mercredi 2 août 2017

Constituante : le Venezuela va de l'avant


















Campagnes de peur :
2003 :
L'Irak A des armes de destruction passive
2016 :
Le Venezuela N'A PAS de papier hygiénique !
Guillermo




Au Venezuela (comme ailleurs), la différence entre une dictature de droite et une dictature de gauche est la suivante : sous une dictature de droite, les opposants "disparaissent". Sous une dictature de gauche, les opposants passent tous les soirs à la télé et dans tous les médias internationaux pour dénoncer la dictature.

Comme toujours, vous commencez par soulever un sourcil. Alors voici un test : citez-moi une seule dictature de droite. J’entends par là un régime de droite que les médias qualifient de dictature. L’Arabie Saoudite ? Raté. l’Arabie Saoudite n’est pas une « dictature » mais un « royaume », et elle n’est pas « de droite » mais « théocratique ». (*) Autre exemple ?

Vous séchez, et c’est normal.

…/...

A chaque élection, à chaque consultation, à chaque référendum, le Venezuela « fait un pas vers la dictature ». Seulement voilà : il y a un an, le Venezuela était déjà qualifié de dictature par les médias. Maintenant, il ne l’est plus tout à fait mais ne va pas tarder à l’être alors qu’il l’était déjà avant de le devenir. Vous allez voir qu’un jour ils auront raison. Et vous saurez exactement quand, car ce sera justement le jour où ils arrêteront d’en parler. 



La droite a démontré un caractère violent et son irresponsabilité dans l’usage de la violence. Les dirigeants actuels sont encore ceux du coup d’État contre Chavez ou des « guarimbas » des années antérieures. Ils n’ont jamais condamné mais au contraire encouragé les actions meurtrières de 2017, appelant même à plusieurs reprises à un nouveau coup d’État des forces armées, sans autre projet politique que celui de renverse Maduro, comme ils voulaient renverser Chavez.” 




L'Assemblée Constituante du Venezuela

Par Juan Diego Garcia

Ce qui est vraiment surprenant, c'est que dans le contexte vénézuélien actuel, l'appel à élire l'Assemblée constituante ait été suivi par plus de 40% des citoyens. Et ce qui est encore plus étonnant, c'est que beaucoup des gouvernements qui protestent contre Maduro en ce moment aient été élus lors de scrutins qui n avaient même pas réussi à mobiliser 50% de l'électorat.

Au vu des événements des mois derniers, pratiquement personne n'aurait du se rendre aux urnes, ce qui aurait obligé le gouvernement à revoir sa gestion du conflit et à chercher un type d'arrangement avec l'opposition. Mais un soutien aussi massif, avec plus de huit millions de voix (alors que le « référendum » organisé deux semaines plus tôt par l'opposition a eu de maigres résultats, d'ailleurs impossibles à vérifier) pourrait amener Maduro à proclamer la victoire et à s'engager beaucoup plus loin dans le processus de changement.

Le vote de dimanche dernier, dont les résultats ont été enregistrés dans la transparence et mis à la disposition de ceux qui voudraient les vérifier (au Venezuela ou ailleurs) contraste avec le référendum de l'opposition qui, admet elle-même n'avoir obtenu que sept millions de voix. Ce vote a été réalisé sans la moindre garantie et les bulletins et les bordereaux ont été brûles le lendemain du scrutin, de sorte que personne ne pourra vérifier. Rien d'étonnant à cela. L'opposition vénézuélienne ne s'est jamais distinguée pour son respect de la démocratie (il suffit de voir la violence qu'elle déploie dans ses « manifestations pacifiques »), ni pour son respect de la vérité : suivant l'intérêt qu'elle y trouve, elle peut défendre la légalité, de façon très formelle, ou la piétiner.

Au-delà des manipulations quotidiennes auxquelles la presse nous a habitués, au-delà des condamnation de l'Assemblée Constituante par certains gouvernements qui ne reconnaissent pas le vote, une chose apparaît clairement : Maduro a gagné et les conspirateurs de l'intérieur et de l'extérieur (à commencer par les services secrets US) ont perdu. C'est une victoire significative pour le gouvernement, dans une bataille décisive ; mais, en aucune façon, la fin de la guerre qui a commencé lorsqu'Hugo Chavez a lancé la révolution bolivarienne. On peut déjà entrevoir, dans un futur proche, d''autres batailles dont l'issue sera décisive.

