samedi 17 septembre 2016

Mondialisation et pourrissement européen


"Les travaux s'accumulent qui montrent tous un développement de la corruption, des mafias et de l'économie criminelle, des paradis fiscaux. Ces aspects, par leur importance, ne peuvent plus être présentés comme des anomalies et des scories qu'il conviendrait d'éliminer pour que tout redevienne normal. L'évidence s'est imposée que tout cela fait système et que la bonne marche de la mondialisation libérale nécessite de tels travers." Michel Rodalski



Shenguen ou l'Europe brisée



"Posez-vous cette simple question braves gens : qu'a rapporté réellement l'Union Européenne aux peuples de la vieille Europe ? La prospérité promise ? La justice sociale ? Des emplois et des revenus plus équitables ? Rien de tout cela. Par contre les nationalismes comme au bon vieux temps de la coloniale ont le vent de la guerre en poupe, les banques et entreprises multinationales se goinfrent d'un état de crise permanent avant la grande débâcle annoncée. Les populations - leurs gouvernements irresponsables y compris - sont cernés par des instruments de surveillance hyper sophistiqués. Sans parler des millions de naufragés victimes des entreprises de pillage occidentales qui mettent à feu et à sang (au nom de la sacro sainte démocratie humanitaire) ) des pays  jusque là relativement épargnés par les délires de toute puissance de l'Oncle Sammy, le tortionnaire et terroriste Number One. Les marchands d'armes accumulent des milliards, les paradis fiscaux accompagnent les enfers des victimes de la gabegie organisée. Le terrorisme a bon dos en couvrant les crimes de nos dirigeants (hey, le TPI, tu dors?). Et que dire des médias officiels va t'en-guerre qui roulent la bonne pâte des imbéciles heureux dans la farine moisie des mensonges qui leurs sont dictés par des agences de presse militarisées? En France, nous eûmes Sarkozy, le petit protégé inculte de Bush Jr, représentant des intérêts yankees. Maintenant nous avons Hollande le magnifique chevalier servant tombeur de dames tartines à plat ventre devant la finance anglo saxonne qui a décidé depuis longtemps, de la Grèce à l'Ukraine, du sort de notre continent. Posez-vous la bonne question, citoyens : cette farce morbide va t' elle perdurer longtemps et attendrons-nous que fleurissent les coquelicots en mai 2017 pour faire le ménage devant votre porte ?"
 André Chenet



"Cette mondialisation est à rebours du projet européen que nous défendons. Les majorités politiques actuelles ont transformé ce projet de civilisation en une petite mondialisation libérale, productiviste, technocratique et austéritaire, source de conflits et d'injustices. Elle participe des désordres du monde et expose plus ses habitants qu'elle ne les en protège. Si l'Europe ne devient pas un puissant levier de régulation politique et de soutien aux initiatives sociales et citoyennes qui répondent aux défis de notre temps, alors les nationalismes et les extrêmes droites gagneront partout en Europe. Nous refusons la dilution d'un projet européen humaniste, écologiste et solidaire dans une libre-circulation absolue des marchandises, des services et des investissements dont nous contrôlerions les dégâts sur les femmes, les hommes et la nature en érigeant des murs et des barbelés et en construisant des camps. Nous sommes altermondialistes, et les mondes que nous souhaitons prennent en compte les limites de la planète et font prévaloir la logique des sociétés, des cultures et des Droits sur celle des États et des puissances économiques et financières. Alors que trop de responsables politiques bombardent les citoyens d'appels à la peur et à la haine, nous défendons plus que jamais des sociétés ouvertes, fondées sur la coopération entre les humains et avec la nature au lieu de la compétition, capables de décider démocratiquement les normes et règles du vivre ensemble selon les principes de la solidarité, de la durabilité et de la justice internationale."










