mercredi 2 novembre 2016

Que c'est moche, la guerre !


Petite mise en garde en vue des élection présidentielles françaises de 2017: tant vis à vis de sa politique désastreuse et lâche au Moyen-Orient que dans ses rapports autistiques avec le gouvernement de la Russie, la France a déjà perdu toute crédibilité sur le plan international. L'incompétent Président Hollande en se couchant devant son garde-chiourme Obama au dépend du peuple français, n'a fait que poursuivre en sourdine la politique du pire initiée par le traître Sarkosy lequel a livré pieds et poings liés la "patrie des droits de l'homme" à ce monstre sanguinaire qu'est l'Otan, sans consulter les français qu'il a mis devant le fait accompli sous prétexte qu'il avait été élu (sans véritable majorité objective) Président de la République. Tout se tient comme il se doit dans l'élaboration précipitée et débile de la politique étrangère de la France : soutien aux pseudo-rebelles en Syrie, aux émirs et princes féodaux de l'Arabie saoudite et du Qatar, au régime néo-nazi d'Ukraine, aux dictatures fantoches de l'Afrique ...etc... Les conséquences de ce jeu de dupes que le Président de la République cautionne afin de complaire à ses grands amis de la finance mondialisée à qui il doit son élection au petit bonheur la chance ne vont pas tarder à se faire sentir sur l'économie française déjà mal en point et qui sait qui va en payer le prix fort sinon le petit peuple déjà mis à mal par des décennies de débauches économiques et fiscales. Nous devrions à ce stade réaliser qu'il ne reste plus beaucoup de temps pour colmater les brèches du Titanic tricolore et ce ne sont certainement pas nos ex young leaders¹ -  Juppé, Kosciusko-Morizet, Macron, Montebourg,  de la French American Fondation (FAF) ni François Fillon l'ancien premier ministre de l'ex-young leader Sarkozy, tous en lice pour la candidature aux prochaines élections présidentielles qui remettront le pays à flot, bien au contraire puisque leur but est le même : prendre et garder le pouvoir le plus longtemps possible dans l'intérêt de ceux qui financent leur campagne. Gaël Hadey



"Une guerre, cela permet des tas de choses: sauver le monde, entraîner les armées, faire bosser les industries d'armement, préserver nos sources d'approvisionnement en uranium et autres terres rares et, accessoirement, ressouder la cohésion nationale et montrer, contrairement à ce que tout le monde pense, qu'on en a dans le pantalon. Qui pourrait s'élever, en France, contre l'étendard de la liberté ? Personne. la preuve, la quasi-totalité des partis politiques, par la voix de leurs chefs, élus ou mal élus, ont approuvé. A la clé, une éventuelle remontée dans les sondages, sous réserve que tout se passe bien, passer pour le défenseur des opprimés, etc... les grands classiques, on a l'habitude, on ne nous l'a fait pas !" Corto



Les bombes de François Hollande ne tuent pas

Par Jacques-Marie Bourget



N’étant pas pilote de chasse, ni doté des ailes d’un ange, c’est donc aux côtés des gens ordinaires, depuis le plancher, que j’ai vécu à peu près tous les bombardements depuis un demi-siècle de guerres. Et je peux vous assurer que les bombes, même « chirurgicales » tuent. Et surtout des innocents. Pour entrer dans l’intime, j’ai aussi fait du journalisme pour tenter, modestement, de dire que les guerres ne sont pas jolies. J’ai échoué. François Hollande – et les supporters des tueries justes – n’ont toujours pas découvert que cette horreur provoque le chaos et la mort. A leur tour – un siècle plus tard – ces pacifistes à sens unique, militants des « frappes humanitaires », vivent-ils la sidération qui a touché de nombreux journalistes en 1914 ? Ceux qui couvraient le front au début de la Grande guerre et qui titraient ainsi leurs articles : « Les balles boches ne tuent pas ! ».

Seules tuent les bombes russes et leurs clones syriennes. Et j’ose ajouter que les fameux « barils d’explosifs », lancés par l’aviation de Damas et qui, indignent à juste titre les Pujadas, sont moins meurtriers qu’un unique missile vendu par Matra. Je vais vous révéler un autre secret : la guerre c’est la guerre. Et c’est une saloperie. Et cela inclus donc les mortiers et obus, parfois chargés de gaz, lancés à Alep par les exemplaires djihadistes « modérés ».

