lundi 23 novembre 2015

L'Argentine change de camp




Mauricio Macri a bâti une coalition victorieuse autour du parti de droite qu'il a fondé, le PRO, en associant notamment les radicaux de l'UCR (centre-gauche)¹, un parti historique diminué qui a offert à Cambiemos son réseau national.
Après le dépouillement de 91% des bulletins de vote, qui le donnait gagnant avec 52,11% des voix, il a appelé à remiser les rancoeurs après douze ans de Kirchnérisme. "C'est un jour historique, c'est un changement d'époque qui va être merveilleux", "sans revanche ni règlements de comptes", a assuré Mauricio Macri. L'Express/AFP

¹Raul Alfonsin, du parti de l'Union radicale civile (URC), est élu président de l'Argentine avec 52 % des voix. Son parti obtient également la majorité des sièges au Congrès lors d'élections qui annoncent le retour de la démocratie dans un pays dirigé par un régime militaire depuis près de huit ans.



Le 10 décembre prochain, Mauricio Macri recevra officiellement l’investiture présidentielle et pourra occuper la « maison rose », qui est la résidence officielle du président de la république.
L'indice Merval de la bourse de Buenos Aires a grimpé de 25% depuis la performance surprise de Mauricio Macri au premier tour.
Sur le marché officiel, le dollar cotait à 9,68 pesos et à 15,05 au marché noir. La restriction de l'accès aux devises décidée en 2011 par la présidente de gauche Cristina Kirchner, qui sera remplacée le 10 décembre par Mauricio Macri, a provoqué l'émergence d'un marché parallèle des devises. Les restrictions au contrôle des changes sont l'une des mesures que le nouveau président compte éliminer.
"Le contrôle des changes est une erreur, le fait de ne pas avoir une Banque centrale indépendante est une erreur, ce sont des choses que nous allons corriger", a déclaré le président-élu lors d'une conférence de presse lundi matin.


Mauricio Macri, candidat libéral à la présidence de l'Argentine, fils d'un riche entrepreneur, s'est révélé comme président du club de football de Boca Juniors et incarne une rupture radicale avec l'ère Kirchner.
Après le score surprise du 1er tour (34,33%) à la tête de sa formation politique Cambiemos (Changeons), il est le favori du second tour dimanche devant Daniel Scioli, candidat de la coalition de gauche au pouvoir.
Maire de Buenos Aires depuis 2007, cet homme de 56 ans entend donner un nouvel élan à une Argentine au bord de la récession, comme il a modernisé et dynamisé la capitale argentine durant ses deux mandats.
Aux Argentins, il promet d'être "un président qui parle moins, et qui répond plus aux attentes", en référence aux interminables et fréquents discours de la présidente sortante Cristina Kirchner.
Né le 8 février 1959 à Tandil, petite ville de la province de Buenos Aires, il grandit au sein d'une famille fortunée. Après un diplôme d'ingénieur à l'Université catholique argentine (UCA), il travaille pour Citibank et dirige pendant une douzaine d'années diverses sociétés du Groupe Macri.
Son père, Franco Macri, est un homme d'affaires italien arrivé en Argentine en 1949, qui a fait prospérer son groupe dans le BTP, l'automobile, l'énergie, les services et l'agriculture.
En 1991, il est enlevé à Buenos Aires par un groupe de malfrats, dont des policiers. Il sera relâché sain et sauf 14 jours plus tard, après le paiement d'une rançon de plusieurs millions de dollars.
Mauricio Macri entretient avec son père des relations orageuses. Ce dernier n'a pas assisté à son troisième mariage. Plutôt que de poursuivre sa carrière dans le groupe paternel, il décide de se consacrer au football et au club de son cœur. Enfant, il voulait "être attaquant de Boca ou chanteur".
- Alliance réussie -
Mauricio Macri a construit sa renommée comme président du mythique club de Boca Juniors, qu'il a dirigé de 1995 à 2007, remportant 17 trophées dont les plus prestigieux - deux Copas Libertadores et une Coupe intercontinentale - avec notamment sous ses ordres l'attaquant Carlos Tevez.
"Des grands moments de bonheur", se souvient-il avec un large sourire.
Sa carrière politique débute en 2003. Il crée alors son propre parti, Engagement pour le changement, et se présente aux élections pour devenir maire de Buenos Aires, mais il est battu. Deux ans plus tard, il est élu député fédéral.
En 2007, il quitte la présidence de Boca et fonde le PRO (Proposition républicaine, droite), formation qui lui permet de conquérir la mairie de Buenos Aires.
Dressant le constat que sa notoriété ne s'étend pas à l'ensemble du pays, il scelle début 2015 une alliance électorale avec l'Union civique radicale (UCR, centre gauche). Ce parti historique en perte de vitesse dispose de ce qu'il manque au PRO: un réseau national.
Le projet aboutit et l'UCR, parti de l'ancien président Raul Alfonsin (1983-1989), intègre la coalition Cambiemos. Un pari gagnant car l'amalgame a pris.
Pour la stratégie politique, il fait confiance depuis 2005 à l'Equatorien Jaime Duran Barba, un conseiller qui avait travaillé auparavant pour le chef d'entreprise Alvaro Noboa, plusieurs fois candidat à l'élection présidentielle en Equateur.
M. Macri et son adversaire du second tour Daniel Scioli sont de bons amis, tous deux issus de l'élite économique du pays. Il passe ses étés à Punta del Este, station balnéaire chic de l'Uruguay voisin, voyage régulièrement aux Etats-Unis ou en Europe. Belles femmes, belles voitures, il mène une vie aux antipodes du quotidien des Argentins.
Marié à 22 ans avec Ivonne Bordeu (1981-1991), avec qui il aura trois enfants, il épouse en 1994 le mannequin Isabel Menditeguy. Leur union durera 9 ans. Il est marié depuis cinq ans avec un ancien mannequin qui a créé une marque de prêt à porter, Juliana Awada, 41 ans. Ils ont une fille de trois ans.
Pendant que son père fait des affaires avec le gouvernement de la présidente Cristina Kirchner, le candidat Macri, lui, critique les 12 ans de kirchnérisme qui ont freiné selon lui le développement économique de la 3e économie d'Amérique latine. 
Alexandre Peyrille - AFP/TV5MONDE






