mercredi 6 juillet 2016

La dictature du maréchal égyptien


Depuis des millénaires c’est la même chose en Egypte : chaque fois qu’un Pharaon arrive, il efface ce qu’a fait son prédécesseur, il détruit ce qu’il a construit et se présente comme le seul bon Pharaon






Régulièrement dénoncé pour ses atteintes aux droits de l’homme, le régime du maréchal Al-Sissi arrivé à la tête de l’Etat égyptien en juin 2014 est confronté à une situation économique désastreuse. En effet, le pays est en faillite et son gouvernement navigue à courte vue, sans réelle politique de redressement budgétaire. Jusqu’à présent, c’est l’Arabie Saoudite qui paye les factures, y compris les dernières acquisitions d’armement militaire que s’est offert le président. Pas étonnant donc que  Hichem Guénina, l’ex-président de la cour des comptes, ait été jeté en prison après avoir dénoncé la corruption endémique qui gangrène les finances publiques. D’après son rapport, 700 Milliards de dollars ont été vampirisés depuis 2013 ! Et la réalisation d’un second Canal de Suez, fleuron des grands travaux lancés par Al-Sissi, s’est avéré être un gouffre financier. L’industrie du tourisme, quant à elle,  a littéralement plongé, entraînant même la fermeture en cascade de 70 hôtels à Charm Al-Cheikh et Ourgada, les stations balnéaires les plus prisées de la Mer rouge. Parallèlement, le parlement est sommé de voter des lois sur le travail. Objectifs : réduire drastiquement les effectifs de la fonction publique où les recrutements ont été gelés, interdire les syndicats indépendants déjà dans la ligne de mire du ministère de l’Intérieur et réviser le Code du travail. Et, pour couronner le tout, les prix de l’énergie et des produits de première nécessité (y compris le pain) ont flambé. Toutes les conditions sont réunies pour une nouvelle explosion sociale. L’Egypte est peuplée de plus de 82 millions d’habitants dont 70% vivent avec moins de 2 dollars par jour. Les jeunes de moins de 25 ans, majoritairement au chômage, représentent plus de 60% de la population. Une vraie bombe à retardement. Mais avec la réactivation de l’état d’urgence et la loi anti-terroriste qui permettent tous les excès, le pays est devenu une immense caserne militaro-policière. La société y est maintenue sous haute surveillance, dans un climat anxiogène entretenu par une police devenue le bras armé du régime d’Al-Sissi. Jusqu’à quand ? Rappelons qu’en janvier 2011, une simple manifestation contre la toute puissance de la police s’était transformée en une révolte populaire qui avait tout de même eu raison du dictateur Moubarak. La redaction de Mondafrique



"Ouledna fin?" , Où sont nos enfants ? Campagne sur facebook


Égypte : silence, on purge (bis)!


Journalistes muselés, militants des droits de l'homme emprisonnés, civils disparus... Le régime égyptien du maréchal Al Sissi s'enfonce dans une féroce répression.


Jamais l'Égypte n'a connu de période répressive aussi sombre durant son histoire moderne. « Pire que sous Moubarak ! », affirment à l'unanimité les défenseurs des droits humains locaux. Les chiffres sont en effet édifiants ! Selon les ONG internationales, plus de 40 000 détenus d'opinion croupissent dans les prisons égyptiennes, sans compter les 1850 personnes disparues, après une arrestation par la Sûreté de l'état -la redoutée Amn Addawla- répertoriées rien que pour l'année 2015 par la Coordination égyptienne pour les droits et les libertés, une ONG égyptienne indépendante. A ces chiffres alarmants s'ajoutent les individus arrêtés depuis août 2013 et dont les proches sont sans nouvelles depuis. En Égypte, on dit qu'il sont wara el-shams (derrière le soleil).

Certains disparus, selon les informations obtenues « officieusement » par les familles, seraient détenus « au secret » dans les oubliettes de la prison militaire d'Azouly -une immense caserne située en plein désert, sur la route d'Ismaïlia. Quant aux autres, arrêtées avant 2015, impossible de savoir où elles se trouvent et si elles sont encore en vie. Une autre ONG indépendante de défense des droits humains, la Commission égyptienne pour les droits et les libertés, a documenté 430 cas de disparition forcée entre août et novembre 2015, soit trois cas par jour. Et la liste s'alourdit de jours en jours, tant les arrestations se multiplient !

