mercredi 4 mai 2016

Alep sous les bombes crie "Au secours"




"Aujourd’hui déluge de bombes sur Alep, dont une sur le principal hôpital d’obstétrique. De nombreux tués et blessés." Dr Nabil Antaki, le 3 mai 2016


"Alep s'écroule, en plus de son calvaire quotidien qui dure depuis quatre années, les bombardements de la haine et du mensonge ciblés par la propagande de guerre occidentale et de ses alliés en première ligne que sont la Turquie, l'État juif d'Israël, et les royaumes pourris du Golfe persique.Gaël Hadey 


Interrogé par notre chaine al-Manar, le ministre de l’information syrien Omrane al-Zoebi a révélé que 6.000 miliciens sont entrés en Syrie ces deux dernières semaines en provenance de la Turquie.  Zoebi a dénoncé le rôle de Riyad et d'Ankara dans l’escalade qui a eu lieu à Alep.
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Le ministre syrien s’est également dit étonné du silence international à l’encontre des crimes commis par les groupes terroristes à Alep.  
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Selon l’agence russe Sputnik, lundi, les troupes gouvernementales ont repoussé une importante offensive lancée par les miliciens takfiristes qui ont attaqué Alep sur cinq fronts, avant de battre en retraite sous les frappes de l'aviation.   
Al Manar (TV libanaise)



"Pourtant, 24 heures après d’intenses combats et bombardements contre les positions des takfiristes par l’armée de l’air syrienne, les terroristes ont fini par se retirer des régions occidentales d’Alep."
 Press TV




"Dans le souk historique d’Alep ravagé par la guerre, la lumière joue au travers des hautes fenêtres avec des volutes de fumée, éclairant les voutes noircies du plafond et une photo encadrée de Bachar al-Assad. Fumée et crépitements sporadiques d’AK-47, voilà tout ce qui reste des combats de rue survenus un quart d’heure plus tôt, quand les forces d’opposition ont ouvert le feu sur une position de l’armée gouvernementale.
Depuis trois ans et demi, le souk, cette partie jadis si animée de la vieille ville d’Alep, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est le théâtre d’affrontements entre troupes gouvernementales et forces d’opposition.
Le marché couvert médiéval, dont les fondations remontent au deuxième millénaire avant notre ère, est dévasté par le conflit. Les anciens ateliers ne sont plus que des coquilles carbonisées ; les devantures de magasins ont été éventrées – leurs marchandises détruites pointant au travers des décombres – et les rideaux métalliques défoncés sont criblés d’impacts."





Alep – L’information mensongère continue. 

Par le Dr Nabil Antaki, le dimanche 1er mai 2016 : 

Nous avons demandé au Dr. Nabil Antaki si les informations rapportées depuis une semaine dans les pays francophones sur la situation à Alep correspondaient à ce qu’il constate sur place. Voici sa réponse : 
Au sujet des récents événements, je constate que les médias [traditionnels, ndlr] continuent de mentir par omission. Depuis le début de la guerre à Alep il y a 4 ans, ils ne rapportent pas du tout les faits dans leur ensemble.
Nous sommes très révoltés ici à Alep par leur manque d’impartialité et d’objectivité. Ils ne parlent que des souffrances et des pertes humaines dans la zone Est de la ville contrôlée par al-Nosra, un groupe terroriste affilié à al-Qaïda, qu’ils qualifient toujours de « rebelle » ce qui est une manière de le rendre respectable. Et ils restent muets sur les pertes et les souffrances endurées quotidiennement dans nos quartiers de l’Ouest d’Alep à cause des tirs d’obus lancés par les terroristes. Ils ne parlent pas davantage du blocus et des coupures totales d’eau et d’électricité qu’ils nous infligent…
Ils n’ont rien dit des bombardements continus et des carnages qui ont eu lieu depuis une semaine dans la partie Ouest de la ville où aucun quartier n’a été épargné et où il y a tous les jours des dizaines de morts. Ces omissions sont d’autant plus révoltantes que ces quartiers représentent 75 % de la superficie d’Alep et comptent 1.5 millions d’habitants – contre 300.000 dans la partie Est occupée par les groupes terroristes. Cette information tronquée laisse entendre que les groupes terroristes qui nous attaquent sont les victimes. Pire, les médias ont détourné notre appel « SAUVER ALEP » en laissant croire que cet appel exigeait l’arrêt des hostilités par « les forces d’Assad ». Ce qui est faux. D’ailleurs, il n’y a pas de «forces d’Assad » : il y a les forces de l’armée régulière syrienne qui défendent l’Etat syrien.
Ils [les médias traditionnels, ndlr] auraient pu au moins avoir la décence de mentionner les carnages causés par les tirs des terroristes qui ont fait de nombreux morts. Comme cela s’est encore produit hier, vendredi, où un de leurs tirs a frappé une mosquée à l’heure de la prière. Les attaques et les pertes dont nous souffrons sont présentées de manière à laisser le public dans le flou quant aux véritables responsables de ces crimes (*) (**).
Depuis trois jours les médias accusent le « régime Assad » d’avoir bombardé et détruit un hôpital soutenu par l’ONG Médecins sans Frontières à l’Est d’Alep et tué le dernier pédiatre de la ville. Cela montre bien que, pour les médias, seule compte cette poche occupée par les rebelles, et que les trois quarts de la ville d’Alep administrée par l’Etat syrien, où pratiquent encore de nombreux pédiatres, ne comptent pas. Nous avions constaté la même partialité quand le plus grand hôpital d’Alep (Al Kindi) avait été frappé par les obus terroristes, puis incendié intentionnellement, il y a 2 ou 3 ans : les médias l’avaient ignoré. Nous sommes écœurés et révoltés par cette désinformation permanente.
Nabil Antaki, le 30 avril 2016
Lire à la suite de ce témoignage important, l'interview par Silvia Cattori du Dr Antaki sur :  Arrêt sur Info