Revenons aux fondamentaux : une guerre est toujours bonne. On dit « il nous faudrait une bonne guerre ». Sauf que l’appréciation, le sens du bon, change de champ quand on franchit la ligne de front.

Prenez l’exemplaire François Hollande, à l’époque de la si regrettée SFIO. Son maître Mollet, la cigarette au bec, a jadis copieusement bombardé douars et mechtas en Algérie... Pas de quoi faner une rose. Les chats ne faisant pas des chiens, Hollande est fidèle à la doctrine, c’est à son tour un Lucky Luke de la bombe. Un temps, comme le ridicule héros d’une opérette d’Offenbach, il a trépigné en poussant des cris : « Il faut bombarder Damas ! ». C’était supposer que les célestes et explosives ferrailles, chéries de l’Elysée, n’allaient tuer que des méchants ? Oublions qu’il y a deux mois, visant de fourbes et cruels djihadistes dans la région de Raqqa, les Rafales français ont volé les vies de plus d’une centaine de paysans. Hermétiques jusqu’au bout aux principes humanistes de la guerre d’ingérence, ces sans-dents ont ignoré qu’ils allaient mourir pour une juste cause.

Les indignations sont comme les guerres, asymétriques. Ainsi, pendant qu’à juste titre nous pleurons sur les martyrisés d’Alep (ceux des deux « camps »), équipés de bombes françaises l’Arabie Saoudite – aidée du merveilleux Qatar – pulvérisent des centaines de vies au Yémen. Qui les pleure ? Personne puisque les maîtres des sanglots, Le Drian et Pujadas, rient dans ce cimetière.

Je vois encore les yeux épouvantés des Serbes quand l’OTAN a fait pleuvoir les missiles Tomawak, ceux du bon droit, sur Belgrade et le Kosovo... Avant, en 1991, j’avais vu ceux des Irakiens purifiés eux aussi par le feu céleste. Avec dans le lot quelques bombes signées « Tonton », un président français qui ne mégotait pas avec les valeurs coloniales de son parti. La faute à Saddam Hussein. L’imbécile autocrate avait tenté de récupérer le Koweït, une version locale de « l’Alsace-Lorraine ». Une petite péninsule, en fait un bidon de pétrole, mis de côté par les anglais quand ces derniers ont naguère dépecé le Moyen Orient en traçant les frontières au mieux de leurs intérêts.

J’étais donc à Bagdad le jour où un avion furtif étasunien a largué deux bombes sur un abri d’al-Amirya. Quand je suis arrivé le béton du bunker perforé était si brûlant qu’il a fallu des heures avant de pouvoir y pénétrer. A l’intérieur on a compté quatre cents femmes, vieillards et enfants, ou du moins leurs restes carbonisés. Avez-vous entendu dire que les Etats Unis se sont excusés pour ce crime ? Que le pilote a été mis en prison ? Que la CPI a diligenté ses implacables procureurs ? Non puisque cette justice « blanche » agit seulement contre les trublions noirs quand ils nuisent à l’Occident. Avez-vous entendu dire, aussi, que les bourreaux israéliens de Sabra et Chatila et leurs mercenaires libanais, où les bombes étaient des balles et des couteaux, ont été sanctionnés, simplement réprouvés ? Non. L’ONU a alors dénoncé « un acte de génocide » puis le monde juste, celui qui veille sur des Droits de l’Homme qui lui tiennent lieu de CAC 40, est revenu à ses vraies valeurs : l’argent.

Tout ce chaos de souvenirs pour vous répéter que la guerre ne porte jamais de dentelles. Qu’elle est, toutes bombes confondues, barbare et injuste. Et que ce ne sont plus les militaires mais d’abord les civils qui y perdent la vie. Imaginez les jours tranquilles du pilote de drone installé dans une chic banlieue étasunienne... Le midi il va chercher ses gosses à l’école, l’après-midi il tue, et le soir rentre chez lui pour tondre la pelouse ; avant de regarder une série à la télé. Elle n’est pas belle la mort ?


Chronique publiée dans le numéro de Novembre du mensuel Afrique-Asie

Source :  https://blogs.mediapart.fr/jacques-marie-bourget/blog/311016/les-bombe... 


via Le Grand Soir

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