samedi 18 novembre 2017

La Palestine volée, dépecée et violée

Palestine occupée 1917 - 2017


L'état d'Israël est né

La création de l’État d’Israël en 1948 est la conséquence de plusieurs développements historiques qui remontent au XIXe siècle. L’Holocauste a joué un rôle dans la naissance d’Israël, mais ce rôle a été davantage celui d’une sage-femme que d’une mère ou d’un père. Pourtant, en Occident comme en Palestine, les gens y voient une relation de cause à effet. Cette perception n’est pas seulement due à un faute de logique selon laquelle post hoc ergo proctor hoc, c’est à dire B a suivi A, donc A a provoqué B. En fait, il faut se pencher sur les six courtes années qui séparent les deux événements pour comprendre. Je vais démontrer qu’il n’y a pas de relation de cause à effet entre les deux événements et je vais expliquer pourquoi ils sont jumelés dans l’imagination populaire. Je conclurai avec les leçons qu’on peut tirer d’une analyse plus critique de l’histoire :


Quand David Ben Gurion a annoncé la création de l’état d’Israël en mai 1948, il ne le sortait pas de son chapeau. Au contraire, cette création couronnait 50 ans d’efforts sionistes. Israël est la conséquence de développements historiques sur le court comme le long terme : l’antisémitisme racial ou moderne en Europe au XIXe siècle ; l’émergence du mouvement sioniste en tant que réponse à l’antisémitisme moderne et aux mouvements nationalistes en Russie et en Europe occidentale ; l’aptitude du sionisme naissant à combiner le socialisme et le nationalisme dans le but qu’« un peuple sans terre » puisse coloniser « une terre sans peuple » ; le Mandat britannique pour la Palestine grâce auquel - comme en témoigne la Déclaration Balfour - des vagues successives d’immigrants juifs européens ont construit des institutions sociales, économiques, politiques et militaires préétatiques. 
Najwa al-Qattan


Le peuple palestinien semble avoir une relation difficile avec les années qui se terminent par le chiffre sept. Le Premier congrès sioniste s’est tenu dans la ville suisse de Bâle en 1897 ; En 1917, Arthur Balfour publia sa déclaration ignominieuse par laquelle la Grande-Bretagne s’engageait à transformer la Palestine en foyer national juif ; la Commission Peel, recommandant que Londres adopte la Partition en tant que politique officielle, a publié son rapport en 1937 ; La résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations Unies recommandant la Partition de la Palestine a été adoptée le 29 novembre 1947 ; et le petit état d’Israël qui en résulta occupa le reste de la Palestine et d’autres territoires arabes en 1967. Un demi-siècle plus tard, en 2017, il semble s’y être installé de façon plus ou moins permanente. L’exception remarquable dans ce schéma de dépossession et de tragédie est l’année 1987, année où l’Intifada, le soulèvement populaire du territoire palestinien occupé, a éclaté pour donner une fois de plus aux Palestiniens l’espoir de la libération nationale.


L’année qui manque dans cette série de dates, est 1977, celle où le dirigeant égyptien Anouar Sadate a pris l’initiative de faire une paix séparée avec Israël. Le « pèlerinage » comme il l’a lui-même appelé, de Sadate pour aller embrasser Menahem Begin est systématiquement présenté comme le début prometteur d’un processus de paix arabo-israélien qui s’est ensuite détérioré. On n’a pas besoin du recul pour voir que ce n’était et n’aurait jamais pu être le cas. Sadate avait passé une grande partie des années 1970, et en particulier des années qui ont suivi la guerre d’octobre 1973, à reconfigurer l’Égypte. Alors qu’elle était auparavant le centre de gravité du monde arabe et avait une notoriété mondiale, sous la direction de Sadate, l’Égypte s’était graduellement réduite à un État client américano-saoudien. Mouin Rabbani 


Pour voir les routes qui n’ont pas été suivies lorsque la Résolution 181 des Nations Unies (aussi connue sous le nom de Plan de Partition) a été adoptée en 1947, il faut se repencher sur la Déclaration Balfour de 1917 et ses conséquences. La Déclaration reflète les intérêts de la Grande-Bretagne dans la région : elle avait besoin de la Palestine pour conserver son contrôle sur le canal de Suez et pour faire obstacle aux ambitions françaises sur le sud de la Syrie. Les préoccupations britanniques étaient donc à la fois économiques (accès au Canal, accès et contrôle du pétrole et du gaz) et politiques (contrôle de la Palestine tel qu’il lui avait été donné par la Société des Nations). Ce contrôle est la raison pour laquelle la Grande-Bretagne s’est engagée à établir un « foyer juif » en Palestine, plutôt qu’un état juif.


