jeudi 24 août 2017

Vertus et déclin de l'Occident



L'Occident s'est affirmé après la première révolution industrielle par la production de l'acier qui lui permit de mettre en place une industrie de la guerre en construisant des canons qui lui permirent de guerroyer avec réussite sur tous les territoires d' opération surtout après le traité de Vienne où les puissances européennes après avoir vaincu Napoléon en l'envoyant à Saint Hélène, décidèrent de porter leurs forces en direction des pays faibles en dehors de l'Europe. Mieux encore la conférence de Berlin fut consacré au dépeçage de l'Afrique et chaque pays prit sa part. Le roi des Belges s'octroya à titre personnel le Congo. !

En fait pendant cinq siècles, au nom de ses «droits de l'homme», l'Occident dicte la norme, série, punit, récompense, met au ban des territoires qui ne rentre pas dans la norme. Ainsi, par le fer et par le feu, les richesses du Sud épuisés furent spoliées par les pays du Nord. Bien plus tard et après l'implosion de l'empire soviétique, ce fut la fin de l'histoire, selon le mot de Fukuyama avec une pax americana qui paraissait durer mille ans.
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Pendant longtemps et pratiquement depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il était de bon ton pour les Européens de s'arrimer à l'alma mater du monde libre : les Etats- Unis d'Amérique. Cependant, des craquements se font entendre et des états d'âme «européens» se font entendre quant à la perte de l'identité de l'Europe composée de vassaux qui se découvrent sur le tard une spécificité. L'analyse lumineuse de l'ambassadeur singapourien Kishore Mahbubani décrit le déclin occidental : recul démographique, récession économique, et perte de ses propres valeurs. Il observe les signes d'un basculement du centre du monde de l'Occident vers l'Orient. (Citant l'ouvrage de l'historien britannique Victor Kiernan. «La plupart du temps, cependant, les colonialistes étaient des gens médiocres mais en raison de leur position et, surtout, de leur couleur de peau, ils étaient en mesure de se comporter comme les maîtres de la création. Même si la politique coloniale européenne touchait à sa fin, l'attitude colonialiste des Européens subsisterait probablement encore longtemps.».

«En fait, poursuit Kishore Mahbubani, celle-ci reste très vive en ce début de XXIe siècle. Souvent, on est étonné et outré lors de rencontres internationales, quand un représentant européen entonne, plein de superbe, à peu près le refrain suivant : "Ce que les Chinois [ou les Indiens, les Indonésiens ou qui que ce soit] doivent comprendre est que...”, Mahbubani reproche à l'Europe sa myopie, son autosatisfaction et son égocentrisme. Pour lui, "le moment est venu de restructurer l'ordre mondial”, que "nous devrions le faire maintenant”». L'Occident est dans l'incapacité à maintenir, à respecter et encore plus à renforcer les institutions qu'il a créées. Et l'amoralité avec laquelle il se comporte sape davantage les structures et l'esprit de la gouvernance mondiale.
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On dit que «La plus grande caractéristique de la civilisation orientale est de connaître le contentement, alors que celle de l'Occident est de ne pas le connaître.» Cette maxime de Hu Shih résume, à elle seule, «la boulimie sans retenue de la civilisation du toujours plus» qui amènera la planète au chaos. Ce n'est pas simplement l'Occident qui va décliner, ce sont tous les peuples qui vont le suivre dans une descente aux abîmes. Assurément, la planète est en pleine tourmente, la recomposition du monde fera disparaître des Etats dans un nouveau Yalta.

Peut-on dire qu'une civilisation meure quand elle a épuisé ses récits de légitimité à la fois temporelle et atemporelle ? C'est en tout cas l'avis de Jean-François Léotard qui parle du déclin des grands récits de légitimité comme le socialisme, le communisme, l'hitlérisme, le fascisme, le récit religieux. mais aussi le libéralisme sauvage. Ce dernier serait responsable indirectement de l'anomie du monde et du déclin de l'Occident. A l'heure du chacun pour soi, le sentiment d'appartenance à un projet qui transcende les individualités s'est évaporé. Marcel Gauchet parle de désenchantement du monde. Dans cette vue désolée d'une incommensurabilité des humains entre eux, que reste-t-il ? L'espace commun se délite, les religions n'ont plus rien à se dire.

