vendredi 25 mars 2016

Le nouvel esprit de notre temps




"Le contraire de la prohibition, c’est la liberté, alors que le contraire de l’abolition, c’est l’esclavage." 
Robert Procto


"Une dépêche AFP est tombée évoquant un projet de loi pour permettre un état d’urgence à durée illimitée. On ne parlerait plus de 3, ni même de 6 mois, mais d’un état d’urgence permanent, jusqu’à ce que « ça aille mieux ». Et si le terrorisme, c’est comme la reprise économique, c’est pas demain la veille." Reflets 


"Le souci réside dans le syllogisme selon lequel quelque chose doit être fait, je fais quelque chose, donc quelque chose est fait et qui a pour conséquence de considérer que toute défaillance est au final due à une régulation insuffisante plutôt qu’à un défaut de conception."










Le plus troublant aujourd’hui est certainement l’émergence d’une dystopie concrète et durable. L’une des formes de contre-utopie sociétale décrite dans de nombreux ouvrage d’anticipation du XXème siècle s’est installée. Doucement, sans beaucoup de bruit, par étapes successives en prenant son temps. Les technologies y sont centrales : nano-technologies, miniaturisation informatique, déploiement massif des réseaux, accroissement des capacités de calculs et de stockage… Toutes ces avancées technologiques sont les piliers de la société totalitaire du contrôle et de l’asservissement des masses qui a débuté, et se déploie sous nos regards… blasés ... La seule issue pour contrer cette dystopie techno-marchande désormais en place, est de créer son double opposé : l’utopie humaniste concrète. Reflets



L’éducation est au centre de la sensation de vide partagée par une grande part des populations industrielles et industrieuses. La plus grande partie des individus a été élevée devant un écran de télévision, puis par des jeux vidéos, et finalement des « espaces numériques de consommation de masse », et au final, les trois ensemble. Tous ces médias sont industriels, conçus par et pour une industrie qui ne vise qu’une chose : la maximisation de ses profits, par la captation du public le plus nombreux possible. Chaque journée passée à remplir son cerveau des heures durant de spectacles de distraction amplifie une capacité bien connue : le conditionnement. Basé sur l’addiction, le conditionnement est la source du système capitaliste moderne. Il fonctionne parfaitement aujourd’hui, avec centaines de millions de hamsters humains tournant quotidiennement dans une cage — numérique — la plupart du temps.
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Les outils numériques les plus consommés sur la planète ont capté l’attention des individus au point de les empêcher de  comprendre par eux-mêmes la réalité qui les entoure. L’influence exercée par le flux incessant d’informations est centrale et rythme le quotidien d’une majorité de la population qui pense comprendre le monde alors qu’elle ne fait qu’une seule chose : laisser une vision du monde — totalement fabriquée — pénétrer leur esprit au point de changer leurs émotions et les mener à des comportements déterminés.
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Les chercheurs démontrent dans leur étude que les résultats d’un moteur de recherche influencent de façon « dramatique » le comportement individus, leur façon de consommer ...
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La fin de l’intelligence humaine est enclenchée. Ce qui est nommé « intelligence » n’est pas la capacité à obtenir de bons résultats à des test de QI ou parvenir à obtenir des diplômes, savoir réaliser des tâches abstraites ou résoudre des problèmes. Non. C’est la fin de l’intelligence humaine en tant que capacité à exprimer de façon individuelle une critique autonome, à discriminer le vrai du faux, à comprendre le réel pour ce qu’il est, à penser au delà des références établies, etc…
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Une société constituée principalement de zombies assistés par des robots pour la quasi totalité de leurs activités ne peut pas se rebeller. Au contraire. La technologie n’est pas devenue un outil de libération et de créativité, elle est actuellement le cœur du conditionnement individuel. Sachant que l’éducation est centrale pour permettre l’émancipation, et que celle-ci a été vendue à « l’entreprise », il semble difficile d’imaginer un quelconque changement positif émancipateur à venir dans les sociétés modernes. La seule issue semble être la création de lieux alternatifs, d’éducation populaire, où les individus peuvent s’emparer de la technologie pour mieux s’en libérer, où l’humain passe avant la machine. Ces lieux voient le jour, de plus en plus, et même s’ils ne seront jamais suffisants à l’échelle du pays, ils permettent d’organiser des communautés de personnes qui seront — et c’est une certitude — la future résistance face au totalitarisme techno-capitaliste en cours de constitution. La différence entre ceux qui créent ces lieux, y participent et ceux qui « contestent en ligne », se situe dans très peu de choses, pourtant devenues centrales : la liberté réelle, l’effort collectif et l’humain…