Les premières déclarations du gouvernement vénézuélien donnent une idée des chemins que va peut-être emprunter la nouvelle Assemblée constituante pour réformer de façon beaucoup plus radicale l'ordre social du pays. Et ce sont certainement ces perspectives qui produisent le courroux de certains des gouvernements de la région, en particulier les USA. Car si ce que le gouvernement annonce se réalise, le paysage local va changer en profondeur, des changements sans doutes semblables à ceux que la révolution cubaine, un jour réalisa, donnant forme aux désirs des secteurs populaires qui voulaient la reforme agraire, la fin de la corruption, une véritable souveraineté nationale, et aussi un règlement de comptes avec ceux qui toujours ont abusé du pouvoir, vidé les coffres de l'État, humilié et offensé les humbles, pratiqué le génocide des minorités nationales, systématiquement et sans état d'âme éliminé l'opposition ; ceux qui se montraient arrogants avec leurs compatriotes mais baissaient a tête et se prosternaient devant les divers impérialismes qui ont sévi dans la région.

L'objectif premier de l'Assemblée Constituante est de transformer le Venezuela, et de faire d'un pays producteur de matière première une nation capable de fournir à sa population les biens de bases ; c'est-à-dire qu'il s'agit d'en finir avec la forme « traditionnelle» d'insertion sur le marché mondial en tant que fournisseur de pétrole, de promouvoir le plus énergiquement possible l'industrialisation, la modernisation du tissu économique, et surtout d'atteindre un équilibre raisonnable entre les différents secteurs. Soutenir le processus de changement implique de transformer la structure de l'État et de prendre des mesures radicales (c'est-à-dire, qui prennent les problèmes à la racine). Des mesures qui auront des retombées réelles sur le pouvoir économique et le leadership économique d'une bourgeoisie locale qui, pourtant, n'a pas le pouvoir. Il faut que l'État arrive à contrôler les secteurs clefs de l'économie et assure ainsi son contrôle de la production et de la distribution des richesses tout en modifiant sa place dans l'économie mondiale. L'appui de la plus grande partie des couches populaires ne suffit pas, le contrôle du gouvernement et le soutien sans faille des forces armées, non plus. Le projet suppose un contrôle effectif de toutes les formes de pouvoir, y compris le pouvoir économique.

Pour cela, le processus doit d'abord compter sur le soutien des secteurs populaires, ceux qui sont dans le système (les salariés des divers secteurs, d'abord) et l'immense masse des pauvres et des marginaux qui confient leur avenir à ce projet novateur. Il ne s'agit pas seulement de la traditionnelle « armée de réserve » de l'économie mais de bataillons décisifs pour défendre les acquis de la révolution. Il est également important d'arriver à gagner à ce projet d'amples secteurs de la petite bourgeoisie qui, pour le moment, sont neutres, indifférents, ou simplement gagnés à l'opposition. La tâche n'est pas aisée, mais arriver à isoler le plus possible les noyaux durs de l'opposition locale, en neutralisant du même coup la droite continentale, serait vraiment bénéfique pour le projet bolivarien.

Pour le moment, le gouvernement doit résoudre la question des troubles urbains. Sans céder à la provocation (stratégie de la droite, qui pourrait alors appeler à une intervention étrangère), mais en appliquant la loi avec la rigueur nécessaire. C'est possible ; comme il est possible de stopper les délinquants qui ont été engagés pour semer le trouble dans les rues, d'en finir avec les mises à sac et les incendies, de bloquer les infiltrations de paramilitaires colombiens, de neutraliser les snipers professionnels et d'empêcher que, dans les guarimbas, l'opposition ait recours à des mineurs et à des jeunes de milieu défavorisés tandis que les enfants des leaders de droite sortent du pays pour se mettre à l'abri. Cette minorité violente et subversive doit être maîtrisée sans plus attendre.