La colonisation de la Palestine par les colons juifs européens s’est faite contre la volonté des Arabes palestiniens autochtones grâce à la Déclaration. Cette colonisation européenne de la Palestine initiée par les Britanniques a commencé bien avant les terribles atrocités du régime nazi dans l’Allemagne hitlérienne. Il y a eu beaucoup de résistance palestinienne à cette double colonisation de la Palestine, dont la plus connue est la grande rébellion de 1936-39. Jamil Hilal  

La première Intifada de 1987 fut un brillant exemple de la lutte palestinienne contre l’occupation israélienne. Elle a mobilisé tous les segments du peuple palestinien et s’est distinguée par son unité, son organisation et sa créativité. Elle a également remis la cause palestinienne sur la scène internationale après que l’OLP a été chassée de Beyrouth en 1982, en perdant sa base.


Depuis lors, chaque fois que les Palestiniens se lèvent contre l’occupation israélienne, nous nous demandons s’il s’agit d’une nouvelle Intifada - une troisième Intifada, puisque l’Intifada de l’annéee 2000 a été la deuxième. Certains analystes n’hésitent pas à utiliser le terme « intifada » pour désigner toute action populaire prometteuse, comme le mouvement des jeunes de 2015 et, plus récemment, la « vague de colère » de Jérusalem, qui se poursuit par intermittence en cette année 2017. Cela souligne la position charnière de la première Intifada, qui a duré trois ans. En effet, on ne peut la comparer qu’à la grande révolte palestinienne de 1936-1939. L’Intifada et la révolte se sont toutes les deux soldées par un tragique échec, quoique dans des circonstances historiques différentes.


Les dirigeants palestiniens des années 1930 ont accepté d’arrêter la révolte, à l’appel des dirigeants arabes, et de faire confiance aux « bonnes intentions de notre allié britannique » qui s’était engagé à accéder aux demandes arabes. En 1988, l’OLP a décidé lors de la 19ème session du Conseil national d’utiliser le capital politique de la première Intifada pour obtenir la liberté et l’indépendance. Elle a cru que le message était passé et que la force de l’Intifada permettrait de mettre en application le programme politique provisoire adopté par l’ALP en 1974, qui comprenait la création d’une entité palestinienne sur n’importe quelle partie de la Palestine libérée. Elle n’a obtenu qu’une caricature d’état à la suite des Accords d’Oslo.


Etant donné que la révolte de 1936 n’avait pas permis aux Palestiniens d’obtenir le respect de leur droit à l’autodétermination, pourquoi la première Intifada n’a-t-elle pas tenu compte de cette première expérience riche d’enseignements pour éviter la même fin tragique ? La première Intifada a subi le même sort que la révolte de 1936 parce qu’elle s’est investie trop rapidement dans le processus d’Oslo dont le peuple palestinien continue de payer les conséquences, notamment en termes de division, de fragmentation et d’affaiblissement de son mouvement national qui avait pourtant occupé une place de premier plan dans les mouvements de libération nationale du monde entier dans les années 1970.


C’est une question cruciale maintenant que cent ans ont passé depuis la Déclaration Balfour et que le calamiteux processus d’Oslo est mort après plus de deux décennies de négociations futiles. La nouvelle réalité créée sur le terrain par la présence des colonies israéliennes - et le refus d’Israël de se retirer des terres occupées en 1967 - ont rendu impossible la solution à deux États. Aujourd’hui, il est urgent de se demander comment les leçons de la première Intifada et de ses conséquences peuvent servir à une juste résolution du conflit arabo-israélien.
Jaber Suleiman 


Extraits de : L’après Balfour : 100 ans d’histoire et d’occasions manquées (Al-Shabaka)
A lire dans son intégralité sur : Le Grand Soir