Le Président de la Commission européenne appelle 
au renforcement des États et à la guerre

Par Johannes Stern

Deux jours avant le sommet post-Brexit à Bratislava vendredi, le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prononcé son discours annuel de l'état de l'Union européenne. Prenant la parole devant le Parlement européen, il a averti que l'Union européenne est confrontée à « une crise existentielle » et a précisé que l'élite dirigeante européenne n'a rien à offrir à la classe ouvrière européenne en dehors de l'austérité, du nationalisme, du renforcement de l'État policier et de la guerre.

« Je ne me présente pas devant vous aujourd'hui pour vous dire que maintenant tout va très bien. Ce n'est pas le cas, » a-t-il dit. « Je suis témoin de plusieurs décennies d'intégration européenne, mais je n'avais jamais vu auparavant si peu de points communs entre nos États membres. Tellement peu de domaines où ils sont d'accord pour travailler ensemble [..]. Notre Union européenne est, au moins en partie, dans une crise existentielle. »

Juncker a reconnu que la crise historique de l'UE reproduit les mêmes divisions nationales et l'effondrement politique qui ont plongé le continent dans deux guerres mondiales au XX e siècle. « Je n'ai jamais vu auparavant des gouvernements nationaux à ce point affaiblis par les forces du populisme et paralysées par le risque de la défaite aux prochaines élections, » a-t-il averti.
« Les douze prochains mois seront décisifs si nous voulons ré-unir notre Union, » a ajouté M. Juncker. Il « propose donc un agenda positif des actions européennes concrètes pour les douze prochains mois. »

En réalité, il n'y a pas d'« agenda positif ». Juncker a pratiquement admis que les politiques de l'UE ont privé toute une génération d'un avenir meilleur. « Je ne peux pas et je n'accepterai pas que la génération du Millénaire ou la génération Y, puissent être la première génération en 70 ans à être plus pauvres que leurs parents ». Venant d'un homme qui a supervisé des années d'austérité profonde qui ont réduit les salaires et le niveau de vie en Grèce et dans toute l'Europe, c'est d'un cynisme absolu.
Dans une tentative de dissimuler le caractère de classe de l'UE, et de canaliser la colère croissante parmi les travailleurs européens dans une direction antiaméricaine et nationaliste, Juncker a allégué : « L'Europe n'est pas le "Far West", mais une économie sociale de marché. En Europe, les consommateurs sont protégés contre les cartels et les abus des entreprises puissantes. Cela vaut pour les géants comme Apple aussi. »

De qui Juncker se moque-t-il ? Ceux qui sont protégés dans l'Europe capitaliste - comme dans l'Amérique capitaliste - ce sont les super-riches et les banques ! Après des années de déréglementation et d'austérité, au bout du compte les travailleurs européens sont confrontés aux mêmes conditions dévastatrices que leurs frères et sœurs de classe aux États-Unis. Lorsque Juncker critique Apple, qui est impliqué, comme la plupart des grandes entreprises, dans la fraude fiscale à grande échelle, cela n'a rien à voir avec la protection des travailleurs européens. Au contraire, il souligne les tensions croissantes au moment où l'UE cherche à faire valoir ses propres intérêts de manière plus indépendante des États-Unis voire directement contre ce dernier.

« L'Europe ne peut plus se permettre de profiter de la puissance militaire des autres, ou de laisser la France seule à défendre son honneur au Mali, » a déclaré Juncker, appelant pratiquement à une escalade majeure des forces militaires européennes dans les guerres en cours en Afrique et au Moyen-Orient.

Juncker a également promis une importante escalade militaire : « Pour que la défense européenne soit forte, l'industrie européenne de défense doit innover », a-t-il dit. « Voilà pourquoi nous allons proposer avant la fin de l'année un Fonds européen pour la défense, afin de donner un effet de turbo à la recherche et de l'innovation. »

Juncker a confirmé les plans de l'UE, de longue date, ravivés par les ministres de la Défense, Ursula von der Leyen pour l'Allemagne et Jean-Yves Le Drian pour la France, dans leur proposition, émise dans le cadre des préparatifs du sommet, de transformer de fait l'UE en un État policier et militaire.
« L'Europe a besoin de s'endurcir, » a déclaré Juncker. « Nulle part n'est-ce plus vrai que dans notre politique de défense. Le Traité de Lisbonne permet aux États membres qui le souhaitent, de mettre en commun leurs capacités de défense sous la forme d'une coopération structurée permanente. Je pense qu'il est temps de faire usage de cette possibilité. »

