vendredi 8 septembre 2017

La profanation du Pnyx



Le représentant des banques qui vient faire un discours sur la démocratie en Grèce, c'est un peu comme ces assassins qui reviennent sur les lieux du crime.Yannis Youlountas

"Quand la démocratie n'est plus que la façade d'un carnaval guignolesque se jouant du peuple le temps d'une élection, la révolution est la  seule solution possible pour arracher les masques richement ornés des usurpateurs" Gaël Hadey




Photo : Constant Kaimatis


MACRON VIENT SE FAIRE VOIR CHEZ LES GRECS …
« ΜΑΚΡΟΝ, ΜΑΚΡΙΑ! » (MACRON, DÉGAGE! )

La venue de Macron en Grèce s’est déroulée dans une Athènes transformée en véritable forteresse. Centre ville bouclé, tous les sites français sous haute protection policière, plus de 2000 policiers mobilisés, des centaines de flics en civil, hélicoptères, l'État grec n'avait pas lésiné pour "sécuriser" la visite du Président français et empêcher toute sorte de manifestation... La venue de Macron en Grèce a provoqué de vives réactions et à la même heure 2 manifestations étaient prévues dans Athènes. Jouant sur les mots ( Macron , phonétiquement, veut dire « loin » en grec… ) les manifestants ont pris pour slogan : « MACRON, LOIN! ... MACRON, DÉGAGE! » 

Symbole fort de cette 1 ère journée de visite de Macron à Athènes, les discours de fin de journée avaient lieu sur la colline du Pnyx au centre d’Athènes, située à l'ouest de l'Acropole et surplombant l'ancienne Agora. Malgré les interdictions de manifester prises par le pouvoir grec, la manifestation prévue en fin d’après midi souhaitait se rendre en cortège au Pnyx. Malgré une imposante force policière anti-émeute, elle a pu se former mais a été réprimée par les MAT ( CRS) qui ont frappé des militants de LAE ( Unité Populaire) et ont gazé les manifestants ( cf Photos et vidéos) . Panagiotis Lafazanis , secrétaire général de LAE a déclaré que les interdictions de manifester « rappellent des temps sombres qu’a connu le pays . Nous avons bravé les interdictions et nous nous sommes retrouvés dans la rue pour protester contre la visite du président français, qui est ici comme un agent avec une délégation d’ hommes d’affaires pour saisir ce qu'il peut être vendu dans ce pays. »


Manolis Glezos, l’infatigable résistant, a refusé l’invitation officielle de se rendre à ce qu’il a qualifié de « profanation du Pnyx » par des « people » et des "affairistes" plus cyniques que jamais!
 
(Source : page Facebook de Constant Kaimakis)







Je n’accepte pas l’invitation à être présent aujourd’hui à la profanation de la Pnyx


Par Manolis Glezos



La France, son peuple, les luttes du peuple et ses représentants ont toujours été les bienvenus pour le peuple grec.

Je me souviendrai toujours de l’énorme contribution de la France officielle, sous le Général De Gaulle, et du peuple français, qui ont empêché l’exécution des peines de mort qui nous avaient été infligées par le régime grec qui a suivi la guerre civile.

Mais, la visite d’aujourd’hui présente une différence majeure.
Aujourd’hui, c’est le droit du plus fort qui s’impose.

La Grèce impuissante, grâce aux mémorandums, accueille en tant qu’investisseurs l’invasion financière la plus cynique, en la personne d’un groupe  qui accompagne le président français.
Les infrastructures qui n’ont pas encore été cédées, sont dans la file d’attente.
Nous ne vendons pas, nous bradons.
Ils n’investissent pas, ils augmentent leur propre richesse en suçant toute trace de vie du peuple grec.
Simple bilan, simples mathématiques.
Et tout cela sous le régime d’un chantage inédit du point de vue hstorique.
Avec l’épée du maître-chanteur sur la table, qu’accompagne un cynique “Vae Victis” (Malheur aux vaincus).

Rien ne peut modifier l’estime que nous nourrissons pour le peuple français.
Mais, nous n’accepterons pas comme faits accomplis ce qui sera convenu entre les groupes d’entrepreneurs qui accompagnent le Président de la République Française et le Premier ministre de Grèce.

C’est pourquoi je n’accepte pas l’invitation à être présent aujourd’hui à la profanation de la Pnyx.

Manolis Glezos, Athènes, le 7 septembre 2017



Source : Tlaxcala





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