dimanche 30 octobre 2016

Alepins, priez pour nous ...




"Toutes les preuves soulignent le fait que le gouvernement syrien tente de donner aux rebelles à l'intérieur d'Alep une chance de se rendre sans effusion de sang. Les rebelles semblent cependant inébranlables. Il a été récemment rapporté que 7.000 combattants sont dirigés vers le sud-ouest d'Alep." Antiwar-blog


"Les journalistes de la la presse traditionnelle portent une lourde responsabilité dans les souffrances endurées durant 5 ans par les Syriens, pour n'avoir relayé que la propagande de  sources proches des groupes terroristes. Leur parti pris pour ces criminels les a conduits à ignorer les cris de détresse de Monseigneur Antoine Audo ou du pèreElias Zahlaou iainsi que de tant d'autres Syriens, car ils mettaient en cause ces terroristes prétendus « rebelles ». Ainsi, quand de vrais hôpitaux sont réellement bombardés et détruits par ces mêmes « rebelles », faisant de nombreuses victimes, les journalistes n'en parlent quasiment pas. Par contre ils relayent, jusqu'à la nausée, la propagande selon laquelle « Assad bombarde intentionnellement des écoles et des hôpitaux protégés » (qui ne sont pas signalés et dont les « rebelles » ne montrent que des images floues) ; propagande fournie par des sources proches des groupes terroristes - l'OSDH et MSF en première ligne - qui doit évidemment conduire à faire monter l'indignation; et surtout à obtenir que Bachar el-Assad soit jugé devant la CPI, condamné pénalement pour « crimes de guerre.Silvia Cattori, journaliste suisse












Alep Ouesi. Photo Dr Nabil Antaki


 
C’est en toute clarté que j’aimerais dire surtout : Arrêtez la guerre ! Je vis dans la partie Ouest d’Alep. Nous sommes confrontés quotidiennement avec la mort, les missiles, les tirs de mortiers et de canons ainsi qu’avec les tireurs d’élite. Les terroristes tirent partout. Quand nous subissons de telles attaques, nous ne pouvons pas dire que les auteurs sont des rebelles. Rien que la semaine dernière, nous avons eu 75 morts et 180 blessés. Hier l’université a été touchée. Il y a eu beaucoup de victimes. Tous les jours il y a des enterrements. Même quand nous restons à la maison, nous ne sommes pas en sûreté : les maisons s’écroulent sur ta tête. Nos deux églises maronites (syro-chrétiennes) n’existent plus, de nombreuses mosquées, des hôpitaux, des habitations, des usines et des magasins sont en ruines. Souvent, à Alep-ouest, nous n’avons pas d’électricité et ça dure comme ça depuis cinq ans. Sans électricité tout s’arrête, on ne peut plus travailler. Depuis cinq ans la centrale électrique est entre les mains des terroristes. Souvent il n’y a pas d’eau courante. C’est pourquoi il est devenu normal de faire la queue devant le puits pour remplir ses bidons. On fait la queue sous les tirs de missiles… Suite à la guerre et aux sanctions, une grande pauvreté règne partout. On parle beaucoup des zones assiégées : la partie Ouest a souvent été assiégée. L’unique rue a été occupée par des groupes (terroristes) armés et rien ne pouvait passer, absolument rien. […] Les médias ne parlent que des souffrances de nos frères dans la partie Est, mais pas de nos souffrances. Ils montrent un pauvre enfant qui est tiré des ruines mais pas les nombreux autres enfants dans la partie Ouest qui sont tués ou mutilés. Je souligne : il ne s’agit pas d’une guerre religieuse. La religion est instrumentalisée. Voici nos revendications pour que la guerre cesse :

1. Arrêter la vente d’armes (aux terroristes).
2. Stopper définitivement le flux de terroristes qui passent la frontière turque.
3. Arrêter de payer des salaires aux terroristes.
4. Lever les sanctions économiques immorales.
5. Aidez-nous à reconstruire la vie. Soutenez la réconciliation et des accords entre des communautés ethniques et religieuses. »