Source : Reflets


Une guerre mondiale a commencé Brisons le silence

Par John Pilger
 Le 20 Mars 2016

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

1946 : Explosion d'une Bombe atomique sur l'atoll de Bikini
et presentation du premier bikini crée-par Louis-Reard-

Ceci est la version éditée par ses soins du discours qu’a fait récemment John Pilger à l’université de Sydney : 

J’ai filmé aux îles Marshall. Qui sont au nord de l’Australie, au milieu de l’océan Pacifique. A chaque fois que je le dis aux gens , ils demandent: “Où est-ce ?” et si je leur donne un indice en leur disant “Bikini”, ils me disent: “vous voulez dire le maillot de bain ?”.
Peu ont l’air de se rendre compte que ce maillot de bain bikini a été appelé ainsi pour célébrer les explosions nucléaires qui ont dévasté l’île de Bikini. Soixante-six engins nucléaires ont été explosés par les Etats-Unis aux Îles Marshall entre 1946 et 1958, l’équivalent de 1,6 Hiroshima chaque jour… pendant 12 ans !
Aujourd’hui, Bikini est totalement silencieuse, mutée et contaminée. Les cocotiers poussent dans des formations étranges. Rien ne bouge. Il n’y a plus d’oiseaux. Les pierres tombales du vieux cimetière sont vivantes de radiations. Mes chaussures étaient sans cesse en zone “dangereux” sur le compteur Geiger.
Sur la plage, j’ai observé les eaux du Pacifique vertes émeraude tomber dans un énorme trou noir. Ceci est le cratère laissé par la bombe H appelée “Bravo”. L’explosion a empoisonné bien des gens et leur environnement sur des centaines de kilomètres, peut-être pour toujours.
A mon retour, je me suis arrêté à l’aéroport d’Honolulu à Hawaii et ai remarqué un magazine américain appelé “Women’s Health”. Sur la couverture figurait une femme souriante en bikini avec ce titre: “Vous aussi, vous pouvez avoir un corps pour le bikini” Quelques jours plus tôt, aux îles Marshall, j’avais interviewé des femmes qui avaient un bien autre “corps pour le bikini” ; chacune avait souffert de cancer de la thyroïde et autres cancers mortels.
A l’encontre de la femme souriante du magazine, toutes étaient pauvres: des victimes et des cobayes d’une super-puissance vorace qui est aujourd'hui plus dangereuse que jamais.
Je narre cette expérience en tant qu’avertissement et pour interrompre une distraction qui a consummé tant d’entre nous. Le créateur de la propagande moderne Edward Bernays, a décrit ce phénomène comme étant “la manipulation consciente et intelligente des habitudes et des opinions” dans les sociétés dites démocratiques. Il appelait ceci “le gouvernement invisible”.
Combien de gens ont-ils vraiment conscience qu’une guerre mondiale a déjà commencé ? En ce moment, c’est une guerre de propagande, de mensonges et de distraction, mais tout ceci peut changer instantanément avec le premier ordre mal interprété, le premier missile.
En 2009, le président Obama se tenait devant une foule d’adorateurs au centre de la ville de Prague, au cœur même de l’Europe. Il promit alors de faire du monde “un endroit sans armes nucléaires”. Des gens l’acclamèrent, certains même pleurèrent. Un torrent de platitudes inondèrent le public en provenance des médias. Dans la foulée, Obama reçut le Prix Nobel de la Paix.
Tout ceci n’était qu’une mascarade. Il mentait.
Le gouvernement Obama et son administration ont construit encore plus d’armes nucléaires, plus de têtes nucléaires, plus de systèmes d’envoi ballistique de ces têtes nucléaires. La dépense pour le développement de la capacité nucléaire américaine a été au plus haut sous Obama que sous n’importe quel autre président des Etats-Unis. Sur les derniers trente ans, le coût du développement de la capacité nucléaire des Etats-Unis est de plus de 1000 milliards de dollars.
Une mini bombe nucléaire est planifiée, elle est connue sous le nom de B61 modèle 12. On a jamais rien vu de semblable. Le général James Cartwright, un ex-chef d’état major adjoint a dit: “les rendre plus petites, rend leur utilisation plus possible et plausible..”