Dans ce contexte, il est significatif que les personnes blessées par des représentants de l'ordre lors des troubles puissent se compter sur les doigts d'une main alors que les cagoulés violents sont responsables de la mort de représentants de la loi et de civils innocents qui essayaient pacifiquement de traverser les barrages. En plusieurs occasions, les cagoulés ont fini victimes de leurs propres agissements. En même temps, la presse occulte le fait que la plupart des gens qui sont morts étaient des partisans du gouvernement, qu'ils ont été victimes de tueurs à gages et exécutés, en général loin des lieux de manifestation.

Si les agissements violents de l'opposition vénézuélienne se produisaient dans n'importe quel autre pays (aux USA ou en Espagne par exemple), comment seraient-ils présentés par les médias?

Juan Diego García



Juan Diego García (Cali, 1945) est Colombien, docteur en sociologie de l'Université de Francfort, résidant en Espagne. Publie une chronique hebdomadaire dans divers médias. Correspondant du site La Pluma. 

Source : Tlaxcala.org



Qui a peur de la Constituante vénézuélienne?


Par Ángeles Diez

Mariano Rajoy craint la Constituante vénézuélienne. Felipe González et Jose Marie Aznar, Albert Rivera et Pedro Sánchez, jusqu’au calculateur Pablo Iglesias ont peur de la Constituante. L’opposition conjurée vénézuélienne et Donald Trump ont peur de la Constituante. Les entrepreneurs vénézuéliens qui spéculent sur la nourriture du peuple, les hordes de jeunes déclassés et bien équipés qui brûlent des chavistes, les intellectuels organiques, qui se taisent, ceux qui octroient, les parajournalistes qui n’arrêtent pas de tirer sur les publics européens. Tous sentent qu’il ne leur reste plus beaucoup de temps pour tordre le cou à la Révolution Bolivarienne.


Albert Rivera (Ciudadanos), Mariano Rajoy (Parti Populaire), Pedro Sánchez (PSOE), Pablo Iglesias (Podemos)


Il y a beaucoup de types de peurs qui traversent le milieu de la politique. La peur d’un processus constituant est pareille à la peur qui a historiquement terrorisé les oligarchies dès que celles-ci  ont le moindre soupçon d’une possibilité de révolution. Parfois, c’est une peur irrationnelle puisqu’il y a des peuples soumis et écrasés par le talon de fer capitaliste et qui n’entretiennent aucune braise de révolte. Mais cela importe peu aux yeux du bourgeois replet classique ou jeune requin spéculateur. S’il y a une possibilité, même lointaine, que le peuple s’éveille, alors il y aura la menace terroriste, les lois-bâillons, le chaos tiers-mondiste et la crise économique qui explique tout. La peur des élites européennes face aux processus constituants tient beaucoup de la thérapie préventive, c’est un « au cas où, mieux vaut prévenir que guérir ».

La peur de l’impérialisme US est une autre sorte de peur. C’est la peur historique de l’esclavagiste, que les esclaves s’arrêtent de cultiver la terre et qu’ils se libèrent, c’est la peur du colon d’une attaque des Indiens survivants. C’est la peur que les Latino-américains assassinés, disparus, torturés et pillés, réclament justice. La peur que le portrait de l’impérialiste sorte à la lumière et et que l’on voie nettement et sans masque sa démocratie réellement existante. Donald Trump et avant lui, Barak Obama, craignent que l’Amérique Latine arrête d’être une arrière-cour où faire des affaires juteuses qui oxygènent l’économie US.

La peur espagnole est une peur néo-franquiste et elle trouve son origine dans une Constitution sans Assemblée Constituante’. L’histoire de notre Constitution est l’histoire d’un arrangement, d’un accommodement entre les élites franquistes et les nouvelles élites socialistes et nationalistes, les deux connectées par de fins fils géostratégiques aux intérêts US.