Changement de cap en Argentine après la victoire du libéral Mauricio Macri à la présidentielle

Il est arrivé nettement en tête du second tour, dimanche, devant son adversaire, Daniel Scioli, candidat de la coalition de gauche au pouvoir. 

Par Francetv info avec AFP
Mis à jour le 23/11/2015

Changement en cap. Le libéral Mauricio Macri a remporté, dimanche 22 novembre, le second tour de l'élection présidentielle en Argentine et prendra ses fonctions le 10 décembre. Une victoire qui met fin à douze années de gouvernement Kirchner et marque un virage à droite pour la troisième économie d'Amérique latine. Après le dépouillement de 91% des bulletins de vote, le maire de Buenos Aires, Mauricio Macri, 56 ans, totalise 52,11% des voix, contre 47,89% pour son adversaire Daniel Scioli, candidat de la coalition de gauche au pouvoir, qui a admis sa défaite.

"Merci d'avoir cru que nous pouvions construire l'Argentine dont nous rêvons. Je suis là car vous l'avez décidé", a lancé le président-élu aux milliers de militants. Il a appelé à remiser les rancœurs après douze ans de Kirchnérisme. "C'est un jour historique, c'est un changement d'époque qui va être merveilleux", "sans revanche ni règlements de comptes", a assuré Mauricio Macri.

Redresser l'économie

Outsider de cette élection, Mauricio Macri a bâti une coalition victorieuse autour du parti de droite qu'il a fondé, le PRO, en associant notamment les radicaux de l'UCR (centre-gauche).
Cet ancien président du club de football de Boca Juniors, le plus prestigieux d'Argentine, promet une rupture avec la politique économique protectionniste menée par les gouvernements de Nestor (2003-2007) et Cristina Kirchner. Le nouveau président, élu pour un mandat de quatre ans reconductible, aura pour principale mission de redresser l'économie, au bord de la récession, après 10 ans de forte croissance. Source : francetvinfo



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