lundi 29 février 2016

Fukushima, fusion des coeurs





"J’ai longtemps hésité à parler de l’anecdote qui suit, car je ne veux pas vous parler des fausses nouvelles ni des canulars que l’on raconte souvent rien que pour effrayer les gens. Aussi me manque-t-il des statistiques ou des données précises. Toutefois, je me dis maintenant qu’il est grand temps d’en parler, surtout de faire connaître à ceux qui habitent loin et qui ne savent pas ce qui se passe ici quotidiennement. Bref, c’est l’augmentation du nombre de ce que l’on appelle les « malades urgents » dans les transports en commun.


Qu’est-ce qu’un malade urgent ? C’est une personne qui a eu un malaise assez grave ou qui s’évanouit dans le train. En effet, les transports en commun sont très souvent perturbés à Tokyo à cause des « secours à un malade urgent » depuis au moins un ou deux ans. Les trains japonais ont longtemps eu la réputation d’être ponctuels. Hélas, c’était le Japon d’antan. Maintenant, il y a tous les jours des trains qui sont en retard à cause des arrêts imprévus pour soigner des malades. Je cite les tweets de Charley @charleycharley7 qui compte le nombre de personnes qui tweetent « malade urgent » dans les régions de Kanto, Chubu et Tohoku."




Le nombre total de tweets « malade urgent »   |   moyenne journalière

2015
mi-février                            209                             13,9
mars                                    497                             16,0
avril                                     671                             22,3
mai                                      668                             21,5
juin                                      725                             24,1
juillet                                   724                             23,3
août                                     664                             21,4
septembre                            730                             24,3
octobre                                855                             27,5
novembre                            843                             28,1
décembre                            921                             29,7
2016
janvier                                872                             28,1

  "Ce ne sont pas des données officielles. Enfin, ce ne sont que des tweets. Tout le monde ne tweete pas dès qu’il trouve un malade urgent dans le train. Aussi est-il possible que le même malade ait été tweeté par plusieurs personnes. Malgré tout, c’est grave à mon avis. "


Fonzy (témoignage)





Des chercheurs ont trouvé une substance d’un nouveau type, en relation étroite avec les fusions des cœurs à la centrale de Fukushima Daiichi. Au cours des dernières années, nous avons régulièrement communiqué sur une « substance noire » qu’on retrouvait sur l’île principale du Japon. Il s’agit d’un sable noir extrêmement radioactif, une matière qui s’est concentrée dans les caniveaux ou sur les routes, et qu’on a pu retrouver jusqu’à Tokyo. Des analyses ont établi une relation entre cette substance et les fusions des cœurs à l’intérieur des réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi. La nouvelle découverte en question est également en étroite relation avec les réacteurs dévastés.
Des chercheurs au Japon ont en effet découvert de nouvelles substances qu’ils décrivent comme de minuscules particules de verre sphériques extrêmement radioactives. Ces particules de verre présentent une structure assez différente de celle de la « substance noire » mais comme elle, elles sont liées aux fusions dans les réacteurs. Une de ces particules de verre, étiquetée NWC-1, avait été recueillie à Nihonmatsu en 2011 au moment de la catastrophe. Nihonmatsu se trouve à environ 40/45 km plein ouest par rapport à la centrale de Fukushima Daiichi. Le site de cette ville est au sud de la ville de Fukushima et au nord de Koriyama. Son territoire est bien au-delà de la zone d’évacuation et actuellement habité sans restriction d’aucune sorte.
 Du Césium présentant de hauts niveaux de radioactivité se trouve inclus dans ces particules de verre. Les chercheurs ont établi que le débit de dose le plus élevé se trouve au cœur de la particule, ce qui indique que le Césium fut incorporé pendant la phase de fusion des cœurs. On observe également une inclusion de matières, ou du béton provenant de l’enceinte de confinement, ou encore de l’eau de mer qui fut injectée. Ces observations permettent de conclure que cette substance s’est formée ou bien après que le combustible fondu eut transpercé l’enceinte du réacteur et entamé sa progression dans le plancher en béton de l’enceinte de confinement, ou alors après l’injection l’eau de mer. Ces injections sont en effet intervenues tardivement dans la phase de fusion, de plus on a découvert dernièrement que toute cette eau ou la majeure partie fut déversée dans une mauvaise direction et non pas sur les enceintes des réacteurs. Ces billes de verre se seraient formées entre le moment de la détérioration de l’enceinte d’un premier réacteur et le début de l’injection d’eau ou peu après. Cette découverte pourra aider à identifier lequel des réacteurs a produit ces sphères et comment. Le blog de Fukushima





Fukushima, il y en aura pour tout le monde

par Olivier Cabanel


Mur de glace de Fukushima
Des nouvelles de Fukushima dont la situation ne s’est toujours pas améliorée, bien au contraire. Récemment, a été découvert un produit, dérivé de la fusion des coeurs, de nouvelles substances qui jusqu’alors n’étaient pas connues. Quant à l’avenir des japonais, il y a de quoi se poser quelques questions…



De quels radionucléides s’agit-il ?