Il n’y a pas eu de peuple espagnol, ni basque, ni catalan, ni même franquiste qui ait participé à l’élaboration de la Constitution espagnole de 1978. Les élections du 15 avril 1977 n’ont pas eu lieu pour choisir une chambre constituante qui élabore une quelconque constitution. C’était la Loi de Réforme Politique (du 15 décembre 1976), approuvée par les Cortes franquistes qui a établi les bases pour élire quelques parlementaires qui ont désigné à leur tour une Commission des Affaires  Constitutionnelles composée par seulement 7 membres répartis entre des membres au curriculum franquiste éprouvé comme le ministre de l’Information et du Tourisme Manuel Fraga Iribarne ou Miguel Herrero et Rodríguez de Miñón, avocat du Conseil d’État et Secrétaire Général Technique du Ministère de Justice, et des membres liés à l’ambitieux et émergent Parti socialiste ouvrier espagnol comme l’avocat Gregorio Peces Barba ou Jordi Solé Turá. C’est après, seulement après, que la pierre tombale du consensus eut enterré l’espoir de récupérer la démocratie républicaine, qu’un référendum légitimant eut lieu.

Pour la réforme constitutionnelle de 2011, on pas eu non plus besoin de demander quoi que ce soit au peuple, bien que l’article à réformer, le 135, n’était pas moins que celui qui oblige tout gouvernement, quel qu’il soit, à accorder la priorité au paiement de la dette avant toute autre dépense de l’État, d’abord la bourse et après la vie. Quinze jours pour ligoter le prochain gouvernement et même pas un référendum de ratification : Pourquoi le peuple aurait-il du donner son opinion si ses représentants l’avaient déjà fait ? Pourquoi demander si les réponses venaient données par la troïka européenne ?

À quoi doit-on que les Constitutions fassent tellement peur et les processus constituants beaucoup plus encore ?

La Constitution est la règle de base qui fonde et protège le système juridique d’un pays ainsi que le fonctionnement des institutions et les pouvoirs de l’État. On a l’habitude de dire que c’est la loi des lois. Les constitutions établissent les cadres juridiques mais à leur tour ceux-ci impliquent une redéfinition de l’État et de la source de la souveraineté. Quand c’est le résultat de processus constituants, ils supposent l’intégration des citoyens à la discussion, à l’élaboration et la ratification de la constitution, ce qui a été le cas au Venezuela en 1999 ; nous parlons des processus dans lesquels il y a une ratification populaire du contrat social , où les citoyens établissent et approuvent les instruments concrets pour l’exercice du pouvoir de l’État et de ses institutions. C’est un peu comme si les citoyens participaient à l’élaboration des instruments que l’État peut utiliser pour gouverner et qu’en même temps ils disaient quels outils ne peuvent pas être utilisés.

Les constitutions octroient un pouvoir à l’État mais limitent aussi l’exercice de ce pouvoir.

Les classes populaires, étant la source de pouvoir dans le processus vénézuélien, sont aussi devenues en 1999 une source de droit puisqu’elles ne se sont pas limitées seulement à voter une constitution préalablement élaborée par des juristes ou des mandataires non élus, mais ont activement participé à l’élection des responsables chargés d’élaborer l’articulation de la Constitution et aussi de discuter et de débattre des propositions que ceux-ci élaboraient.

Chaque constitution, dit le constitutionnaliste Roberto Gargarella, essaie de répondre à un ou plusieurs problèmes, ou ce qui revient au même, essaie de remédier à un mal. Gargarella nous dit : « les Constitutions naissent d’habitude dans des moments de crise, pour résoudre un drame politico-social fondamental » [1]

La Constitution de 1999 au Venezuela est venue résoudre trois problèmes basiques : l’intégration des classes populaires dans les travaux de gouvernement c’est-à-dire convertir ces secteurs en sujets politiques protagonistes, en deuxième lieu, retrouver la souveraineté sur les ressources naturelles (en particulier le pétrole), et en troisième lieu, résoudre le drame de l’inégalité sociale.

La mobilisation sociale, le changement de rapport de forces et l’accumulation du pouvoir social ont été le point de départ des nouvelles Constitutions latino-américaines tant au Venezuela qu’en Équateur ou en Bolivie et ont aussi mis en crise le modèle d’accumulation capitaliste dans ces pays.
Mais cette récupération de la souveraineté populaire qu’a signifiée la Constitution de 1999 pouvait seulement se stabiliser avec l’amélioration des conditions de vie au moment où se développait une culture politique de participation réelle et effective. Les deux processus, amélioration économique et participation politique, sont ceux qui ont donné et donnent une légitimité au gouvernement bolivarien. Ce sont les bases du pouvoir populaire qui a mis en échec le coup d’État contre le gouvernement bolivarien en 2002.

