lundi 11 avril 2016

On a retrouvé l'homme de Néanderthal


Nous ne sommes pas parvenus à l'accession à une société idéale éclairée par le Droit, la raison, le respect des êtres. D'autres Lumières s'imposent, de nouvelles frontières, et d'autres luttes s'annoncent. C'est, qu'à la racine de la société occidentale, retentit un criminel impératif divin : « croissez et multipliez. Soyez l'effroi de toutes les créatures remises à votre libre disposition ». Une séparation définitive fut ainsi dressée entre l'espèce humaine et le reste du vivant, la première étant d'essence divine, les autres formes de vies n'étant-là que pour servir celui qui s'inventa des dieux à son image. L'homme devint infernal pour l'animal, calamité pour la nature, exploitant, tuant, massacrant, torturant sans vergogne.
Les philosophes des siècles passés, tout occupés à émanciper l'humain des tyrannies théocratiques et monarchiques, oublièrent de penser le rapport à l'animal et à la nature.
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Ce n'est pas un hasard si la question animale et écologique surgit de nos jours. La pensée, l'éthique, les lois d'une société sont directement tributaires des connaissances. Or, la paléontologie, la biologie moléculaire, l'éthologie, l'appréhension de l'univers révèlent l'unité première du vivant.









On a retrouvé l'homme de Néanderthal

En parvenant à séquencer le génome de Neandertal, les chercheurs d'une vingtaine d'équipes ont prouvé que notre lointain cousin croisa bel et bien ces gènes avec Sapiens... C'est-à-dire nous :

Première Bonne nouvelle ! On a retrouvé l'homme de Néanterthal que l'on croyait disparu, éliminé par les hommes de Cromagnons. Les scientifiques ont récemment démontré que ce n'était absolument pas le cas. Les deux espèces se sont si bien mélangées qu'elles ont fini par en former une seule, métissée.
Seconde bonne nouvelle. L'ancêtre commun à tous les humains actuels serait africain
et la troisième : le racisme est une vue fallacieuse de l'esprit et n'a pas lieu d'être sinon pour diviser les êtres humains et promouvoir la domination d'un groupe ethnique sur d'autres.

En 2010 une équipe dirigée par Svante Paabo (Institut Max Planck d'anthropologie évolutive à Leipzig, en Allemagne) avait publié les résultats de ses recherches qui montraient que les deux espèces devaient s'être "mélangées" il y plus de 50 000 ans. On retrouvait ainsi dans les génomes entre 1 à 4% de gènes en commun.
Les chercheurs Anders Eriksson et Andrea Manica ont utilisé des simulations informatiques pour retracer les évolutions et l'histoire génétique des différentes populations d'hominidés en Afrique et en Europe.
Ils ont donc retracé l'aventure humaine en décrivant tout d'abord une population unique et ancestrale vivant il y a 500 000 ans en Afrique du Nord et dans le sud de l'Europe. Cet ancêtre serait commun aux Homo néandertalensis et Homo sapiens.
Il y a -350 -300 000 ans, n'ayant plus d'échanges, les populations africaines et européennes se seraient isolées géographiquement et génétiquement parlant.
En Europe la population aurait évolué vers les néandertaliens, alors qu'en Afrique apparaissait les premiers Homo précurseurs de sapiens.
Il y -60 à -70 000 ans les premiers sapiens quittent le continent africain, à la conquête de l'Europe.
Pour l'équipe de Cambridge l'ADN commun entre Sapiens et Néandertal provient donc uniquement d'un ancêtre commun, africain, vieux de 500 000 ans.
Ce métissage pourrait avoir eu lieu au Proche-Orient, il y a 80.000 à 60.000 ans. Impossible, pour l'instant, de savoir en quelle proportion et à quelle fréquence les deux populations d'hominidés se sont mélangées (50 000 de cohabitation).

Aujourd'hui, on sait que "Neandertal n'était ni inférieur ni supérieur, il était juste différent", indique Marylène Patou-Mathis, directrice de recherche au CNRS et responsable du laboratoire d'archéo-zoologie au département Préhistoire du muséum national d'histoire naturelle de Paris


A consulter : Hominidés

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