Les sociétés n'ont plus de ''Grands Récits''. Ainsi le rêve américain qui a été inculqué à coups de récits sur la Destinée Manifeste, l'americain way of life ne fait plus recette même aux Etats-Unis. La post-modernité se traduit par l'adage de la guerre contre tous l'agressivité, le libéralisme triomphant fait peser sur l'être-soi et sur l'être-ensemble une lourde menace. Il y a une fascination pour l'ultraviolence : séries TV américaines avec scènes violentes (tortures, viols, serial-killers)

Sans vouloir jouer les pythies, il est admis que le monde dans sa version actuelle va à sa perte La solution serait dans un ressourcement et un vivre-ensemble lié à une transcendance. La vie des hommes, lit-on, dans la contribution suivante, s'organise grâce à la civilisation. La civilisation actuelle répond-elle aux besoins de l'homme ? «Toute civilisation est inspirée par Dieu. Mais la civilisation actuelle ne respecte plus l'homme, trop de gens souffrent et sont menacés. Une nouvelle civilisation, meilleure pour l'homme, doit émerger de la prise de conscience de chacun. Une civilisation organise la société humaine. La première grande civilisation sur Terre fut celle des Égyptiens. Cette civilisation était intimement liée au divin. (...) Cette inspiration divine permit à la civilisation égyptienne de rayonner et dominer pendant trois mille ans. (...) L'humanité a besoin d'une nouvelle civilisation respectueuse de l'homme et des lois de Dieu. Ce projet de société doit réunir tous les hommes en un même peuple pour que la vie continue harmonieusement sur Terre. (...) L'environnement naturel est pillé, pollué ou dévasté, à cause de la négligence ou de la cupidité des hommes. Alors que la préservation de cet environnement est la condition de notre survie future. Chacun de nous a une part de responsabilité. Chacun de nous doit ouvrir les yeux sur la situation du monde, choisir de changer son attitude et exiger la moralité de ses dirigeants.»
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L'Occident s'arroge le droit de construire l'universel tout seul. Le philosophe Abdennour Bedar prône pour sa part, un universel commun Il cite le philosophe Paul Ricœur, le philosophe Ibn El Arabi parlait de l'égalité des religions et des cultures. Il ajoute qu'il ne croit pas que les civilisations soient autosuffisantes, mais se complètent. Il parle de confluence des religions. Abdennour Bedar, lui, parle de convivialité des religions pour un apaisement de la condition humaine qui doit s'inventer une nouvelle manière de vivre.

Enfin, pour Claude Levi-Strauss : «(...) il n'y a pas, il ne peut y avoir, une civilisation mondiale au sens absolu que l'on donne souvent à ce terme, puisque la civilisation implique la coexistence de cultures offrant elles le maximum de diversité et consiste même en cette coexistence. La civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition, à l'échelle mondiale, de cultures préservant chacune son originalité.» Tout est dit.

« Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères ! Qu'ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l'industrie paisible ! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l'instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu'à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant. disait Voltaire dans son traité sur la tolérance. Si nous voulons perdurer en tant que civilisation terrestre, il est de la plus haute importance de prôner une parole désarmée. Nous devons accepter un monde multipolaire où chaque peuple aura droit à s'épanouir. Amen !
Pr. émérite Chems Eddine Chitour, Ecole Polytechnique d'Alger





Les casques blancs
Jihadistes désignés en vue du Prix Nobel pour la Paix


La supercherie du droit-de-l'hommisme

Par Bruno Guigue



Hormis les réactionnaires qui pensent que les hiérarchies sociales sont fondées en nature et qu'il y a des hommes faits pour commander et d'autres pour obéir, tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut défendre les droits de l'homme. Mais il faut admettre que les uns et les autres ne parlent pas de la même chose. Si l'on entend par cette expression la possibilité pour chacun de jouir du bien commun, alors l'accès à l'emploi, au logement, aux soins et à l'éducation fait partie des droits de l'homme - ou des droits humains, ne jouons pas sur les mots - au même titre que la liberté d'expression ou le choix de son orientation sexuelle. Prendre au sérieux les droits de l'homme, c'est y inclure les droits collectifs, c'est-à-dire la possibilité de vivre dans des conditions matérielles décentes.

Les militants des droits de l'homme, pourtant, ne s'intéressent qu'aux droits individuels et délaissent ostensiblement les droits collectifs. Que des individus soient emprisonnés ou empêchés de s'exprimer par des gouvernements autoritaires leur est insupportable, mais que des masses d'affamés subissent la loi d'airain du capital mondialisé leur est indifférent. Leur compassion pour l'humanité souffrante est étrangement sélective. Ils ne se mobilisent que pour des minorités ou des individus isolés, ils agissent au cas par cas en sélectionnant les individus ou les groupes qu'ils jugent dignes de leur attention, et on ne les voit jamais prendre fait et cause pour une classe socialement opprimée.