Juncker a appelé de ses vœux : « une stratégie européenne pour la Syrie » et que Federica Mogherini, Haut-Commissaire de l'UE pour la politique étrangère, devienne : « notre ministre européen des Affaires étrangères, par l'intermédiaire de laquelle tous les services diplomatiques, de grands et petits pays semblables, mettent en commun leurs forces pour atteindre l'effet de levier dans les négociations internationales. »
Ce plan à lui seul en dit long sur la stratégie réactionnaire de l'UE. Mogherini a dirigé la poussée de l'UE pour des politiques militaire et étrangère communes pour l'Europe après le vote du Royaume-Uni de se retirer de l'UE. Lors du premier sommet de l'UE sans la participation britannique à la fin de juin, elle a présenté un document intitulé « La stratégie mondiale pour la politique étrangère et sécuritaire de l'Europe. » L'objectif au cœur de cette stratégie était que l'UE devienne une puissance militaire agressive capable de faire la guerre indépendamment des États-Unis.

L'Europe « doit être mieux équipée, formée et organisée pour contribuer de manière décisive à ces efforts collectifs, ainsi qu'agir de manière autonome si et quand c'est nécessaire, » exige ce document. Il fait appel à un programme de réarmement massif et montre clairement qu'il n'y a pratiquement pas de limite géographique à la portée potentielle d'une force militaire de l'UE. Bruxelles se réserve le droit d'intervenir non seulement dans les régions déchirées par la guerre en Afrique du Nord, Moyen-Orient et Europe de l'Est, mais partout dans le monde.

Les intérêts déclarés de l'UE comprennent « la garantie de routes océaniques et maritimes ouvertes et protégées qui est critique pour le commerce et l'accès aux ressources naturelles. » À cette fin, « l'UE contribuera à la sécurité maritime mondiale, en tirant parti de son expérience dans l'océan Indien et la Méditerranée, et explorera les possibilités dans le Golfe de Guinée, la mer de Chine méridionale et le détroit de Malacca. »

La poussée pour empêcher l'éclatement de l'UE en préparant des guerres mondiales est instiguée surtout par Berlin. « Le Livre blanc 2016 sur la politique de sécurité allemande et l'avenir de la Bundeswehr » publié récemment par l'Allemagne accueille explicitement : « la nouvelle stratégie globale des politiques étrangère et sécuritaire de l'Union européenne, » tout en indiquant qu'elle « apportera une contribution importante au renforcement de la capacité de l'UE à agir dans le domaine des politiques étrangère et sécuritaire. »

« Dès le début, l'Allemagne a joué un rôle actif dans le soutien du développement de cette nouvelle stratégie », se vante la doctrine officielle de la politique étrangère de Berlin.
Les plans franco-allemands actuels, tels que la création d'un quartier général militaire unifié de l'UE, ont également été énoncés d'abord dans le livre blanc de Berlin. À moyen terme, un « siège opérationnel permanent civil et militaire » est nécessaire, déclare-t-il, avec une « planification et une capacité de commandement et de contrôle au niveau civile et militaire ». Ce n'est que de cette manière, que le « poids politique des pays de l'Europe » peut être maintenu à long terme, ainsi que les « intérêts sécuritaires de l'UE », compte tenu « des changements géopolitiques et de l'évolution démographique mondiale ».

La poussée, surtout par la classe dirigeante allemande, pour organiser l'Europe militairement après le Brexit afin de défendre ses intérêts géostratégiques et économiques à l'échelle mondiale ne fait qu'augmenter les tensions entre les puissances européennes et le risque d'une nouvelle grande guerre entre les puissances impérialistes.

