vendredi 14 juillet 2017

Comment sauver la vie sur notre terre?



"Pour la première fois de l’histoire, les humains sont sur le point de détruire les perspectives d’une existence décente, ainsi que la plupart du vivant. Le taux d’extinction des espèces est aujourd’hui aussi élevé qu’il y a 65 millions d’années, lorsque qu’une catastrophe majeure, probablement un astéroïde géant, mis fin à l’ère des dinosaures, ouvrant la voie à la prolifération des mammifères. La différence c’est qu’aujourd’hui, l’astéroïde c’est nous, et la voie que nous ouvrirons permettra probablement aux bactéries et aux insectes de proliférer." Noam Chomsky




La destruction en cours des différents biomes de la planète, leur contamination par d’innombrables substances et produits toxiques, et les pollutions massives des milieux naturels sont-elles les conséquences de la production d’énergie ou de son utilisation (ou les deux) ? Et en quelles proportions ?

Autrement dit, la planète est-elle en train d’être détruite par les conséquences directes de la production énergétique industrielle mondiale ou l’est-elle davantage par ses conséquences indirectes ?

Le déversement annuel de millions de tonnes de plastique qui asphyxient les océans dépend-il du type d’énergie utilisée par les usines et les zones industrielles ?

Les millions de tonnes de déchets toxiques annuellement générées par les différentes industries (cosmétique, électronique, chimique, agricole, forestière, de la construction navale, de la construction automobile, etc.) sont-elles les conséquences de la manière dont est produite l’énergie qu’elles utilisent ?

La destruction d’écosystèmes, leur pollution, et l’extirpation de millions de tonnes de ressources non-renouvelables (métaux, minerais en tous genres) des entrailles de la planète par l’industrie des extractions minières sont-elles liées à la manière dont est produite l’énergie qu’elle utilise ?

L’abattage des dernières forêts d’Afrique (et d’ailleurs) afin de fournir du bois d’œuvre (ou l’abattage des forêts d’Amérique du Sud afin de dégager de l’espace pour l’élevage et d’autres activités industrielles) est-il lié à la manière dont est produite l’énergie utilisée par les usines de traitement du bois ?

Le monde est-il en train d’être détruit par manque d’une production industrielle d’énergie « verte » ou « propre » ou « renouvelable » ? Nicolas de Casaux



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La sixième extinction de masse des animaux est sous-estimée

Par Xavier Demeersman


Pour prendre le pouls du déclin des populations des vertébrés terrestres, trois spécialistes ont étudié l'évolution de leur nombre au sein de 27.600 espèces. Leur approche diffère de celle de l'UICN, et prend en compte le nombre des individus et l'ampleur de leurs aires de répartition. Verdict : 32 % sont en recul. Pour ces chercheurs, « la réelle ampleur de l'extinction de masse qui touche la faune a été sous-estimée : elle est catastrophique ». 


Ce qu'il faut retenir :

  • Trois chercheurs ont examiné l’évolution des populations de 27.600 espèces de vertébrés terrestres, soit la moitié de toutes celles connues. Ils ont également étudié en détail les populations de 177 espèces de mammifères entre 1900 et 2015, sans se focaliser sur les espèces dites menacées.
  • Les auteurs posent un constat alarmant. La crise est plus grave qu’on ne le pensait. 32 % de ces espèces sont en déclin, y compris celles dites « peu concernées ».
  • Les principales causes sont les pertes d’habitats (déforestation, agriculture, artificialisation des sols, etc.), la chasse et le braconnage, la pollution et désormais, le changement climatique.

« Nous constatons que le taux de perte de population des vertébrés terrestres est extrêmement élevé, y compris chez les "espèces peu concernées" » écrivent Gerardo Ceballos, de l'université nationale autonome du Mexique et ses collègues de l'université de Stanford, Paul Ehrlich et Rodolfo Dirzob. Les trois chercheurs tirent la sonnette d'alarme dans leur étude qui vient de paraître dans les Pnas (Proceedings of the National Academy of Sciences). Pour eux, qui travaillent depuis longtemps sur la question d'une sixième crise d'extinction majeure en cours sur Terre, il s'agit d'un véritable « anéantissement biologique » (biological annihilation) au vu de son ampleur et de son accélération, « [elle a été] sous-estimée : elle est catastrophique ». En 2015, Gerardo Ceballos et Paul Ehrlich avaient déjà estimé que les disparitions d'espèces avaient été multipliées par 100 depuis le début du XXe siècle (voir l'article au bas de celui-ci).

