vendredi 23 juin 2017

Libye : coup de théâtre


Il y a six ans, l’intervention militaire des forces de l’OTAN – soutenues par quelques pays arabes – prenait fin en Libye. Le 15 septembre 2011, le président de la République française Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron – suivis de près par Bernard-Henri Levy -, débarquaient à Benghazi en libérateurs du peuple libyen… On connaît la suite : un pays qui a sombré dans le chaos, toujours sans gouvernement national, en quête de sécurité et stabilité politique, en proie à la division et aux tensions claniques et tribales. Une situation interne qui a des répercussions directes sur l’environnement régional, puisque l’éparpillement des armes de l’ex-armée loyaliste et l’ancrage de foyers djihadistes constituent autant de source de déstabilisation pour les voisins égyptiens, maghrébins et subsahariens. La situation actuelle est le fruit de l’intervention militaire de la coalition internationale. En ce sens, les Occidentaux portent une responsabilité historique – mais pas totale- dans la tragédie libyenne. Béligh Nabli 


Arrêté par des milices en 2011 puis condamné à mort en 2015, Seif al-Islam est le fils le plus en vue de Mouammar Kadhafi. Il a, semble-t-il, été libéré le 10 juin dernier par les hommes qui le détenaient, des rebelles de Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli. La Brigade Abou Bakr al-Sadiq, l'un des groupes armés contrôlant la ville de Zenten (170 kilomètres au sud-ouest de Tripoli), a affirmé que Seif al-Islam a été libéré le vendredi soir, «correspondant au 14 du mois de ramadan», en application d'une loi d'amnistie promulguée par le Parlement établi dans l'est du pays.

Cependant, pour l'heure, on ne sait pas où pourrait être le fils Kadhafi même si selon le chercheur Hasni Abidi cité par RFI, Saïf al-Islam a peu de choix et a très probablement trouvé refuge à l'Est. «Or Benghazi est encore la proie des combats entre islamistes et forces pro-Haftar. Il reste donc deux grandes villes: Tobrouk et al-Baida, ville de la tribu de sa mère, et où se trouvent plusieurs de ses oncles », a-t-il expliqué sur cette radio.
En 2011, la Cour pénale internationale avait lancé à son encontre un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité. Elle l'accuse d'avoir joué un rôle-clé dans la mise en oeuvre d'un plan conçu par son père visant à «réprimer par tous les moyens» le soulèvement soutenu par l’Otan. Mais la demande internationale est restée lettre morte, le fils du guide libyen ayant été jugé et condamné sur place. Un procès qui, selon le rapport de la Mission d'appui de l'ONU en Libye (MANUL) et du Haut Commissariat aux droits de l'homme (HCDH), «n'a pas respecté les normes internationales en matière de procès équitable». 

Peintre, architecte, réformiste...

Né le 25 juin 1972 à Tripoli, le «Glaive de l'Islam» -son nom en arabe- n'occupait pas de fonction officielle proprement dite à l’époque de son père mais a représenté plusieurs fois la Libye dans le cadre de négociations internationales. C'est notamment lui qui est intervenu lors des accords d'indemnisation des familles des victimes des attentats de Lockerbie en 1988 et du DC-10 d'UTA en 1989. L’ancien jet-setter, architecte et également titulaire d’un MBA en économie et management obtenu en Autriche, peintre à ses heures, qui était à la tête de la puissante «Fondation internationale Kadhafi», avait un temps symbolisé aux yeux des Occidentaux la possibilité d'une ouverture du régime. Il s'était en effet déclaré en faveur de réformes, mais lors de la guerre civile, il s'était engagé en faveur de la défense du système mis en place par son père.

Plongé dans le chaos depuis la chute du colonel Kadhafi en 2011, le pays est divisé en (au moins) deux camps. Le gouvernement d'entente nationale (GNA) de Tripoli (ouest), reconnu par l'ONU, est contesté par les forces du maréchal Khalifa Haftar, loyales à un gouvernement rival dans l'est de la Libye. Le groupe qui détenait Seif al-Islam serait d'ailleurs en froid avec le GNA...

