lundi 28 septembre 2015

Israël marchand d'armes


"L’Arabie saoudite, deuxième plus grand importateur d’armes au monde sur la dernière période (2010-2014) derrière l’Inde, a multiplié par quatre le volume de ses importations. Les six Etats du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Qatar, Emirats arabes unis, Koweït, Oman) ont augmenté de 71% leurs achats au cours des cinq dernières années, ce qui représente plus de la moitié des importations au Moyen Orient. « C’est principalement avec les armes provenant des États-Unis et de l’Europe, que les États du CCG ont étendu et modernisé leurs armées. Les États du CCG ainsi que, dans le grand Moyen-Orient, l’Égypte, l’Irak, Israël et la Turquie sont censés recevoir des commandes importantes d’armes dans les années à venir », a expliqué Pieter Wezeman, chercheur au programme « Armes et dépenses militaires » du Sipri." Damien Roustel, l'Humanité



Dans les années qui suivirent, l'avantage des entreprises israéliennes dans le secteur de l'armement est devenu incontestable. Les entreprises israéliennes pouvaient revendiquer le fait que leurs équipements étaient testés sur des personnes réelles, car les technologies militaires nouvellement développées ont tout d'abord été vendues à la police militaire israélienne et utilisées dans les Territoires palestiniens occupés (TPO). L'utilisation des TPO comme  laboratoire pour les armes israéliennes a été étudiée de près par Naomi Klein, Neve Gordon, et dans le film The Lab, et cela n'a pas été démenti par les autorités israéliennes. Les donneurs d'ordre israéliens se sont ouvertement vantés du fait que les opérations militaires donnaient d'indéniables avantages commerciaux aux entreprises d'armement israéliennes. - See more at: http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/la-forteresse-isra-lienne-les-hauts-et-bas-de-la-vente-d-armes-et-de-la-cybersurveillance#sthash.zmrZdIaT
"Dans les années qui suivirent, l'avantage des entreprises israéliennes dans le secteur de l'armement est devenu incontestable. Les entreprises israéliennes pouvaient revendiquer le fait que leurs équipements étaient testés sur des personnes réelles, car les technologies militaires nouvellement développées ont tout d'abord été vendues à la police militaire israélienne et utilisées dans les Territoires palestiniens occupés (TPO). L'utilisation des TPO comme  laboratoire pour les armes israéliennes a été étudiée de près par Naomi Klein, Neve Gordon, et dans le film The Lab, et cela n'a pas été démenti par les autorités israéliennes. Les donneurs d'ordre israéliens se sont ouvertement vantés du fait que les opérations militaires donnaient d'indéniables avantages commerciaux aux entreprises d'armement israéliennes."




Israël, 4ème marchand d'armes, exporte son expérience (extrait) : 


A première vue, ça ne va pas fort pour Israël. Mais il y a un mystère : pourquoi, au milieu d’un tel chaos et carnage, est-ce que l’économie israélienne progresse comme en 1999, avec une bourse qui grimpe et des taux de croissance à la chinoise ? Thomas Friedman a récemment présenté sa théorie dans le New York Times. Israël " cultive et récompense l’imagination individuelle, " et ses habitants font sans cesse éclore des start-up high-tech ingénieuses peu importent les dégâts causés par les politiciens. Après avoir examiné les projets de fin d’étude des étudiants en ingénierie et informatique à l’Université Ben Gourion, Friedman fit une de ses fameuses annonces déjantées : Israël " a découvert du pétrole ". Ce pétrole, apparemment, se situe dans les esprits des " jeunes innovateurs et entrepreneurs capitalistes, " israéliens, trop occupés à faire des méga-contrats avec Google pour s’arrêter à la politique.

Voici une autre théorie : L’économie israélienne ne surchauffe pas malgré le chaos politique qui fait les gros titres, mais grâce à lui. Cette phase de développement remonte au milieu des années 90, quand Israël – l’économie la plus dépendante de la technique dans le monde - était à l’avant-garde de la révolution de l’information. Après l’explosion de la bulle internet en 2000, l’économie d’Israël fut dévastée, connaissant sa pire année depuis 1953. Puis arriva le 11 septembre, et soudainement de nouvelles perspectives de profit apparurent pour toutes les compagnies prétendant qu’elles pouvaient localiser des terroristes dans les foules, rendre des frontières imperméables aux attaques, et extraire des aveux des prisonniers muets.