Un membre de l’équipe de la défense civile syrienne se dresse au milieu des débris suite à une frappe aérienne à Alep (AA)


Pour les civils et les combattants des zones rebelles qui subissent des frappes aériennes constantes et se préparent à une offensive des troupes de Bachar al-Assad, les efforts de paix de l’ONU n’ont aucune importance - 




Du sang et des larmes pour Alep: “Tu parles d’une trêve!”
Le rêve de la Paix pour les Aleppiens transformé en cauchemar par la folie meurtrière
Mondialisation.ca, le 26 avril 2016




« Je t’écris ces quelques lignes pour te dire où nous en sommes. Contrairement à ce que soutiennent De Mistura et vos médias menteurs, la trêve s’est traduite, pour nous, par encore plus de sang et de larmes sans, je te le répète, que je ne songe un seul instant à quitter. Pas question !
Il y a quelques jours, je te confiais mon bonheur d’avoir enfin pu profiter d’un bain chaud. La lumière et l’eau nous étaient revenues me confortant dans l’idée que Poutine et surtout Obama avaient vraiment la volonté d’en finir avec ces têtes de boucs de Saoudiens. La grande bataille d’Alep, que nous attendons depuis deux ans, ne serait donc pas aussi meurtrière que nous le craignions ?
En réalité : tu parles d’une trêve ! Depuis 3 jours, ça barde. Mardi [19 avril] trois roquettes, expédiées par les monstres hollywoodiens, sont tombés sur ton quartier à 200 mètres de là où j’habite maintenant.
Nous n’y comprenons plus rien. Nous guettons les explications de nos politiciens à la télévision mais, mis à part leur certitude qu’Alep ne sera pas sacrifiée sur l’autel des intérêts bien compris de tous les gouvernements étrangers qui nous sont tombés dessus, aucun d’entre eux ne répond à nos questions. Sans doute parce qu’eux non plus ne comprennent pas grand-chose à ce qui se joue dans l’ombre contre notre ville. Une ville qui revit la folie meurtrière de notre voisin du nord… ». KS

