mercredi 30 septembre 2015

Chercher l'ennemi




George Grosz, Attentats 1915 - Lithographie



"... Dans le dernier épisode d’Head to Head sur Al Jazeera, l’ancien directeur de la Defense Intelligence Agency (DIA), Michael Flynn, confirme au journaliste Medhi Hasan qu’il a non seulement bien étudié le rapport de la DIA prédisant que l’Occident soutenait l’idée d’un État islamique en Syrie lorsque ce dossier lui fut soumis en 2012, mais prétend même que le sponsoring de djihadistes radicaux (qui deviendront EI et Nusra) par la Maison Blanche pour contrer le régime syrien fut une décision délibérée..." Brad Hoff




 "Il y a d'abord le fameux Front al-Nosra, qui est le représentant d'Al-Qaïda localement. Il y a ensuite une nébuleuse qui comporte presqu'une dizaine de mouvements, et qui porte le nom de Jaish al Fatah (Armée de la victoire ou de la conquête). Ces deux mouvements sont soutenus par la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite, ce qui est une alliance circonstancielle assez exceptionnelle. Le fait que la Russie s'engage militairement, malgré les apparences, rend service aux Etats-Unis et à toutes les chancelleries occidentales. La Russie va faire un effort que nous ne faisons pas suffisamment. Cela va aussi forcer les Américains à être plus présents. Quant à l'argument que cette implication russe renforce Bachar el-Assad, selon moi, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal. La réponse est simple : ce sont les islamistes." Gérard Chaliand, expert en géostratégie et poète


"Le gouvernement syrien a officiellement demandé l’aide de la Russie. Ceci donne une justification légale d’envoyer des forces combattantes en Syrie, à l’encontre des forces occidentales qui bombardent en Syrie sans y avoir été invitées et sans aucun mandat de l’ONU." RT




Je ne me souviens pas d’une occurrence semblable, dans la majestueuse et pompeuse Assemblée Générale des Nations-Unies réunie pour sa session annuelle, avec un chef d’État de la puissance de la Russie, s’adressant à l’assistance de ses pairs, de ses “partenaires” comme il dit, et l’on sait lesquels certes, et les apostrophant directement avec cette phrase pathétique, une question mais aussi une prière :

« Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? »

C’était à la fois familier, tragique, désespéré, et presque comme un prière adressée à un Autre, – “Mon Dieu, ils ne savent pas ce qu’ils ont fait ni ce qu’ils font mais faites qu’ils finissent par le comprendre”. Une telle phrase n’a jamais résonné, dans de telles circonstances, dans l’immense salle de l’ONU, une telle phrase aussi courte résumant à la fois la catastrophe du monde, la folie de ceux qu’emportent l’ignorance, l’inculture et 

l’inconscience, les terribles perspectives qui se dessinent si rien de tout cela ne cesse.... 
Philippe Grasset |e 29 septembre 2015










Le véritable ennemi est à l’intérieur 




Par Chris Hedges

Le 06/09/2015







Si vous ne vous vouez pas à la destruction de l’empire et au démantèlement du militarisme américain, alors vous ne pouvez pas vous considérer comme étant de gauche. Le sujet n’est pas accessoire, c’est LE sujet. C’est pourquoi je refuse d’accorder un blanc-seing à cette campagne de Bernie Sanders pour les élections présidentielles, alors qu’il refuse d’affronter l’industrie militaire ou les crimes de l’empire, y compris le soutien états-unien au lent génocide du peuple palestinien. Tant que nous ne détruirons pas notre machine de guerre perpétuelle, aucune réforme authentique, démocratique, sociale, économique ou politique ne sera possible.



Ceux qui défendent l’armée et profitent de la guerre, ceux-là sont nos vrais ennemis. Ils se servent de la peur, renforcée par le racisme, comme d’un instrument qui les aide à abolir les libertés civiles, écraser toute contestation pour finir par éteindre la démocratie. Pour produire des armes et financer l’expansion militaire, ils ruinent les économies domestiques en détournant les ressources, l’expertise scientifique et technique et une part faramineuse des fonds d’État. Ils se servent des militaires pour mener des guerres inutiles et interminables dans le but d’enrichir des entreprises comme Lockheed Martin, General Dynamics, Raytheon et Northrop Grumman. La guerre est une affaire. Et quand les généraux partent à la retraite, devinez où ils vont travailler? Les profits gonflent. La guerre ne s’arrête jamais. Des régions entières sur la Terre vivent dans la terreur. Notre pays se fait éviscérer et se trouve à devoir vivre sous ce que le philosophe Sheldon Wolin appelle le totalitarisme inversé. Il semble que les libertariens aient compris de quoi il retourne. Il est temps que la gauche se réveille. «La société bourgeoise est face à un dilemme, écrit la socialiste Rosa Luxembourg, évoluer vers le socialisme ou retourner à la barbarie… 

Nous faisons face à un choix : la victoire de l’impérialisme et le déclin de toute culture, comme dans la Rome ancienne – annihilation, dévastation, dégénérescence, un cimetière à ciel ouvert – ou la victoire de la classe ouvrière internationale contre l’impérialisme et son système, la guerre. Tel est le dilemme de l’histoire du monde, soit ceci, soit cela, les dés en seront jetés par le prolétariat conscient de sa position sociale.» L’armée américaine et ses hordes de sous-traitants privés sont les hommes de main et les tueurs à gages des multinationales, dont la plupart ne paient aucun impôt. La jeunesse au chômage sert de chair à canon. L’armée américaine est la servante du capitalisme depuis le génocide des Indiens, perpétré pour le profit des spéculateurs fonciers, des sociétés minières, des marchands de bois et des chemins de fer. L’armée a répété ce massacre aveugle à la fin du XIXe siècle lors de notre expansion impériale à Cuba et aux Caraïbes, en Amérique centrale et tout particulièrement aux Philippines. La force militaire permet aux multinationales d’étendre leur marché et de piller le pétrole, les minerais et les autres ressources naturelles, tout en gardant les populations appauvries sous le joug de régimes corrompus et brutaux. Les maîtres de la guerre sont la lie de la terre.

