vendredi 15 juillet 2016

La ville de Nice sous le choc

et prolongation de l'état d'urgence en France



Hier soir, vers 23 heures, un camion a foncé sur la promenade des Anglais, renversant les personnes qui se trouvaientt sur son chemin, sur une distance de 2 km. La célèbre avenue était noire de monde alors que le feu d'artifice donné pour la fête nationale venait de se terminer. "C'était un poids lourd de 15 m de long qui roulait à 90 km/h", a raconté un témoin sur i-Télé, ajoutant que des personnes avaient tenté de s'accrocher aux portes du véhicule pour l'arrêter.



Le camion qui a foncé sur la foule, sur la promenade des Anglais à Nice, au lendemain de l'attaque, le 15 juillet 2016.  (MAXPPP)



"Notre deuil est sans frontières
Intacte notre foi en la vie
Infinie notre compassion
!" Jean Lavoué


Ce matin, toutes nos pensées et notre soutien vont aux victimes - et à leurs familles - du massacre perpétré hier soir à Nice, sur la Promenade des anglais. S'agit-il d'un acte isolé commis comme par un homme fou de désespoir, ou d'un attentat organisé par un réseau terroriste ? Pour le moment, il est trop tôt pour affirmer quoi que ce soit. La fête nationale française du 14 juillet a pris fin avec cette tragédie absurde et inutile. Nous pensons également à toutes les populations frappées, d'Afghanistan aux USA en passant par le Moyen-Orient, la Turquie, l'Afrique ... au coeur de leur vie quotidienne par des monstres sans scrupules guidés par le fanatisme, la folie ou par d'inquiétantes raisons d'État comme ce fut le cas en Italie dans les années 70. Nous ne cèderons rien au règne de la Terreur. 
Gaël Hadey et André Chenet



L'attentat de Nice à la une des journaux du monde entier





Ce nouvel attentat intervient dans un contexte de menace terroriste très élevée, en particulier dans les pays, comme la France, intervenant en Syrie contre le groupe jihadiste Etat islamique. Il survient moins de deux semaines avant la fin programmée, le 26 juillet, de l'état d'urgence. Il est a priori le plus important commis en Europe depuis les attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre 2015 à Paris et 32 morts le 22 mars 2016 à Bruxelles, commis par le même réseau du groupe Etat islamique, dont une quinzaine de jihadistes sont morts, la plupart en kamikazes. Une vingtaine de membres ou complices présumés sont derrière les barreaux en France et surtout en Belgique. La France avait déjà basculé dans l'ère de la violence jihadiste les 7, 8 et 9 janvier 2015 lors des attentats contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts et ont été suivis de plusieurs autres attaques ou tentatives. 





Source de l'mage : Le Midi Libre


Le chauffeur du camion qui a foncé dans la foule jeudi soir à Nice, tuant au moins 84 personnes avant d'être abattu par la police, a été "formellement identifié", a-t-on appris vendredi de sources policières.
Cet homme est bien le propriétaire des papiers d'identité au nom d'un Franco-Tunisien de 31 ans domicilié à Nice, retrouvés dans le camion par les enquêteurs. "Plusieurs opérations sont actuellement en cours vendredi matin, notamment à Nice", ont-elles ajouté.  L'express



Selon une source policière contactée par l'AFP, le poids lourd blanc « a changé de trajet au moins une fois » durant sa course de deux kilomètres. « Il a clairement cherché à faire un maximum de victimes. »
Selon les témoins, le chauffeur a également ouvert le feu sur les badauds. S'en sont suivies de nombreuses scènes de panique. Christian Estrosi, maire de Nice et président de la région Paca, a d'abord annoncé 30 morts, puis 70, évoquant une grande confusion. De nombreuses rumeurs ont été relayées sur les réseaux sociaux, évoquant des prises d'otages, des échanges de coups de feu qui continuaient. À 4 heures du matin, François Hollande a affirmé qu'il s'agissait d'un attentat terroriste, même si l'attaque n'a pas encore été revendiquée. Le Point


Le tueur identifié. Des papiers ont été retrouvés à l'intérieur du véhicule. Après vérification, il s'agit bien de ceux du conducteur abattu, un Franco-Tunisien de 31 ans, domicilié à Nice. Selon une source policière, l'homme n'était pas connu des services de renseignement pour radicalisation. Il était en revanche connu de la police pour des faits de droit commun, principalement des violences.


Le président français, François Hollande a annoncé, vendredi 15 juillet, la prolongation de trois mois de l’état d’urgence.
La décision a été prise après  l’attentat meurtrier qui a fait au moins 80 morts à Nice.
L’état d’urgence décrété qui avait été décrété après les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts, il a été prolongé trois fois, en novembre, février et mai devait initialement s’achever le 26 juillet.
« Un projet de loi sera soumis au Parlement d’ici la semaine prochaine », a précisé François Hollande lors d’une allocution télévisée dans la nuit de jeudi à vendredi depuis le palais de l’Elysée, déclarant l’attentat de Nice « une attaque dont le caractère terroriste ne peut être nié ».
Quelques instants plus tard, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé que le plan Vigipirate était rehaussé en « alerte-attentat » dans les Alpes-Maritimes.
La loi dite de réforme pénale, publiée le 4 juin au Journal officiel, devait permettre ensuite de renforcer l’arsenal policier et judiciaire dans la lutte contre le terrorisme. Cette loi, « ce n’est pas une transposition de l’état d’urgence, mais c’est un outil qui permet de se passer de l’état d’urgence », avait alors expliqué le rapporteur PS du texte à l’Assemblée nationale, Pascal Popelin. Pars Today


