lundi 27 novembre 2017

Pour l'indépendance des journalistes



Dessin de Fred Sébastien - 2001
La liberté de la presse, comment se porte-t-elle? Il n'est que de relire la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes (base du code de déontologie pour les journalistes européens) de 1971 pour réaliser qu'elle a été largement “outrepassée”, détournée, biaisée, violée, amputée quand elle n'a pas été purement et simplement ignorée. Les censeurs - juges et partis - du DECODEX du journal Le Monde et autres donneurs de leçons au service de l'éthique de classe des puissants de ce monde feraient bien d'en faire leur bréviaire avant de tourner sept fois leur belle conscience dans leur cervelle. Cette Déclaration dite Charte de Munich distingue 10 devoirs et 5 droits dont ne saurait s'affranchir - sous peine de perdre sa “sacro-sainte” indépendance - une profession très influente soumise à des pressions autoritaires et financières énormes. En ce sens - et plus que jamais de nos jours - elle joue un rôle déterminant (écrasant même!) sur la conception et la vision du monde de l'ensemble des catégories de citoyens. La liberté, comme chacun le sait, ne serait qu'une coquille vide si elle ne comportait pas de la part de chaque individu pensant une charge de responsabilités incontournables vis à vis de la collectivité. Voici pour la bonne bouche les 10 devoirs qui fondent la liberté de la presse, refusée bien évidemment par la plupart des organismes de presse qui lui ont substitué, par soucis de mieux informer probablement, leurs propres règles de fonctionnement internes :  
  1. Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité.
  2. Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique.
  3. Publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents.
  4. Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents.
  5. S’obliger à respecter la vie privée des personnes.
  6. Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte.
  7. Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement.
  8. S’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information.
  9. Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs.
  10. Refuser toute pression et n’accepter de directives rédactionnelles que des responsables de la rédaction.
André Chenet


A lire :





Charte d’éthique professionnelle des journalistes (SNJ, 1918/38/2011)


Nous publions ci-dessous, la Charte d’éthique professionnelle adoptée par le SNJ et consultable sur son site depuis le 2 mars 2011 . Elle se présente comme « la dernière version de la Charte de déontologie, fondatrice de la profession, adoptée par le Comité national en mars 2011, pour le 93e anniversaire du SNJ ». (Acrimed)
Le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste, rappelé dans la Déclaration des droits de l’homme et la Constitution française, guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre.
Ces principes et les règles éthiques ci-après engagent chaque journaliste, quelles que soient sa fonction, sa responsabilité au sein de la chaîne éditoriale et la forme de presse dans laquelle il exerce.
Cependant, la responsabilité du journaliste ne peut être confondue avec celle de l’éditeur, ni dispenser ce dernier de ses propres obligations.

Le journalisme consiste à rechercher, vérifier, situer dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme, commenter et publier une information de qualité ; il ne peut se confondre avec la communication. Son exercice demande du temps et des moyens, quel que soit le support. Il ne peut y avoir de respect des règles déontologiques sans mise en œuvre des conditions d’exercice qu’elles nécessitent.
La notion d’urgence dans la diffusion d’une information ou d’exclusivité ne doit pas l’emporter sur le sérieux de l’enquête et la vérification des sources.

La sécurité matérielle et morale est la base de l’indépendance du journaliste. Elle doit être assurée, quel que soit le contrat de travail qui le lie à l’entreprise.

L’exercice du métier à la pige bénéficie des mêmes garanties que celles dont disposent les journalistes mensualisés.

Le journaliste ne peut être contraint à accomplir un acte ou exprimer une opinion contraire à sa conviction ou sa conscience professionnelle, ni aux principes et règles de cette charte.

Le journaliste accomplit tous les actes de sa profession (enquête, investigations, prise d’images et de sons, etc…) librement, a accès à toutes les sources d’information concernant les faits qui conditionnent la vie publique et voit la protection du secret de ses sources garantie.

C’est dans ces conditions qu’un journaliste digne de ce nom :

• Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles, mêmes anonymes ;
• Respecte la dignité des personnes et la présomption d’innocence ;
• Tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ;
• Exerce la plus grande vigilance avant de diffuser des informations d’où qu’elles viennent ;
• Dispose d’un droit de suite, qui est aussi un devoir, sur les informations qu’il diffuse et fait en sorte de rectifier rapidement toute information diffusée qui se révèlerait inexacte ;
• N’accepte en matière de déontologie et d’honneur professionnel que la juridiction de ses pairs ; répond devant la justice des délits prévus par la loi ;
• Défend la liberté d’expression, d’opinion, de l’information, du commentaire et de la critique ;
• Proscrit tout moyen déloyal et vénal pour obtenir une information. Dans le cas où sa sécurité, celle de ses sources ou la gravité des faits l’obligent à taire sa qualité de journaliste, il prévient sa hiérarchie et en donne dès que possible explication au public ;
• Ne touche pas d’argent dans un service public, une institution ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ;
• N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;
• Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication ;
• Cite les confrères dont il utilise le travail, ne commet aucun plagiat ;
• Ne sollicite pas la place d’un confrère en offrant de travailler à des conditions inférieures ;
• Garde le secret professionnel et protège les sources de ses informations ;
• Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge.


Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (article XI)  : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi. »
Constitution de la France (article 34) : « La loi fixe les règles concernant les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques ; la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias. »

Déclaration des devoirs et des droits des journalistes (Munich, 1971) : le SNJ, qui fut à l’initiative de la création de la Fédération Internationale des Journalistes, en 1926 à Paris, est également l’un des inspirateurs de cette Déclaration qui réunit l’ensemble des syndicats de journalistes au niveau européen.

Le mercredi 9 mars 2011


Source : Acrimed

1 commentaire:

philippe dumont a dit…

Le préfet de l'aude viens d'acter le projet d'incinération des déchets nucléaires, AREVA Malvesi à côté de narbones. En 2019 commenceront les rejets journalier, de sa cheminée haute de 33 mètres, diffusant dans notre atmosphère, 960 000 mètres cubes de fumées radioactives et toxiques. Il a été calculé qu'en moins de deux heures, ces émanations nocives couvriront Toulouse. C'est les populations d'occitanie et les territoires à son nord qu'ils vont empoisonner.
Pour notre santé ; une augmentation des cancers de 45% est à attendre, la recrudescence des maladies thyroïdiennes, pulmonaire et les décès des plus fragiles sur des décennies.
Pour l'économie locale ; l'écroulement du marché immobilier et du foncier, empoisonnement des cultures maraîchères ( olives, raisins, fruits, légumes,... ).
Ces sacrifices seront fait sur l'autel de la rentabilitée financière, pour enrichir quelques millionnaires et appauvrir tout les autres.
Il n’y a pas de fatalité, sommes-nous destinés à être sacrifiés par l’Etat Français ? Il n’est désormais plus garant de notre santé mais de la santé financière de l’entreprise AREVA.
L’heure est grave, et chacun doit prendre ses responsabilités. En 2019, personne ne pourra plus dire qu’il ne savait pas, et encore moins les responsables politiques locaux qui se présenteront à vous en 2020 avec leurs belles promesses électorales.
Une association non subventionnée c'est créé '' tcna '' pour mobiliser contre cette nuisance. www.tcnarbonne.org