Durant les dix-huit ans qui ont suivi cette Constitution, 24 processus électoraux ont eu lieu, on a avancé dans presque tous les indicateurs sociaux (éducation, développement, logement, santé …), comme le démontrent les données de la Commission Économique pour l’Amérique Latine (CEPAL) des Nations Unies. Mais le contexte national et international a changé. Malgré l’avancée vers une culture démocratique et la participation – ou précisément pour cela - le gouvernement de Nicolás Maduro a perdu la majorité à l’Assemblée Nationale qui se trouve maintenant aux mains de la soi-disant « opposition vénézuélienne » – un conglomérat de plus de 20 partis unis seulement par la haine envers le gouvernement bolivarien [2], une Assemblée qui en plus siège en toute illégalité.

La soi-disant opposition et l’oligarchie patronale ont suivi une feuille de route qui, comme au Chili d’Allende, essaie de faire exploser l’économie (inflation induite, embargo commercial dissimulé, blocage financier international), de soumettre par la faim les classes populaires (boycott dans la fourniture de biens de première nécessité, pénurie programmée), de bloquer les institutions, de prendre la  rue avec une violence extrême, de créer un gouvernement parallèle et finalement, si le gouvernement bolivarien n’est pas renversé, si on ne réussit pas à briser le soutien de l’armée bolivarienne,  les meilleures conditions pour une intervention humanitairement armée auront été créees.

Peut-être pas à travers la IVème Flotte US proche des côtes vénézuéliennes, mais comme l’a dit il y a quelques jours Michael Richard Pompeo, directeur de la CIA, on travaille avec les gouvernements de la Colombie et du Mexique pour évaluer les manœuvres nécessaires pour obtenir un changement de gouvernement au Venezuela [3].

Sur la plan international la région latino-américaine a subi un recul provoqué par l’échec électoral du gouvernement progressiste de Cristina Kirchner, les putschs parlementaires au Brésil (2016) et au Paraguay (2012), précédés par les coups d’État en Haïti (2004) et au Honduras (2009). L’intégration régionale a été ralentie dans les États les plus proches des USA, comme la Colombie ou le Mexique. L’OEA (l’Organisation des États Américains) redevient cette organisation internationale instrumentalisée par l’empire contre les gouvernements latino-américains indociles.

Aussi à l’échelle mondiale, l’empire US et ses alliés ont sur leur tête l’épée de Damoclès d’une crise économique qu’ils ne peuvent résoudre qu’en augmentant la pression et la dépossession de leurs populations (pillage du secteur public, austérité, coupes, précarisation …). Porter la guerre partout dans le monde où il y a quelque chose à piller, récupérer des quotas d’influence face à la Russie ou la Chine et discipliner leurs propres populations, cela devient urgent et nécessaire. Ainsi, appuyer les soi-disant oppositions, modérées, armées ou de couleur est l’unique politique internationale réaliste pour les besoins impériaux.

Dans ce nouveau contexte national et international, le pouvoir électoral vénézuélien, sur proposition du Président (conformément à l’article 348 de la Constitution) a convoqué des élections pour une Assemblée Nationale Constituante le 30 juillet. Il n’y a pas de constitution qui tienne face à une telle offensive.

Chaque Vénézuélien pourra voter une fois territorialement, et une fois pour le secteur et le sous-secteur qui lui correspond. Les mandataires élus auront à réformer la Constitution de 1999 pour essayer de résoudre cette fois les graves et nouveaux problèmes qui se résument dans les neuf volets de la réforme envisagée :
1) Constitutionnaliser les Missions (santé, logement, éducation …) en créant un système public qui garantit par la loi les avancées sociales,
2) Se doter d’instruments plus efficaces pour défendre la souveraineté nationale et rejeter toute ingérence,
3) Constitutionnaliser les communes et les conseils communaux pour faire de la participation un préalable démocratique,
4) Créer des instruments juridiques et pénitentiaires pour lutter contre l’impunité, le terrorisme et le trafic de stupéfiants,
5) Marcher vers un système économique moins dépendant du pétrole,
6) Lutter contre le changement climatique et le réchauffement global,
7) Favoriser les processus de paix, réaffirmer la justice et l’isolement des violents,
8) Développer les droits et les devoirs sociaux,
9) Une spiritualité culturelle et une vénézuélanité nouvelles, garantir le caractère pluriculturel et l’identité culturelle.