Cependant, sous la pression des défenseurs des droits humains et des réseaux sociaux qui donnent l'alerte depuis quelques mois, un grand nombre des personnes enlevées réapparaissent en prison, après un temps plus ou moins long de disparition. Elles témoignent avoir subi de graves sévices (décharges électriques, coups en réunion, suspension par les membres, etc.) durant la période de « disparition », souvent dans des commissariats de police , des casernes ou des lieux inconnus. Une fois des aveux ainsi extorqués, elles sont déférées en catimini, sans la présence d'un avocat, devant un procureur qui les inculpe dans des affaires criminelles montées de toute pièce.

Comme Abou Obeyda Al-Amoury, enlevé le 5 février 2016 à un barrage de police sur la route d'El Behery, alors qu'il rentrait de son travail. Ce jeune ingénieur agricole est réapparu sur la photo publiée le 28 février 2016 par le journal Yom el-Sabaa, au milieu d'un groupe accusé de terrorisme ou figure aussi Islam Ibrahim Al-Tohamy... un père de famille arrêté, lui, à Kafr Cheikh sur son lieu de travail. Au total, six hommes entièrement vêtus de noir façon « commando », et alignés derrière une table sur laquelle est soigneusement exhibé un arsenal d'armes et de munitions. Grossière mise en scène : « toutes les personnes figurant sur cette photo ont été enlevées par la police et torturées longtemps avant la date d'arrestation indiquée ! », décrypte un avocat qui connaît bien ce dossier.

Aucun secteur de la société n'est épargné ! À croire que la machine répressive s'est emballée, frappant indifféremment des personnes figurant sur une liste aux critères flous -probablement les contacts téléphoniques des mobiles saisis lors des arrestations, ou les profils Facebook - ainsi que des jeunes raflés dans la rue ou sur les terrasses de cafés. Comme Asser Zaher-Eddine, arrêté en pleine nuit chez lui, le 12 janvier 2016. Ce jeune mineur de 14 ans, sportif et a-politique, a été retenu durant plusieurs semaines à « kilo 10,5 », une caserne de police située près du Caire, sur la route d'Alexandrie. Et ce, avant d'être jeté en prison, après avoir subi des électrochocs et été suspendu au dessus d'une planche à clous -d'après son témoignage recueilli par sa sœur. Asser est accusé d'avoir, le 7 janvier 2016, participé à un attentat contre un car de touristes stationné devant l'hôtel des Trois pyramides, à Gizzeh. Pourtant, à l'époque, le ministère de l'Intérieur avait annoncé que les deux tireurs à moto avait été immédiatement appréhendés. Encore un coupable fabriqué à posteriori.

A croire que la police, fort décriée et mise à l'écart par l'armée après la révolte du « 25 janvier 2011 » ne se soucie, depuis le coup d'état d'Abdelfattah Al-Sissi, que de prouver son efficacité en « faisant du chiffre ». Et en envoyant un message clair à la population, désormais otage d'une « lutte anti-terroriste » menée sans discernement aucun, frappant du simple citoyen au défenseur des droits humains. Toutes les libertés publiques ont été suspendues et aucun écart n'est toléré. Une loi sur « les crimes du net » est même en passe d'être votée par l'assemblée nationale pour durcir l'arsenal répressif. Le projet prévoit la peine de mort pour le fournisseur de services qui n’obéit pas à l’injonction de fermer un site « diffusant du matériel de nature à menacer la sécurité nationale ». Et la prison à perpétuité sera la peine encourue pour quiconque « porte atteinte, via le Net, à l’ordre public, l’unité nationale et la paix sociale ou méprise les religions révélées ». De quoi mettre un coup d'arrêt au multiples campagnes de dénonciation de la répression sur les réseaux sociaux et habiller d'une couverture légale les interdictions de différents médias et chaînes de TV satellitaires déjà décidées par le ministère de l'Intérieur - une quinzaine actuellement. Des brigades du Net ont même été mises sur pieds pour traquer les récalcitrants.