En trois ans, de vastes secteurs de l’économie technologique d’Israël ont été réorientés radicalement. En termes Friedmaniens : Israël est passé de l’invention d’outils pour le " monde plat " à la vente de barrières à une planète d’apartheid. Les entrepreneurs qui réussissent le mieux dans le pays sont nombreux à utiliser le statut d’Etat-forteresse d’Israël, entouré d’ennemis furieux, comme d’une sorte de hall d’exposition ouvert jour et nuit, un exemple vivant du savoir faire pour une sécurité relative au milieu d’une guerre perpétuelle. Et la raison de la super-croissance d’Israël, c’est que ces compagnies s’activent à exporter ce modèle dans le monde. Habituellement, les discussions sur le commerce militaire d’Israël portent sur le flot d’armes vers le pays, les Caterpillars étasuniens qui servent à détruire les maisons en Cisjordanie et les compagnies britanniques qui fournissent des pièces de F16. On néglige l’énorme business d’exportation en pleine expansion. Israël envoie maintenant 1,2 milliards de dollars de produits de " défense " aux USA, comparés à seulement 270 millions en 1999. En 2006, Israël a exporté 3,4 milliards de dollars de produits de " défense ", plus d’un milliard au dessus de ce qu’il a reçu en aide militaire US. Ceci fait d’Israël le 4eme marchand d’armes du monde, dépassant la Grande Bretagne.

Une grande part de cette croissance a été dans le secteur dit de “sécurité intérieure”. Avant le 11 septembre, la sécurité intérieure existait à peine en tant qu’industrie. A la fin de cette année, les exportations israéliennes du secteur atteindront 1,2 milliards de dollars, en augmentation de 20%. Les produits et service phares sont les barrières high-tech, les drones, les cartes d’identité biométriques et les systèmes d’interrogatoire des prisonniers – précisément des moyens et technologies qu’Israël a utilisés pour verrouiller les territoires occupés.

Et voila pourquoi le chaos, à Gaza et dans le reste de la région, ne menace pas le solde final à Tel Aviv, il peut même le relever. Israël a appris à faire d’une guerre sans fin un avantage de marque, et fait la promo du déracinement, de l’occupation et de l’enfermement des Palestiniens, comme d’une expérience d’un demi-siècle dans la " guerre globale contre le terrorisme. "

Ce n’est pas par hasard que les projets d’étudiants de l’Université Ben Gourion qui ont tant impressionné Friedman avaient des titres tels que " Matrice de covariance innovante pour la détection de cibles ponctuelles dans les images hyperspectrales " et " Algorithmes pour la détection et l’éviction d’obstacles. " Trente compagnies de sécurité intérieure ont été lancées en Israël rien que ces six derniers mois, grâce en grande partie à de généreuses subventions du gouvernement, qui ont transformé l’armée israélienne et les universités du pays en incubateurs pour les start-up de sécurité et d’armement (à garder en tête dans les débats sur le boycott universitaire).

La semaine prochaine, les mieux établies de ces compagnies viendront en Europe pour le Salon du Bourget, l’équivalent de la Semaine de la Mode pour l’industrie des armes. Une des compagnies israéliennes sera Suspect Detection Systems (SDS), qui présentera Cogito1002, un kiosque de sécurité blanc d’air futuriste qui demande aux voyageurs aériens de répondre à une série de questions générées par ordinateur, ajustées selon le pays d’origine, tandis qu’ils mettent leur main sur un senseur " biofeedback ". L’appareil lit les réactions corporelles aux questions et certaines réactions indiquent que le passager est " suspect ".