Les résultats sont accablants. Ils reposent sur les fluctuations dans les populations de quelque 27.600 espèces de vertébrés terrestres connues, incluant des mammifères, des oiseaux, des reptiles et des amphibiens. S'y ajoute une analyse très détaillée de l'évolution de la population de 177 mammifères entre 1900 et 2015.




Les chimpanzés, comme beaucoup de grands vertébrés, sont menacés dans de nombreuses régions, mais ils sont la face cachée de l'iceberg. En rasant des forêts, les activités humaines font disparaître des écosystèmes entiers, avec leurs végétaux, leurs animaux et leurs micro-organismes. © sivanadar, Shutterstock 

32 % des espèces étudiées sont en déclin


Les trois auteurs soulignent qu'ils n'ont pas voulu se concentrer exclusivement sur les espèces menacées. En effet, cette approche est, pour eux, trompeuse car elle « peut donner l'impression que le biote terrestre n'est pas immédiatement menacé mais qu'il entre juste lentement dans un épisode majeur de perte de biodiversité ». Les chercheurs ont préféré mesurer les contractions de leurs populations, que ce soit pour les plus menacées identifiées par l'IUCN, comme pour celles dites « communes » et « peu concernées », car, rappellent-ils, « [...] la disparition des populations est un prélude à celle des espèces ».


Ainsi ont-ils constaté qu'un tiers, 32 % (précisément 8.851 sur 27.600), des espèces qu'ils ont étudiées, lesquelles représentent environ la moitié de toutes celles connues, sont en déclin. Et cela, autant en effectifs qu'en d'aires de répartition. Pour ce qui est de l'échantillon de 177 mammifères dont les chercheurs précisent qu'ils disposent de données détaillées, les résultats montrent que tous ont perdu 30 % ou plus de leurs territoires et plus de 40 % ont subi de graves diminutions de leur population.


La disparition des populations est un prélude à celle des espèces.


Parmi les exemples les plus représentatifs, citons les guépards, qui ne sont plus que 7.000 aujourd'hui (contre 100.000 en 1900). Les lions aussi : il y a 25 ans, ils étaient 43 % plus nombreux..., à présent, ils ne sont plus que 35.000... Et inutile de dire combien de royaumes cet animal a perdu en l'espace de quelques siècles. Les grands singes aussi sont en recul dont plusieurs comme l'orang-outang sont « en danger critique », la dernière étape avant l'extinction. Une étude publiée le 7 juillet dans Scientific Reports estime qu'à Bornéo, leur population a chuté de 25 % en dix ans seulement. Ils étaient encore 288.500 en 1973 et ne pourraient ne plus être que 47.000 en 2025, si rien n'est fait pour enrayer leur perte d'habitat et l'abattage (jusqu'à 2.500 orangs-outangs sont tués chaque année).




Le pourcentage d’espèces en déclin classées par l’UICN comme « en voie de disparition », endangered, (y compris « en danger critique d’extinction », « en voie de disparition », « vulnérable » et « proche menacé ») ou de « faibles préoccupations » (low concern) chez les vertébrés terrestres. Ce chiffre souligne que même des espèces qui n’ont pas encore été classées comme en voie d’extinction (environ 30 % dans le cas de tous les vertébrés) sont en déclin. Cette situation est plus critique encore pour les oiseaux, dont près de 55 % des espèces en baisse sont toujours classées dans la catégorie « peu préoccupantes ». © Pnas 


Les premières causes pointées par ce rapport sont les pertes d'habitats : des territoires volés ou dégradés par l'Homme pour ses besoins. Déforestation, agriculture, routes, urbanisation, exploitations minières et pétrolières, etc. sont les principales menaces pour les écosystèmes. Revenons sur le cas des orangs-outangs, très symptomatique de la situation : « 10.000 vivent dans des zones qui ont été allouées par des gouvernements nationaux et locaux au développement de l'huile de palme. Si ces zones sont converties en plantations d'huile de palme, sans changements dans les pratiques actuelles, la plupart de ces 10.000 individus seront détruits et la chute vertigineuse de leur population va probablement continuer », s'inquiète ainsi Erik Meijaard, de l'université de Queensland et coauteur de l'étude du 7 juillet citée plus haut.