Ce sont les profiteurs de guerre et les militaires, comme Seymour Melman l’a fait remarquer, qui ont conspiré après la Seconde Guerre mondiale pour conserver le pays en état de guerre totale, poussant l’économie à continuer à produire d’énormes quantités d’armes en temps de paix. La perpétuelle économie de guerre est maintenue par la peur – des communistes pendant la Guerre froide et des djihadistes islamistes aujourd’hui. Cette peur n’est pas seulement utilisée pour légitimer des dépenses militaires exorbitantes, mais aussi pour écraser l’opposition intérieure. Les capitalistes et les militaires, qui ont réussi à mener ce que John Ralston Saul appelle un coup d’État au ralenti, ont utilisé leur influence politique et économique pour démanteler les programmes et les politiques mis en place pendant le New Deal. Voici ce que Brian Waddel écrit à propos de ce processus :

Les exigences de la guerre totale ont fait renaître les pouvoirs des multinationales, permettant aux chefs d’entreprise, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, d’avoir une influence importante sur les décisions politiques concernant les mobilisations guerrières. Les chefs d’entreprise et les militaires ont formé une alliance guerrière très efficace, qui n’a pas seulement bloqué les politiques du New Deal, mais qui en a empêché toute alternative. Les préoccupations internationales ont supplanté l’activisme domestique. Ainsi fut mis en place un empire américain vaste et plus puissant, un empire informel hors de son propre hémisphère.

La machine de guerre n’est pas, et n’a jamais été, une force conduisant à la liberté ou la démocratie. Elle ne nous apporte pas la sécurité. Elle ne rend pas le monde plus sûr. Et au plan intérieur, son immense pouvoir économique et politique qui inclut sa gestion de la sécurité et de la surveillance de l’État de même que ses contrats de défense faramineux se sont mués en l’institution la plus dangereuse qui soit en Amérique.

Les dépenses militaires saignent le budget fédéral ; elles représentent – officiellement – 598,49 milliards de dollars par an, soit 53,71% de l’ensemble des dépenses. Ceci n’inclut cependant pas les allocations versées aux vétérans (65,32 milliards de dollars par an) ou les coûts dissimulés dans d’autres budgets et qui voient l’armée et les profiteurs de guerre soutirer pas moins de 1 600 milliards de dollars par an des poches du contribuable. La classe ouvrière et la classe moyenne financent les interminables guerres en Irak, Afghanistan, Pakistan, Somalie, Yémen et un paquet d’autres pays tout en supportant des programmes d’austérité invalidants, une lourde servitude de la dette, des infrastructures qui tombent en ruine, un sous-emploi et chômage chroniques et une répression interne croissante.

L’industrie de la guerre, se repaissant de la carcasse de l’État, devient de plus en plus grasse et puissante. Il n’y a là rien d’unique. C’est ainsi que tous les empires sont mangés de l’intérieur. Tandis que nous nous appauvrissons et perdons nos droits, les outils utilisés pour maintenir l’ordre aux marches de l’empire – drones, police militarisée, violence arbitraire, perte des libertés civiles, sécurité et surveillance – nous sont appliqués. Nous avons régressé, sous l’effet du poison de l’empire, en pays du Tiers-monde pourvu d’armes nucléaires. Nous sommes dirigés par une oligarchie omnipotente et sa Garde prétorienne. La classe politique, républicaine et démocrate, danse sur la musique que jouent ces oligarques et militaristes et chante les paroles qu’ils leur dictent.

C. Wright Mills dans L’élite du pouvoir sonne l’alarme d’une machine militaire qui non seulement tient en otage la vie politique et économique de la nation, mais qui a également la possibilité de former l’opinion publique. Selon un rapport de l’Associated Press en 2009, le Pentagone dépense 4,7 milliards de dollars par an et utilise 27 000 employés pour la publicité, les opérations psychologiques et les relations publiques. Mais des millions de dollars supplémentaires alloués à la propagande sont dissimulés dans des budgets secrets. Le Pentagone place ses commentateurs et ses experts sur les ondes, produit des actualités pour la presse, finance une publicité omniprésente, organise des banquets pour les capitalistes de Wall Street et les élus et contrôle comment Hollywood et la télévision présentent la guerre et les militaires. Mills écrit :

… Dans toute l’Amérique pluraliste, il n’y a pas d’intérêt – il n’y a pas d’alliance possible d’intérêts – qui ait autant de temps, d’hommes, d’argent, pour concurrencer efficacement les opinions présentées jour après jour par les seigneurs de guerre et ceux qu’ils emploient.

Et d’abord, cela veut dire qu’il n’y a pas de débat public libre sur les questions militaires. Mais cet état de fait est évidemment en ligne avec l’entraînement du soldat professionnel à commander et à obéir, et avec son état d’esprit, qui n’est certainement pas celui d’une société habituée à la discussion et dans laquelle les décisions sont soumises au vote. Il est également en ligne avec la tendance à remplacer, dans une société de masse, une autorité explicitement questionable par de la manipulation et aussi avec cette caractéristique de guerre totale d’abolissement de la barrière entre soldat et civil. La manipulation de l’opinion civile et l’invasion des esprits par les militaires sont aujourd’hui d’importants moyens par lesquels le pouvoir des seigneurs de guerre s’exerce sans discontinuer.

L’étendue de la publicité militaire et l’absence d’opposition à celle-ci signifie aussi que ce n’est pas seulement que telle proposition ou tel point de vue est mis en avant. Elle signifie qu’en l’absence de vues différentes, la plus haute forme de la guerre de propagande peut être menée : la propagande pour une définition de la réalité dans laquelle seuls certains points de vue limités sont possibles. Ce qui est décrété et sur lequel on insiste est la métaphysique militaire – la manière de voir qui définit la réalité internationale comme étant fondamentalement militaire. Les publicistes des militaires n’ont pas vraiment besoin de travailler dur pour endoctriner ceux dont l’opinion compte : ils ont déjà accepté cette manière de voir.
L’avidité crue et la violence qui définissent l’empire, bien comprises par des auteurs comme Joseph Conrad, Eduardo Galeano et Arundhal Roy, sont masquées à l’intérieur de l’empire par les paroles creuses du patriotisme et du nationalisme, qui sanctifient l’auto-exaltation et le racisme. La guerre impériale se mue par la magie de la propagande en un spectacle grandiose. Galeano a écrit un jour que « chaque fois qu’une nouvelle guerre est déclarée au nom de la lutte du bien contre le mal, les morts sont toujours les pauvres. C’est toujours la même histoire qui se répète encore et encore. »

L’hypermasculinité qui règne dans l’institution militaire, qu’ont célébrée Hollywood et les médias, apparaît comme séduisante à une sous-classe cantonnée à des emplois subalternes et sans avenir. Les empires fondent sur ces réservoirs de main-d’œuvre frustrée comme des vautours. Ils manipulent leur sentiment d’impuissance. C’est la raison pour laquelle les capitalistes créent des travailleurs surnuméraires. Ceux qui désespèrent de pouvoir se faire une place dans la société sont une proie facile pour l’armée et des candidats idéaux pour les emplois sous-payés, sans avantages ni sécurité d’emploi. Notre société capitaliste et néo-féodale est voulue.

