vendredi 29 décembre 2017

Jérusalem

OU LA FIN DU MYTHE DE L'ETAT D'ISRAËL



Les Palestiniens réclament un Etat indépendant dans les frontières de 1967, ayant pour capitale Jérusalem-Est, ce qui signifierait la fin de 50 ans d'occupation israélienne en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et dans la partie majoritairement palestinienne de Jérusalem. Les Palestiniens ont obtenu en 2012 le statut d'observateur à l'Onu et 135 pays ont reconnu la Palestine comme un Etat, parmi les quels on trouve l'Iran et la Turquie.



Des fidèles palestiniens manifestent
sur l’esplanade des Mosquées dans la vieille ville de Jérusalem, l
e 15 décembre 2017afp.comAhmad GHARABLI



Ce fut le Liban en 1982 qui pour moi a rendu clair que j’avais très peu en commun avec mon propre peuple et que je devrais m’en aller tôt ou tard. Ce fut au Liban, après avoir vu les camps de réfugiés que j’ai saisi l’étendue du nettoyage ethnique qui s’est déroulé en Palestine en 1948. Au Liban, j’ai réalisé que le fait que je me situais dans un état juif sur la terre d’autres personnes me faisait traverser une ligne rouge éthique fondamentale. Vous devez bien comprendre qu’en 1982, en Israël, personne ne parlait de la Nakba. Là-bas, à ce moment là, de mes yeux de quelle manière le projet israélien était malfaisant.../... Comment est-il possible qu’un peuple qui a tant souffert au travers de son histoire, puisse infliger tant de douleur aux autres ? Comment se fait-il que les opprimés deviennent les oppresseurs ? Comment est-il possible que juste 3 ans après la libération d’Auschwitz, l’état juif nouveau né se mette en phase de nettoyage ethnique de la Palestine ? …/... Le passé des juifs européens est une chaîne de désastres sans fin. Dans le monde musulman par contre, les juifs ont profité de la vie et ont prospéré. Il est plus que possible qu’assimiler culturellement et idéologiquement les juifs arabes avec les juifs ashkénazes puisse fournir toutes les réponses nécessaires, mais ceci est exactement le type même de recherche qu’on empêche d’effectuer...
/...
Cela dépasse la Palestine maintenant. C’est la Syrie, la Libye l’Irak et cela s’étend avec ce qu’il se passe en Grèce, au Portugal et en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au delà. Maintenant nous sommes tous Palestiniens. Nous sommes tous opprimés par cela même qu’on nous interdit d’articuler.” Gilad Azmond, musicien de Jazz et écrivain
A lire absolument sur Résistance 71: La Vérité en Face


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Au cours des années passées, il y a eu sept votes au Conseil de sécurité de l’ONU pour condamner la Loi de Jérusalem de 1980, qui proclame la ville capitale « éternelle et indivisible » d’Israël. La Résolution 478, la première de ces résolutions, a été adoptée en 1980 à l’unanimité, avec une abstention des États-Unis. A l’époque, même pour feu Edmund Muskie, un ancien secrétaire d’État des Etats-Unis, Jérusalem était une ville unique. « Nous devons préserver une vision commune de l’avenir de cette ville antique - une Jérusalem indivise, avec un libre accès aux lieux saints pour les peuples de toutes confessions. » Mais en même temps, les États-Unis soutenaient qu’ils avaient le droit d’avoir leur ambassade à Jérusalem et Edmund Muskie disait, en 1980, qu’ils ne considéreraient pas une demande de l’ONU à ce sujet comme contraignante.
Le Conseil de sécurité de 1980 était fortement opposé à une annexion israélienne de Jérusalem. L’ancien ambassadeur du Pakistan à l’ONU, Naiz A. Naik, a déploré que la pression internationale qui s’intensifiait à l’époque contre Israël, ait « donné plus de vigueur à l’obsession sioniste de judaïser la Ville Sainte de Jérusalem en détruisant son identité historique pour en faire « la capitale éternelle d’Israël ». Yehuda Zvi Blum, alors ambassadeur d’Israël à l’ONU, lui a répondu que Jérusalem était la capitale d’Israël depuis les origines et qu’Israël n’accepterait aucune suggestion de l’ONU concernant la ville. « Israël ne permettra pas à Jérusalem de devenir un autre Berlin, avec tout ce que cela implique non seulement pour le bien-être de ses citoyens, mais aussi pour la paix et la sécurité internationales. »
Israël, avec le soutien des États-Unis, a ignoré l’ONU. Au cours de ces 50 dernières années, il a annexé progressivement des pans entiers de Jérusalem et a affaibli l’emprise palestinienne sur la ville. Des colons juifs se sont approprié des terres et de propriétés de Jérusalem-est et le quartier juif de la vieille ville s’est étendu. L’opération de destruction du cimetière de Mamilla, un site d’une importance capitale pour l’histoire palestinienne (« Grave Silence », Frontline, 21 février 2014) a fait partie de l’entreprise de réduction de l’espace palestinien dans la ville.