L'Amiral britannique Lord West a été cité par le tabloïd The Sun la semaine dernière : « À cause du Brexit, je pense que l'Europe est dans une situation délicate, je pense qu'il est regrettable que nous ne soyons pas restés dedans, parce qu'ils ont vraiment besoin de notre expertise militaire. Je peux voir des bouts de l'Europe en train de se briser et quand l'Europe se retrouve dans le pétrin, deux fois dans le passé nous avons dû aller là-bas pour y mettre un terme avec une immense perte de sang et de vies. »

Johannes Stern


Source : wsws.org/fr






Le monde s'enlaidit alors que 2016 se termine

Par Brandon Smith, le 14 septembre 2016 - Source originelle : alt-market

Je dois dire que les réverbérations négatives dans notre environnement économique et politique deviennent actuellement si fortes qu'il est impossible pour les gens de ne pas sentir au moins un certain malaise dans leur intestin. J'imagine que c'est le même genre de sensation que beaucoup ont dû ressentir de 1914 à 1918 au cours de la Première Guerre mondiale et lors de la terrible naissance du communisme, ou peut-être au début des années 1930 au début de la Grande Dépression et la montée du fascisme. Certains changements globaux sont si inquiétants qu'ils envoient des ondes de choc à travers l'inconscient collectif avant qu'ils n'aient même frappé le grand public. Les gens savent que quelque chose va se produire, même s'ils ne peuvent pas encore le définir clairement.
Au début du mois d'août, dans mon article 2016 se terminera par l'instabilité économique et une présidence Trump, j'ai écrit ce qui suit :

Je crois qu'une récession rampante commencera avant l'élection présidentielle américaine, le plus probable étant à partir de septembre. Cela donnera un coup de pouce à la campagne Trump ou, tout au moins, c'est ce que les sondages vont probablement dire. Je regarderai aussi certains responsables bancaires et les experts des médias blâmer pour ce ralentissement l'essor de Trump dans les sondages. Le récit sera que la menace seule d'une présidence de Trump suffit à mettre les marchés en crise.
Malheureusement, il semble jusqu'à présent que cette prédiction soit correcte. Actuellement, les marchés mondiaux ont traversé une volatilité sévère comme une vengeance après environ trois mois d'un calme sinistre. Pourquoi ? Eh bien, comme j'avais mis en garde dans le même article cité ci-dessus ainsi que dans de nombreux autres articles depuis le début de cette année, la Réserve fédérale est déterminée à poursuivre le relèvement des taux d'intérêt dans un contexte de récession comme elle le fait presque toujours, et les marchés d'actions accro à la dette pas chère ne peuvent pas tolérer même une hausse minime des taux de la Banque centrale.

Jusqu'à présent, tout porte à croire que la Fed envisage de bientôt relever ses taux. Je crois que ce sera à la fin de ce mois-ci. La voix en apparence «anti-remontée» de la Fed a été jusqu'ici le membre du conseil Lael Brainard, mais même ses déclarations font la promotion d'un faux récit selon lequel l'Amérique est en voie de «récupération».

Beaucoup de membres normalement «pacifistes» de la Fed ont ouvertement suggéré que le moment est venu pour une remontée des taux. Les membres votants de la Fed se sont fait entendre au sujet d'un changement de politique. Le dernier exemple étant le patron de la Banque de Cleveland, Loretta Mester. Elle fait valoir que les taux sont restés «trop bas pendant trop longtemps», et a rejeté l'idée que des taux faibles sont nécessaires pour maintenir la stabilité.

Ceci est le même genre de langage que des membres de la Fed ont utilisé juste avant la hausse des taux en décembre 2015, la première hausse de taux en une dizaine d'années. Et, pour ajouter à la ferveur, même le patron de JP Morgan Chase, Jamie Dimon, appelle à une hausse des taux d'intérêt.
Soyez prêts les gars, parce que tous les négationnistes qui clament qu'une autre hausse de taux est «impossible» sont probablement sur le point d'avoir tort encore une fois.

