jeudi 14 janvier 2016

Les poètes ne se taisent pas


Je suis le cadavre de l’Autre…


Photographe anonyme



Je suis le cadavre de l’Autre…
Le Kurde que vous appelez « terroriste ».
L’Arménien que vous insultez.
Le Grec dont vous avez confisqué la maison,
le Tsigane que vous virez, l’Arabe que vous méprisez.
L’Alévi dont vous marquez la porte d’une croix,
le chrétien dont vous caillassez les vitres, le Chaldéen que vous menacez.
L’Autre que vous discriminez.
Je suis le cadavre de l’Autre…
Je suis la femme que vous agressez, l’enfant dont vous libérez le violeur.
Le LGBTI que vous poignardez.
Le clochard que vous bousculez…
Le vieux que vous abandonnez dans sa solitude,
l’orphelin que vous cadenassez dans une pièce.
Je suis le cadavre de l’Autre…
L’enfant devenu orphelin à Ermenek,
le mineur reçu à coups de pieds à Soma,
la mère qui lève ses mains au ciel à Reyhanlı
Je suis le père qui met son enfant dans le tombeau,
L’enfant dont la seule photo avec son père est prise dans le cimetière.
La mère du samedi
 qui cherche toujours les os de son enfant.
Je suis le cadavre de l’Autre…
Je suis les larmes de la mère de Hacı Birlik,
dont le corps fut traîné derrière un blindé.
Je suis le regard gelé du Cemile
dont le corps a été mis dans un congélateur.
Le destin du père d’Aziz, qui se bat depuis deux mois,
pour récupérer la dépouille de son enfant.
Je suis le cadavre de l’Autre…
Le mouchoir blanc dans la main de maman Meryem.
L’entêtement d’Ethem, le sourire d’Ahmet,
la chaussure trouée de Hrant.
Le vélo que Veysel n’a jamais pu monter.
Je suis la douleur du bébé de 35 jours.
Je suis le cadavre de l’Autre…
Ali
, que vous avez tué en le tabassant.
Berkin
que vous avez tué en visant la tête.
Kevser
 que vous avez mise nue.
Le paysan que vous avez massacré à Roboski,
A Suruç, le jeune qui apportait des jouets à Kobanê.
Je suis le cadavre de l’Autre.
de ceux ou celles que vous ne finissez pas de tuer,
de ceux et celles que vous bousculez, dont vous niez l’existence,
que vous n’arrivez pas anéantir…
dont vous ne vous rassasiez pas de la mort,
vous ne vous lassez pas, vous n’avez pas de honte…
de ceux et celles que vous n’arrivez pas à intimider,
à écraser, à faire disparaitre…
de ceux et celles que vous ne réussissez pas à faire taire,
que vous ne pourrez jamais museler.
Texte de Leyla Alp  publié sur T24
Vidéo en français avec la voix d’Ürüşan Yıldız , chroniqueur de l’Oeil Noir.



Ben karşının ölüsüyüm…
“Terörist” dediğiniz Kürt. Küfür ettiğiniz Ermeni…
Evini aldığınız Rum, kovduğunuz Çingene, hor gördüğünüz Arap…
Kapısı işaretlediğiniz Alevi, camını kırdığınız Hrıstiyan, korkuttuğunuz Süryani… Ötekileştirdiğiniz beriki…

Ben karşının ölüsüyüm…
Taciz, tecavüz ettiğiniz kadınım ben…Tecavüzcüsünü salıverdiğiniz çocuk…
Bıçakladığınız LGBTİ…
İtip kaktığınız evsiz…
Kaderine terk ettiğiniz yaşlı, odalara kilitlediğiniz kimsesiz çocuk…

Ben karşının ölüsüyüm…
Ermenek’te yetim kalan çocuk, Soma’da tekmelenen madenci, Reyhanlıda elini göğe açan anne…
Oğlunu mezara koyan babayım. Babasıyla tek fotoğrafı mezar başında olan çocuk…
Evladının kemiğini soran Cumartesi annesi…

Ben karşının ölüsüyüm…
Buzlukta bekletilen Cemile’nin asılı kalan bakışlarıyım…
Panzer ardında sürüklenen Hacı Birlik’in annesinin gözyaşı…
İki aydır oğlunun cenazesini almak için çırpınan Aziz’in babasının kederi…

Ben karşının ölüsüyüm…
Meryem ananın elindeki beyaz mendil
Ethem’in inadı, Ahmet’in gülüşü, Hrant’ın delik ayakkabısı…
Veysel’in hiç binemediği bisikleti…
35 günlük bebeğin acısıyım…

Ben karşının ölüsüyüm…
Döve döve öldürdüğünüz Ali…
Başından vurduğunuz Berkin…
Çırılçıplak soyduğunuz Kevser…
Roboski’de katledip öldürdüğünüz köylü
Suruç’ta oyuncak götüren genç…

Ben karşının ölüsüyüm…
Hani şu öldüre öldüre bitiremediğiniz
Hani itip kalktığınız… Hani yok saydığınız… Hani yok etmek istediğiniz.. Hani yok edemediğiniz…
Öldürmeye doymadığınız… Usanmadığınız, utanmadığınız…
Hani şu öldürmekle korkutamadığınız…
Bitiremediğiniz, ezemediğiniz…
Susturamadığınız…
Susturamayacağınız…



Source : KEDISTAN

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