Comme des centaines d’autres start-up israéliennes, SDS se vante d’avoir été fondé par des anciens de la police secrète israélienne, et que ses produits ont été testés sur le terrain sur les Palestiniens. Non seulement la compagnie a testé ses terminaux biofeedback à un checkpoint de Cisjordanie, mais elle proclame que " le concept est soutenu et renforcé par la connaissance acquise et assimilée à partir de l’analyse de milliers de cas en relation avec les kamikazes en Israël. "

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Naomi Klein
Traduction : JPB 






"Le déclenchement du Printemps arabe qui a entraîné l'apparition de nouveaux conflits en Afrique, a fait la fortune des marchands d’armes. Alors que la vente mondiale d’armes est restée stable à 24 %, le marché africain a connu une hausse de 273 % ces cinq dernières années.
«Dans ce pays vous ne pouvez trouver ni eau, ni pain, ni médicaments, mais en revanche en une minute vous pouvez acquérir toutes sortes d’armes, et pour une bouchée de pain.» Tel est le constat cruel que fait un assistant officier qui a passé ces deux dernières années en Somalie, là où des enfants en âge d’aller à l’école se promènent avec des armes à la taille." Zamanfrance




"En "Israël", il a été dévoilé qu’il y a au moins 6784 marchands d’armes ayant une licence d’exportation. Ce chiffre a été révélé lors de la réponse de l’Etat à une requête demandant les noms de personnes et d’entreprises ayant une telle autorisation. Palestine.info
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Tel Aviv préfère vendre à des pays africains et américains de façon indirecte, par quelque 220 entreprises, dans le but de se soustraire de la responsabilité de l’utilisation de ces armes dans des crimes contre l’humanité. Ainsi, "Israël" est devenu le quatrième pays dans le commerce mondial des armes, toujours dans l’intention de faire des profits, en dépit de son risque et son immoralité.  Le Mossad, service israélien des renseignements extérieurs, a pu tisser des réseaux clandestins ayant pour mission de commercialiser les armes israéliennes dans plus de 50 pays dont les Etats-Unis, dit l’officier israélien à la retraite Eli Chahal." Palestine.info 






Les armes israéliennes alimentent les atrocités en Afrique

Le jeudi 24 septembre 2015 - 



Par Rania Khalek

Les armes israéliennes alimentent les atrocités au Soudan du Sud, selon un rapport des Nations Unies qui jette une lumière nouvelle sur le commerce d’armes secret des Israéliens en Afrique.


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L’armée sud-soudanaise, armée et entraînée par Israël, se rend coupable de violations systématiques des droits humains, selon l’ONU. - 
Photo : Reuters/Goran Tomasevic

Rédigé par une équipe d’enquêteurs diligentés par le Conseil de sécurité de l’ONU, le rapport présente des preuves photographiques de fusils automatiques produits par les Industries militaires israéliennes (IMI) trouvés dans l’arsenal de l’armée et de la police du Sud-Soudan. Connus sous le nom de Galil ACE, les fusils ont notamment été utilisés par les gardes du corps de politiciens de haut rang et d’officiers supérieurs de l’armée.

Le Sud-Soudan a obtenu l’indépendance en 2011 après une guerre civile qui a duré des décennies. Dans les jours qui ont suivi sa création, des personnalités de l’industrie de l’armement israélienne se sont précipitées pour défendre leurs intérêts auprès de ce nouvel allié et contrer l’influence de l’Iran au Soudan.

Depuis sa sécession en 2011, le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile entre factions politiques opposées.

L’armée sud-soudanaise et les milices pro-gouvernement armées par Israël se livrent à la « politique de la terre brûlée », caractérisée par le viol systématique des femmes et des enfants, les massacres aveugles et l’incendie de villages entiers avec des familles à l’intérieur des maisons, selon le rapport de l’ONU.
Le Soudan du Sud n’est pas le seul pays africain où l’industrie de l’armement israélienne tire profit de l’effusion de sang.

Selon l’Institut international de recherche de la paix de Stockholm (SIPRI), Israël ne donne pas d’informations détaillées sur ses ventes d’armes, dont la plupart sont négociées par des intermédiaires très discrets, le plus souvent des militaires retraités ou des membres de la diaspora israélienne.