Il est fort rare de retrouver dans l’armée les fils et filles des élites. L’armée attire celles et ceux que le néo-libéralisme a marginalisés, et ce même dans le cas des académies comme celle de West Point. Avant qu’ils rejoignent l’armée, on observe souvent qu’une identité clairement définie leur fait défaut, qu’ils n’ont pas vraiment réfléchi au sens des choses. Ils sont terrorisés par le fait d’être constamment poussés vers le fond. Ils sont particulièrement vulnérables à l’endoctrinement. L’Armée enseigne aux soldats, aux marins, aux aviateurs et aux Marines non pas à penser, à remettre en cause postulats et structures, mais à obéir, à être des durs, à être forts. Cette culture hyper masculine glorifie l’État et la violence d’État. Elle fait que tous les êtres humains qui se situent hors du Cercle sacré sont considérés comme des choses qu’il s’agit de contrôler ou d’exploiter. Elle crée un monde binaire fait de Bien et de Mal. Elle encense la violence, particulièrement la violence masculine. Voilà pourquoi le viol est endémique dans l’Armée. Voilà pourquoi la pornographie et la violence contre les femmes sont omniprésentes dans cette culture. Sont bannies en revanche : la tendresse, la sollicitude, l’empathie, et, avec elles, la curiosité intellectuelle et l’expression artistique. Ceux qui sont faibles et vulnérables méritent d’être mis de côté. Nos ennemis méritent la mort. C’est une culture mortifère, un élixir funeste que nous absorbons en longues gorgées.

W.E.B. Du Bois nous prévient : l’Empire a été l’outil principal pour casser la classe ouvrière en Europe, puis ensuite aux États-Unis. Alors que les ouvriers s’organisaient et se battaient pour défendre leurs droits et des salaires décents, les maîtres de l’Empire commençaient à déplacer la production vers des pays plus faciles à contrôler, des pays peuplés de gens plus noirs. Ce transfert est maintenant largement réalisé.
«Ici, il n’y a pas de syndicats, de votes, de spectateurs qui posent des questions ni de consciences gênantes, écrit Du Bois. Ces hommes peuvent être utilisés jusqu’à ce que leurs os soient usés et tués ou estropiés au cours d’expéditions punitives s’ils se révoltent. Dans ces terres noires, le développement industriel peut reproduire dans une forme exagérée toute l’horreur vécue en Europe, depuis l’esclavage et le viol jusqu’à la maladie et la mutilation, avec un seul critère de réussite – les dividendes.»

Du Bois savait aussi que les coûts de maintien de l’empire étaient couverts par les profits. Il pose la question : «Pourquoi les nations se soucieraient du coût de la guerre, si la dépense de quelques centaines de millions en acier et en poudre à canon leur permet de gagner des milliers de millions en diamants et en cacao?»

La réalité de l’Empire est quasiment impossible à voir de l’intérieur. Ceux qui disent la vérité sont bannis des ondes. Ils sont condamnés comme traîtres ou antiaméricains. Les pleurs des victimes de l’empire sont rarement entendus. Les crimes de l’empire sont rendus invisibles. La cupidité des faiseurs de guerres, et la corruption et la malhonnêteté des courtisans qui servent l’empire (politiques, juges, intellectuels, médias) est barrée à la vue du public. L’image de l’empire est scénarisée comme un film de Walt Disney. Ce récit mythique est disséminé par l’État dans les films, à la télévision, dans les journaux, les églises, les universités. C’est un mensonge. Mais un mensonge qui marche. Et il marche parce que nous le voulons. Il conforte nos illusions sur nous-mêmes : que nous sommes un peuple vertueux, que Dieu nous a distingués des autres, que notre civilisation est la meilleure, que nous avons été désignés pour diriger le monde et le rendre plus sûr, que nous sommes la nation la plus puissante et la plus vertueuse du monde, que nous sommes toujours assurés de la victoire, et que nous avons le droit de tuer au nom de nos valeurs nationales – valeurs déterminées par notre intérêt personnel, mais que nous définissons commodément comme universelles.


Noam Chomsky, peut-être plus que tout autre intellectuel américain, a mis à nu les forces latentes du totalitarisme qui sont parmi nous et nous a alertés sur la contagion de l’empire. Il dit :

Les plus engagés avec le totalitarisme identifient l’état et la société, son peuple et sa culture. Donc ceux qui critiquaient la politique du Kremlin sous Staline étaient condamnés comme “antisoviétiques” ou comme “haïssant la Russie”. Leurs équivalents à l’Ouest, qui critiquent la politique du gouvernement américain, sont “antiaméricains” et “haïssent l’Amérique” ; ce sont les termes couramment utilisés par les intellectuels, y compris les libéraux de gauche, qui sont si attachés à leurs instincts totalitaires qu’ils ne peuvent même pas les voir, encore moins comprendre leur honteuse histoire. Pour les totalitaristes, le “patriotisme” se confond avec la défense de l’état et de sa politique avec de faibles protestations justifiées par un échec possible ou des coûts excessifs. Pour ceux dont les aspirations sont plus démocratiques que totalitaires, « patriotisme » veut dire attachement au bien-être et à l’amélioration de la société, du peuple, de sa culture. C’est un sentiment naturel qui peut être réellement positif. Ce sentiment est partagé par tous les activistes sérieux, je suppose, sinon, pourquoi prendre le risque de faire ce que nous faisons ? Mais la sorte de « patriotisme » cultivé par les sociétés totalitaires et les dictatures militaires, et que dans les sociétés plus libres une partie de l’intelligentsia a déjà adopté comme une seconde nature, est l’une des pires maladies de l’histoire humaine, et elle aura probablement raison de nous avant longtemps.

Il ne pourra y avoir de débat raisonné sur le concept d’empire, tant de nombreux Américains désespérés ont intégré cette croyance. La distorsion induite par le néolibéralisme ne leur a pas laissé d’autre choix. C’est de là que réside le virus du fascisme, enveloppé du drapeau américain, brandi sur le crucifix et soutenu par la supériorité de la race blanche. C’est une force puissante et dangereuse dans le corps politique. Et elle gagne du terrain. Le véritable ennemi est à l’intérieur.


Source : Truthdig
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.






mardi 29 septembre 2015

L'Arabie heureuse






200 jours de guerre. 
5000 morts dont 500 enfants
depuis mars 2015.
Le pays arabe le plus riche du monde 
dévaste le pays arabe le plus pauvre du monde. 
C'est de la faute à Bacher al Assad, évidemment
la faute à l'Iran, aux mollahs, aux talibans 
Le Yémen est un petit pays 
où shiites et sunnites prient ensemble
dans les mosquées. 
Les bombardiers saoudiens
crachent le feu de l'enfer
sur un peuple innocent
et la communauté internationale
regarde ailleurs 
parce que le roi Salman est l'ami 
des gouvernements démocratiques
que nous élisons
L'Onu fait le gros dos 
des millions de yéménites 
crèvent de faim et de soif
le sang coule à flots 
de Aden à Sanaa ... 