Ces derniers 18 mois, le plus grand rassemblement militaire depuis la seconde guerre mondiale, emmené par les USA, est en train de se dérouler le long de la frontière avec la Russie. Il n’y a pas eu de concentration de forces militaires de cette sorte à cet endroit depuis la préparation de l’invasion de l’URSS par Hitler. Aucune force depuis lors n’a démontré une telle menace envers la Russie. (NdT: pas même les forces de l’OTAN au plus fort de la guerre froide, parce que la réciproque existait de l’autre côté avec les forces du pacte de Varsovie…)
L’Ukraine, autrefois partie de l’Union Soviétique, est devenue un terrain de jeu de la CIA. Après avoir orchestré le coup d’état de Kiev, Washington contrôle de fait un régime qui est voisin et totalement hostile à la Russie: un régime corrompu, pourri jusqu’à la moëlle par les nazis, littéralement. D'importantes personnalités parlementaires ukrainiennes sont les descendants politiques des tristement célèbres OUN et UPA fascistes. Ils vénèrent Hitler ouvertement et appellent à la persécution et l’expulsion de toute la minorité linguisitique russe.
Ceci ne fait que rarement les unes en occident ou est pirouetté pour supprimer la vérité.
Dans les pays Baltes, voisins de la Russie, l’armée américaine y déploie des troupes de combat, des chars, de l’artillerie lourde. Cette provocation extrême aux portes de la seconde puissance nucléaire mondiale n’est pas mentionnée en occident.
Ce qui rend la perspective d’une guerre nucléaire encore plus dangereuse est qu’une campagne parallèle se déroule contre la Chine.
Il se passe rarement un jour où la Chine n’est pas élevée au rang de “menace”. D’après l’amiral américain Harry Harris, le chef de la flotte du Pacifique, la Chine “est en train de construire une grande muraille de sable dans la Mer de Chine méridionnale”.
Il se réfère ici à la construction par la Chine de bases aériennes dans les îles Spratly, qui sont sujettes à dispute territoriale avec les Philippines, une dispute qui n’en fut jamais une jusqu’à ce que Washington corrompe le gouvernement de Manille et que le Pentagone ne lance une campagne de propagande appelée “liberté de navigation”.
Qu’est-ce que tout cela veut vraiment dire ? Cela veut dire liberté pour les navires de guerre américains de patrouiller et de dominer les eaux côtières chinoises. Essayez donc d’imaginer la réaction des Américains si des navires de guerre chinois venaient faire la même chose aux larges des côtes californiennes.
J’ai réalisé un documentaire appelé “The War You Don’t See”, dans lequel je m’entretiens avec de distingués journalistes américains et britanniques: des reporters comme Dan Rather de CBS News, Rageh Omar de la BBC, David Rose de l’Observer.
Tous ont dit que si les journalistes et les chaînes de télévision et leurs services d’information avaient fait leur boulot et remis en question la propagande disant que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, si les mensongés éhontés des Bush et Blair n’avaient pas été amplifiés par les journalistes, alors l’invasion de l’Irak en 2003 n’aurait sans doute pas eu lieu et des centaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, seraient encore en vie aujourd’hui.
La propagande qui établit la fondation pour une guerre contre la Russie et/ou la Chine n’est pas différente dans le principe. A ma connaissance, aucun journaliste du calibre disons d’un Dan Rather dans les médias occidentaux, n’a posé la question de savoir pourquoi la Chine construit-elle des bases aériennes en Mer de Chine du Sud ?
La réponse saute aux yeux pourtant. Les Etats-Unis sont en train d’encercler la Chine avec un réseau intriqué de bases militiares, de missiles ballistiques, de groupes de combat et de bombardiers à haute capacité nucléaire.
L’arc létal s’étend de l’Australie aux îles du Pacifique, les Mariannes, Marshall et Guam, aux Philippines, la Thaïlande, Okinawa au Japon et la Corée du Sud, à travers l’Eurasie par l’Afghanistan et l’Inde. Les Etats-Unis ont mis un nœud coulant autour du cou de la Chine. Ceci n’est pas nouveau. Silence des médias = guerre par médias.
