mercredi 28 septembre 2016

Fascisme, passera ou passera pas?

"Les dirigeants européens font mine de ne pas voir la résurgence du fascisme sur le continent européen, et pour cause ! Après avoir ratifié le traité le plus antidémocratique qui soit, ils permettent à un groupuscule de-'hommes d'affaires (non élus) d'imposer à coups de décrets trompeurs la dictature des banques et des multinationales sur l'ensemble des nations européennes" A. Chenet





Le fascisme est un réflexe de défense de la bourgeoisie, sans doute, mais de défense contre la désagrégation de son propre régime beaucoup plus que contre une attaque prolétarienne, à peu près inexistante. La classe ouvrière, en effet, à l’heure de la décomposition de l’économie capitaliste, n’a pas su, paralysée par ses organisations et par ses chefs, conquérir le pouvoir, afin de substituer le socialisme à un régime économique dont ses défenseurs mêmes admettent qu’il a du plomb dans l’aile.
Sur la nature de cette crise, le fascisme, en effet, ne se fait aucune illusion. « La crise, avoue Mussolini, a pénétré si profondément dans le système qu’elle est devenue une crise de système. Ce n’est plus un trauma, c’est une maladie constitutionnelle »

Il n’est pas absolument exclu que les mêmes causes profondes qui ont poussé les magnats italiens et allemands à financer les bandes fascistes, puis à porter au pouvoir le fascisme, reproduisent ailleurs les mêmes effets. Çà et là dans le monde, les trusts confient à l’État renforcé – sinon à l’« État fort »– le soin de restaurer leurs profits. On assiste à l’effritement progressif des institutions « démocratiques », à la prolifération d’un fascisme larvé.
Quant à une dictature fasciste ouverte, la bourgeoisie, instruite par les précédents de l’Italie et de l’Allemagne, hésite à y recourir. Mais peut–on affirmer qu’elle y ait définitivement renoncé ?





Daniel Guérin, in "Fascisme et grand capital"





Illustration : détail de "Éclipse de soleil" de Grotz

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