Toutefois, des reportages occasionnels, des déclarations publiques de fonctionnaires et des enquêtes menées par des organisations non gouvernementales ont permis, ces dernières années, de lever le rideau et de se rendre compte que l’implication militaire israélienne touche plus d’endroits d’Afrique qu’on ne peut le dire en un seul article.

Grâce à ces sources, SIPRI a pu montrer qu’Israël a vendu ses principales armes au Cameroun, au Tchad, à la Guinée équatoriale, au Lesotho, au Nigéria, au Rwanda, aux Seychelles, à l’Afrique du Sud et à l’Ouganda, de 2006 à 2010.

Le champion du marché de l’armement

Malgré sa petite taille, cela fait des décennies qu’Israël est classé parmi les 10 premiers exportateurs d’armes du monde, un exploit impressionnant pour une nation de la taille du New Jersey.

Cette réussite tient en partie au fait qu’Israël se sert de la Cisjordanie occupée et de Gaza comme laboratoires pour tester et affiner les armes et les méthodes de domination et de contrôle. Cette dynamique permet aux entreprises militaires israéliennes de commercialiser leurs produits comme des armes « testées au combat » et « qui ont résisté au combat » - des étiquettes convoitées qui lui donnent un avantage concurrentiel dans le commerce international des armes.

Le succès d’Israël s’explique également par son empressement à faire des affaires avec des régimes répressifs que même les États-Unis et les pays européens évitent d’armer directement.

Dans le cas du Sud-Soudan, l’ampleur des atrocités a contraint l’Union européenne à imposer un embargo sur les armes et à prononcer des sanctions contre les dirigeants militaires des pays.
Les États-Unis aussi ont suspendu l’aide militaire et prononcé des sanctions, mais il faut noter que l’administration Obama a aidé avec enthousiasme l’armée sud-soudanaise à se développer, tout en sachant qu’il y avait plusieurs milliers d’enfants soldats dans ses rangs.

Israël, de son côté, a accueilli le Soudan du Sud à une expo d’armes pas plus tard qu’en juin.

Aide au génocide

Fournir secrètement des armes à des régimes meurtriers n’est guère nouveau pour Israël.

Sous la direction de Yitzhak Rabin, alors premier ministre, et Shimon Peres, alors ministre des Affaires étrangères, Israël a fourni les forces gouvernementales rwandaises à dominante hutu ainsi que l’armée rebelle dirigée par Paul Kagame, en balles, fusils et grenades, alors même qu’un génocide était en cours dans ce pays, dans les années 1990.

En plus d’armer les tueurs, Israël a formé les forces militaires et paramilitaires rwandaises dans les années qui ont précédé le bain de sang.

Après avoir visité les champs de la mort, un marchand d’armes israélien se serait félicité d’être un humaniste parce que, grâce à ses balles les victimes étaient mortes plus vite qu’avec les machettes. "Je suis en fait un médecin," s’est-il vanté.

Depuis, Israël a noué des liens étroits avec Kagame, le président autocratique actuel du Rwanda, qui bénéficie d’un grand soutien en Occident.

Des dépôts d’armes pour les despotes

Comme les contrats d’armement avec les Israéliens diminuent aux Etats-Unis et en Europe en raison de la réduction des budgets de défense, des pays en voie de développement d’Amérique latine et d’Afrique sont devenus les clients les plus dynamiques d’Israël.

Les ventes d’armes israéliennes à l’Afrique ont doublé entre 2012 et 2013 et augmenté encore de 40 % en 2014, atteignant 318 millions de dollars cette année.

Il est difficile de savoir si ces chiffres regroupent à la fois les armes et l’entraînement militaire fourni par Israël à l’Ouganda et peut-être au Rwanda, à titre de compensation pour avoir accepté d’accueillir des réfugiés africains expulsés d’Israël.

Alors qu’Israël n’a aucun scrupule à contribuer au désordre dans les pays africains, il refuse d’accorder l’asile aux Africains sur son sol, préférant les mettre en prison et les renvoyer vers les horreurs auxquelles ils avaient échappé. Certains ont été emprisonnés, torturés et même tués depuis leur expulsion.

Ce qui est clair, c’est qu’Israël traite avec le who is who des régimes africains dictatoriaux qui oppriment brutalement leurs citoyens.

La Brigade d’intervention rapide du Cameroun (BIR), qui se livre à des assassinats extrajudiciaires de routine et se rend coupable de « disparitions », est formée par un commandant de l’armée israélienne à la retraite, Mayer Heretz.

En 2009, la BIR a été déployée pour écraser des manifestations contre l’inégalité économique, et a tué au moins 100 manifestants.

La garde présidentielle du Cameroun connue pour sa brutalité, et sans laquelle le dictateur Paul Biya ne pourrait pas se maintien au pouvoir qu’il occupe depuis 33 ans, a été formée par un autre commandant de l’armée israélienne à la retraite, Avi Sivan.

Prolonger la loi des régimes répressifs en Afrique est une tradition israélienne de longue date.
Israël a équipé le régime d’apartheid d’Afrique du Sud en armes dans les années 1970 et 80 en violation des sanctions internationales.

Sauvegarder la prédation entrepreneuriale

Des décennies de vol et de colonisation de la terre et des ressources palestiniennes ont donné à Israël une expérience unique pour dompter la résistance et s’adonner au pillage colonial.

Comme Jimmy Johnson, un militant spécialisé dans le commerce d’armes israélien, l’a expliqué : « Le nationalisme ethnocentrique du 19ème siècle qui a conduit à la création d’Israël ... occulte souvent le fait que la dépossession des Palestiniens inclut un transfert massif de richesse du colonisé vers le colonisateur et de l’occupé vers l’occupant ".

Israël ne se contente pas de livrer des armes à l’Afrique. Il offre un parfait exemple de prédateur néocolonial qui parvient à garder les fruits de cette prédation hors de portée d’une classe moyenne de plus en plus dépossédée par les ravages du capitalisme mondialisé et abandonnée.

L’occupation israélienne est « exportée pour lutter contre la redistribution de richesse », comme l’a noté Johnson.

Juste au sud du Cameroun, les entreprises militaires israéliennes ont engrangé des millions de dollars en vendant du matériel militaire au petit pays riche en pétrole de Guinée équatoriale.

La Guinée équatoriale abrite l’une des sociétés les plus inégalitaires du monde.

Le dictateur impitoyable de l’ancienne colonie espagnole, Teodoro Obiang, s’est lui-même enrichi grâce aux généreux versements des compagnies pétrolières américaines, en échange desquels elles peuvent exploiter les énormes réserves de pétrole du pays sans entrave.

Pour préserver son pouvoir, Obiang entretient une garde présidentielle presque certainement formée par Israël, tout en se reposant sur du matériel israélien perfectionné à Gaza pour protéger les plates-formes pétrolières d’Exxon.

Les forces de sécurité d’Obiang ont la réputation de pratiquer largement la torture et les exécutions sommaires d’opposants politiques.

En 2008, Israël a conclu un contrat d’armement d’environ 100 millions de dollars avec la Guinée équatoriale, qui comprenait l’achat de quatre bateaux de patrouille IMI Shaldag et d’un bateaux lance-missiles de classe Saar, fabriqués par Israel Shipyards. « Les bateaux de l’IMI sont destinés à sécuriser les plates-formes pétrolières en mer », selon le journal israélien Haaretz.

Ce sont les mêmes bateaux que la marine israélienne utilise pour faire respecter le blocus maritime de Gaza et tirer sur ses habitants.

Pendant qu’Israël aide les entreprises américaines de pétrole et la famille Obiang à accumuler de l’argent, 1 enfant sur 10 meurt, en Guinée équatoriale, avant son cinquième anniversaire. En outre, moins de la moitié des citoyens du pays ont accès à l’eau potable.

Dans la province de Cabinda en Angola, l’Aerostar, un drone fabriqué par la société israélienne Aeronautics Defense Systems, protège les plates-formes pétrolières maritimes des entreprises privées, y compris Chevron.

Dans le delta du Niger, un assortiment de drones de surveillance israéliens, comme l’Aerostar et le Seastar d’Aeronautics ainsi que le bateau de patrouille Shaldag d’Israel Shipyards, protègent les plates-formes pétrolières de Chevron contre d’éventuels oppositions au pillage des ressources du Nigeria par les entreprises.

Tout cela en plus du système de surveillance d’Internet installé au Nigeria, en 2013, par le plus grande firme d’armement israélienne, Elbit Systems.

Exporter la « guerre contre le terrorisme »

Avec la montée de Boko Haram, le Nigéria a adopté ces dernières années la « guerre contre le terrorisme », une théorie initiée par Israël pour justifier sa conquête permanente de la Palestine.

« Israël a été un allié crucial et loyal dans notre lutte contre Boko Haram, » aurait dit un fonctionnaire du gouvernement nigérian, au début de l’année.

« C’est une triste réalité qu’Israël a beaucoup d’expérience en ce qui concerne le terrorisme. Nos partenaires israéliens ont utilisé leur expérience, et leur expertise unique acquise au fil d’années de lutte contre le terrorisme au sein de leurs propres frontières, pour nous aider », a ajouté le responsable, en faisant l’amalgame entre la résistance palestinienne à la violence coloniale israélienne et les actes de terrorisme perpétrés par un groupe militant qui n’a rien à voir avec les Palestiniens.

Un militant chrétien nigérian qui soutient pleinement la conduite de son gouvernement, a déclaré au Jerusalem Post : « Je suis comme un colon israélien en Cisjordanie au milieu des Palestiniens. »
Cette attitude a eu des conséquences absolument désastreuses.

Depuis 2012, sous couvert de combattre Boko Haram, l’armée nigériane a exécuté de manière extrajudiciaire 1 200 personnes et arrêté arbitrairement 20 000 garçons et jeunes hommes, dont au moins 7 000 sont morts en détention militaire de famine, de négligence médicale et de surpopulation.
Au Kenya, les escadrons de la mort de l’Unité de service générale, l’aile paramilitaire de la police et de l’armée de ce pays, ont eux aussi adopté le « livret de règles israéliennes » des exécutions extrajudiciaires pour faire taire des religieux musulmans.

Les officiers des escadrons de la mort interrogés par Al Jazeera, l’année dernière, ont révélé queleurs unités étaient formées par Israël.

« Exporter l’expérience du sionisme »

Dans un livre paru en 1987, La connexion israélienne, Benjamin Beit-Hallahmi a décrit le soutien d’Israël aux tyrans des pays en voie de développement comme la « conséquence directe de ce qu’il fait chez lui. »

Selon lui, « Israël ne fait qu’exporter dans le Tiers Monde l’expérience du sionisme au Moyen-Orient, » caractérisé par la conquête et la pacification.

Israël n’exporte « pas seulement une technologie de domination, mais la vision du monde qui sous-tend cette technologie, » at-il ajouté.

Il exporte « la logique de l’oppresseur ... un certain état d’esprit, un sentiment que le Tiers Monde peut être contrôlé et dominé, que les mouvements radicaux dans le Tiers-Monde peuvent être éradiqués, que les Croisés modernes ont encore un avenir. »

Voilà exactement ce que fait Israël dans l’Afrique d’aujourd’hui. Nul doute que cela fera couler encore beaucoup de sang.

Pour compléter cette lecture : Droits humains, drones et la guerre pour gérer les inégalités - de Jimmy Johnson.



* Rania Khalek est journaliste indépendante et reporter.

De la même auteure :
- L’Etat israélien est dans le peloton de tête des tueurs en série ! - 4 juillet 2015
- L’extermination de familles entières met à nu les pulsions génocidaires d’Israël - 5 septembre 2014
- Tariq Abukhdeir, sauvagement passé à tabac par les flics israéliens (vidéos) - 5 juillet 2014


Source : Info-Palestine.eu

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