mercredi 22 mars 2017

Syrie : bilan 2011 - 2017





En Syrie, les enquêtes du Centcom américain sur les victimes civiles de ses frappes n'ont aucune chance d'être objectives et Bruxelles contribue à la fabrication de fake news reprises par les agences de presse explique le journaliste Martin Jay.



RT :CNN a rapporté que les Etats-Unis avaient démenti avoir bombardé une mosquée mais reconnu avoir bombardé un bâtiment qui se trouvait juste à côté. La BBC a raconté que des civils avaient été tués dans des bombardements massifs, mais mentionné les bombardements américains seulement après avoir dits que des avions russes se trouvaient au-dessus de la région où il y avait eu des victimes civiles. D'autres médias ont accusé Moscou directement. Que pourriez-vous dire d'un tel journalisme ?

Martin Jay (M. J.) : C'est ce que j'appelle «un centre d'appels» ce journalisme. Notamment si vous regardez les reportages de CNN sur la Syrie, c'est diabolique. Il y avait un personnage appelé Danny Dayem, un opérateur qui fabriquait des «fake news» et qui a été embauché par CNN pour faire des interviews. Plus tard, on a appris qu'il était payé par les extrémistes en Syrie. Voilà comment CNN travaille, et ce n'est guère mieux avec la BBC.

Mais cela fait partie d'une histoire plus grande : si on jette un coup d'œil sur le champ de bataille en Syrie et sur les pourparlers de paix organisés au Kazakhstan et en Suisse, une question se pose, pourquoi nous n'avons fait aucun progrès du tout au cours de ces années. Une des raisons pour cela c'est que les superpuissances qui sont derrière ces négociations - la Russie, les Etats-Unis, la Turquie et l'Iran - notamment les responsables qui participent à ces pourparlers, ne disposent pas de toutes les informations nécessaires sur le sujet. Il s'agit non seulement du processus politique, mais aussi de la situation sur le terrain. Il semble qu'aujourd'hui nous sommes embourbés dans un marécage de «fake news» provenant de Syrie.

Je crois que c'est inévitable, si on examine l'histoire du conflit, et si on regarde, comment exactement les grands médias obtiennent leurs informations - certains reportages peuvent être fournis à CNN et à BBC par l'AFP qui semble être une des premières sources. Mais regardez plus attentivement d'où viennent ces histoires, et vous trouverez qu'elles ont été produites par une organisation syrienne basée au Royaume-Uni, qui consiste en un seul individu anti-Assad qui est financé par l'UE et par le gouvernement britannique pour créer et diffuser des «fake news» sur les horreurs qui arrivent chaque jour en Syrie.

RT : A cause des «fake news» Donald Trump a qualifié certains médias d'«ennemis du peuple». Quant à la frappe américaine contre la mosquée au Nord de la Syrie, le Centcom déclare qu'il va consulter les rapports sur les victimes civiles. Jusqu'à quel point une enquête du Centcom sur ses propres actions peut-elle être objective ?

M. J. : Bien sûr, cela ne peut pas être une enquête objective. Une des vraies questions c'est qu'on n'a pas d'autocensure, nous n'avons pas d'organisations qui peuvent être objectives à l'égard de la plupart des informations qui viennent de la zone de conflit en Syrie. L'origine de ces informations que les journalistes doivent vérifier le plus vite possible certaines informations, vient de militants.

En revenant sur cette organisation britannique financée par l'UE - je connais des journalistes de l'AFP qui sont extrêmement frustrés et déçus de devoir diffuser tous les jours ces informations de seconde main. Nous sommes loin d'avoir toute sorte d'autocensure et de ce qu'on pourrait qualifier de «couverture objective», et l'UE a une importante de responsabilité dans cela.

On a oublié, il semble, que l'épicentre des «fake news» se trouvait à Bruxelles. J'ai vécu à Bruxelles pendant 11 ans, et je peux vous dire que 800-900 journalistes assistent chaque jour aux briefings de la Commission européenne, et reproduisent plus ou moins littéralement les informations qu'ils reçoivent des attachés de presse, sans les vérifier. C'est la partie du problème. Nous avons besoin de vérifier plus, il faudrait inventer un mécanisme pour cela, ou, par exemple, ou il faut inventer un logotype désignant que ces informations ont été fournies par une organisation financée par l'UE. Ce serait un pas dans la bonne direction.


Martin Jay, le 20 mars 2017

Source francais.rt.com




Hassan Nasrallah


Hassan Nasrallah : l'Axe de la Résistance triomphe en Syrie, Israël panique

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 18 mars 2017, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Fatima al-Zahra (as), journée de la femme.

Section politique du discours

Transcription : 

Eh bien, le deuxième point est la question israélienne du point de vue palestinien. 

Que se passe-t-il actuellement ? Israël poursuit le processus de judaïsation au maximum. La judaïsation d'Al-Quds (Jérusalem), l'expulsion de ses habitants, (la construction de) davantage de résidences et de colonies pour modifier son identité et la séparer de la Cisjordanie, jusqu'à l'interdiction de l'appel à la prière, projet du gouvernement de Netanyahu adopté par la Knesset, jusqu'à la loi légalisant le vol de terres palestiniennes en Cisjordanie, avec en cours la construction de milliers de résidences en Cisjordanie, la continuation quotidienne des assassinats, des arrestations et des démolitions de maisons, la destruction des champs, et maintenant, avec Trump, l'évocation du déplacement de l'ambassade américaine de Tel-Aviv vers Al-Quds (Jérusalem). L'importance de ce point serait la confirmation d'Al-Quds comme capitale éternelle de cette entité usurpatrice. 