André Chenet 

 d'après un article de Bahar Kimyongur


Bulletin d'Al-Manar du 20 juillet 2015

Tant du point de vue de l'atrocité de ses crimes que des revers cuisants qu'elle subit, l'agression saoudienne, qui bénéficie du soutien total des Etats-Unis (ouvertement) et d'Israël (en coulisses), semble engagée irrémédiablement dans la voie de l'entité sioniste. De même, la Résistance yéménite marche, lentement mais sûrement, sur la voie du Hezbollah.
Sayed Hassan Nasrallah avait déjà évoqué, au sujet de la guerre de 2008 entre la Géorgie et la Russie, que les Israéliens avaient un haut degré d'expertise dans les défaites humiliantes, et qu'ils en faisaient bénéficier Tbilissi et quiconque voulait apprendre. Riyad s'est portée volontaire et en récolte les premiers fruits : les Saoud ont inextricablement lié leur rôle, leur réputation et leur destin à Israël. 

Traduction et sous-titres : http://www.sayed7asan.blogspot.fr




Transcription :



L'agression saoudo-américaine poursuit méthodiquement ses massacres au Yémen. Elle persiste à semer la mort sans relâche. A Saada, cela s'est manifesté dans un massacre atroce qui a fait plus de 20 victimes civiles, des femmes et des enfants pour la plupart, du fait de bombardements intenses sur le quartier résidentiel de Sadr, et la région de Maqna'.

Les massacres saoudo-américains se sont également étendus à la province de Ebb, à l'ouest du Yémen. Voici des images du massacre qui s'est produit il y a deux jours dans la sous-préfecture d'Irim. On compte plus de 13 victimes martyres, surtout des enfants et des femmes.
Mais tout cela n'a pas empêché l'armée yéménite et les Comités populaires de repousser les éléments d'Al-Qaïda et les forces de la coalition (saoudo-arabe) dans plusieurs régions. Dans la province de Lahj, l'armée yéménite et les Comités populaires ont infligé de lourdes pertes aux éléments d'Al-Qaïda et aux milices de Hadi au cours de combats intenses aux alentours de la base aérienne d'Al-Anad. Ils ont lancé des roquettes sur des bases militaires saoudiennes dans les régions de Jizan et Najran.
Mais le succès le plus éclatant de l'armée yéménite et des Comités populaires est d'être parvenus à contenir l'offensive « Flèche d'Or » dans la province d'Aden, lorsque les forces de l'agression et les milices de Hadi ont été empêchées d'avancer dans la ville d'Aden, sauf dans deux de ses rues où elles sont assiégées et se font assaillir. Exactement la même chose s'est produite dans la région de Khor Maksar et à l'aéroport d'Aden, où selon les dernières informations, l'armée yéménite et les Comités populaires ont établi une ligne de démarcation sur le terrain derrière laquelle les forces de l'offensive « Flèche d'Or » ont été repoussées, et leur mouvement a été dirigé vers des rues abandonnées après un déluge de feu qui a brisé le front de l'offensive ennemie dans les provinces les plus importantes et a fait échouer jusqu'au projet de prendre le contrôle de quelques rues d'Aden, alors que l'objectif de l'opération (saoudienne) « Tempête Décisive » était de prendre le contrôle de l'ensemble du Yémen.
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Bulletin d'Al-Manar du 20 juillet 2015

Tant du point de vue de l'atrocité de ses crimes que des revers cuisants qu'elle subit, l'agression saoudienne, qui bénéficie du soutien total des Etats-Unis (ouvertement) et d'Israël (en coulisses), semble engagée irrémédiablement dans la voie de l'entité sioniste. De même, la Résistance yéménite marche, lentement mais sûrement, sur la voie du Hezbollah.
Sayed Hassan Nasrallah avait déjà évoqué, au sujet de la guerre de 2008 entre la Géorgie et la Russie, que les Israéliens avaient un haut degré d'expertise dans les défaites humiliantes, et qu'ils en faisaient bénéficier Tbilissi et quiconque voulait apprendre. Riyad s'est portée volontaire et en récolte les premiers fruits : les Saoud ont inextricablement lié leur rôle, leur réputation et leur destin à Israël. 

Traduction et sous-titres : http://www.sayed7asan.blogspot.fr




Transcription :



L'agression saoudo-américaine poursuit méthodiquement ses massacres au Yémen. Elle persiste à semer la mort sans relâche. A Saada, cela s'est manifesté dans un massacre atroce qui a fait plus de 20 victimes civiles, des femmes et des enfants pour la plupart, du fait de bombardements intenses sur le quartier résidentiel de Sadr, et la région de Maqna'.

Les massacres saoudo-américains se sont également étendus à la province de Ebb, à l'ouest du Yémen. Voici des images du massacre qui s'est produit il y a deux jours dans la sous-préfecture d'Irim. On compte plus de 13 victimes martyres, surtout des enfants et des femmes.
Mais tout cela n'a pas empêché l'armée yéménite et les Comités populaires de repousser les éléments d'Al-Qaïda et les forces de la coalition (saoudo-arabe) dans plusieurs régions. Dans la province de Lahj, l'armée yéménite et les Comités populaires ont infligé de lourdes pertes aux éléments d'Al-Qaïda et aux milices de Hadi au cours de combats intenses aux alentours de la base aérienne d'Al-Anad. Ils ont lancé des roquettes sur des bases militaires saoudiennes dans les régions de Jizan et Najran.
Mais le succès le plus éclatant de l'armée yéménite et des Comités populaires est d'être parvenus à contenir l'offensive « Flèche d'Or » dans la province d'Aden, lorsque les forces de l'agression et les milices de Hadi ont été empêchées d'avancer dans la ville d'Aden, sauf dans deux de ses rues où elles sont assiégées et se font assaillir. Exactement la même chose s'est produite dans la région de Khor Maksar et à l'aéroport d'Aden, où selon les dernières informations, l'armée yéménite et les Comités populaires ont établi une ligne de démarcation sur le terrain derrière laquelle les forces de l'offensive « Flèche d'Or » ont été repoussées, et leur mouvement a été dirigé vers des rues abandonnées après un déluge de feu qui a brisé le front de l'offensive ennemie dans les provinces les plus importantes et a fait échouer jusqu'au projet de prendre le contrôle de quelques rues d'Aden, alors que l'objectif de l'opération (saoudienne) « Tempête Décisive » était de prendre le contrôle de l'ensemble du Yémen.
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Lire : Massacres et revers saoudiens au Yémen : l'Arabie Saoudite sur les traces d'Israël - See more at: http://sayed7asan.blogspot.fr/2015/08/massacres-et-revers-saoudiens-au-yemen.html#sthash.rB6FwlRP.dpuf


Bulletin d'Al-Manar du 20 juillet 2015

Tant du point de vue de l'atrocité de ses crimes que des revers cuisants qu'elle subit, l'agression saoudienne, qui bénéficie du soutien total des Etats-Unis (ouvertement) et d'Israël (en coulisses), semble engagée irrémédiablement dans la voie de l'entité sioniste. De même, la Résistance yéménite marche, lentement mais sûrement, sur la voie du Hezbollah.
Sayed Hassan Nasrallah avait déjà évoqué, au sujet de la guerre de 2008 entre la Géorgie et la Russie, que les Israéliens avaient un haut degré d'expertise dans les défaites humiliantes, et qu'ils en faisaient bénéficier Tbilissi et quiconque voulait apprendre. Riyad s'est portée volontaire et en récolte les premiers fruits : les Saoud ont inextricablement lié leur rôle, leur réputation et leur destin à Israël. 