Photo : Un adolescent palestinien, le jean déchiré, les yeux bandés, les joues écorchées, la tête tournée vers le ciel dans un mouvement de terreur, les bras tenus derrière le dos, les mains qu’on devine menottées.
Un enfant désorienté, terrorisé, seul tenu en tenaille par des soldats israéliens. Pas deux soldats israéliens, pas trois, pas dix mais 23, armés jusqu’aux dents, portant des casques énormes qui les font ressembler à des extraterrestres ou des automates, des machines impitoyables.
C’était à Al Khalil en Palestine occupée, le lendemain de l’annonce du président américain Donald Trump sur le statut de Jérusalem.
L’adolescent palestinien se nomme Fawzi al Junaidi et il a seize ans. Sa photo a ému des milliers de gens de par le monde, elle est venu poser un instantané, une image sur la décision de Donald Trump.
La photo a été prise par Wisam Hashlamoun pour Anadolu Agency/Getty Images. (Huffpost Algeria)
« Je n’ai jamais pensé que cette photo deviendrait un symbole, je voulais simplement dénoncer la violence israélienne. » a déclaré le photographe palestinien.




Dôme du Rocher à Jérusalem


Les États-Unis et Israël quittent l’UNESCO…
Bon vent et bon débarras ! (The Palestine Chronicle)

Par Jeremy Salt

L’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture) est la première des agences de l’Onu a accepter - avec une écrasante majorité - l’adhésion pleine et entière de la Palestine. Main dans la main, les Etats-Unis et Israël ont décidé de quitter l’UNESCO. On ne pouvait rien espérer de mieux ! Deux états voyous dirigés par deux dangereux bouffons ! Deux États qui ont semé une violence inouïe au Moyen-Orient depuis l’implantation d’ « Israël » en Palestine. En plus de la Palestine, les Etats-Unis ont lancé des guerres génocidaires contre trois pays depuis 1990, l’Irak (deux fois), la Libye et la Syrie, et ils continuent de soutenir l’Arabie Saoudite dans sa guerre tout aussi génocidaire contre le Yémen.

Quant à Israël, vivre en permanence en dehors du droit international est une condition nécessaire à son existence. Ce pays aurait dû être exclu de l’ONU il y a longtemps, ou, au moins, suspendu jusqu’ à ce qu’il change de comportement. Après tout, quel club continue d’accepter un adhérent qui n’obéit pas aux règles, qui a été mis en garde une fois, une, deux, trois, voire 50 fois, mais refuse toujours d’obéir aux règles ? Mais Israël n’a pas à modifier ses manières pour rester membre de la « communauté internationale » parce qu’un autre État qui ne respecte pas davantage les règles, ni même le droit international, les États-Unis, le protège à tous les niveaux et de toutes les manières, provoquant ainsi toujours plus de violence.

L’UNESCO a fait de son mieux pour protéger le patrimoine culturel palestinien. Rien de ce qui n’est pas juif n’a d’intérêt pour les Sionistes et il y a si peu de traces juives en Palestine que la Palestine musulmane et chrétienne a été ravagée, pas une seule fois (1948) ou deux fois (1967), mais sans arrêt. La destruction de la Palestine est la condition nécessaire à la création de l’ « État juif » de Netanyahou. C’est tout ou rien : il ne peut y avoir de compromis, ni d’alternative. Les Palestiniens ont proposé plusieurs options, un État séculier, deux États vivant côte à côte, mais la seule option acceptable pour Israël, c’est toute la Palestine pour nous et rien pour vous.