Mon avertissement sur l'accélération d'une campagne anti-Trump le blâmant pour la faiblesse des marchés boursiers s'est également réalisé. Déjà, Bloomberg lance le mème que l'idée que Hillary Clinton puisse perdre l'élection face à Trump «en raison de son état de santé» est une «mine pour des marchés déjà vulnérables».
C'est un incroyable changement d'attitude des médias contrôlés par les élites, mais encore une fois, c'était très prévisible. Les globalistes sont prêts à blâmer les mouvements conservateurs, pour un effondrement économique qu'ils ont créé. Les «problèmes de santé» de Clinton sont mis en place comme le bouc émissaire pour une victoire de Trump, qui évoque ainsi des troubles sociaux supplémentaires alors que beaucoup à gauche feront valoir (dans le cas d'une victoire de Trump) que la victoire de Trump n'a prévalu que pour des raisons techniques. Autrement dit, l'extrême-gauche fera valoir que la présidence de Trump n'est pas légitime.

Un autre scénario est également possible, mais je pense moins probable : le potentiel de voir Clinton éjectée de l'élection en raison de son état de santé, ce qui provoquerait une justification pour un report de l'élection. Je ne pense pas qu'un report de l'élection serve vraiment les intérêts des élites, mais cela serait certainement l'occasion de déclencher un chaos massif s'il avait lieu. Seulement, dans le cadre de la plus étrange de toutes les années électorale de l'histoire américaine, cela pourrait même être considéré comme un danger légitime.

Un autre indicateur global, le pétrole, dégringole encore une fois malgré toutes les pressions de l'OPEP pour un «gel de la production» qui n'ont pas réussi à augmenter les prix du brut pendant plus d'une semaine à chaque fois. Franchement, personne n'achète plus le battage médiatique. Ceux qui ont parié sur l'indice WTI, qui devait passer de 50 à 60 dollars le baril cette année, auraient dû accorder plus d'attention aux analystes alternatifs. Le seul autre facteur qui empêche encore le pétrole de baisser dans la gamme des 30 dollars le baril, a été l'inventaire des stocks. Ces rapports, cependant, sont à peine un palliatif. Les entreprises ont déplacé du brut dans différentes installations afin de créer le doute sur ces inventaires et donc l'illusion d'une demande plus élevée. Mais généralement, après une semaine, les rapports rattrapent l'offre réelle et un pic dans les inventaires fait à nouveau descendre le pétrole [Il y a aussi la Chine qui a une réelle activité autour de son stockage stratégique pour atteindre les fameux trois mois de réserve, NdT].

Ajoutez à cela les dernières nouvelles indiquant que le Congrès a adopté une loi permettant aux familles des victimes du 9/11 de poursuivre le gouvernement saoudien pour sa participation à l'attaque, et vous avez une recette pour une fin du dollar comme pétro-monnaie mondiale. Même si Obama oppose son veto à ce projet de loi, je crois que la majorité des deux tiers du congrès annulera ce veto. Une catastrophe sur les marchés du pétrole est inévitable.
Que ce soit sur les marchés du pétrole ou d'autres secteurs de la finance et de la stabilité sociale, ne vous méprenez pas, la catastrophe est exactement ce à quoi les gouvernements nationaux se préparent.

C'est particulièrement évident aujourd'hui dans l'Union européenne. Le gouvernement allemand, dans la première révision de son plan de défense civile depuis la Guerre froide, a averti la population de se préparer à un événement non spécifié par le stockage d'au moins dix jours de nourriture et cinq jours au moins d'eau. L'Allemagne est également en train de débattre de l'idée de placer des troupes dans les rues pour se «protéger contre ISIS».

Et l'Allemagne est pas la seule. Le candidat à la présidentielle française Nicolas Sarkozy a fait des déclarations très inquiétantes sur la sécurité dans une récente interview, décrivant les mesures qu'il croit les meilleures pour protéger la population contre les «militants» [islamiques ?, NdT], selon Reuters.

La France a besoin de sévir contre les militants en créant des tribunaux spéciaux et des centres de détention pour renforcer la sécurité, a déclaré l'ancien président Nicolas Sarkozy dans une interview publiée dans le Journal du Dimanche.