Balfour, cent ans après


Le philosophe et jazzman Gilad Atzmon, qui a rompu depuis longtemps avec le tribalisme pour rejoindre l’universel, a publié récemment un article sur cette déclaration qui a eu un impact considérable sur l’histoire contemporaine


Déclaration Balfour, Histoire et occultation  





Par Gilad Atzmon


Dans ue conférence tenue à Keep Talking, à Londres le 7/11/2017, Atzmon développe une analyse sur ce que l'historicité de la Déclaration Balfour vise à occulter : un siècle d'hégémonie politique juive en Grande-Bretagne et ailleurs

Dans son livre, Heidegger et “les juifs” (1988), le philosophe français Jean-Francois Lyotard fait remarquer que l’histoire prétend raconter le passé mais, en pratique, s’applique à dissimuler notre honte collective. Les USAméricains dissimulent l’esclavage et l’agression impériale génocidaire, les Britanniques cachent leurs erreurs coloniales, les juifs détournent le regard de tout ce qui aurait pu contribuer à transformer l’histoire juive en une Shoah prolongée. L’historien authentique, selon Lyotard, a pour fonction de dévoiler la honte.  Cette semaine marque le centenaire de la Déclaration Balfour et aujourd’hui je vais tenter d’aborder votre honte, ma honte, notre honte. Nous essaierons de comprendre ce que l’histoire de la soi-disant «déclaration» Balfour cherche à dissimuler.

Commençons tout d’abord par examiner le document. Il est nécessaire de noter que la soi-disant «déclaration» n’est pas imprimée sur un papier à en-tête officiel du gouvernement britannique. Elle n’est pas signée non plus par le cabinet britannique.  Au lieu de cela, c’est une lettre adressée par un louche politicien britannique (le ministre des Affaires étrangères Arthur Balfour) à un juif très riche (Lord Walter Rothschild). En tant que telle, la «déclaration» Balfour est, en réalité, une déclaration à la signification quelque peu limitée. Elle ne fait que «manifester sa sympathie pour les aspirations sionistes».




« Cher Lord Rothschild,
J’ai le grand plaisir de vous adresser, de la part du Gouvernement de Sa Majesté, la déclaration suivante, sympathisant avec les aspirations juives sionistes, déclaration qui, soumise au cabinet, a été approuvée par lui.
Le Gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte soit aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, soit aux droits et au statut politiques dont les Juifs disposent dans tout autre pays.
Je vous serais obligé de porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste. »
Arthur James Balfour


Pourtant, nous devons admettre que le monde juif est parvenu à extraire quelques gouttes de jus de cette déclaration aqueuse. Le monde juif interprète cette «déclaration de sympathie» comme un engagement en faveur de son projet sioniste, raciste et expansionniste, à savoir celui de l’État juif. Ils prétendent considérer que cette vague déclaration représente un permis de nettoyage ethnique du peuple aborigène qui habite cette terre, c’est-à-dire les Palestiniens. Et, comme si cela ne suffisait pas, la Première ministre Theresa May a manifestement adhéré à l’interprétation sioniste la plus radicale de cette déclaration.

May a annoncé la semaine passée, qu’elle était «fière de notre rôle de pionnier dans la création de l’Etat d’Israël».

Permettez-moi de partager avec vous une partie de l’histoire embarrassante de la Déclaration Balfour. La «déclaration», comme nous le comprenons actuellement, a en fait été rédigée et approuvée par les juifs britanniques avant d’être envoyée à Lord Rothschild.


«Avant que la déclaration soit officiellement présentée à Lord Rothschild par Lord Balfour, le projet a été présenté aux dirigeants juifs de toutes allégeances politiques, aussi bien sionistes que non-sionistes. L’un de ces dirigeants était Sir Philip Magnus, un rabbin réformé et un homme politique britannique duquel on a sollicité l’opinion concernant la déclaration».

Herbert Samuel, le premier Haut-Commissaire britannique en Palestine, qui a servi entre 1920 et 1925, était un avide juif sioniste et un proche de Chaim Weizmann chef de file des sionistes pragmatiques, le cerveau derrière la «déclaration» et qui deviendra plus tard le premier président israélien. De quelle manière les sionistes ont-ils réussi à placer un juif sioniste à un poste aussi crucial et sensible? La réponse est terriblement simple. Ils dirigeaient le spectacle. Nous parlons ici de la domination juive sur les affaires étrangères britanniques qui les concernent, dès le début du 20ème siècle.