Il est 3h30, environ, lorsque François Hollande prend la parole ce vendredi 15 juillet. Quelques heures avant, un attentat a été commis à Nice, faisant au moins 80 morts.Depuis l'Élysée, au cœur de la nuit, le chef de l'État a réagi à cette attaque terroriste, exactement comme il l'avait fait le 13 novembre.  "La France a été frappée le jour de sa fête nationale, le 14 juillet, symbole de la liberté, parce que les droits de l'Homme sont niés par les fanatiques, et que la France est forcément leur cible", a-t-il commencé avant d'annoncer la prolongation de l'état d'urgence en France pour trois mois. Il a dit :J'ai décidé que l'état d'urgence, qui devait prendre fin le 26 juillet, sera prolongé de trois mois. Un projet de loi sera soumis au Parlement d'ici la semaine prochaine.Quelques heures avant, lors de son interview du 14 juillet, le président de la République avait annoncé la levée de l'état d'urgence le 26 juillet, dès la fin du Tour de France. L'attentat terroriste perpétré à Nice aura eu raison de cette initiative.François Hollande a également décidé "de faire appel à la réserve opérationnelle, c'est-à-dire à tous ceux qui à un moment ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie pour venir soulager les effectifs de policiers et de gendarmes". L'opération Sentinelle, qui permet de mobiliser 10.000 militaires sur le sol français, sera maintenue à un haut niveau. Europe1



"...Retenons simplement que le seul pays européen en état d’urgence quasi permanent est celui qui est le plus frappé par le terrorisme. C’est dire l’inefficacité du système."


Récit :

La Promenade des Anglais bouclée - AFP
Des témoins de l'attaque terroriste de Nice racontent ce qu'ils ont vécu jeudi soir au moment où un homme a foncé dans la foule avec son camion.
«J'ai eu à peine quelques secondes pour me dégager»: le feu d'artifices du 14 juillet venait de s'achever sur la célébrissime Promenade des Anglais à Nice quand un mouvement de panique se déclenche. Un camion fonce dans la foule, faisant au moins 80 morts et 18 personnes en urgence absolue. «J'ai dû me protéger le visage pour éviter d'être touché par des débris», décrit ce journaliste de l'AFP, présent sur place au moment de l'attentat, soulignant avoir vu plusieurs personnes fauchées par le camion dans une «ambiance de chaos». «Il était à une centaine de mètres de moi, j'ai eu à peine quelques secondes pour me dégager».

Quelques minutes après la fin du feu d'artifices, le camion blanc a foncé dans la foule sur la Promenade des Anglais fermée à la circulation pour le 14 juillet, au milieu des touristes et des Niçois qui rentraient chez eux, faisant un carnage sur environ deux kilomètres. Plusieurs témoins décrivent des personnes se jetant en contrebas de la Promenade des Anglais sur le plage pour échapper au camion. «J'étais dans la rue. Il s'est arrêté juste devant moi après avoir écrasé beaucoup de personnes», raconte Nader à BMFTV. Avec un homme, ils ont «essayé alors de parler au chauffeur pour qu'il s'arrête. Il semblait nerveux. Il y avait une fille sous le véhicule, il l'a écrasée. L'homme a côté de moi l'a tirée». Selon Nader, le chauffeur a sorti un pistolet et a commencé à tirer sur la police. C'est à ce moment là «qu'ils l'ont tué, il avait la tête qui sortait».

Marie, 37 ans, est agent de sécurité à la Villa Masséna, qui accueillait à deux pas des lieux de l'attaque une soirée festive en ce 14 juillet, raconte: «on a vu des centaines de personnes se précipiter pour rentrer se mettre à l'abri». «Il y avait des enfants, ça se piétinait...», raconte-t-elle, encore très impressionnée alors qu'elle rentre à son domicile vers 3h vendredi, dans les rues désormais vides de la ville, où patrouillent encore de nombreux militaires et membres de forces de l'ordre lourdement armés. «Ce qui m'a le plus choquée, c'est de voir des gens filmer tout ça. Il y avait un jeune qui filmait un blessé à terre quasiment en train de mourir...». Dans l'établissement où elle travaille, les rescapés ont peu à peu retrouve le calme: «On a distribué des bouteilles d'eau, on a fait ce qu'on pouvait. Il faut vraiment saluer les policiers et les secours».

Le centre ville bouclé

Au détour d'une rue, une chaussure à talon, abandonnée au milieu de la chaussée, témoigne de la panique qui a saisi la foule au moment de l'attaque. «Il régnait une grande confusion. Je ne me souviens pas d'avoir vu le camion avancer», a témoigné sur l'Australian Broadcasting Corporation Emily Watkins, une Australienne présente à quelques dizaines de mètres de l'attaque. «On entendait beaucoup de cris venant de l'endroit où était le camion, les gens couraient vers nous et sans vraiment savoir ce qu'il se passait, on s'est retournés et on s'est mis à courir aussi». «"En courant, on a entendu ce que j'ai pris à ce moment-là pour des feux d'artifice ou des pétards». Selon elle, «les gens trébuchaient, essayaient de rentrer dans le hôtels, les restaurants, les parkings, partout où ils pouvaient éviter d'être dans la rue».
Devant le Palais de la Méditerranée, quelques heures après l'attentat, le camion blanc, dont le conducteur a été abattu, était encore immobilisé, les pneus crevés, la porte passager criblée d'impacts de balles. Sur la Promenade des Anglais, des dizaines de corps sont alignés, recouverts d'un drap blanc, autant de victimes du poids lourd. Très vite après l'attaque, de multiples rumeurs courent les rues de la ville. La place Masséna, en plein centre de Nice, est bouclée, la Promenade des Anglais également.

Source : L'essentiel/AFP






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