Malek Adly


Autre fait inquiétant : les organisations de défense des droits humains, jusque là tolérées mais hautement surveillées, sont désormais dans la ligne de mire. Pour preuve les arrestations récentes fort décriées des avocats Ahmed Abdallah, le 25 avril dernier de Malek Adly, le 5 mai, et de Mina Thabet le 19 mai. Tous trois ont la particularité d'être des éminents défenseurs des droits humains. Ahmed Abdallah, membre du conseil d'administration de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés (CEDL), avait d'ailleurs échappé à un enlèvement*. Cette ONG s'est distinguée par son travail, depuis plusieurs mois, de recensement des disparitions forcées et d'assistance aux familles des disparus. Ses juristes ont aussi été choisis comme conseillers par les avocats de la famille de Giulio Regeni, ce jeune chercheur italien enlevé au Caire le 25 janvier 2016 et retrouvé mort au bord d'une route, une semaine plus tard, avec des traces de tortures sur tout le corps. Mina Thabeth, lui aussi membre de la CEDL, est chargé du dossier des minorités et des bédouins du Sinaï, un dossier éminemment tabou tant l'opacité imposée par les autorités égyptienne, et l'interdiction d'y circuler, ne permettent pas de savoir ce qui s'y déroule précisément, y compris en matière de terrorisme. Quant à Malek Adly, il est directeur du réseau des avocats du Centre pour les droits sociaux et politiques. Il a fondé, avec d'autres, le Front de défense des manifestants, regroupant 34 organisations de défense des droits humains et des avocats. L'objectif de cette coordination est justement de documenter les exactions commises par les forces de police.




Leur arrestation est intervenue à la suite de la manifestation du 15 avril 2016, qui avait réuni environ 3000 personnes dans le centre-ville du Caire, malgré l'interdiction de manifester. Initialement prévue pour contester les restitution par l'Égypte, des îles de Teran et Sanafir à l'Arabie Saoudite, les contestataires avaient repris en cœur le slogan phare du 25 janvier 2011 : « Chaab yourid eskat ennidham ! » (le peuple exige le renversement du régime). Forts du nombre de participants, les organisateurs, rejoints par d'autres formations politiques, appelèrent à une autre manifestation le 25 du même mois, qui s'est soldée par une traque aux manifestants. Et quant ils ne sont pas arrêtés, les défenseurs des droits humains sont tout simplement interdits de sortir du territoire. C'est le cas de Hossam Bahgat, de Gamal Eid et de Mohamed Zarea, tous trois connus par les ONG internationales.

Bref, la société égyptienne subit, depuis près de trois ans, un terrorisme policier rappelant les pires périodes de répression depuis Gamal Abdel-Nasser. Un véritable programme punitif qui, après avoir frappé les Frères Musulmans, s'est étendu indifféremment à toute opposition réelle ou supposée. « On doit faire face à un véritable acharnement », expliquait Mohamed Lotfy, le dynamique directeur de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés, anciennement responsable du Moyen-Orient à Amnesty International. « C'est comme si la Sûreté d'état, fort décriée en janvier 2011, prenait sa revanche sur la société et opérait un up to date de ses fichiers ».


Sabry Anouar

Dans ce climat de terreur, les journalistes ne sont pas en reste : 101 détenus à ce jour, accusés de propagation de fausses nouvelles et d'appel au renversement du régime. Voire même d'appartenance à groupe terroriste. Ils encourent ou purgent des peines allant de 3 à 25 ans de prison. Le correspondant du journal Al-Badil, Sabry Anouar, a même disparu depuis son arrestation près de Domiat (Damiette), une ville du Delta du Nil. Arrêté en pleine nuit dans sa maison de Kafr Batekh, le 22 février 2016, il a été vu officieusement le lendemain par sa femme au commissariat de cette localité rurale. Depuis ce jour, aucune nouvelle de lui.