Résultat, certains imaginent déjà que le fils du colonel Kadhafi puisse servir de recours dans le pays. Un nom qui pourrait unir l'Est et l'Ouest de la Libye à l'heure où les puissances occidentales, pourtant soutien théorique du GNA (à l'Ouest), semblent se tourner de plus en plus... vers le maréchal Haftar (à l'Est), soutenu par l'Egypte.

Un Kadhafi comme compromis ?
«Saïf al-Islam Kadhafi s'adressera prochainement à la nation et à la communauté internationale avec un appel à mettre un terme à la guerre intestine qui secoue la Libye depuis six ans», écrit Sputnik, le site russe, souvent présenté comme un moyen de propagande du Kremlin.


MANIFESTATION MASSIVE ACTUELLEMENT EN LIBYE EN SOUTIEN A SAIF AL ISLAM KADHAFI ET CONTRE LA CPI

Après 20 heures ce jeudi 22 Juin, 2017, des milliers de libyens sont sortis dans les rues contre la décision de la cour pénale internationale et pour soutenir leur leader Saif Al Islam KADAHFI. Les principaux rassemblement on lieu a l’ouest de libye , dans le sud, Sebha , ubari, ghat; brak el Shati, mais aussi à Tobrouk et a Zliten à 80 km de Misratta
Mathaba média reviendra rapidement sur ces événements...

mathaba média - le 23.06.2017
Source web : La Voix de la Libye






Dans la Libye en plein chaos, le retour d’un Kadhafi est-il possible?

Par Pierre Magnan


Dans une Libye en pleine dislocation, l’annonce (le 10 juin 2017) de la libération du fils de Mouhamar Kadhafi, Seif al-Islam, six ans après la mort de son père, pourrait modifier la donne et fournir un nom sur lequel pourraient s’entendre les différentes factions libyennes en lutte. Reste à savoir si l’annonce de cette libération (il y a déjà eu des annonces similaires) est confirmée.

La libération de Seif al-Islam, le dauphin programmé de Mouammar Kadhafi avant la révolution de 2011, est un feuilleton journalistique. En mars 2017 déjà, un site internet annonçait sa libération tandis qu’en juin 2016, Le Monde titrait «Saïf Al-Islam Kadhafi, libre et convoité». Cela montre en tout cas que le nom de Kadhafi reste important dans un pays qui n'a pas de régime stable depuis le renversement du colonel Kadhafi par les forces de l'Otan en 2011.

Le média russe précise que selon un proche du fils Kadhafi, «dans son discours, il appellera les Libyens à l'union afin de mettre un terme à l'anarchie et à la guerre intestine qui ronge le pays pour reformer la patrie et reconstituer son intégrité territoriale, pour déposer les armes, mener une réforme des institutions, mettre en place un État de droit».

«Seïf Al-Islam pourrait être un challenger sérieux dans la lutte pour le pouvoir que se mènent Fayez el-Sarraj et Khalifa Haftar», écrivait déjà en mars dernier La Tribune. Le clan Kadhafi possède encore des soutiens dans le pays et il pourrait s'allier avec les forces de l'Est du pays pour reprendre Tripoli. 




Source : franceinfo



Un sommet pour une paix en trompe l’oeil





CONFIDENTIEL – LIBYE/FRANCE – DIPLOMATIE

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Un sommet sur la paix en Libye ou une boite de cirage pour les chaussures d’Emmanuel Macron ?…
Un nouvel et sixième émissaire de l’ONU pour la Libye vient à peine d’être nommé – tout comme le président français venant d’être élu – que circule des informations sur l’organisation d’un sommet en juillet prochain sur la Libye.

L’émissaire de l’Onu, Ghassan Salamé, prévu pour co-présider le sommet avec le président français, n’est autre que le père de la chroniqueuse et journaliste de télévision publique française, Léa Salamé.
Ghassan Salamé donc, 66 ans, vivant en France depuis plusieurs années, est ancien ministre de la culture et ancien ministre de l’enseignement du Liban. Il est passé par le moule de l’Institut d’Etude Politique de Paris dont il sera directeur d’études par la suite (l’I.E.P, plus connu sous le nom de Sciences Po, ce qui met dors et déjà en doute sa neutralité vis-à-vis des intérêts français).