Les autres causes sont la chasse et le braconnage, la surpêche, la pollution (des eaux, des sols, de l'air), les espèces invasives et désormais, le changement climatique, lequel ne cesse de s'intensifier. « Les moteurs ultimes de la sixième extinction de masse sont moins souvent cités, lancent les trois chercheurs. Il s'agit de la surpopulation humaine, liée à une croissance continue de la population, et de la surconsommation, en particulier par les riches ». Selon eux, « nous ne disposons que d'une petite fenêtre pour agir, deux ou trois décennies au maximum ». Et bien sûr, sans la biodiversité, c'est aussi notre espèce que nous mettons en danger : « L'érosion des espèces entraîne de graves conséquences en cascades sur l'ensemble des écosystèmes, ainsi que des impacts économiques et sociaux pour l'humain », expliquent-ils.

Les chercheurs rappellent aussi qu'en un siècle, 200 espèces de vertébrés se sont déjà éteintes en un siècle. « Cela représente environ deux espèces par an. Or, si l'on se fie au taux d'extinction "normal" de ces deux derniers millions d'années, ces 200 espèces auraient dû mettre jusqu'à 10.000 ans à disparaître ».


Source : FUTURA PLANETE



L'appel de la Vie : Comment faire face à l'extinction de masse (2010 / VOSTFR) :


Sur toute la planète, les espèces s’éteignent à une vitesse ahurissante, de 1000 à 10 000 fois le taux naturel d’extinction. La perte de biodiversité est si grave que les scientifiques l’appellent une extinction de masse.

Si la tendance actuelle continue, les scientifiques nous avertissent qu’au moins la moitié des espèces de plantes et d’animaux de la planète s’éteindront dans les prochaines décennies. Entièrement causée par les activités humaines, cette extinction de masse contemporaine perturbe et détruit les communautés biologiques complexes et interconnectées qui soutiennent la vie sur Terre.

À travers plusieurs interviews avec d’éminents biologistes et écologistes, le film examine les principaux facteurs des extinctions d’espèces : la destruction d’habitats, le réchauffement climatique, la pollution et les espèces invasives ; tous sont liés à la croissance démographique et géographique (étalement urbain) de la civilisation industrielle, ainsi qu'au mode de vie qu'elle implique (société de consommation).

L’appel de la Vie raconte non seulement l’histoire d’une crise de la nature, mais aussi d’une crise de la nature humaine. À travers plusieurs interviews avec des psychologues, des anthropologues, et des historiens, le film va au-delà des causes immédiates de l’extinction de masse pour comprendre comment les mythes culturels et économiques, associés à des modèles comportementaux profondément enracinés, ont permis à cette crise de se développer, continuent à la renforcer, et vont jusqu’à déterminer la façon dont nous y faisons face.

L’appel de la Vie examine les choix individuels et collectifs qui se proposent à nous, et comment les décisions que nous prendrons — ou ne prendrons pas — dans les prochaines décennies affecteront l’habitabilité de la Terre pour les millions d’années à venir.

Parmi les intervenants: Steve Beissinger: professeur de biologie de la conservation à l'université de Berkeley en Californie. Ignacio Chapela: mycologue à l'université de Berkeley en Californie. Paul R. Ehrlich: biologiste à l'université de Stanford Tyrone B. Hayes: biologiste à l'université de Berkeley en Californie. Derrick Jensen: écrivain et activiste écologique américain vivant en Californie. Auteur, entre autres, de The Culture of Make Believe (2002) Endgame Vol1&2 (2006) et A Language Older Than Words (2000). Il est un des membres fondateurs de Deep Green Resistance. Richard Leakey: paléoanthropologue de renommée internationale, est né et vit au Kenya où il a été directeur des parcs nationaux. Joanna Macy: éco-philosophe, experte en bouddhisme et en théorie générale des systèmes. Norman Myers: écologiste britannique de renommée internationale de l'université d'Oxford Et bien d'autres!  


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