« Nous n’y comprenons plus rien » ! Les gens d’Alep ont réellement pensé que leur ville était à deux doigts d’être libérée grâce à l’avancée de leur armée nationale, soutenue par les forces aériennes russes avant leur « retrait partiel ». Pourquoi leur ville se retrouve-t-elle de nouveau dans l’œil du cyclone, alors que tous parlaient d’une trêve qui se maintenait ? Une question légitime qui sonne comme un reproche visant le gouvernement syrien et, plus discrètement, la Russie, lesquels auraient décidé d’un commun accord de s’arrêter en si bonne voie.
Nasser Kandil, une plume résistante que certains considèrent comme trop optimiste, expliquait récemment que le but de cette trêve était aussi de permettre à l’État syrien et à la Russie de soustraire la participation du Front Al-Nosra -alias Al-Qaïda en Syrie- aux pourparlers de paix de Genève 3 sous couvert du « groupe de Riyad », retenu jusqu’à ces derniers jours comme seul représentant de l’opposition syrienne par les employeurs de M. De Mistura, alors qu’il est notoirement infesté par les hommes de main des Al-Saoud et d’Erdogan, soutenus par le camp des USA et déguisés sous l’uniforme des prétendus rebelles « modérés ».
M. Kandil concluait que la guerre contre le Front al-Nosra était aussi importante que la guerre contre Daech et que ce n’est qu’une fois que le nord syrien en serait débarrassé que la guerre contre Daech deviendrait l’affaire du monde entier et non seulement celle de la Syrie.
Si Nasser Kandil a raison et vu que le groupe de Riyad a décidé de bouder la dernière session de Genève 3, est-il venu le temps de pourparlers uniquement entre Syriens patriotes, à Genève ou ailleurs, qui ne soient plus torpillés par de prétendus soucis humanitaires, priorité hypocrite des opposants du « Groupe de Riyad » et de Ban Ki-moon, maintenant que les terroristes d’Al-Nosra ont ouvertement rompu ladite trêve en bombardant avec leurs canons de l’enfer ou autres engins plus perfectionnés, de préférence en pleine nuit, tous les quartiers résidentiels d’Alep échappant à leur contrôle [1] ?
Est-il venu le temps pour que les Onusiens, prétendant secourir d’un côté, ne ferment plus les yeux sur les massacres au coup par coup commis d’un autre côté et, plus particulièrement, dans Alep et ses environs ?
Sinon, nous sommes en droit de nous demander s’ils cherchent à ce qu’Alep atteigne le point d’orgue de la catastrophe humaine qu’elle endure depuis 2012, dans le but de déclencher une intervention humanitaire sous chapitre VII, afin de mettre la Syrie sous la tutelle de l’ONU et prolonger son calvaire le temps qu’il leur faudra pour achever ses citoyens qui refusent de s’incliner. Un scénario si bien rôdé en Irak, en Libye et ailleurs, qu’il n’est pas nécessaire d’être un géo-stratège distingué pour l’évoquer.
Il faut savoir qu’entre le 27 février, date du début de la trêve, et le 22 avril, les services statistiques à Alep ont enregistré 440 décès ou blessures graves par des tirs de mortier lancés par les terroristes « modérés » [2].
Le 24 avril, félicité à la télévision nationale syrienne pour avoir obtenu le plus grand nombre de voix aux dernières élections législatives du 13 avril 2016 [3], M. Farès Chehabi, Président de la chambre de commerce et d’industrie d’Alep, qui n’a jamais ménagé les manquements du gouvernement syrien alors que le Conseil de l’Union européenne le mettait sur sa liste de sanctions dès septembre 2011 avec la mention « apporte un soutien économique au régime syrien », répondait en ces termes :
« Ces dernières 24 heures, Alep a déploré 15 morts, 120 blessés, 300 tirs sur l’ensemble des quartiers de la ville sans aucune exception dont 7 mosquées au moment même de la prière du midi ; 60 magasins et 80 maisons ont été totalement détruits [en plus de deux écoles juste avant les examens de fin d’année]. Nous nous battons pour notre existence, car notre résistance en Syrie et plus particulièrement à Alep est la première ligne de défense contre le plus féroce de nos ennemis : l’ennemi ottoman qui voudrait nous faire revivre les événements de 1916 quand Sélim 1er est entré dans notre région. La chute d’Alep signifie la chute de la Syrie. Par conséquent, nous ne défendons pas uniquement notre ville ; nous défendons notre identité, notre vie, notre avenir, notre pays et toute l’humanité. D’où le prix exorbitant que nous sommes en train de payer » [4].
La journée d’hier a été tout aussi sanglante. Cette fois-ci, elle a plus particulièrement semé la mort dans le quartier majoritairement arménien de Sleimaniyeh. Supportez la vue de ce dernier carnage en visionnant la vidéo de la journaliste syrienne Kinana Allouche [5] et mettez un voile sur vos consciences en éteignant les lumières de vos monuments en commémoration du génocide des Arméniens [6]. Vous n’empêcherez pas ces les Syriens arméniens de dénoncer l’hypocrisie d’un monde occidental qui se prétend plus humain que leurs bourreaux. Continuez à « verser du sel » sur leurs blessures d’hier et aujourd’hui tout autant que sur les plaies ouvertes de tous leurs compatriotes syriens. Écoutez-les hurler leur colère et leur souffrance. Écoutez cet Arménien crier sa détermination :
« Nous sommes des Arméniens, cela suffit. Ils veulent continuer à nous exterminer. Ils veulent que nous quittions cette terre. Nous ne quitterons pas ! C’est assez ! Assez ! J’en appelle à notre Armée et à notre Président. Exterminez-les tous ! Président Bachar, débarrassez-nous de cette vermine. Accrochez-moi à une bombe et envoyez-moi les éliminer tous ! »
Écoutez tous ceux qui l’entourent vous dire qu’ils résisteront encore et encore, tout en avouant leur détresse :
« C’est parce qu’Alep leur résiste qu’ils veulent la détruire. Nous faisons tous partie de notre armée. Assez de destructions ! Khalass ! Khalass ! Nos enfants meurent. Nos maisons, nos magasins, tout ce que nous possédons est détruit. Nous voulons que le gouvernement prenne la décision d’en finir avec eux. Il ne le fait pas. Il nous rendra des comptes. Alep est oubliée ! Oubliée ! »     
Voilà le résultat des mensonges des gouvernements et des médias occidentaux qui ont pactisé avec ceux qui seraient plus méprisables qu’ils ne le sont : les dictateurs turcs, saoudiens, qataris et israéliens, ces derniers n’attendant que la chute d’Alep pour annexer illégitimement le Golan occupé et ainsi boucler la ceinture de misère, de terreur et d’horreur du nord au sud de la Syrie.
Quant à Obama qui aurait la volonté d’en finir avec les Saoudiens, l’avenir le dira. Quoi qu’il en soit, l’administration étasunienne depuis le début de cette guerre internationale contre la Syrie nous a habitués à une duplicité dite pragmatique. Elle prétend diriger les pourparlers de Genève vers une solution politique en partenariat avec la Russie, mais en même temps elle pérennise la guerre en Syrie et la souffrance des Syriens, fermant les yeux sur l’entrée récente de milliers de terroristes armés via la Turquie, couvrant la fourniture de tonnes de munitions, d’armes, avec désormais des missiles sol-air et, par conséquent, étranglant Alep. Les témoignages à ce sujet dans la presse US  ne manquent pas [7].
Monsieur Chehabi a sans doute raison. Alep est désormais à la croisée des chemins : soit elle tombe entre les mains des prétendus opposants soutenus d’une manière ou d’une autre par le bloc Otan-Israël-Arabie saoudite-Qatar, alors la Syrie tombera et la région entrera dans un tunnel obscur qui finira par atteindre les États amis et ennemis, sans pour autant éviter une guerre contre le terrorisme par les grandes et petites puissances, lesquelles se précipiteront pour se partager son corps démembré; soit elle reste debout malgré ses plaies sanguinolentes, alors la Syrie restera debout et sa résistance aura raison de tous ceux, terroristes compris, qui ont juré de ramener les pays de la région à l’âge de pierre par un jeu d’alliances improbables et d’intérêts mal pensés. Tous les pays de la région sauf un, pour prétendument se faire pardonner leur crime du passé. Mais que de crimes ont-ils commis depuis !
Puissent la Résistance des gens d’Alep et l’Armée syrienne triompher, pour le bien de la Syrie et de toute l’humanité.
Mouna Alno-Nakhal
Le 26/04/2016