L’élimination des Palestiniens en 1948 s’est accompagnée de la destruction de près de 500 villages ou hameaux palestiniens, en dépit de leur valeur historique et culturelle. D’autres destructions ont suivi celles de 1967, à commencer par la démolition du quartier de Magharibah en 1967 pour faire place à une « plaza » autour de Haram al Sharif (dôme du Rocher), et se sont poursuivies dans les années suivantes. La guerre a également permis de chasser d’autres Palestiniens de leur patrie, plus précisément, cette fois-ci, de Cisjordanie, où beaucoup s’étaient réfugiés pendant l’agression sioniste de 1948.

La guerre a été une autre occasion de repousser la Palestine plus loin dans l’histoire en détruisant toutes les preuves matérielles de présence palestinienne, ce qui permet aux sionistes de dire : « Quelle Palestine ? Il n’y a jamais eu de Palestine ici. » C’est d’ailleurs en fait ce qu’ils disent depuis le début, sans convaincre qui que ce soit en dehors de leurs propres rangs parce que les Palestiniens ne sont pas partis, parce que leur nombre augmente (il y a peut-être maintenant plus de Palestiniens entre la Méditerranée et le Jourdain que de colons sionistes) et parce que trop de traces de leur histoire peuvent encore se voir dans le paysage. Et si le danger qui menace Al Aqsa qui respendit sur Jérusalem, est si grand, c’est parce que l’esplanade des Mosquée est le symbole éclatant des mensonges que racontent les sionistes.

A ce propos, il est tout à la fois incompréhensible et frustrant pour les sionistes que, malgré le demi-siècle, de fouilles intensives qu’ils mènent sous et autour d’Haram al Sharif, ils n’aient trouvé aucun objet prouvant qu’il y a bien eu un temple là. On trouve aujourd’hui des ruines et des vertiges d’époques beaucoup plus anciennes dans le monde. La Turquie en est pleine : le temple de Gobeklitepe, dans le sud-est de la Turquie, est vieux de 12 000 ans. Comment se fait-il alors qu’il ne reste rien de la structure grandiose qui aurait été construite par Salomon, là où se trouve actuellement l’esplanade d’Al Aqsa ? La Bible parle d’un bâtiment de plus de 60 mètres de haut, une construction de bois (les cèdres du Liban) et d’énormes blocs de pierre. Des matériaux similaires auraient été utilisés dans la construction du second temple, achevé en 515 avant JC. et détruit par les Romains en 70 après JC. On dit qu’il aurait eu les mêmes dimensions massives et pourtant rien n’a été trouvé, aucun vestige des colonnades ou des piliers, aucun bol votif, absolument rien ; cela signifie que si le temple se trouvait bien sur ce site, sa description biblique était terriblement exagérée (ce qui n’est pas surprenant dans un livre plein d’exagérations fantastiques).

De plus, les Sionistes d’aujourd’hui ne sont liés à l’ancien Israël que par leur religion. Leurs premiers colons n’avaient aucun lien vivant avec la terre et aucun lien ethnique avec les gens qui y vivaient. Les sionistes s’appuient sur la relation vivante des Juifs avec la Palestine au cours des siècles mais se gardent bien de dire que les Juifs qui étaient là quand leurs ancêtres sont arrivés considéraient le sionisme comme une hérésie. L’affirmation de Netanyahou selon laquelle Jérusalem est la capitale d’Israël depuis 3000 ans ne pouvait convaincre que les idiots, vu qu’Israël n’a que 70 ans et que le dernier État juif de Palestine s’est effondré au sixième siècle avant JC.

De toute façon et quoi qu’il en soit, une ancienne présence juive en Palestine ne saurait justifier la destruction de ce qui était là quand les colons sionistes sont arrivés à la fin du XIXe siècle.
Les Sionistes partagent avec les Croisés la distinction peu recommandable d’être responsables, en Palestine, de la plus grande œuvre de destruction de l’histoire moderne. Après avoir conquis la Palestine à la fin du XIe siècle, les Croisés massacrèrent ou chassèrent de Jérusalem tous les musulmans et les juifs. Le retour de la domination musulmane fut suivi, dès le début du XVIe siècle, par quatre siècles d’une longue paix ottomane jusqu’ à la prise de Jérusalem par les Britanniques en décembre 1917. Depuis lors, la Palestine n’a pas connu un seul jour de paix. La violence et la répression dont se sont rendus coupables les occupants britanniques ont été suivies par encore plus de violence, de répression et de dépossession du fait des Sionistes, et cela se poursuit aujourdhui.