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Transcription :



L'agression saoudo-américaine poursuit méthodiquement ses massacres au Yémen. Elle persiste à semer la mort sans relâche. A Saada, cela s'est manifesté dans un massacre atroce qui a fait plus de 20 victimes civiles, des femmes et des enfants pour la plupart, du fait de bombardements intenses sur le quartier résidentiel de Sadr, et la région de Maqna'.

Les massacres saoudo-américains se sont également étendus à la province de Ebb, à l'ouest du Yémen. Voici des images du massacre qui s'est produit il y a deux jours dans la sous-préfecture d'Irim. On compte plus de 13 victimes martyres, surtout des enfants et des femmes.
Mais tout cela n'a pas empêché l'armée yéménite et les Comités populaires de repousser les éléments d'Al-Qaïda et les forces de la coalition (saoudo-arabe) dans plusieurs régions. Dans la province de Lahj, l'armée yéménite et les Comités populaires ont infligé de lourdes pertes aux éléments d'Al-Qaïda et aux milices de Hadi au cours de combats intenses aux alentours de la base aérienne d'Al-Anad. Ils ont lancé des roquettes sur des bases militaires saoudiennes dans les régions de Jizan et Najran.
Mais le succès le plus éclatant de l'armée yéménite et des Comités populaires est d'être parvenus à contenir l'offensive « Flèche d'Or » dans la province d'Aden, lorsque les forces de l'agression et les milices de Hadi ont été empêchées d'avancer dans la ville d'Aden, sauf dans deux de ses rues où elles sont assiégées et se font assaillir. Exactement la même chose s'est produite dans la région de Khor Maksar et à l'aéroport d'Aden, où selon les dernières informations, l'armée yéménite et les Comités populaires ont établi une ligne de démarcation sur le terrain derrière laquelle les forces de l'offensive « Flèche d'Or » ont été repoussées, et leur mouvement a été dirigé vers des rues abandonnées après un déluge de feu qui a brisé le front de l'offensive ennemie dans les provinces les plus importantes et a fait échouer jusqu'au projet de prendre le contrôle de quelques rues d'Aden, alors que l'objectif de l'opération (saoudienne) « Tempête Décisive » était de prendre le contrôle de l'ensemble du Yémen.
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lundi 28 septembre 2015

Israël marchand d'armes


"L’Arabie saoudite, deuxième plus grand importateur d’armes au monde sur la dernière période (2010-2014) derrière l’Inde, a multiplié par quatre le volume de ses importations. Les six Etats du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Qatar, Emirats arabes unis, Koweït, Oman) ont augmenté de 71% leurs achats au cours des cinq dernières années, ce qui représente plus de la moitié des importations au Moyen Orient. « C’est principalement avec les armes provenant des États-Unis et de l’Europe, que les États du CCG ont étendu et modernisé leurs armées. Les États du CCG ainsi que, dans le grand Moyen-Orient, l’Égypte, l’Irak, Israël et la Turquie sont censés recevoir des commandes importantes d’armes dans les années à venir », a expliqué Pieter Wezeman, chercheur au programme « Armes et dépenses militaires » du Sipri." Damien Roustel, l'Humanité



Dans les années qui suivirent, l'avantage des entreprises israéliennes dans le secteur de l'armement est devenu incontestable. Les entreprises israéliennes pouvaient revendiquer le fait que leurs équipements étaient testés sur des personnes réelles, car les technologies militaires nouvellement développées ont tout d'abord été vendues à la police militaire israélienne et utilisées dans les Territoires palestiniens occupés (TPO). L'utilisation des TPO comme  laboratoire pour les armes israéliennes a été étudiée de près par Naomi Klein, Neve Gordon, et dans le film The Lab, et cela n'a pas été démenti par les autorités israéliennes. Les donneurs d'ordre israéliens se sont ouvertement vantés du fait que les opérations militaires donnaient d'indéniables avantages commerciaux aux entreprises d'armement israéliennes. - See more at: http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/la-forteresse-isra-lienne-les-hauts-et-bas-de-la-vente-d-armes-et-de-la-cybersurveillance#sthash.zmrZdIaT
"Dans les années qui suivirent, l'avantage des entreprises israéliennes dans le secteur de l'armement est devenu incontestable. Les entreprises israéliennes pouvaient revendiquer le fait que leurs équipements étaient testés sur des personnes réelles, car les technologies militaires nouvellement développées ont tout d'abord été vendues à la police militaire israélienne et utilisées dans les Territoires palestiniens occupés (TPO). L'utilisation des TPO comme  laboratoire pour les armes israéliennes a été étudiée de près par Naomi Klein, Neve Gordon, et dans le film The Lab, et cela n'a pas été démenti par les autorités israéliennes. Les donneurs d'ordre israéliens se sont ouvertement vantés du fait que les opérations militaires donnaient d'indéniables avantages commerciaux aux entreprises d'armement israéliennes."




Israël, 4ème marchand d'armes, exporte son expérience (extrait) : 


A première vue, ça ne va pas fort pour Israël. Mais il y a un mystère : pourquoi, au milieu d’un tel chaos et carnage, est-ce que l’économie israélienne progresse comme en 1999, avec une bourse qui grimpe et des taux de croissance à la chinoise ? Thomas Friedman a récemment présenté sa théorie dans le New York Times. Israël " cultive et récompense l’imagination individuelle, " et ses habitants font sans cesse éclore des start-up high-tech ingénieuses peu importent les dégâts causés par les politiciens. Après avoir examiné les projets de fin d’étude des étudiants en ingénierie et informatique à l’Université Ben Gourion, Friedman fit une de ses fameuses annonces déjantées : Israël " a découvert du pétrole ". Ce pétrole, apparemment, se situe dans les esprits des " jeunes innovateurs et entrepreneurs capitalistes, " israéliens, trop occupés à faire des méga-contrats avec Google pour s’arrêter à la politique.