En 2015, les Etats-Unis et l’Australie ont effectué dans le plus grand secret, la plus grande manœuvre militaire aéro-navale de l’histoire récente, nom de code “Sabre talisman”. Son objectif était une répétition générale d’un plan de bataille aéro-naval bloquant des routes maritimes stratégiques comme le détroit de Malacca (entre la Malaisie et Sumatra en Indonésie) et le détroit de Lombok (en Indonésie), qui couperait l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matières premières vitales en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique.
Dans le grand cirque qu’est la campagne présidentielle américaine, Donald Trump est présenté comme un dérangé, un fasciste. Il est très certainement odieux, mais il est aussi une tête de turc des médias, rien que cela devrait éveiller le scepticisme.
Les vues de Trump sur l’immigration sont des plus grotesques, mais pas plus grotesques que celles d’un David Cameron, Ce n’est pas Trump qui est en ce moment le plus grand déporteur des Etats-Unis, mais bel et bien le Prix Nobel de la Paix Barack Obama.
D’après un commentateur “prodigieux” libéral, Trump est en train de “lâcher les forces des ténèbres et de la violence” aux Etats-Unis. Les lâcher ?
Ceci est le pays où de petits gamins flinguent leurs mères et la police déclenche une guerre meurtrière contre les afro-américains. Ceci est le pays qui a attaqué et a recherché le renversement de plus de 50 gouvernements, pour la plupart démocratiquement élus et qui a bombardé intensément de l’Asie au Moyen-Orient, causant la mort et la dépossession de millions et de millions de personnes.
Aucun pays ne peut rivaliser avec cette violence systémique. La plus grande partie des guerres de l’Amérique (pratiquement toutes contre des nations sans défense réelle) n’ont pas été lancées par des présidents républicains, mais bien par des présidents libéraux comme Truman, Kennedy, Johnson, Carter, Clinton et donc Obama.
En 1947, une série de directives en provenance du Conseil Nationale de la Sécurité (CNS) décrivit l’objectif primordial de la politique étrangère américaine comme étant “de façonner un monde substantiellement à l’image des Etats-Unis eux-mêmes”. L’idéologie empruntée était l’américanisme messianique (NdT: le même qui est utilisé pour justifier de la doctrine chrétienne de la découverte et du concept de “peuple élu” biblique, tel que l'a démontré le juriste Steven Newcomb dans son ouvrage de recherche: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, que nous avons traduit). Nous étions tous des Américains ; ou alors… Les hérétiques seront convertis, subvertis, corrompus, achetés, calomniés et écrasés.
Donald Trump en est un symptome mais il en est aussi un marginal. Il dit que l’invasion de l’Irak fut un crime ; il ne veut pas entrer en guerre contre la Russie ou la Chine. Le danger réel pour nous tous dans ce système n’est pas Trump mais bel et bien Hillary Clinton. Elle n’est pas du tout marginale. Elle personnalise l’endurance et la violence d’un système dont l’ “exceptionnalisme” tant vanté est totalitaire avec de temps en temps un visage libéral.
Alors que les élections présidentielles s’approchent, Clinton sera acclamée comme la première femme président, et ce en dépit de tous ses crimes et ses mensonges, tout comme Obama fut loué comme le premier président noir américain et les libéraux ont gobé tout ce non sens total au sujet de l’espoir (NdT: Le “Hope” de sa campagne électorale et son tout aussi pathétique “Yes We Can !” qui a endormi la gôche bobo yankee pour des années et muselé le mouvement anti-guerre… l‘enfumage fut total et réussi… plus dur est le réveil aujourd’hui !)
Décrit par le journaliste du Guardian Owen Jones comme “drôle, charmant, avec une aura qui balaie pratiquement tous les autres politiciens”, cet Obama donc l’autre jour à envoyé des drones massacrer plus de 150 personnes en Somalie. Il tue en général les gens les mardis, car c’est ce jour d’après le New York Times, qu’on lui remet la liste de la semaines des candidats à la mort par drone. Tellement cool. (NdT: Obama a lui même déclaré: “En fait, je suis assez bon à tuer des gens”, sa phrase exacte ayant été: “It turns out that I am pretty good at killing people”, 2012…)