Mais étaient-ce vraiment «les juifs», Moshe, Yaakov, Sarah qui dominaient les affaires du Moyen-Orient britannique? C’est peu probable. Il est plus raisonnable de supposer que le destin de l’Empire et ses décisions étaient entre les mains d’une poignée de juifs puissants, comme Lord Rothschild auquel Balfour a, en réalité, adressé la déclaration.

Cette histoire de domination politique juive s’étend bien au-delà des frontières de la Grande-Bretagne. Dans son ouvrage inestimable, The Pity of It All, l’historien israélien Amos Elon suggère que la déclaration Balfour était, au moins en partie, motivée par le désir du gouvernement britannique de gagner le soutien des banquiers juifs US pro-allemands, afin qu’ils contribuent à pousser les USA dans la (première) la guerre (mondiale).

Elon soutient qu’au début de la guerre, les financiers juifs germano-US se rangèrent du côté des Allemands et rejetèrent les alliances possibles entre les USA et l’Angleterre. «Jacob H. Schiff, patron de Kuhn, Loeb – à l’époque la plus grande banque privée des USA après J.P. Morgan – déclara qu’il ne pouvait pas plus désavouer sa loyauté envers l’Allemagne qu’il ne pouvait renoncer à ses propres parents. Dans une déclaration au New York Times du 22 novembre 1914, il accusa les Britanniques et les Français d’avoir tenté de détruire l’Allemagne pour des raisons commerciales». (The Pity of It All, page 455).

D’après Elon, les Britanniques avaient rencontré un problème juif avec les juifs US. «Le gouvernement britannique a pris ces développements très au sérieux. Dans un accès de paranoïa, l’ambassadeur britannique à Washington a même soupçonné l’existence d’une véritable conspiration juive allemande aux USA dirigée contre la Grande-Bretagne». (Ibid.)

Grâce à la déclaration Balfour, les banquiers juifs allemands aux USA ont totalement retourné leur veste. Il semble qu’ils aient trahi leur patrie et qu’ils n’étaient plus des patriotes allemands. «La déclaration Balfour de 1917, appelant à l’établissement d’un foyer national juif en Palestine, était motivée, au moins en partie, par le désir du gouvernement britannique de gagner le soutien des juifs USaméricains pro-allemands». (ibid.)

Le message à retenir est plutôt dévastateur. Depuis un certain temps, notre univers est dominé par des intérêts tribaux qui sont étrangers à la plupart d’entre nous. Et, pour une raison quelconque, nous ne pouvons pas vraiment explorer les conditions qui façonnent notre réalité et dictent notre avenir condamné.

Ceci est, en réalité, la signification précise du pouvoir juif. Le pouvoir juif, c’est le pouvoir destiné à supprimer la critique du pouvoir juif.  Certaines critiques moins sophistiquées d’Israël accusent le sionisme et Israël de diverses actions conspiratrices. Moi, contrairement à eux, j’ai dit à plusieurs reprises qu’il n’y avait pas de conspirations juives. Tout est fait de manière ouverte. La «déclaration» Balfour, adressée à un financier juif, a rapidement été rendue publique. L’USAmérique a ouvertement été poussée dans la Première Guerre mondiale pour l’amour de Sion. La nomination d’un juif sioniste, Herbert Samuel, en tant que Haut-Commissaire britannique en Palestine, n’était pas non plus un secret. A l’époque, c’était même un acte qui était sujet à controverse.

Ces événements, à l’époque, étaient aussi clairs que l’action des lobbys juifs contemporains comme l’AIPAC, le CRIF, Le CFI ou le LFI qui poussent ouvertement à des guerres  interventionnistes immorales, entraînées par les sionistes, contre l’Iraq, la Syrie, l’Iran et la Libye. Un siècle d’abus constants nous a laissé sans voix. Nous ne savons pas comment faire face à cette menace. Ceci est au coeur de notre honte. C’est ce que l’histoire tente de nous cacher. Cela s’applique à vous et à moi, mais également à Theresa May. Dire la vérité à propos de la Déclaration Balfour, c’est admettre publiquement l’existence de cent ans de solitude des goyim.

