jeudi 7 avril 2016

Panamapapers : un secret de polichinelle



Il existe quelque cinquante-cinq paradis fiscaux dans les principales régions du monde



Dans un gigantesque partenariat, le crime organisé, appuyé par les pouvoirs politiques et les multinationales de la finance et des affaires, pénètre progressivement tous les secteurs de l'économie mondiale, imposant ses systèmes de corruption en se jouant de la légalité des Etats. Lesquels se laissent peu à peu grangrener.
A l'ère de la mondialisation des marchés, le rôle du crime organisé dans la marche de l'économie reste méconnu. Nourrie des stéréotypes hollywoodiens et du journalisme à sensation, l'activité criminelle est étroitement associée, dans l'opinion, à l'effondrement de l'ordre public. Tandis que les méfaits de la petite délinquance sont mis en vedette, les rôles politiques et économiques ainsi que l'influence des organisations criminelles internationales ne sont guère révélés à l'opinion publique. Les sanglants affrontements entre gangs rivaux dans les rues de Chicago appartiennent à la "belle époque" des années 30. Dans la période d'après-guerre, les syndicats du crime ont progressivement gagné en respectabilité, en se comportant de plus en plus en entreprises ordinaires.
Depuis lors, le crime organisé est solidement imbriqué dans le système économique. L'ouverture des marchés, le déclin de l'Etat providence, les privatisations, la déréglementation de la finance et du commerce international, etc., tendent à favoriser la croissance des activités illicites ainsi que l'internationalisation d'une économie criminelle concurrente.





Ça ne vous choque pas ces scandales financiers à la pelle, où des milliardaires et autres millionnaires, se font un plaisir de faire des montages sophistiqués, pour garder leur précieux fric à l'abri du fisc?? Chaque fois qu'il y a révélations tonitruantes, il y a comme par hasard des décisions nous concernant, qu'il vaut mieux ne pas trop fouiller, de peur de s'apercevoir qu'une fois de plus, c'est nous le peuple qui allons être floué? Le dernier scandale en date qui n'a pas pu nous échapper, les « papiers de Panama » sorti bien à propos, pour que ça nous enrage, nous mette en rogne envers ces privilégiés sans foi, ni lois qui se permettent tout sans jamais payer la note, alors que, les lanceurs d'alertes, tels Assange, Snowden, ou Antoine Deltour eux, sont obligés de s'exiler, ou risquent la prison pour avoir dénoncer les malversations de ces pourris réels ou supposés. Le Monde, journal qui se dit indépendant, mais financé à coups de millions par l'argent public, protège ses sources. Quelles sources? Le saura t-on un jour?. Et pendant ce temps là, TAFTA/TISA/, loi el Komrhi, Lynky, nouvelles taxes, surveillance de masse, restrictions, chômage, sont mis à l'écart au profit de ce super scandale, qui tombe décidément bien à propos et dont, le locataire de l'Elysée s'est aplatit en remerciements pour l'anonyme lanceur d'alerte, sans un mot pour Antoine Deltour et Edouard Perrin qui ont mis à jour Luxleaks et qui connaîtront leur sort fin avril (10ans de prison, risquent les courageux français). Voilà qui en dit long sur l'honnêteté et le courage politique du président français dans le cadre de la lutte contre l'évasion fiscale, et plus largement sur l'hypocrisie des dirigeants européens en la matière.  



"Contrairement aux apparences, la campagne des « Panama Papers » n'aura pas pour conséquence de restreindre les malversations financières et d'augmenter les libertés, mais exactement le contraire. Le système va se contracter un peu plus autour du Royaume-Uni, de la Hollande, des États-Unis et d'Israël, de sorte qu'eux et eux seuls en auront le contrôle. En violant le principe d'égalité devant la Justice et leur éthique professionnelle, les membres de l'International Consortium of Investigative Journalists se sont mis aux service des ennemis de la liberté et des défenseurs du Grand capital, et le fait qu'ils aient épinglé au passage quelques malfrats n'y changera rien...
Thierry Meyssan, lire l'article sur Réseau Voltaire




"Une vraie fuite de données d'un cabinet d'avocats au Panama serait très intéressante. Beaucoup de gens riches et/ou des politiciens cachent de l'argent dans les sociétés fictives que ces firmes panaméennes fournissent. Mais les fuites actuelles de données, diffusées, à grand renfort de publicité, par plusieurs empires de presse qui soutiennent l'OTAN et par une organisation non gouvernementale financée par le gouvernement américain, ont simplement pour but inavouable de salir des personnalités que l'empire américain n'aime pas. Elles offrent aussi une belle occasion d'en faire chanter d'autres en promettant de ne pas publier des informations en échange d'une faveur ou d'une autre.