Le vocabulaire de la plupart des ONG - majoritairement anglo-saxonnes - en témoigne clairement. Elles entendent combattre la discrimination et non l'exploitation, l'exclusion et non la pauvreté, la privation de liberté infligée à quelques-uns et non la misère imposée au grand nombre. Leur philosophie est celle de l'individualisme libéral, qui ne connaît que des individus porteurs de droits et se soucie peu de savoir s'il y a parmi eux des riches et des pauvres. Ne parlons pas de la lutte des classes, ce gros mot qu'elles ne veulent même pas entendre prononcer. La seule lutte qui compte à leurs yeux, c'est celle qui vise à aligner des individus abstraits sur un standard restreint aux libertés formelles - et individuelles - en oubliant allègrement que ces libertés n'existent que sous certaines conditions.

Pour tout dire, le droit-de-l'hommisme ordinaire occulte le fait que ces libertés individuelles ne sont effectives que si les droits collectifs sont garantis par des structures sociales qui les favorisent. En d'autres termes, les droits individuels ne sont réels que si les individus sont correctement nourris, logés, éduqués et soignés, et ces conditions ne sont réunies à leur tour que si un rapport de forces entre classes sociales les inscrit dans la durée. Bref, les droits-de-l'hommistes oublient tout bonnement que les individus ne sont rien sans la société et que les droits individuels dont on réclame l'application ne sont que du vent si la société est divisée en dominants et dominés.

Cette indifférence aux conditions d'exercice des droits dont ils font pourtant leur fonds de commerce n'est pas étonnante. Petits-bourgeois des pays riches, les défenseurs des droits de l'homme défendent les droits dont ils jouissent, dont ils pourraient jouir ou dont ils voudraient que jouissent ceux qui leur ressemblent. Pourquoi dépenseraient-ils leur énergie à lutter contre la faim dans le monde quand leur assiette est pleine ? Pourquoi se battraient-ils pour l'appropriation collective des richesses puisqu'ils n'ont aucun problème de fin de mois ? En luttant pour les droits de l'homme, ils aspergent d'eau bénite leurs états d'âme de nantis que leurs conditions d'existence n'amènent jamais à interroger les ressorts de l'oppression et de l'injustice qu'ils ont constamment à la bouche, mais sans savoir de quoi ils parlent.

Que les pauvres soient pauvres importe peu à leurs yeux, car les pauvres revendiquent en général autre chose que la reconnaissance de droits individuels rendus impossibles par l'absence de droits collectifs. Lorsque l'extrême richesse côtoie l'extrême pauvreté, revendiquer la liberté d'expression avec un minimum de sérieux impliquerait d'exiger l'expropriation des capitalistes qui contrôlent la presse afin de créer les conditions d'une information plus objective. Mais on n'a jamais entendu un droit-de-l'hommiste formuler ce genre de revendication. Le contrôle des médias ne s'expose à sa foudre vengeresse que s'il est exercé par de méchants dictateurs qui défient le nouvel ordre mondial. Pour les autres, il n'y a pas de problème.

Sélective, cette indignation pseudo-humaniste choisit ses victimes. Les autres peuvent crever. Lors de la chute du communisme, en 1991, les organisations droits-de-l'hommistes ont crié victoire. L'idéologie des droits de l'homme ayant été inventée pour lutter contre l'URSS, cette victoire finale sembla consacrer leur vision du monde. Mais aucune de ces organisations n'a souligné que les prisons soviétiques étaient vides depuis longtemps et que le totalitarisme dont la philosophie politique des années 70 faisait un mal absolu était une coquille vide. On ne s'émut pas davantage, chez les humanistes, en constatant que sous la présidence Eltsine (1991-2000) l'espérance de vie régressa de dix ans sous l'effet des réformes structurelles dictées à la Russie par le FMI. C'est normal. Les petits vieux qui meurent en masse dans le paradis capitaliste n'intéressent pas les défenseurs des droits de l'homme.

L'humanité souffrante dont se soucient des ONG pétries d'humanisme se résume à un agrégat indistinct d'individus abstraits, atomisés, dont le sort n'est intéressant que s'il témoigne d'une violation de leurs droits individuels, de préférence dans un pays exotique dont le procès est instruit par la doxa occidentale. Mais on n'a jamais vu "Amnesty International” - dont le seul intitulé relève de la publicité mensongère - s'insurger contre le fait que 800 millions de personnes souffrent de malnutrition, ou que des centaines de milliers d'ouvrières sont surexploitées par les multinationales occidentales dans les "maquiladoras” de la frontière mexicaine. On répondra sans doute que ce n'est pas l'objet social de cette organisation, et je répondrai à mon tour que c'est précisément le problème sur lequel il convient d'insister.