"Ne pas oublier" - Photo : Getty Images

Au cours des dernières semaines, les partisans de la solidarité avec les Palestiniens ont fait preuve de créativité en produisant de nombreux slogans proactifs. Celui qui a attiré mon attention cette semaine était le suivant : «Déclaration Balfour – 100 ans de nettoyage ethnique». Cette semaine marque, en fait, un siècle de domination sioniste sur la civilisation occidentale. Mais laissez-moi vous dire que les vrais Palestiniens authentiques, ceux qui vivent à Gaza et en Cisjordanie, pourraient être un peu mieux lotis que le reste d’entre nous. Alors que nous sommes souvent dépassés par la sophistication de nos maîtres à Tel Aviv, les Palestiniens de Cisjordanie, de Gaza et du Liban savent exactement qui sont leurs ennemis; ils les rencontrent dans les barrages routiers, ils reconnaissent les sons de leurs drones. Notre ennemi ici, aux USA, en France et en Grande-Bretagne, est en quelque sorte insaisissable: c’est le sionisme, c’est Israël, ou bien peut-être juste le Lobby? Est-ce vraiment «les juifs», ou bien même le judaïsme? Où judaïsme se termine-t-il et où est-ce que la judéité commence-t-elle? Laissez-moi tenter d’ouvrir vos yeux. Ce n’est rien de ce qui précède, et pourtant cela pourrait être également tout ce qui précède et bien au-delà. Le sionisme est une matrice sophistiquée et elle évolue rapidement. Le sionisme, tout comme l’antisionisme juif, lutte pour votre castration intellectuelle. D’une certaine manière, on défie votre opposition avant même que vous puissiez l’énoncer vous-même. Comment se déroule ce processus? On annule votre capacité à agir de manière éthique et rationnelle. On cible votre capacité de survie. Comment? En éradiquant vos racines athéniennes et en les remplaçant par un système régulateur rigide et jérusalémite.

Dans mon récent livre, Being in Time, A Post Political Manifesto, je me penche sur la dichotomie straussienne entre Athènes et Jérusalem. Athènes est l’endroit où nous réfléchissons, Athènes est l’endroit où l’on célèbre la philosophie et l’essentialisme. Jérusalem est la ville de la révélation, où la Torah, les Mitzvoth et les commandements sont acceptés de manière aveugle. Athènes est l’endroit où l’éthique est explorée par le biais du jugement. Jérusalem, de son côté, est l’endroit où l’éthique est remplacée par des lois.

Le sionisme, mes amis, ne peut opérer que dans un univers dominé par Jérusalem. Un monde gouverné par une tyrannie du politiquement correct. Étaient-ce Herzl, Ben Gourion ou Netanyahou qui nous ont imposé de telles conditions tyranniques?  Pas du tout, c’est le rôle de la Nouvelle Gauche, des adeptes de la politique de l’identité, des marxistes culturels, des «progressistes», des gens qui adhèrent au collectivisme idéologique. Les gens qui, au nom de la diversité, font taire la majorité. Ceux qui, au lieu de nous unir autour de ce que nous partageons tous, cherchent en fait à nous diviser en particules infinitésimales de symptômes biologiques (couleur de la peau, orientation sexuelle, etc.).

J’ai commencé cette discussion par une référence à Lyotard et à son «Heidegger et “les juifs”». Je conclus en faisant référence à l’enseignement du plus grand Athénien du 20ème siècle : Martin Heidegger.

En opposition aux Jérusalémites du monde entier qui, au nom du politiquement correct, nous disent ce qu’il faut dire et ce qu’il faut penser, Martin Heidegger, l’Athénien, nous a appris qu’éduquer c’est apprendre aux autres à penser par eux-mêmes et à affiner les questions (par opposition aux réponses recyclées).

Il est plus que temps de nous libérer nous-mêmes de notre honte. Il est temps d’appeler un chat un chat. Nous devons maintenant permettre à Aléthéia (la vérité en grec ancien) et au Logos de l’emporter. Nous devons nous émanciper et retrouver notre vraie voix. L’émancipation est l’opposition à la condition oppressive de Jérusalem. Cela représente, une fois de plus, la lutte pour la révélation de l’unité humaine.

Traduction à partir de l’anglais par Alimuddin Usmani

Source : la Pravda.ch via Tlaxcala
http://tlaxcala-int.org/Default.asp?









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