Voici une autre théorie : L’économie israélienne ne surchauffe pas malgré le chaos politique qui fait les gros titres, mais grâce à lui. Cette phase de développement remonte au milieu des années 90, quand Israël – l’économie la plus dépendante de la technique dans le monde - était à l’avant-garde de la révolution de l’information. Après l’explosion de la bulle internet en 2000, l’économie d’Israël fut dévastée, connaissant sa pire année depuis 1953. Puis arriva le 11 septembre, et soudainement de nouvelles perspectives de profit apparurent pour toutes les compagnies prétendant qu’elles pouvaient localiser des terroristes dans les foules, rendre des frontières imperméables aux attaques, et extraire des aveux des prisonniers muets.

En trois ans, de vastes secteurs de l’économie technologique d’Israël ont été réorientés radicalement. En termes Friedmaniens : Israël est passé de l’invention d’outils pour le " monde plat " à la vente de barrières à une planète d’apartheid. Les entrepreneurs qui réussissent le mieux dans le pays sont nombreux à utiliser le statut d’Etat-forteresse d’Israël, entouré d’ennemis furieux, comme d’une sorte de hall d’exposition ouvert jour et nuit, un exemple vivant du savoir faire pour une sécurité relative au milieu d’une guerre perpétuelle. Et la raison de la super-croissance d’Israël, c’est que ces compagnies s’activent à exporter ce modèle dans le monde. Habituellement, les discussions sur le commerce militaire d’Israël portent sur le flot d’armes vers le pays, les Caterpillars étasuniens qui servent à détruire les maisons en Cisjordanie et les compagnies britanniques qui fournissent des pièces de F16. On néglige l’énorme business d’exportation en pleine expansion. Israël envoie maintenant 1,2 milliards de dollars de produits de " défense " aux USA, comparés à seulement 270 millions en 1999. En 2006, Israël a exporté 3,4 milliards de dollars de produits de " défense ", plus d’un milliard au dessus de ce qu’il a reçu en aide militaire US. Ceci fait d’Israël le 4eme marchand d’armes du monde, dépassant la Grande Bretagne.

Une grande part de cette croissance a été dans le secteur dit de “sécurité intérieure”. Avant le 11 septembre, la sécurité intérieure existait à peine en tant qu’industrie. A la fin de cette année, les exportations israéliennes du secteur atteindront 1,2 milliards de dollars, en augmentation de 20%. Les produits et service phares sont les barrières high-tech, les drones, les cartes d’identité biométriques et les systèmes d’interrogatoire des prisonniers – précisément des moyens et technologies qu’Israël a utilisés pour verrouiller les territoires occupés.

Et voila pourquoi le chaos, à Gaza et dans le reste de la région, ne menace pas le solde final à Tel Aviv, il peut même le relever. Israël a appris à faire d’une guerre sans fin un avantage de marque, et fait la promo du déracinement, de l’occupation et de l’enfermement des Palestiniens, comme d’une expérience d’un demi-siècle dans la " guerre globale contre le terrorisme. "

Ce n’est pas par hasard que les projets d’étudiants de l’Université Ben Gourion qui ont tant impressionné Friedman avaient des titres tels que " Matrice de covariance innovante pour la détection de cibles ponctuelles dans les images hyperspectrales " et " Algorithmes pour la détection et l’éviction d’obstacles. " Trente compagnies de sécurité intérieure ont été lancées en Israël rien que ces six derniers mois, grâce en grande partie à de généreuses subventions du gouvernement, qui ont transformé l’armée israélienne et les universités du pays en incubateurs pour les start-up de sécurité et d’armement (à garder en tête dans les débats sur le boycott universitaire).

La semaine prochaine, les mieux établies de ces compagnies viendront en Europe pour le Salon du Bourget, l’équivalent de la Semaine de la Mode pour l’industrie des armes. Une des compagnies israéliennes sera Suspect Detection Systems (SDS), qui présentera Cogito1002, un kiosque de sécurité blanc d’air futuriste qui demande aux voyageurs aériens de répondre à une série de questions générées par ordinateur, ajustées selon le pays d’origine, tandis qu’ils mettent leur main sur un senseur " biofeedback ". L’appareil lit les réactions corporelles aux questions et certaines réactions indiquent que le passager est " suspect ".

Comme des centaines d’autres start-up israéliennes, SDS se vante d’avoir été fondé par des anciens de la police secrète israélienne, et que ses produits ont été testés sur le terrain sur les Palestiniens. Non seulement la compagnie a testé ses terminaux biofeedback à un checkpoint de Cisjordanie, mais elle proclame que " le concept est soutenu et renforcé par la connaissance acquise et assimilée à partir de l’analyse de milliers de cas en relation avec les kamikazes en Israël. "

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Naomi Klein
Traduction : JPB 






"Le déclenchement du Printemps arabe qui a entraîné l'apparition de nouveaux conflits en Afrique, a fait la fortune des marchands d’armes. Alors que la vente mondiale d’armes est restée stable à 24 %, le marché africain a connu une hausse de 273 % ces cinq dernières années.
«Dans ce pays vous ne pouvez trouver ni eau, ni pain, ni médicaments, mais en revanche en une minute vous pouvez acquérir toutes sortes d’armes, et pour une bouchée de pain.» Tel est le constat cruel que fait un assistant officier qui a passé ces deux dernières années en Somalie, là où des enfants en âge d’aller à l’école se promènent avec des armes à la taille." Zamanfrance




"En "Israël", il a été dévoilé qu’il y a au moins 6784 marchands d’armes ayant une licence d’exportation. Ce chiffre a été révélé lors de la réponse de l’Etat à une requête demandant les noms de personnes et d’entreprises ayant une telle autorisation. Palestine.info
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Tel Aviv préfère vendre à des pays africains et américains de façon indirecte, par quelque 220 entreprises, dans le but de se soustraire de la responsabilité de l’utilisation de ces armes dans des crimes contre l’humanité. Ainsi, "Israël" est devenu le quatrième pays dans le commerce mondial des armes, toujours dans l’intention de faire des profits, en dépit de son risque et son immoralité.  Le Mossad, service israélien des renseignements extérieurs, a pu tisser des réseaux clandestins ayant pour mission de commercialiser les armes israéliennes dans plus de 50 pays dont les Etats-Unis, dit l’officier israélien à la retraite Eli Chahal." Palestine.info 






Les armes israéliennes alimentent les atrocités en Afrique

Le jeudi 24 septembre 2015 - 



Par Rania Khalek

Les armes israéliennes alimentent les atrocités au Soudan du Sud, selon un rapport des Nations Unies qui jette une lumière nouvelle sur le commerce d’armes secret des Israéliens en Afrique.