Joseph Tobij, archevêque d’Alep





"Cette oligarchie, Barack Obama l'a servie. Il a reçu le Prix Nobel de la Paix, mais il a fait la guerre afin de promouvoir ses sordides intérêts. Tous les conflits en cours sont les rejetons monstrueux de la stratégie du chaos dans laquelle il est passé maître. Tuant à l'aveugle, la guerre des drones a livré l'Afghanistan aux talibans. En Syrie, l'ingérence occidentale et l'alliance de Washington avec les terroristes ont généré une guerre effroyable. Exécutée par ses larbins européens, la destruction de la Libye a semé le chaos dans la région sahélienne. Au Yémen, l'aviation saoudienne massacre des civils à coups de bombes made in USA. En Palestine, la complicité de l'administration Obama (qui vient d'offrir 38 milliards de dollars à Tel Aviv) encourage la violence coloniale déchaînée par les sionistes contre le peuple palestinien. Entre les guerres en cours et la guerre qui vient, il ne restera de cette présidence que les fruits pourris de l'impérialisme."
Bruno Guigue, ex-haut fonctionnaire, universitaire et analyste politique






« Nous avons accaparé une part tout à fait disproportionnée de la richesse et des échanges du monde. Territorialement, nous avons tout ce que nous voulons, et notre prétention à jouir sans encombre de nos immenses et splendides possessions, acquises essentiellement par la violence, consenties par la force, parait souvent moins raisonnable aux autres qu’à nous-mêmes. » Churchill



 
Alep raconté par un Alépin

Par le Dr Nabil Antaki, 30 septembre 2016
Publié dans la revue Témoignage Chrétien le 6 octobre 2016 sous le titre :
Les habitants d’Alep-Ouest en leur majorité applaudissent des deux mains l’offensive de l’armée syrienne


Alep ville martyre. Notre ville fait la Une des journaux télévisés et de la presse écrite depuis 2 semaines. Les habitants d’Alep se passeraient de cette renommée d’autant plus que leurs souffrances ne datent pas d’hier.

Bien qu’elle ait débuté en mars 2011 en Syrie, la guerre n’a vraiment atteint la ville d’Alep qu’en juillet 2012 quand les « rebelles » armés ont occupé quelques quartiers à l’Est de la ville provoquant un déplacement de 500 000 personnes qui ne voulaient pas vivre sous le contrôle des islamistes.
Depuis, la ville est divisée en deux parties : la partie Est qui représente 25% de la superficie et qui ne compte plus aujourd’hui que 200 000 habitants – les autres habitants se sont réfugiés [à l’arrivée des groupes armés, ndlr] dans la partie Ouest d’Alep sous la protection de l’Etat syrien, ce qui représente 75% de la superficie et compte un million et demi de personnes.

Depuis 2012, les rebelles islamistes lancent quotidiennement des obus de mortiers et des bonbonnes de gaz remplies de clous et d’explosif sur les quartiers d’Alep causant des décès et des blessés graves. De plus, ils ont coupé l’approvisionnement en eau de la ville depuis 2 ans (les autorités ont dû forer 300 puits en pleine ville pour remplacer l’eau courante) ; et ont aussi arrêté l’alimentation de la ville en électricité. Ils ont à plusieurs reprises imposé le blocus d’Alep-Ouest avec l’arrêt du ravitaillement de la ville en produits alimentaires, essence, fioul etc. provoquant des pénuries très graves.

De son côté, l’armée arabe syrienne aidée par ses alliés, cherche depuis 4 ans à libérer Alep-Est du contrôle des rebelles armés et de ramener ce territoire sous l’administration de l’Etat syrien sans succès. De part et d’autre, les bombardements et les snipers ont fait des milliers de victimes et la vie à Alep, depuis 4 ans, est devenue un enfer.

Il y a un mois, les rebelles armés ont pris le contrôle de la seule route qui relie Alep-Ouest au reste du monde empêchant, comme ce fut le cas à plusieurs reprises dans le passé, les habitants de quitter la ville ou d’y rentrer et causant une pénurie grave. Après 3 semaines de combat, les troupes gouvernementales ont repris la route et ont assiégé les quartiers Est. Depuis 2 semaines, les rebelles sont encerclés à Alep-Est avec ce qui reste d’habitants qui n’ont pas pu ou voulu quitter cette zone.
L’Etat Syrien est déterminé cette fois-ci à libérer une fois pour toutes Alep-Est des mains des terroristes d’Al-Nosra qui occupent les quartiers Est (Al-Nosra est considéré unanimement par la communauté internationale comme groupe terroriste au même titre que Daesh). Comme l’armée syrienne a finalement pu encercler la partie rebelle d’Alep, elle utilise les bombardements aériens et les combats terrestres pour atteindre son objectif.

