mercredi 10 février 2016

Se battre pour défendre les libertés






"Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; ce n’est pas de subir la loi du mensonge triomphant qui passe." Jean Jaurès

"Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.
Jean-Claude Lefort, Député honoraire, Fils de Manouche.


Aujourd'hui la tribune est donné à Mr Marc Raoul Jennar


Mais qui connait encore l’Histoire, aujourd’hui en France, où la transformation de l’Education nationale (vendue à Microsoft) pour en faire une machine à fabriquer non pas des citoyens mais des clients-consommateurs, est à l’oeuvre ?
Qu’on se souvienne : le gouvernement du radical Daladier a pris entre 1938 et 1940, avec l’assentiment du parlement élu en 1936 (avant qu’il donne les pleins pouvoirs à Pétain, à 80 exceptions près)  des mesures tout à la fois anti-démocratiques et anti-sociales, qui ressemblent pour beaucoup à celles dont le gouvernement Hollande-Valls est aujourd’hui le protagoniste. Des mesures qui ont suscité le désarroi et le désespoir d’un peuple de gauche devant les orientations nouvelles d’un parlement élu sous l’étiquette du Front populaire. Des mesures dont, par la suite Vichy, n’a plus eu qu’à se servir pour les appliquer à sa manière.
Les migrants d’alors, c’était d’abord les réfugiés républicains espagnols fuyant Franco et sa dictature fasciste dont la France facilita la victoire. C’était aussi les Juifs fuyant l’Allemagne nazie que le patronat français et la droite préféraient au Front populaire et que la France de Vichy allait envoyer dans les fours crématoires. C’était enfin tous les progressistes qui fuyaient le fascisme triomphant en Italie, en Allemagne, en Hongrie, en Grèce, dans presque toute l’Europe. On connait la suite qui leur fut réservée.
Se battre pour défendre les libertés n’est pas un combat dérisoire, une sorte de luxe pour intellectuels en quête d’une bonne conscience acquise à bon marché. C’est peut-être le cas d’une toute petite minorité parisienne. Ce n’est certainement pas le cas de ceux qui aujourd’hui, déjà, souffrent du racisme d’Etat et de la violence d’Etat autorisés et légalisés par le gouvernement Hollande-Valls. Quand un Premier ministre s’autorise les propos d’un Valls sur les Roms, sur les militants qui défendent les droits légitimes du peuple palestinien, sur les syndicalistes qui se battent contre des entreprises qui délocalisent en dépit d’un carnet de commandes rempli et de bénéfices consolidés, sur les militants écologistes qui refusent des grands travaux inutiles et destructeurs, la défense des libertés prend toute sa dimension politique, sociale et écologique. C’est une vraie lutte politique, concrète et « matérialiste ».





Toile de Jason Shawn Alexander


Aux 441
Par Raoul Marc Jennar


Vous avez été 441 députés, membres de l’Assemblée nationale, élus du peuple, à ne pas participer au vote sur le projet de loi constitutionalisant l’état d’urgence et la déchéance de la nationalité.
En vous défilant de la sorte, vous avez été lâches. Mais pire que cela, vous avez discrédité le mandat que le peuple vous a confié. Vous êtes la honte de la démocratie, la honte de la République, la honte de la France.
Peu importe votre nom et le parti que vous représentez. Vous êtes la négation même de toute idée démocratique.
Vous justifiez le rejet grandissant que vos comportements inspirent chez un nombre toujours plus nombreux de Françaises et de Français qui n’ont plus, pour exprimer le dégoût que justifient vos pratiques, que le choix de voter FN ou de s’abstenir.
Je suis de ceux qui croient à la démocratie représentative, seule possible au niveau d’une grande Nation. Mais pour que la représentation remplisse son rôle, désormais, il faut qu’elle soit limitée dans le temps et que le mandat ne devienne pas une profession. Il faut que le mandat soit unique et qu’aucun cumul ne vienne ajouter un mandat à un autre mandat.  Il faut surtout que la représentation soit comptable devant ses mandants et qu’un référendum révocatoire puisse sanctionner les élus défaillants. Nous sommes loin du compte. Et pourtant, alors que la démocratie même est en danger, de telles dispositions s’imposent si on veut la sauver.
En d’autres temps, 80 députés avaient eu le courage de refuser les pleins pouvoirs au liquidateur de la République. L’Histoire retiendra que vous êtes les liquidateurs de la confiance que le peuple pouvait encore avoir en vous.
Partez ! Sinon, il faudra bien que nous vous chassions, députés indignes.
rmj














Aucun commentaire: