lundi 5 octobre 2015

Faulas de Nissa / Fables de Nissa



de Jean-Luc Sauvaigo

« …/…
- Mais Monsieur, l’Histoire ne parle pas de tout cela !
- Certes, mais lorsque l’Histoire défaille, ne peut-on pas à l’occasion la sustenter ? On ne peut douter que vos Massaliotes aient bâti Nikaïa. Et pourquoi lui auraient-ils donné ce nom, sinon pour se souvenir d’une victoire ?
- Peut-être, mais les Grecs n’ont pas simplement abordé un désert. Quid des « Ligures chevelus » ? Alors, au prétexte qu’ils n’ont pas laissé d’écriture connue, il faut légitimer un cambriolage linguistique ? Vous savez bien que leur langue — à la toponymie très précise — est incrustée dans nos langues contemporaines. Alors, pour Nissa, il ne pourrait bien s’agir que du rapiéçage grec d’un nom ligure à la consonance voisine ? Prenez par exemple le radical NIS qui signifie la source, l’eau de la roche…
…/… »
Jean-Luc Sauvaigo


"Sauvaigo, le beatnik-troubadour tapi dans la « maison des rêves » d’une de cité iconique sans cesse caressée, nous offre avec ses « Faulas de Nissa / Fables de Nissa » un de ses joyaux poétiques dont il sait seul distiller la sulfureuse alchimie. Longtemps ressassée, aiguisée et polie au ressac de ses savoirs, de ses joies, peines, colères et haut-le-cœur, c’est une somme, que dire : un trésor, « lou Trésor » d’une nissardité insaisissable et joyeusement effrontée !"

Dom Corrieras, in "Le blues du Chieur-de-blette"




Il existe une ville qui s'appelle Nice (avec un c), amnésique, vulgaire et prétentieuse, une ville de carte postale et de banalités touristiques. Elle se prélasse sur la plage comme une courtisane, elle a renié son passé et ses héros, Catherine Ségurane, les barbets, Garibaldi. C'est la seule visible, mais ce n'est pas la vraie. La vraie, c'est Nisse (avec deux s). Joan-Luc Sauvaigo se fait « le guide du voyageur fantasmonaute, pour scruter, par derrière la ville du réel, cette "maison des rêves" couverte d'ex-voto dont la ferveur n'a pas été abrogée ».
« Vous pouvez toujours essayer d'y entrer par l'une ou l'autre porte, fausse ou imaginaire, fantôme de porte, rêve de port. Mais vous voilà prévenus. Vous aurez vite fait de vous perdre dans la platitude sans esprit de la nouvelle urbanité. » À sa suite, nous abordons dans la ville par la plage des Ponchettes, où jaillissait une source maintenant perdue (nommée 
: le peintre Gustav-Adolf Mossa, le poète nissard Jacques Rosalinde Rancher, son bon maître Robert Lafont et ses alter ego Tuck Certano et Guy Peillon. « Luchino » nous conte l'histoire de son comté, mais surtout ses légendes oubliées et quelques uns de ses propres souvenirs d'enfance, précieux et éclairants.
Ce livre, le plus original qu'on ait écrit sur Nice, oeuvre d'un poète rare et libre, « paillasse universel » comme il se nomme lui-même, est un guide sûr, profond, indispensable pour découvrir les mystères d'une cité faussement heureuse. Un livre sans lequel on ne comprendra jamais Bellanda, Nisse la Belle.
Présentation de l'éditeur


A lire l'éclairante introduction de Dom Corrieras au livre de Jean-Luc Sauvaigo sur la revue en ligne : Les urbains de minuit



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