Ce sont, pour la plupart, les plus persistants dans la nature : le strontium 90, le plutonium, et le césium 137.
On sait que ce dernier a une demi-vie de 30 ans, c’est-à-dire que sa radioactivité s’étale sur au moins 2 siècles, et les scientifiques ont évalué ces rejets provisoires à 35 800 TBq (térabecquerel), sachant qu’un TBq vaut 10 puissance 12 becquerels. lien

Or ce césium s’est réparti pour 19% sur le sol japonais, les 81% restant ont rejoint les eaux du Pacifique.

S’il est vrai qu’il faut des dizaines d’années pour que ces substances toxiques atteignent le fond de l’océan, il n’en reste pas moins qu’elles contaminent d’abord le plancton qui se trouve à la surface, et même si le niveau de radioactivité est en dessous du seuil officiel de nocivité pour les organismes marins, les poissons se nourrissant de ce plancton ont accumulé le césium, le strontium, le plutonium…et l’humain qui va se nourrir de ces poissons va naturellement accumuler toute cette radioactivité.

Les fortes doses provoquent chez l’homme une atteinte grave du système immunitaire, reproductif, des lésions cérébrales et des affections rénales.

À faible dose, il y a risque accrus de cancers, de malformations, d’atteintes des systèmes de veille, et du système cardiovasculaire. lien

Quand au strontium, il a une demi-vie de presque 29 ans, et il a tendance à se fixer dans les tissus osseux, dentaires, favorisant anémies et cancers.

Le plutonium est le plus dangereux : sa demi-vie est de plus de 24 000 ans, et grâce à la générosité d’Areva, qui a fourni en combustible radioactif MOX la centrale de Fukushima, notamment pour le réacteur n°3, l’un de ceux qui a fondu, le niveau de radioactivité est si important qu’aucun humain ne peut s’en approcher sans risquer pour sa propre vie. lien

Or ce plutonium continue à se dégager dans l’air, l’eau, et sur la terre, sans qu’il soit possible de l’empêcher.

Nous voilà prévenus…

Bien sur Tepco affirme faire le maximum pour freiner cette mortelle pollution, mais la mise en place d’un « mur de glace » souterrain fait long feu, la nappe souterraine est largement polluée, et l’eau radioactive qui fuit de tous cotés rejoint chaque jour l’Océan Pacifique.

Décidé quelques temps après la catastrophe, ce mur de glace est d’une telle complexité que 5 ans après, il n’est toujours pas opérationnel, même si l’exploitant promet que ce sera le cas en 2016.

Il s’agit de geler le sol à l’aide de tuyaux souterrains jusqu’à une profondeur de 27 mètres, sur 780 mètres de long, ce qui permettrait de limiter les rejets d’eau radioactive à 10 tonnes par jour, au lieu des 100 tonnes actuelles. lien

Pour l’instant l’avant dernière étape, qui consistait à la mise en place de bouchons cimentés aux extrémités de galeries de grande section, lesquelles sont envahies par des eaux très radioactives, a été achevé en juillet 2015, et la dernière étape devrait débuter en mars 2016, si la NRA donne son aval.

Mais une certaine confusion demeure : en effet, en novembre 2014, Tepco reconnaissait l’échec de son mur congelé, et avouait ne pas avoir réussi à obturer la tranchée souterraine : celle du réacteur N°2 en contient 5000 tonnes, et celle du N°3, 6000 tonnes, ces eaux étant extrêmement radioactives. lien

Mais comme beaucoup le pensent, ce mur de glace semble être du domaine de l’utopie. lien

Il est question aujourd’hui de retenter l’utilisation de robots, malgré les échecs précédents.

En effet, la très forte radioactivité met à mal leur électronique, et tous ceux qui ont été envoyés en milieu hostile n’ont pu remplir durablement leur mission. lien

Les derniers en date sont donc 3 engins montés sur chenilles, et qui devraient intervenir dans le courant de 2016, avec mission triple : l’un envoie de l’eau sous pression, le suivant pulvérise de la glace carbonique, et le dernier devrait en principe pouvoir aspirer le tout… lien

Mais qu’elle soit japonaise, française, américaine, ou russe, la pseudo technologie de pointe est dépassée par le monstre qu’elle a engendré.