Deux journalistes ont, par ailleurs, été arrêtés d'une façon spectaculaire, le soir du 1er mai. 
Une brigade de police a pris d'assaut l'immeuble du syndicat des journalistes, inviolé en 75 ans d'existence, pour se saisir du rédacteur en chef et d'un reporter de Bawab Yanayer (les Portes de janvier), un site web créé dans la foulée de la révolte populaire de janvier 2011. Un coup de force destiné sans doute à mettre un coup d'arrêt à toute critique du régime policier du président Al-Sissi. Cependant, loin de se laisser intimider, plus d'un millier de journalistes syndiqués, réunis deux jours après les faits pour une assemblée générale extraordinaire, votèrent à l'unanimité le boycott des communiqués du ministère de l'Intérieur et la publication, en négatif, de la photo du ministre jusqu'à l'obtention de sa démission. Un véritable défi vu le contexte !

Et pour couronner le tout, plusieurs journalistes étrangers ont été expulsés ou se sont vu interdire l'entrée en Égypte depuis janvier 2016. Le dernier en date, Rémy Pigaglio -correspondant de La Croix et de RTL depuis deux ans- a été bloqué, le 23 mai dernier, à l'aéroport du Caire lors de son retour de vacances. Mis en détention durant 30 heures dans la zone aéroportuaire, il a été remis dans un avion en direction de Paris sans aucune explication. On lui a juste indiqué que la décision de son refoulement avait été prise par le patron des services de renseignement.

Impossible de savoir quand cette répression intensive prendra fin, tant l'Égypte bénéficie du silence assourdissant de la communauté internationale. Un silence d'ailleurs dénoncé par les ONG internationales de défense des droits humains qui s'étaient manifestées auprès de l'Élysée, à la veille de la visite officielle du président français en Égypte. Le 17 avril dernier, François Hollande était en effet reçu en grande pompe au Caire. Pour l'occasion, le drapeau français flottait au côté du drapeau égyptien sur toutes les grandes artères de la capitale, la symbolique place Tahrir et l'opéra. Des bannières arboraient même les portraits des présidents encadrant un « Bienvenue et bonjour à vous Monsieur le Président » inscrit en lettres rouges. La visite devait se dérouler sous les meilleurs hospices.

En prévision, une consigne de l'Élysée avait officieusement été transmise aux journalistes embarqués dans le voyage officiel. La situation des droits de l'homme ne devait être abordée que « d'une façon discrète et efficace ». Autrement dit, les journalistes étaient gentiment priés de ne pas faire de vagues sur ce point durant la conférence de presse présidentielle. Le sujet -lancé par un journaliste désigné par ses confrères- fut cependant au cœur des discussions, occupant l'immense majorité du temps de parole lors de la conférence de presse au côté du chef de l'Etat égyptien, au Qubba Palace. Comment en aurait-il pu être autrement ? Deux jours auparavant, l'Union des familles de disparus avait organisé un rassemblement devant l'ambassade de France au Caire et remis une « Lettre au président Hollande » pour attirer son attention sur les disparitions forcées, tout simplement niées par les autorités égyptiennes. « Nous demandons au président Hollande d'ouvrir le dossier des droits de l'homme -et en particulier celui des disparitions forcées- avec les autorités égyptienne afin de connaître le sort de nos enfants disparus, et d'alléger les souffrances des familles frappées par ce terrible drame», expliquait Me Ibrahim Matwaly, un avocat dont le fils a disparu depuis le 14 août 2013. Et pour cause : lors de chaque visite officielle, le président Al-Sissi, continue de marteler avec un aplomb effronté « Nous sommes un Etat de droit et nous respectons les droits de l'homme », adaptant la formule en fonction de chaque interlocuteur et précisant « qu'il ne faut pas appréhender la situation des droits de l'homme et des libertés en Égypte à partir d'un point de vue occidental, étant donné les différents défis de circonstances internes et régionales ». Comme si la lutte anti-terroriste pouvait légitimer le pire !

Pourquoi un tel acharnement ?