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L’armée sud-soudanaise, armée et entraînée par Israël, se rend coupable de violations systématiques des droits humains, selon l’ONU. - 
Photo : Reuters/Goran Tomasevic

Rédigé par une équipe d’enquêteurs diligentés par le Conseil de sécurité de l’ONU, le rapport présente des preuves photographiques de fusils automatiques produits par les Industries militaires israéliennes (IMI) trouvés dans l’arsenal de l’armée et de la police du Sud-Soudan. Connus sous le nom de Galil ACE, les fusils ont notamment été utilisés par les gardes du corps de politiciens de haut rang et d’officiers supérieurs de l’armée.

Le Sud-Soudan a obtenu l’indépendance en 2011 après une guerre civile qui a duré des décennies. Dans les jours qui ont suivi sa création, des personnalités de l’industrie de l’armement israélienne se sont précipitées pour défendre leurs intérêts auprès de ce nouvel allié et contrer l’influence de l’Iran au Soudan.

Depuis sa sécession en 2011, le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile entre factions politiques opposées.

L’armée sud-soudanaise et les milices pro-gouvernement armées par Israël se livrent à la « politique de la terre brûlée », caractérisée par le viol systématique des femmes et des enfants, les massacres aveugles et l’incendie de villages entiers avec des familles à l’intérieur des maisons, selon le rapport de l’ONU.
Le Soudan du Sud n’est pas le seul pays africain où l’industrie de l’armement israélienne tire profit de l’effusion de sang.

Selon l’Institut international de recherche de la paix de Stockholm (SIPRI), Israël ne donne pas d’informations détaillées sur ses ventes d’armes, dont la plupart sont négociées par des intermédiaires très discrets, le plus souvent des militaires retraités ou des membres de la diaspora israélienne.

Toutefois, des reportages occasionnels, des déclarations publiques de fonctionnaires et des enquêtes menées par des organisations non gouvernementales ont permis, ces dernières années, de lever le rideau et de se rendre compte que l’implication militaire israélienne touche plus d’endroits d’Afrique qu’on ne peut le dire en un seul article.

Grâce à ces sources, SIPRI a pu montrer qu’Israël a vendu ses principales armes au Cameroun, au Tchad, à la Guinée équatoriale, au Lesotho, au Nigéria, au Rwanda, aux Seychelles, à l’Afrique du Sud et à l’Ouganda, de 2006 à 2010.

Le champion du marché de l’armement

Malgré sa petite taille, cela fait des décennies qu’Israël est classé parmi les 10 premiers exportateurs d’armes du monde, un exploit impressionnant pour une nation de la taille du New Jersey.

Cette réussite tient en partie au fait qu’Israël se sert de la Cisjordanie occupée et de Gaza comme laboratoires pour tester et affiner les armes et les méthodes de domination et de contrôle. Cette dynamique permet aux entreprises militaires israéliennes de commercialiser leurs produits comme des armes « testées au combat » et « qui ont résisté au combat » - des étiquettes convoitées qui lui donnent un avantage concurrentiel dans le commerce international des armes.

Le succès d’Israël s’explique également par son empressement à faire des affaires avec des régimes répressifs que même les États-Unis et les pays européens évitent d’armer directement.

Dans le cas du Sud-Soudan, l’ampleur des atrocités a contraint l’Union européenne à imposer un embargo sur les armes et à prononcer des sanctions contre les dirigeants militaires des pays.
Les États-Unis aussi ont suspendu l’aide militaire et prononcé des sanctions, mais il faut noter que l’administration Obama a aidé avec enthousiasme l’armée sud-soudanaise à se développer, tout en sachant qu’il y avait plusieurs milliers d’enfants soldats dans ses rangs.

Israël, de son côté, a accueilli le Soudan du Sud à une expo d’armes pas plus tard qu’en juin.

Aide au génocide

Fournir secrètement des armes à des régimes meurtriers n’est guère nouveau pour Israël.

Sous la direction de Yitzhak Rabin, alors premier ministre, et Shimon Peres, alors ministre des Affaires étrangères, Israël a fourni les forces gouvernementales rwandaises à dominante hutu ainsi que l’armée rebelle dirigée par Paul Kagame, en balles, fusils et grenades, alors même qu’un génocide était en cours dans ce pays, dans les années 1990.

En plus d’armer les tueurs, Israël a formé les forces militaires et paramilitaires rwandaises dans les années qui ont précédé le bain de sang.

Après avoir visité les champs de la mort, un marchand d’armes israélien se serait félicité d’être un humaniste parce que, grâce à ses balles les victimes étaient mortes plus vite qu’avec les machettes. "Je suis en fait un médecin," s’est-il vanté.

Depuis, Israël a noué des liens étroits avec Kagame, le président autocratique actuel du Rwanda, qui bénéficie d’un grand soutien en Occident.

Des dépôts d’armes pour les despotes

Comme les contrats d’armement avec les Israéliens diminuent aux Etats-Unis et en Europe en raison de la réduction des budgets de défense, des pays en voie de développement d’Amérique latine et d’Afrique sont devenus les clients les plus dynamiques d’Israël.

Les ventes d’armes israéliennes à l’Afrique ont doublé entre 2012 et 2013 et augmenté encore de 40 % en 2014, atteignant 318 millions de dollars cette année.

Il est difficile de savoir si ces chiffres regroupent à la fois les armes et l’entraînement militaire fourni par Israël à l’Ouganda et peut-être au Rwanda, à titre de compensation pour avoir accepté d’accueillir des réfugiés africains expulsés d’Israël.

Alors qu’Israël n’a aucun scrupule à contribuer au désordre dans les pays africains, il refuse d’accorder l’asile aux Africains sur son sol, préférant les mettre en prison et les renvoyer vers les horreurs auxquelles ils avaient échappé. Certains ont été emprisonnés, torturés et même tués depuis leur expulsion.

Ce qui est clair, c’est qu’Israël traite avec le who is who des régimes africains dictatoriaux qui oppriment brutalement leurs citoyens.

La Brigade d’intervention rapide du Cameroun (BIR), qui se livre à des assassinats extrajudiciaires de routine et se rend coupable de « disparitions », est formée par un commandant de l’armée israélienne à la retraite, Mayer Heretz.

En 2009, la BIR a été déployée pour écraser des manifestations contre l’inégalité économique, et a tué au moins 100 manifestants.

La garde présidentielle du Cameroun connue pour sa brutalité, et sans laquelle le dictateur Paul Biya ne pourrait pas se maintien au pouvoir qu’il occupe depuis 33 ans, a été formée par un autre commandant de l’armée israélienne à la retraite, Avi Sivan.

Prolonger la loi des régimes répressifs en Afrique est une tradition israélienne de longue date.
Israël a équipé le régime d’apartheid d’Afrique du Sud en armes dans les années 1970 et 80 en violation des sanctions internationales.