Tepco et l’AIEA (agence internationale pour le développement de l’énergie atomique et civile) ne peuvent faire qu’espérer, et les adorateurs du dieu atome ne savent pas quoi faire d’autre.

Ils disent que ça va durer au moins 40 ans, couter quelques milliers de milliards d’euros, que la population devra payer, et les milliers d’enfants qui déjà pissent la radioactivité dans leurs urines ne seront plus là pour constater le désastre.

Plus de 7000 travailleurs ont travaillé, ou travaillent encore, sur ce chantier, et la radioactivité les atteint violemment… un certain nombre d’entre eux ont « disparu » de la circulation : on évoque plus de 1400 victimes.

S’il faut en croire la préfecture de Fukushima, le nombre de décès dans la population imputables essentiellement à l’accident nucléaire serait supérieur à 2000. lien

Pour compléter ce tableau noir, il faut évoquer une scandaleuse manœuvre d’un fabriquant de dosimètres, ceux qui ont été proposés aux habitants de la région de Fukushima.
Ce dernier reconnait que ses appareils ne mesurent que 60% de la réalité.

En effet, l’entreprise Chidoya Technol Corporation, a annoncé sur son site web que leurs dosimètres affichaient une dose d’exposition cumulée inférieure à la dose ambiante de 30 à 40%, minimisant ainsi l’impact de la pollution radioactive. lien

En France, les promesses hollandaises ont fait long feu, et la fermeture de Fessenheim semble être envoyée aux oubliettes, sauf peut-être en 2018…quand probablement nous aurons changé de président…

Cerise sur le gâteau, ces centrales nucléaires sont des cibles potentielles d’attaques terroristes, d’autant que la sécurité a été souvent prise en défaut, si l’on veut bien se souvenir des nombreuses actions de Greenpeace et d’autres, prouvant que l’on pouvait pénétrer dans les enceintes nucléaires comme dans du beurre.



Or une information récente prouvait que le nucléaire était l’une des cibles potentielles des terroristes qui ont sévi au Bataclan et au Stade de France.

S’il faut en croire « DH.be », organe de presse belge, lequel a recoupé minutieusement toutes les informations, l’enquête initiée en Belgique pour traquer les terroristes de Paris, a permis de mettre la main sur une preuve matérielle démontrant que l’ambition ultime de l’état islamiste était vraisemblablement de permettre une attaque nucléaire en Europe. lien

Coté finances, malgré les comptes en rouge d’Areva, ERDF, and Co, le gouvernement continue à investir dans le nucléaire, s’entêtant à gaspiller des fortunes pour des EPR sans avenir.

La barre des 10 milliards pour en projet estimé au départ à 3, vient d’être franchie, et le gouvernement a décidé de prolonger la vie des vieilles centrales de 10 ans, Ségolène Royal ayant accédé à la demande d’EDF. lien

Pour les experts en la matière, il faudra sans doute envisager pour les prochaines années une augmentation de 50% du prix de l’électricité, ils ajoutent que le cout de cette électricité d’origine nucléaire aurait été complètement sous-estimé.

Comme l’écrit Gaston Bessay dans un blog d’économie politique, « EDF doit d’abord apurer une dette de 40 milliards, dette à laquelle il faudra trouver 50 milliards supplémentaires pour engager les travaux nécessaires au prolongement des vieilles centrales nucléaires…la Cour des Comptes assurant qu’il faudrait mieux tabler sur 100 milliards pour ces travaux de rénovation »
Il ajoute « qu’il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards pour le renouvellement du parc nucléaire ». lien

Dans un entretien au JDD, Jean Bernard Levy, le patron d’EDF assure « en France, nos parts de marché reculent, (30%) donc on ne doit pas prendre de retard. Notre dette est élevée et nous devons faire des arbitrages sur nos activités futures. Nous n’avons plus les moyens de tout garder à l’étranger, ou de tout construire seuls ». lien

Étonnant pour un pays qui lors de la COP 21 avait décidé de miser sur les énergies renouvelables… les participants de cette docte assemblée n’avaient-ils pas écrit : « En désinvestissant les énergies fossiles et en misant sur les énergies renouvelables ». lien

Mais chacun sait qu’il y a souvent un océan entre les paroles et les actes, car comme dit mon vieil ami africain : « l’aile gauche et l’aile droite appartiennent au même vautour ».

L’image illustrant l’article vient de downsizetothrive.com

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.


Olivier Cabanel


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Article intégral sur Agoravox.fr via Sott.net

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