Il aurait officiellement pour tache d’organiser une réconciliation entre les différentes parties en Libye pour mettre fin au risque grandissant de guerre civile et a l’instabilité du pays.

En réalité, c’est manifestement une manigance visant à tenter de pérenniser la présence et la mainmise illégitime de ce que l’écrasante majorité des libyens identifie comme des agents occidentaux placés au pouvoir contre leur volonté.

En effet, cette mainmise est obtenu par l’installation d’hommes de pailles choisi par Washington pour permettre le pillage et le chaos de la Libye, au bénéfice exclusif de multinationales occidentales protégées par les forces militaires occidentales et leurs supplétifs terroristes !!.

Parmi tous ces hommes de pailles, il y en a deux en particulier comme le soi-disant premier ministre Fayez el-Sarraj ainsi que le prétendu chef de l’armée libyenne, le général Khalifa Haftar (qui ne rechigne pas à se laisser abusivement qualifier de Maréchal…)

Ainsi, les négociations organisées pour obtenir cette « Union Nationale » hypothétique, excluraient d’office les tribus qui refuseraient tout compromis avec la vision impérialiste française sur la question. Voila pourquoi cette feuille de route exigée par la France n’a pas plus de chance d’aboutir que les précédentes tentatives qui ont visé à associer (voir d’abord à imposer) à la majorité des tribus libyennes, le pseudo premier ministre « Libyen » Fayez el-Sarraj et le non moins putatif commandant de l’armée libyenne, le général Khalifa Haftar.

Sachant déjà qu’au moins la moitié des 6 millions de Libyens ont très rapidement fuit leur pays dévasté par les forces de l’OTAN aidées par de nombreuses milices terroristes de Daesh et d’al quaeda sur lequel se repose encore le prétendu premier ministre libyen (ce qui prouve que les trois millions de citoyens libyens en fuite ont une aversion totale pour les deux dirigeants politique et militaire choisi pour eux par washington). Que ce chaos est également entretenu par Khalifa Haftar, agent de la CIA. Que les trois millions restant, sont eux aussi rendu majoritairement nostalgiques de la période ou la destiné de la Libye était conduite par feu le colonel Mouammar Kadhafi. Qu’enfin, la majorité écrasante de ces libyens soutien les décisions du haut conseil des tribus et cités libyennes qui a choisi comme nouveau leader pour la Libye, le fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al Islam Kadhafi. Il parait alors évident que ce sommet n’aura aucune légitimité pour décider de ce qui se passera dans le pays et à fortiori qui le dirigera, puisque l’écrasante majorité des libyens, par l’intermédiaire de leurs chefs de tribus, a déjà officiellement statué sur le nom de celui qui dirigera désormais leur avenir commun.

Dans cette perspective, on peut s’attendre à un brutal accès de colère du locataire de l’Elysée en voyant que ce stratagème ne fonctionne pas non plus. Ou alors il fera semblant de se satisfaire d’une signature qui n’aura aucune incidence sur le terrain afin de passer aux yeux du monde pour le chevalier blanc venu sauver la population libyenne qui n’a pourtant jamais voulu de ses services pour sortir du désastre…Un désastre que la France à contribué à produire !!

Cette nouvelle imposture risque en plus de ne pas durer très longtemps puisque les forces et l’écrasante majorité des tribus libyennes, se sont désormais placées sous le commandement du nouveau guide libyen en vue du déclenchement de la très prochaine seconde révolution verte qui permettra la reconquête totale de la Libye. Une reconquête qui aura pour effet l’expulsion du pays de tous les imposteurs dont ceux sur lesquels Macron entends s’appuyer pour la « réussite » escomptée de son sommet…

MATHABA MEDIA – LA Rédaction – le 23.06.2017


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