Sauvegarder la prédation entrepreneuriale

Des décennies de vol et de colonisation de la terre et des ressources palestiniennes ont donné à Israël une expérience unique pour dompter la résistance et s’adonner au pillage colonial.

Comme Jimmy Johnson, un militant spécialisé dans le commerce d’armes israélien, l’a expliqué : « Le nationalisme ethnocentrique du 19ème siècle qui a conduit à la création d’Israël ... occulte souvent le fait que la dépossession des Palestiniens inclut un transfert massif de richesse du colonisé vers le colonisateur et de l’occupé vers l’occupant ".

Israël ne se contente pas de livrer des armes à l’Afrique. Il offre un parfait exemple de prédateur néocolonial qui parvient à garder les fruits de cette prédation hors de portée d’une classe moyenne de plus en plus dépossédée par les ravages du capitalisme mondialisé et abandonnée.

L’occupation israélienne est « exportée pour lutter contre la redistribution de richesse », comme l’a noté Johnson.

Juste au sud du Cameroun, les entreprises militaires israéliennes ont engrangé des millions de dollars en vendant du matériel militaire au petit pays riche en pétrole de Guinée équatoriale.

La Guinée équatoriale abrite l’une des sociétés les plus inégalitaires du monde.

Le dictateur impitoyable de l’ancienne colonie espagnole, Teodoro Obiang, s’est lui-même enrichi grâce aux généreux versements des compagnies pétrolières américaines, en échange desquels elles peuvent exploiter les énormes réserves de pétrole du pays sans entrave.

Pour préserver son pouvoir, Obiang entretient une garde présidentielle presque certainement formée par Israël, tout en se reposant sur du matériel israélien perfectionné à Gaza pour protéger les plates-formes pétrolières d’Exxon.

Les forces de sécurité d’Obiang ont la réputation de pratiquer largement la torture et les exécutions sommaires d’opposants politiques.

En 2008, Israël a conclu un contrat d’armement d’environ 100 millions de dollars avec la Guinée équatoriale, qui comprenait l’achat de quatre bateaux de patrouille IMI Shaldag et d’un bateaux lance-missiles de classe Saar, fabriqués par Israel Shipyards. « Les bateaux de l’IMI sont destinés à sécuriser les plates-formes pétrolières en mer », selon le journal israélien Haaretz.

Ce sont les mêmes bateaux que la marine israélienne utilise pour faire respecter le blocus maritime de Gaza et tirer sur ses habitants.

Pendant qu’Israël aide les entreprises américaines de pétrole et la famille Obiang à accumuler de l’argent, 1 enfant sur 10 meurt, en Guinée équatoriale, avant son cinquième anniversaire. En outre, moins de la moitié des citoyens du pays ont accès à l’eau potable.

Dans la province de Cabinda en Angola, l’Aerostar, un drone fabriqué par la société israélienne Aeronautics Defense Systems, protège les plates-formes pétrolières maritimes des entreprises privées, y compris Chevron.

Dans le delta du Niger, un assortiment de drones de surveillance israéliens, comme l’Aerostar et le Seastar d’Aeronautics ainsi que le bateau de patrouille Shaldag d’Israel Shipyards, protègent les plates-formes pétrolières de Chevron contre d’éventuels oppositions au pillage des ressources du Nigeria par les entreprises.

Tout cela en plus du système de surveillance d’Internet installé au Nigeria, en 2013, par le plus grande firme d’armement israélienne, Elbit Systems.

Exporter la « guerre contre le terrorisme »

Avec la montée de Boko Haram, le Nigéria a adopté ces dernières années la « guerre contre le terrorisme », une théorie initiée par Israël pour justifier sa conquête permanente de la Palestine.

« Israël a été un allié crucial et loyal dans notre lutte contre Boko Haram, » aurait dit un fonctionnaire du gouvernement nigérian, au début de l’année.

« C’est une triste réalité qu’Israël a beaucoup d’expérience en ce qui concerne le terrorisme. Nos partenaires israéliens ont utilisé leur expérience, et leur expertise unique acquise au fil d’années de lutte contre le terrorisme au sein de leurs propres frontières, pour nous aider », a ajouté le responsable, en faisant l’amalgame entre la résistance palestinienne à la violence coloniale israélienne et les actes de terrorisme perpétrés par un groupe militant qui n’a rien à voir avec les Palestiniens.

Un militant chrétien nigérian qui soutient pleinement la conduite de son gouvernement, a déclaré au Jerusalem Post : « Je suis comme un colon israélien en Cisjordanie au milieu des Palestiniens. »
Cette attitude a eu des conséquences absolument désastreuses.

Depuis 2012, sous couvert de combattre Boko Haram, l’armée nigériane a exécuté de manière extrajudiciaire 1 200 personnes et arrêté arbitrairement 20 000 garçons et jeunes hommes, dont au moins 7 000 sont morts en détention militaire de famine, de négligence médicale et de surpopulation.
Au Kenya, les escadrons de la mort de l’Unité de service générale, l’aile paramilitaire de la police et de l’armée de ce pays, ont eux aussi adopté le « livret de règles israéliennes » des exécutions extrajudiciaires pour faire taire des religieux musulmans.

Les officiers des escadrons de la mort interrogés par Al Jazeera, l’année dernière, ont révélé queleurs unités étaient formées par Israël.

« Exporter l’expérience du sionisme »

Dans un livre paru en 1987, La connexion israélienne, Benjamin Beit-Hallahmi a décrit le soutien d’Israël aux tyrans des pays en voie de développement comme la « conséquence directe de ce qu’il fait chez lui. »

Selon lui, « Israël ne fait qu’exporter dans le Tiers Monde l’expérience du sionisme au Moyen-Orient, » caractérisé par la conquête et la pacification.

Israël n’exporte « pas seulement une technologie de domination, mais la vision du monde qui sous-tend cette technologie, » at-il ajouté.

Il exporte « la logique de l’oppresseur ... un certain état d’esprit, un sentiment que le Tiers Monde peut être contrôlé et dominé, que les mouvements radicaux dans le Tiers-Monde peuvent être éradiqués, que les Croisés modernes ont encore un avenir. »

Voilà exactement ce que fait Israël dans l’Afrique d’aujourd’hui. Nul doute que cela fera couler encore beaucoup de sang.

Pour compléter cette lecture : Droits humains, drones et la guerre pour gérer les inégalités - de Jimmy Johnson.



* Rania Khalek est journaliste indépendante et reporter.

De la même auteure :
- L’Etat israélien est dans le peloton de tête des tueurs en série ! - 4 juillet 2015
- L’extermination de familles entières met à nu les pulsions génocidaires d’Israël - 5 septembre 2014
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Source : Info-Palestine.eu