Cette triple sélectivité dans le choix des droits en question, des individus concernés, et enfin des pays sur lesquels on braque le projecteur, explique donc beaucoup de choses. Elle explique que l'on fasse le tri parmi les victimes en évitant soigneusement d'incriminer les structures - celles de l'exploitation capitaliste mondialisée - qui sont responsables de 90% des malheurs qui frappent l'humanité. Elle explique aussi la fascination des ONG droits-de-l'hommistes pour la défense des LGBT. La lutte contre les discriminations qu'ils subissent est légitime, mais il faut être lucide sur l'effet de cantonnement qu'elle génère. Car cette cause, aux yeux du droit-de-l'hommisme petit-bourgeois, présente l'avantage de transcender la division sociale, d'évacuer la question des rapports de classe, bref de conférer à la lutte pour les droits humains une universalité abstraite qui sert les intérêts dominants.

La sélectivité du droit-de-l'hommisme permet aussi de comprendre pourquoi la condamnation des violations incriminées épouse toujours un axe nord-sud. Aucune ONG vénézuélienne ne mène campagne contre la mainmise d'une poignée de milliardaires sur la quasi-totalité des médias en France ou aux USA. En revanche, les ONG occidentales dénoncent sans relâche les violations de la liberté de la presse au Vénézuéla, alors que la presse, loin d'y être opprimée par le pouvoir, appartient à une poignée de capitalistes qui combattent le gouvernement. Machine de guerre contre les Etats récalcitrants, le droit-de-l'hommisme bénéficie donc de financements colossaux, à l'image de ces "Casques blancs” qui jouent au djihadiste côté cour et au brancardier côté jardin grâce aux 15 millions de dollars versés par des fondations britanniques. Moyennant une trousse à maquillage, ils arrivent même à fabriquer des victimes pour émouvoir le populo scotché devant les petites lucarnes.
Ces exemples montrent également que la fonction expresse de l'idéologie droit-de-l'hommiste - servie par ces appareils idéologiques de masse que sont les ONG - est de saper la souveraineté des Etats qu'elle a pris pour cibles. Des ONG aux officines qui participent aux conflits armés sous couvert d'action humanitaire en passant par les révolutions de couleur organisées de l'étranger, la galaxie droit-de-l'hommiste intervient partout, distribuant subventions, éléments de langage et certificats de moralité à qui-mieux-mieux dans le seul but de semer le désordre dans des pays dont la liste est fournie par la CIA et dont le seul tort est de faire obstacle à l'hégémonisme occidental. La Russie en sait quelque chose, et on comprend qu'elle ait neutralisé cette poignée d'exhibitionnistes à moitié débiles (Femen) dont l'activisme desservait les intérêts du peuple russe.

Savamment orchestrée au nom des droits de l'homme, toute cette agitation a pour but de vider de sa substance le droit des peuples à s'organiser comme ils l'entendent. Dirigée contre le droit des nations à disposer d'elles-mêmes, cette ingérence fait peser une menace d'implosion sur les sociétés dont l'essor ou la résistance déplaît à Washington, Londres ou Paris. Pratiquée à grande échelle, l'intervention militaire chez les autres n'a pas toujours donné les résultats escomptés. Elle est désormais remplacée par cette épée de Damoclès planant sur la tête de tous ceux qui osent défier l'Empire et contester le monopole du dollar. Faute de pouvoir vitrifier ses opposants étrangers à l'arme lourde, un Occident arrogant brandit alors l'étendard de l'internationalisme humanitaire. Relayé par un gauchisme qui dissout ses illusions perdues dans le pathos et oublie Trotsky avec BHL, il agite frénétiquement le miroir aux alouettes des droits de l'homme, éblouissant beaucoup de bonnes âmes qui ne voient pas que cette idéologie est le faux-nez de l'impérialisme.

L'Occident a beau croire qu'il a découvert la pierre philosophale, la conception des droits de l'homme, pourtant, n'est pas univoque. Pour les Chinois, le premier des droits est celui de ne pas mourir de faim. Cette priorité n'est pas celle de la gauche occidentale, sinon elle mobiliserait davantage d'énergie à lutter contre la faim dans le monde qu'à promouvoir les droits des minorités. Mais cette divergence n'est pas une raison suffisante pour dire que les idées chinoises ne valent rien. "A plusieurs, nous sommes moins sujets à l'erreur que lorsque nous sommes seuls à décider”, disait Aristote. On veut bien admettre qu'un milliard 379 millions de Chinois puissent se tromper, mais on peine à croire que ce soit le cas tout le temps, d'autant que leur pays qui était un champ de ruines en 1949 est aujourd'hui la première puissance économique du monde. A défaut de quelques coups bien mérités sur le museau, un peu d'humilité éloignerait homo occidentalis de son penchant indécrottable à donner des leçons à la terre entière.

Bruno Guigue


Source : mondialisation.ca



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