La peur de la Constituante vénézuélienne est devenue une panique sur les écrans. Les parajournalistes donnent quotidiennement les nouvelles du front :
  • 80, 90, 100 morts, 20,30, 40 blessés. Qui étaient-ce, par qui ont-ils été tués ou blessés, étaient-ils dans la manifestation ?, - détails insignifiants- ;
  • grève générale, 70 %, 90 % de suivi : qui donne ces chiffres, sont-ils vérifiés ? –détail insignifiant- ;
  • nouvelle manifestation réprimée violemment ; pourquoi est-elle réprimée, en quoi la répression de la police consiste si nous voyons seulement des manifestants cagoulés qui jettent des cocktails Molotov tirent au bazooka ? –détails insignifiants.
  • Quelle étrange « dictature » vénézuélienne où les journalistes nationaux et internationaux campent à volonté dans les rues en enregistrant la « répression policière ». Des parajournalistes qui s’abreuvent seulement aux sources de l’opposition, qui profitent de l’occasion pour se déguiser en reporters de guerre, qui n’interviewent jamais le peuple bolivarien, qui répètent comme des perroquets les slogans de la soi-disant « opposition ».
Tout est bon dans la propagande de guerre, qui paie commande. Le parajournaliste est toujours du côté correct, de celui de l’entrepreneur, de celui du gouvernement s’il est d’un média national, comme la télévision espagnole, et si le gouvernement espagnol s’est prononcé en déclarant ennemi le gouvernement vénézuélien, ils sont là pour servir la patrie.

Les paraperiodistes espagnols ont un entraînement sérieux : ils ont découvert des armes de destruction massive en Irak, ils nous ont convaincus que, pour enlever la burka aux Afghanes, il fallait faciliter l’intervention US, ils ont justifié le bombardement de l’OTAN en Yougoslavie, l’assassinat de Kadhafi, le coup d’État de 2002 au Venezuela, ils ont appuyé la plus que modérée, la modérissime opposition syrienne, et enfin , ils sont d’ une fidélité à toute épreuve aux agences d’Information et aux orientations impériales. Dommage que selon un Rapport de l’Université d’Oxford de 2015, des 11 pays consultés en Europe, les médias espagnols soient les moins crédibles et les deuxièmes moins crédibles des 12 pays étudiés au niveau mondial. [By the way : Consulter le Rapport 2017 pour la France]

Cependant, il y a ceux qui n’ont pas peur de la Constituante vénézuélienne, et qui la défendent même au risque de leur vie. C’est le peuple vénézuélien, ce sont les classes populaires qui ne se sont pas laissées tromper ni effrayer. C’est le peuple qui rend hommage à la mémoire de son commandant qui l’a placé dans l’histoire. Ce sont ceux qui ont reçu une éducation, des livres gratuits, un logement, des soins, … les responsables de quartiers, les ouvriers, les dirigeants, les milliers de Vénézuéliens ont postulé pour servir leur peuple, n’ont pas peur de la Constituante.
Personne qui connaît l’histoire récente du Venezuela, personne qui connaît les plans impériaux, personne qui a  rêvé une fois qu’on le fasse participer à un processus constituant dans son pays, ne peut craindre la Constituante vénézuélienne
Ángeles Diez


Ángeles  Diez Rodríguez est professeure au département de Changement social de la faculté de Sciences politiques de l'Université Complutense de Madrid. Sa thèse de doctorat poortait sur le mouvement populaire urbain au Mexique. Ses domainres de recherche sont ml'action collective, les mouvements sociaux et ONG, les nouvelles technologies d'information et communication et leurs répercussions sociales. Elle est auteure de nombreux livres et publications, notamment "La Tortura como procedimiento: de la cárcel de Abu Graib a la base naval de Guantánamo", "Manipulación y medios en la sociedad de la información"; "La última carga... y las guerras de aniquilación"; "Nuevas organizaciones sociales al final del milenio";  "¿Existen movimientos sociales?" 

Source : Investig'Action






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