Auparavant, elle a lancé des tracts et envoyé des messages SMS demandant à la population civile restante – la majorité a quitté Alep-Est au fil des ans – de partir et de venir se réfugier dans Alep-Ouest. Elle a ouvert 7 points de passage et beaucoup en ont profité, au péril de leurs vies. Parce que les groupes armés ne les laissent pas quitter voulant s’en servir comme bouclier humain. Ces actes de guerre font naturellement beaucoup de victimes parmi les terroristes et aussi dans la population.

D’un autre côté, les terroristes d’Alep-Est ont intensifié leurs bombardements des quartiers civils d’Alep-Ouest faisant des dizaines de victimes tous les jours. Mercredi 28 septembre, un déluge d’obus et de bonbonnes tombent sur le quartier chrétien d’Azizié faisant dix morts et le double de blessés. Aujourd’hui vendredi 30 septembre, tous les quartiers d’Alep sont la cible des rebelles avec pour le moment un bilan très lourd : 36 morts et beaucoup de blessés graves.

Les médias en Occident ne montrent que des images d’Alep-Est avec les destructions, les souffrances des personnes et l’indignation de la communauté internationale. Par contre, rien n’est dit sur les souffrances des habitants d’Alep-Ouest, leurs morts et blessés des suites des bombardements lancés par les rebelles.

Les chrétiens d’Alep habitaient depuis toujours les quartiers du centre-ville et de l’Ouest de la ville. En 5 ans de guerre, les trois-quarts des chrétiens ont pris le chemin de l’exode et il ne reste plus actuellement que quarante milles chrétiens à Alep. Les bombardements des derniers jours les ont particulièrement atteints.

Les habitants d’Alep-Ouest dans leur immense majorité applaudissent des deux mains l’offensive de l’armée arabe syrienne. Ils ont beaucoup souffert depuis 4 ans des coupures de l’eau, de l’électricité, du blocus à maintes reprises et des obus de mortiers qui ont fauché tous les jours leurs femmes, leurs maris, leurs enfants et leurs amis et poussé à l’exode la moitié de la population. Ils pensent qu’il est du devoir d’un Etat de protéger sa population et de libérer ses villes.

De notre côté, nous refusons les actes de guerre inhumains, nous dénonçons les crimes de guerre, nous sommes révoltés par toutes les souffrances mais nous sommes aussi indignés par le traitement partial et biaisé de la guerre d’Alep par les médias.

Tous les Syriens et particulièrement les Alépins n’aspirent qu’à la paix. Ils ont la nostalgie de leur beau pays, stable, sûr, prospère et laïc d’avant la guerre. Personne ne veut vivre sous un régime islamiste et tout le monde veut que cette guerre – qui a fait 300 000 victimes, le double de blessés et d’amputés, 8 millions de déplacés, 3 millions de réfugiés pour une population de 23 millions [près de 9 millions de Syriens se sont enfuis dans les zones contrôlées par le gouvernement, ndlr] – s’arrête par un processus politique et négocié. Nabil Antaki

 Article ublié dans la revue Témoignage Chrétien le 6 octobre 2016.
Photo de Nabil Antaki : Quartiers d’Alep-Ouest bombardés depuis les postions « rebelles » qui occupent par la force des quartiers d’Alep-Est



Maintenant, avec la présence de la Chine en Syrie - et du côté des forces russes et syriennes, encore moins - la dernière superpuissance mondiale restante a elle-même été injectée dans le conflit militaire le plus âprement disputé sur la planète.
Comme Hedge Zéro l'a convenablement résumée :
« Ce qui signifie que, en ce moment, chaque superpuissance mondiale majeure est officiellement impliquée dans la guerre syrienne, qui a à plusieurs reprises été justement appelée un baril de poudre pour ce qui pourrait être le prochain conflit militaire mondial - pour être sûr, tous les joueurs requis sont maintenant officiellement impliqués. » James Holbrooks

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