que ce merdier s’arrête d’un côté comme de l’autre, surtout de l’autre.

Je vous dirais honnêtement que c’est un voile noir a été tiré sur nous pour empêcher les gens de voir ce qui se passe sinon sous un certain angle, la vie a été effacée d’un côté ici, et de l’autre la souffrance des gens est instrumentalisée en vous donnant 1/4 d’images, en décontextualisant les situations, en mettant tout continuellement en scène, en vendant la guerre à travers des effets de perception.

La souffrance est réelle, ceux qui connaissent la guerre, que ce soit des roquettes ou des bombes d’avions, savent ce que ça veut dire, … le vrai problème c’est de comprendre que, sans terroristes, comme pour Alep, les gens vivraient en paix.

On vous vend une révolution pour la liberté, contre l’oppression, et si en effet il y a bien des gens qui ont vécu des choses injustes et qui détestent le gouvernement comme dans n’importe quel pays à des nivellements différents, la majorité vous rira au nez quand vous viendrez leur raconter que vos « rebelles » viennent leur apporter la liberté, d’ailleurs un grand nombre sinon la majorité des « combattants » sont des mercenaires étrangers, qu’est-ce que des Tchétchènes, des Ouïgours, des Afghans, des Malgaches, des Soudanais, des Tunisiens (sans parler des milliers d’Européens) etc. ont à voir avec ce pays?

Des milliards d’armement fournis aux terroristes à qui on a donné les moyens financiers – militaires – politiques, dont la France, de détruire le pays, de massacrer la population, l’armée Syrienne, … par exemple je vois les gros titres des journaux sur « Idlib » et ces héros, les casques blancs … vous n’avez pas la moindre idée de la vérité, de ce que représente Idlib aujourd’hui à savoir la plus grosse proche terroriste de toute la Syrie incluant des dizaines de groupes Djihadistes sous le drapeau à 3 étoiles, incluant Daesh qui combat au coude à coude en ce moment … d’ailleurs étrangement chacun de ces groupes est identifié en France comme « organisation terroriste », ici ils sont appelé « rebelles », facile.

Je ne me risquerais pas à publier tout ce que j’ai publié si j’avais le moindre doute, pas constaté par moi-même ce que j’avance comme échangé avec des dizaines de familles qui ont vécu avec eux au quotidien jusqu’à la libération …

j’écris beaucoup, je ne suis pas forcément clair mais je suis honnête et neutre aussi surprenant cela puisse-t-il être pour ceux qui sont perfusés à la propagande anti-Syrie anti-gouvernement Syrien visant à légitimer cette guerre … il y a beaucoup de choses que je ne sais pas, mais je vous parle de faits.
Probablement que je continue à charger à balle réelles les armes de gens qui me refusent le droit de partager ce que nous avons vécu, un témoignage « dissident », ce que les familles témoignent … mais je vous jure que si vous croyez que derrière toute cette propagande, même si encore une fois il n’y a ni tout noir ni tout blanc, que nous allons taire cette partie de l’histoire, ses nombreuses pièces du puzzle d’un conflit bien trop compliqué pour en disserter mais traitant de faits, de vécus … vous vous mettez le doigt dans l’oeil. Je vous invite à ne pas me croire … mais à condition que vous cessiez de croire tout ce qui vous est injecté, d’avaler goulument et aveuglément ce que l’on vous force à ingérer en vous faisant croire que c’est votre choix.
J’invite simplement chacun à développer son scepticisme, à prendre du recul … le temps parlera

Pierre Le Corf, Alep, le 20 Janvier 2018

On peut le suivre sur sa page Facebook



Aleppo, décember 2017




Issu d’un milieu modeste, parti très tôt de la maison familiale, Pierre Le Corf n’avait «jamais vraiment voyagé auparavant». Profondément humain, il dit avoir «été inspiré par des hommes et des femmes qui n’ont jamais intéressé les médias, mais qui ont accompli de grandes choses pour eux comme pour les autres». Il y a un an et demi, il vend tout ce qu’il a et part à la rencontre de ceux qu’il appelle «des héros ordinaires», aux parcours de vie souvent incroyables, sur les cinq continents, à travers son association We are superheroes. Russie, Inde, Japon, Etats-Unis, Amérique latine, etc., son aventure le mène dans une vingtaine de pays. Au fil de son voyage, il collecte plus de 900 histoires d’hommes et de femmes, d’enfants, parfois dans des situations dangereuses. Il a côtoyé autant des enfants employés par des cartels, en Amérique du Sud, que des membres de gangs aux Etats-Unis ou des habitants de bidonvilles, avec pour seul objectif de les aider à développer leur confiance en eux.


Photos : Pierre Le Corf



1ère partie : Introduction 
2ème partie : Mensonges & trucages


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