Dans la campagne présidentielle de 2008, Hillary Clinton avait menacé de “totalement oblitérer” l’Iran avec des armes nucléaires. En tant que ministre des affaires étrangères du gouvernement Obama, elle a participé au renversement du gouvernement démocratique du Honduras. Sa contribution à la destruction de la Libye en 2011 fut radieuse. Quand le leader libyen le colonel Kadhafi fut publiquement sodomisé avec un couteau, un assassinat rendu possible grâce à la logistique américaine, Clinton éructa dans un entretien: “Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort.”
Une des alliées les plus proches de Clinton est l’ancienne ministre des AE de Bill Clinton, Madeleine Albright, qui attaqua vertement des jeunes femmes pour ne pas soutenir “Hillary”. La même Albright qui célébra à la TV dans un épisode d’entretien tristement célèbre qu’un demi million d’enfants irakiens morts durant l’embargo de 10 ans du pays “en valait la peine”…
Parmi les plus gros soutiens de Clinton se trouve le lobby israélien et les entreprises d’armement qui entretiennent la violence au Moyen-Orient. Elle et son mari Bill on reçu des fortunes de Wall Street et pourtant elle va être nominée comme la candidate femme à la présidentielle, pour battre le grand méchant Trump, le démon officiel. Son fan club inclut de distingué(e)s féministes, du style de Gloria Steinem aux Etats-Unis et Anne Summers en Australie.
Il y a une génération de cela, un culte post-moderne comme “la politique identitaire” avait arrêté bien des personnes intelligentes et bien-intentionnées qui examinaient les causes et les individus qui soutenaient de telles personnes comme Obama et Clinton, ou des mouvement frauduleux comme Syriza en Grèce, des traîtres qui ont leurré un peuple et un pays entiers et se sont alliés à leurs ennemis.
L’auto-absorption, une sorte d’égoïsme, de “moi-isme”, est devenue un nouvel esprit du temps dans les sociétés occidentales privilégiées et a signalé l’échec des grands mouvements collectifs anti-guerre, contre l’injustice sociale, l’inégalité, le racisme et le sexisme.
Aujourd’hui, le grand sommeil est peut-être fini. Les jeunes ont repris la barre, graduellement. Les milliers en Angleterre qui ont soutenu Jeremy Corbyn en tant que leader du parti travailliste, font partie de cet éveil, tout comme ceux qui s’étaient ralliés aux Etats-Unis à la cohorte de soutien du sénateur Bernie Sanders.
En Grande-Bretagne la semaine dernière, l’allié le plus proche de Jeremy Corbyn, son trésorier de l’ombre John McDonnell, a rejoint un gouvernement travailliste pour payer les dettes des banques parasites et pirates et de fait, de continuer la soi-disante austérité.
Aux Etats-Unis, Bernie Sanders a promis de soutenir Clinton si ou quand elle sera nominée candidate démocrate. Lui aussi a voté pour l’utilisation de la force par les Etats-Unis contre d’autres pays quand il pense que c’est “juste et bien”. Il dit qu’Obama a fait un “super boulot”.
En Australie, il existe une sorte de politique mortuaire dans laquelle des jeux parlementaires fastidieux se jouent dans les médias alors que des réfugiés et des indigènes sont persécutés, que l’inégalité sociale croît avec le danger de guerre. Le gouvernement de Malcom Turnbull vient juste de voter un soi-disant budget de la défense de 195 milliards de dollars, ce qui représente une sacrée poussée vers la guerre. Il n’y eut aucun débat. Juste le silence.
Qu’est-il arrivé à la grande tradition populaire de l’action directe (NdT: et de la désobéissance civile si chère à Howard Zinn…), imperméable aux partis politiques ? Où est le courage, l’imagination et la motivation, l’implication, tous des requis pour commencer le long chemin vers un monde meilleur, plus juste et pacifique ? Où sont les dissidents dans l’art, le cinéma, le théâtre, la littérature ?
Où sont tous ceux qui brisent le silence ? Ou devons-nous attendre jusqu’à ce que le premier missile nucléaire soit tiré ? 

Source française : Résistance 71




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