Sources :
[6] La Tour Eiffel s’éteint en mémoire du génocide des Arméniens
[7] Guerre en Syrie : seconde mi-temps.Changera-t-on d’arbitre avant la fin des prolongations?

La source originale de cet article est Mondialisation.ca
Copyright © Mouna Alno-Nakhal, Mondialisation.ca, 2016








Stephen Kinzer, ex-journaliste du New York Times : Les médias US mentent sur la Syrie



Giulietto Chiesa – Rome 22 février 2016 : L’auteur des lignes ci-dessous, publiées dans le Boston Globe, s’appelle Stephen Kinzer. C’est un "Senior Fellow" de l’institut Watson pour les Études internationales à l’Université Brown. C’est lui qui a inventé le terme de "journalisme sténographique", qui ne signifie n’est rien d’autre que la fin pure et simple du journalisme. Du moins, la fin du journalisme "décent", et sa transformation en simple propagande. Les peuples, rendus parfaitement ignares, et par manque d’alternatives, se contentent d’acquiescer.

"On peut pardonner aux hommes politiques quand ils déforment le sens de leurs actions passées. Les gouvernements peuvent aussi être excusés lorsqu’ils utilisent un discours qu’ils estiment utile pour eux. Mais le journalisme se doit de rester en dehors des cercles des élites au pouvoir et de leur fausseté intrinsèque. La crise actuelle a mis en lumière un échec total sur ce plan. On dit que les Américains sont ignorants du monde qui les entoure. Nous le sommes effectivement, de même que les peuples des autres pays. Si les Boliviens, ou les habitants du Bhoutan ne comprennent pas ce qui se passe en Syrie, après tout, cela n’a aucun  effet réel sur les événements. Notre ignorance, en revanche, est bien plus dangereuse, car nous [les Américains – NdT] avons une influence sur ce qui se passe. Les États-Unis ont le pouvoir de décréter la mort de nations entières. Et ils peuvent le faire avec l’appui du consensus populaire, car la plupart des Américains – et parmi eux, les journalistes – se contentent de l’histoire qui leur est servie sur un plateau par les autorités. En Syrie, la "version officielle" dit : "Il faut combattre Bashar el-Assad, la Russie et l’Iran ! Unissons-nous avec nos amis turcs, saoudiens, kurdes pour avancer vers la paix !". Tout ceci est incroyablement éloigné de la réalité. Et il est très probable que cela a au contraire pour effet de prolonger la guerre et de condamner de nombreux Syriens à la souffrance et à la mort."
Giulietto Chiesa
Source  ilFattoQuotidiano.it, le 21 février 2016
Titre original : "Un Americano consapevole"


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