« Je suis le cauchemar des banquiers » Denis Robert

« A quoi ça sert de faire des livres ? Même si les accusations sont fondées, ont-elles des conséquen­ces ? Je n'ai jamais eu l'ambition de révolutionner la finance, ou de fermer Clearstream. J'ai simplement voulu expliquer un système et le faire par­tager au plus grand nombre. Mais la vérité prend du temps. D'accord, j'ai fait virer le staff d'une multinationale et fait connaître aux gens ce qu'est une chambre de compensation [organisme intermédiaire]. Mais personne n'est allé voir ce que fait Clearstream aujourd'hui. Elle a été rachetée par des Allemands, mais le siège est toujours au Luxembourg, paradis bancaire et judiciaire. » 
Denis Robert


Dix ans d'enfer. L'homme - baskets, jean, cheveux en pétard - qui nous rejoint à la gare de Metz a subi une soixantaine de procès et plusieurs centaines de visites d'huissiers. Parce qu'il a écrit - et s'y est tenu mordicus - que Clearstream, société bancaire luxembourgeoise, était un outil de dissimulation : des sociétés internationales profitaient de cette « banque des banquiers » par où transitent des flux financiers du monde entier pour effacer certaines de leurs transactions sensibles. Il a connu le lynchage d'une presse qui l'accusait d'imposture, le lâchage d'amis qui le suppliaient d'abandonner son combat monomaniaque, le soutien indéfectible d'une poignée d'autres. Il a aussi bien failli perdre la lumineuse maison d'architecte dans laquelle il nous reçoit tout un après-midi, avec enfants, femme, hamster et petite chienne en boule sur le canapé. Et puis il est revenu à la vie, il y a trois mois, lorsque la Cour de cassation lui a donné raison. Désormais, Denis Robert, sulfureuse icône des écoles de journalisme, peut publier de nouveau ses livres sur l'affaire Clearstream, rééditer ses documentaires, et nous livrer, librement et subjectivement, sa vision de l'histoire.  

Lire la suite sur Télérama.fr (Article datant de 2012)




Coup de gueule du journaliste qui a – tout seul – dénoncé l’affaire Clearstream. Et qui a payé cher : 63 procès pour qu’il se taise.
LuxLeaks ? HSBC ? UBS ? Vous ne vous en souvenez plus de ces affaires ?
Très bien, c’était l’objectif recherché. Continuez à travailler. Bonda Manjak



Denis Robert/ Photo : Stéphane Lavoué pour Télérama


« J’ai vu « Cash Investigation » hier, me suis tapé les flashs des chaînes tout info et le « grand soir 3, je regarde les titres dans les kiosques à journaux… « Panama papiers, l’onde de choc »…
Comment vous dire?
Comment vous dire ce que je ressens sans passer pour un cuistre ou un donneur de leçon?
Quand même…
Des panaméennes à Panama?!!!
Houlala.
Des banques françaises avec des filiales dans les paradis fiscaux?!!!
Houlalalalala…
Et Sapin (le ministre, il ressemble de plus en plus à Gorbachev, non?) qui vient s’émouvoir sur le sort des lanceurs d’alerte. Qu’est ce que tu as glandé mec depuis deux années qu’on t’explique que c’est grave?
Qu’est ce que tu as fait pour Antoine Deltour? Pour Hervé Falciani? Pour Stéphanie Gibaud?
Et -au hasard et en passant- pour moi qui me suis tapé 63 procès pour dénoncer en gros la même chose (off shore, banques françaises avec filiales dans les paradis fiscaux, effacement des traces des transactions, etc) ?
Rien mec.
Pas bougé le petit doigt.
Resté planqué dans ton ministère à user de ta langue de baobab. Et la droite qui la ferme avec le souvenir précis de son petit roitelet -Le sarkozy- qui nous avait juré craché que c’était fini les paradis fiscaux.
Quel connard! Quel immense connard, gargantuesque, godmansachseste connard!
Et le FN -les poches pleins, les yeux vides- qui nous sort le grand air de la manip.
Et Hollande qui fronce les sourcils, pire qu’une marionnette de South Park. Bientôt ce sera Juncker, vous verrez…
Les journalistes -en tête ceux du Monde- découvrent la lune.
Les politiques nous enfument. Il y a quelque chose de lamentable dans cet embrasement. De réjouissant, quand on voit des types comme Balkany ou Me Claude l’associé fraudeur de Sarkozy fuir les caméras… Mais quand même de lamentable. Pourquoi les journalistes ont-ils tant attendu?
Pourquoi les politiques -Hollande en tête avec son foutu discours du Bourget- n’ont-ils pas bougé le petit doigt quand -tiens prenons celle-là- l’affaire Luxleaks est sortie.
Rien. Pas un soubresaut.
Alors, bon. Ne vous étonnez pas si on est debout la nuit.

On va bientôt venir vous chatouiller les doigts de pieds. On n’est pas pour les têtes à couper. Limite, le goudron et les plumes.
Allez le téléphone sonne, c’est France Infos. Demain Grenoble, les mecs. Pour une conférence à 19h30. Si j’arrive à prendre mon train. Il y a Merkel et Hollande à deux pas de chez moi à Metz. Toutes les rues sont bloquées. C’est un peu comme Achille Zavatta et ses fauves. En moins rigolo. »


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