L'abandon américain de la solution à deux Etats a une signification pour nous en tant que Résistance. Mais cette solution représentait le seul espoir pour la voie des négociations et pour ceux qui croient en cette voie. Les Américains, Trump a dit hier qu'ils ne feraient pas pression sur Israël. Laissons les Palestiniens négocier directement et s'entendre (avec Israël). Qu'est-ce que cela veut dire ? « Débrouillez-vous et bonne chance. » 

Israël, sans pression américaine, sans pression internationale, sans pression arabe, sans aucune pression, ces sionistes-là, avec leur culture, leurs ambitions, leurs appétits, leur mépris et leur arrogance, ceux-là donneraient-ils (d'eux-mêmes) aux Palestiniens ne seraient-ce que des miettes via des négociations ? Voilà ce que cela signifie (« Débrouillez-vous »).

Aujourd'hui, après ce qui est apparu de la rencontre entre Netanyahu et Trump, véritablement, je n'exagère pas en disant qu'hier, a été annoncée de façon quasi officielle la mort de la voie des négociations. C'est un acte de décès. Cette question est terminée. Pour les Israéliens, l'Etat palestinien n'existe pas (et ne pourra jamais exister). Dans les conférences (tenues en Israël) au début de l'année dont je viens de vous parler, dans lesquelles se sont exprimés des ministres, des généraux, des personnalités, etc., dans tous leur discours, il n'y a aucune mention d'un quelconque Etat palestinien, inexistant et inconcevable pour eux. 

Il y a quelques années, nous disions (déjà), et je rappelle aujourd'hui ce que nous disions. Le projet israélien pour la Palestine et pour les Palestiniens est : prenez Gaza – bien sûr, cette Gaza qui doit rester assiégée, sans port, sans aéroport, sans frontière –, mais prenez Gaza, car elle constituait un objet de scandale pour les sionistes. Quant au reste de la Palestine, il est pour les sionistes. Le maximum qui puisse être cédé en Cisjordanie est une autonomie administrative contrôlée, limitée et discontinue qui va maintenant être coupée par des milliers de résidences et c'est la fin de la question. Les Palestiniens de la diaspora (réfugiés) devront être nationalisés ou émigrer. Ils devront prendre la nationalité au Liban, en Syrie, en Jordanie, partout où ils sont, ou émigrer où ils pourront. Et c'est aujourd'hui répandu dans le monde, on propose des nationalités aux Palestiniens pour qu'ils partent. Voilà le maximum que puisse concéder Israël. Une autonomie administrative limitée et discontinue en Cisjordanie. Hier également, les Israéliens eux-mêmes, les analystes israéliens eux-mêmes parlent des dernières étapes du règlement définitif de la cause palestinienne. Et il se peut qu'il n'y ait pas d'exagération en la matière, malheureusement. 

Eh bien, aujourd'hui, maintenant que le principe et la base de résolution de l'initiative de paix arabe de 2002, reposant sur l'idée de deux Etats, maintenant que cette base est terminée, qu’elle a été supprimée, rejetée, que disent les dirigeants arabes, les régimes arabes, les gouvernements arabes, l'Union des pays arabes ? Les auteurs de l'initiative de paix qui ont dit (en guise de menace) que la proposition est sur la table mais qu'elle n'y restera pas longtemps ? Pourquoi donc, est-ce qu'elle est toujours sur la table ? A-t-elle encore une quelconque existence de toute façon ? Qui la reconnaît donc ? 

Il est naturel que les Israéliens en arrivent à l'étape où ils disent qu'ils assistent aux derniers instants de la cause palestinienne qu'ils s'apprêtent à liquider. Car Israël, malgré tout ce qu'Obama a fait pour eux, dit maintenant que Trump est mieux. Eh bien, quant aux Arabes, aux pays arabes, où est la pression arabe ? Au contraire, (on voit) une précipitation vers les relations avec Israël sous la table et par-dessus la table, sans hésitation, une normalisation arabe et des pays du Golfe (des relations avec Israël), à l'exception de quelques pays arabes, une normalisation, des délégations (israéliennes) au Bahreïn et dans certains pays arabes, et ils dansent, ils chantent, ils brandissent des épées, et au Bahreïn, ils n'hésitent même pas, ces sionistes, à déclarer « Nous détruirons la mosquée (al-Aqsa) et (re)bâtirons le temple », et tous ces Arabes qui sont assis à leurs côtés et dansent avec eux, ces Bahreïnis qui sont bien sûr proches du pouvoir, ces ignorants imbéciles, ne comprennent même pas ce qu'ils disent. Et selon moi, même s'ils avaient compris, ça ne changerait rien, car il n'y a plus rien qui ait la moindre valeur aux yeux de ces régimes (arabes) et de leurs partisans.


Hassan Nasrallah



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