Jérusalem a toujours été une cible privilégiée. Les massacres et les saisies de biens palestiniens de 1948 ont recommencé après l’occupation de la moitié orientale de la ville en 1967, elle-même suivie d’une perpétuelle guerre démographique raciste menée en violation totale du droit international et des lois de n’importe quel pays qui se prétend civilisé. Ce que cela montre, c’est qu’Israël n’est pas un État moderne, mais une communauté tribale atavique qui vit selon ses propres normes brutales, en tout cas en ce qui concerne les Palestiniens, et qui est indifférente à ce que le reste du monde pense, quand elle ne se montre pas carrément insultante. Le fait que les Sionistes pensent qu’ils peuvent s’en tirer indéfiniment est un signe évident de leur folie et de leur délire.

Les États-Unis sont maintenant allés jusqu’à « reconnaître » Jérusalem comme la capitale d’Israël alors qu’en droit international Jérusalem est une ville occupée, et pas seulement la moitié orientale qui a été capturée par la force des armes et colonisée en violation directe du droit et des lois de la guerre. Commentant le vote de l’Assemblée générale des Nations Unies qui a rejeté la déclaration de Trump, Nikki Haley, l’ambassadrice étasunienne, a ouvertement menacé ceux qui avaient voté pour. Des noms ont été relevés et des châtiments seront infligés au moment opportun. En votant pour la résolution, les membres de l’ONU ont fait preuve d’un manque de respect pour les États-Unis, selon Haley : on pourrait se demander à quel moment les États-Unis ont eux-mêmes manifesté le moindre respect pour le droit international et le droit des membres de l’ONU à prendre des décisions indépendantes en vertu de ce même droit international !

La déclaration de Trump sur Jérusalem a fait l’effet d’une bombe dans tout le Moyen-Orient et chez les musulmans du monde entier. Il faut la saluer parce qu’elle arrache le dernier voile de l’imposture connue sous le nom de processus de paix. Le nez de Mahmoud Abbas a été mis dans son caca. Les gouvernements saoudien et qatarien, qui traitaient en cachette avec les sionistes, ont dû s’aligner sur la question de Jérusalem. La déclaration de Trump a uni les musulmans au-delà de toutes leurs divisions.

Par eux-mêmes et tout seul, malgré le courage, la force et la fermeté dont ils ont toujours fait preuve, les Palestiniens n’auraient jamais pu vaincre leurs ennemis. Ils étaient bien trop puissants. Comme George Habache l’a écrit dans les années 1950, le chemin du retour vers la Palestine a toujours dû passer par le monde arabe qui s’étend maintenant, vu l’essor de l’Iran, à tout le monde islamique.
Nasser a enflammé le peuple arabe dans les années 1950 et, à eux deux, le Hezbollah et l’Iran sont une fois de plus le fer de lance de l‘opposition aux États-Unis et à Israël, au point qu’Israël est maintenant bien engagé dans les préparatifs de la guerre destinée à les détruire une fois pour toutes.
C’est une guerre existentielle, une guerre pour sa survie, une guerre extrêmement violente, à laquelle Israël se prépare intensivement. Israël menace son ennemi de destruction totale et Hasan Nasrallah répond que le Hezbollah est prêt et a des missiles qui peuvent atteindre n’importe quel endroit de la Palestine occupée. La menace de guerre au Moyen-Orient n’a jamais été aussi grande, ses conséquences éventuelles n’ont jamais été aussi dramatiques pour ne pas dire cataclysmiques. Les conséquences de la déclaration de Trump étaient si faciles à prévoir qu’il semble vain de la qualifier de stupide. Peut-être avait-il pour but de déclencher la guerre avec l’Iran dont les Etats-Unis et Israël rêvent depuis longtemps.

Jeremy Salt a enseigné l’histoire moderne du Moyen-Orient à l’Université de Melbourne, à la Bosporus University à Istanbul et à la Bilkent University à Ankara pendant de nombreuses années. Parmi ses publications récentes son livre paru en 2008 : The Unmaking of the Middle East. A History of Western Disorder in Arab Lands (University of California Press).


Source : Arrêt sur Info
Traduction : Dominique Muselet

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