«Tout Français soupçonné d'être lié au terrorisme, parce qu'il consulte régulièrement un site jihadiste, ou qui, par son comportement, montre des signes de radicalisation ou est en contact étroit avec des personnes radicalisées, doit être préventivement placé dans un centre de détention», a déclaré M. Sarkozy dans l'interview.

Sarkozy, qui a annoncé le mois dernier sa candidature à l'élection présidentielle d'avril 2017, a dit qu'il n'y a pas de place pour les «subtilités juridiques» dans la lutte contre le terrorisme.
Même face à l'extrémisme islamique et au terrorisme, la notion de «centres de détention» où les gens sont retenus sans inculpation et sans jugement sur le simple soupçon d'être un danger pour la société devrait horrifier toute personne ayant du bon sens. Le fond de la question est que ces violations des libertés individuelles et du droit ne sont jamais utilisées pour un seul groupe de personnes. Les gouvernements totalitaires utilisent toujours un groupe comme excuse pour un État policier puis, au fil du temps, ils élargissent cet État policier pour opprimer tout le monde.

Tel est le genre de rhétorique que les militants du mouvement de la liberté aux États-Unis ont combattu comme le National Defense Authorization Act (NDAA) ; mais on peut en observer une résurgence aussi bien en Europe qu'en Amérique. Si vous pensez que Sarkozy est un exemple marginal, je vous recommande de re-regarder cette interview du général Wesley Clark , qui soutient que les «gens radicalisés» qui sont déloyaux envers le gouvernement des États-Unis devraient être placés dans des camps d'internement. Il suggère que la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France prennent des mesures similaires. Il semblerait que ce soit exactement ce qu'ils font.

Ne jamais oublier que «radicalisme» est une désignation arbitraire et l'étiquette peut en être appliquée sur à peu près tout le monde pour n'importe quelle raison. Cette tendance à un langage d'États policiers est de plus en plus dominante au nom de la lutte contre le terrorisme, mais cette brusque urgence en Europe est plutôt étrange. Il y a quelques mois, les dirigeants européens utilisaient une gymnastique mentale scandaleuse afin d'éviter d'affronter la notion de terrorisme islamique. Maintenant, ils sont soudainement concernés ? Pourquoi ?

Je crois que l'Europe est sur le point d'assister à un évènement catalyseur pour une crise financière, et ils utilisent le terrorisme comme une excuse pour prépositionner les ressources de la loi martiale avant que cet événement n'ait lieu. Ils ne se soucient pas d'arrêter ISIS, mais ils se soucient de verrouiller et de contrôler une citoyenneté en colère à la suite du ralentissement économique. Si quelques autres attaques terroristes se produisaient dans l'intervalle, alors bon, ça aiderait seulement les élites dans leurs efforts pour pacifier la population pour des raisons de «sécurité».

Les avertissements officiels de préparation de l'Allemagne, par exemple, sont de peu d'utilité pour le public. À peine dix jours de nourriture et cinq jours d'eau sont inutiles pendant une crise importante. Mais le gouvernement allemand peut maintenant dire qu'il «a essayé d'avertir les gens». Les déclarations de Sarkozy sont l'appel le plus flagrant pour un État policier que j'aie jamais vu de la part d'une marionnette politique de l'establishment, et cela devrait inquiéter les gens. Le fait qu'il soit aussi ouvert et honnête au sujet de la fin du jeu me fait penser qu'un changement dangereux est imminent.
Il semblerait, selon le comportement du gouvernement de l'UE, que ce qui est sur le point de se produire dans le monde va frapper plus durement en Europe d'abord, puis se propagera aux États-Unis et au reste du monde. Je recommande aux lecteurs de regarder ce qui se passe dans l'UE très attentivement au cours des prochains mois. Si vous avez des préparations de survie que vous avez remises à plus tard, je vous suggère de vous en occuper avant la fin de cette année. D'après ce que je vois jusqu'à présent, géopolitiquement et économiquement, la situation mondiale va devenir plus instable.

Brandon Smith





Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone


Source : Le Saker Francophone

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