Rappelons d'abord que la révolte populaire du 25 janvier 2011 avait fait trembler le régime jusque dans ses fondements. Le Conseil suprême des forces armées avait jeté en pâture le président Moubarak et ses sbires -dont Habib Adly le ministre de l'Intérieur honni pas les manifestants- à la vindicte populaire. Il pris ensuite les rennes d'une pseudo transition-démocratique dont il imposa les règles au pas de course, après avoir négocié un retour au calme avec la Confrérie des Frères Musulmans -l'organisation la mieux organisée du pays- ainsi que des formations et personnalités politiques ; notamment le Mouvement des jeunes du 6 avril qui avait mis le feu aux poudres en appelant à la manifestation contre les exactions policière à la suite de la mort de Khaled Saïd.

Ensuite, le coup d'état de juillet 2013 suivi des massacres des places Rabe3a El-Adaweya et Al-Nahda, le 14 août au Caire, n'ont pas eu l'effet escompté. Depuis cette date, en effet, les partisans de président déchu Mohamed Morsy ne se sont pas démobilisés. Et malgré la répression féroce dont la Confrérie des frères musulmans et son bras politique, le Parti pour la liberté et la justice, ont fait l'objet -interdiction comme « organisation terroriste », saisie de tous les biens immobiliers et avoirs financiers, incarcération de ses principaux dirigeants et cadres- des manifestations hebdomadaires ont encore lieu dans différents districts du Caire et dans la majorité des gouvernorats du pays. Elles sont d'ailleurs retransmises, tous les vendredis, par la chaîne satellitaire Mekameleen.tv.

Et ce, sur fond de situation économique catastrophique. L'Égypte est en faillite et son gouvernement navigue à courte vue, sans réelle politique de redressement budgétaire. Jusqu'à présent, c'est l'Arabie Saoudite qui paye les factures, y compris les dernières acquisitions d'armement militaire que s'est offert le président Al-Sissi. Pas étonnant donc que Hichem Guénina, l'ex-président de la cour des comptes, ait été jeté en prison après avoir dénoncé la corruption endémique qui gangrène les finances publiques. D'après son rapport, 700 Milliards de dollars ont été vampirisés depuis 2013 ! Et la réalisation d'un second Canal de Suez, fleuron des grands travaux lancés par le président-dictateur Al-Sissi, s'est avéré être un gouffre financier. L'industrie du tourisme, quant à elle, a littéralement plongé, entraînant même la fermeture en cascade de 70 hôtels à Charm Al-Cheikh et Hurgada, les stations balnéaires les plus prisées de la Mer rouge. Parallèlement, le parlement est sommé de voter des lois sur le travail. Objectifs : réduire drastiquement les effectifs de la fonction publique où les recrutements ont été gelés, interdire les syndicats indépendants déjà dans la ligne de mire du ministère de l'Intérieur et réviser le Code du travail. Et, pour couronner le tout, les prix de l'énergie et des produits de première nécessité (y compris le pain) ont flambé !

En fait, toutes les conditions sont réunies pour une nouvelle explosion sociale. L'Égypte est peuplée de plus de 82 millions d'habitants dont 70% vivent avec moins de 2 dollars par jour. Les jeunes de moins de 25 ans, majoritairement au chômage, représentent plus de 60% de la population. Une vraie bombe à retardement. Mais avec la réactivation de l'état d'urgence et la loi anti-terroriste qui permettent tous les excès, le pays est devenu une immense caserne militaro-policière. La société y est maintenue sous haute surveillance, dans un climat anxiogène entretenu par une police devenue le bras armé du régime d'Al-Sissi. Jusqu'à quand ? Rappelons qu'en janvier 2011, une simple manifestation contre la toute puissance de la police s'était transformée en une révolte populaire qui avait tout de même eu raison du dictateur Moubarak.

* Le 9 janvier 2016, Maitre Ahmed Abdallah a failli être enlevé par des policiers en civil, dans un café de Guizeh où il se rend régulièrement. Trois agents, qui circulaient dans une voiture privée banalisée, ont effectué une descente dans le café et ont demandé aux employés où se trouvait l'avocat. Quand ils ont su qu’il n’était pas là, ils ont procédé à une fouille minutieuse de l’établissement, sans mandat d’arrêt ni d’autorisation de perquisition émis par le parquet, ce qui signifie que leur intervention ne reposait sur aucun fondement légal.



Via : http://www.tlaxcala-int.org/
Publication date of original article: 29/05/2016




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