dimanche 30 août 2015

Sous le masque bleu marine



"A défaut d'organisations révolutionnaires, le travailleur déçu par la sociale-démocratie et troublé par la contradiction entre l'appauvrissement et la pensée conservatrice, se jette nécessairement dans les bras du fascisme." Wilhelm Reich


"Nous n'aurons bientôt plus de mots assez forts pour dénoncer l'inacceptable si nous nous laissons prendre dans les cercles vicieux entremêlés où nous entraînent aujourd'hui tant de débats intellectuels stériles jamais suivis d'action car le sens même des mots finit par se diluer dans la nuit et les brouillards de la propagande ambiante." André Chenet




En cette période hagarde où des intellectuels de gauche (tel Jacques Sapir) en appellent à un rapprochement (collaboration?) avec le FN, parti de la France haineuse, fondé par un certain J.M. Le Pen d'odieuse mémoire, l'article ci-dessous du poète et cinéaste Yannis Youlountas remet vigoureusement les pendules à l'heure d'une réalité vérolée par les abus de pouvoir des uns ou des autres, une réalité sanglante et purulente où tous les activistes enragés de la pensée à sens unique font le lit d'un fascisme se revendiquant sans complexe des hautes luttes des mouvements ouvriers de jadis sous le prétexte tellement évident que l'Europe des banques et des multinationales étouffe l'héritage de la république en violant les principes les plus élémentaires de la démocratie. L'ombre d'un passé refoulé ne cesse de s'étendre implacablement sur le sol nivelé de la patrie des droits de l'homme complètement soumise au TINA anglo-saxon qu'imposent les gouvernements républicains et démocrates se passant le relais d'une élection à l'autre. En Europe, des murs de fils barbelés ont été récemment déroulés aux frontières (Hongrie, Ukraine ...etc...) nous rappelant les temps maudits de la peste totalitaire quand des êtres humains sans défenses, considérés comme des ennemis ou des sous-hommes par les grands planificateurs, étaient parqués dans des conditions effroyables dans des camps de concentration ou des goulags. Si la plupart périrent, qui se souvient aujourd'hui des récits des survivants ? Gaël Hadey






Le vrai visage de Marine Le Pen

Par Yannis Youlountas


A l'attention de ceux qui nous appellent à baisser la garde contre le FN.

LE VRAI VISAGE DE MARINE LE PEN, RÉSUMÉ EN DEUX PETITES PHRASES DATÉES D'IL Y A 48 HEURES (le 25/08/2015, NdlR).

Suite à une fusillade avec des gendarmes dans un camp de Roms, avant-hier dans la Somme, Marine Le Pen vient de déclarer :

"Ces événements très graves sont un symptôme de l'ensauvagement insupportable de notre société."
L'ensauvagement insupportable de notre société ? Parle-t-elle du capitalisme libéral ? De la misère galopante ? De l'insécurité sociale ? De la nécessité de se révolter ?

Non, elle parle uniquement de l'insécurité civile des braves gens menacés par des sauvages toujours plus nombreux (qui viennent jusque dans nos bras...) et qui ne sont pas assez sous contrôle de l'État policier.

La phrase suivante le confirme :

"Ce drame est la conséquence de l'effondrement du RESPECT dû aux forces de l'ORDRE... Les effectifs de forces de l'ORDRE doivent être augmentés !"

Autrement dit. Le problème, c'est l'obéissance.

Marine Le Pen nous dit qu'il faut réapprendre à obéir, à respecter le pouvoir, à renforcer l'ordre en place et à privilégier la lutte contre l'insécurité civile et non contre ses causes.

Quelles causes ? Pour elle, LA cause, c'est "L'ENSAUVAGEMENT INSUPPORTABLE DE NOTRE SOCIÉTÉ."

De tous temps, les étrangers, migrants ou nomades ont été qualifiés de barbares, de sauvages et de menaces pour la société, NOTRE SOCIÉTÉ, par l'extrême-droite, et bien au-delà.

Les nomades, en particulier, ont toujours été en première ligne de cette haine. Une haine nourrie par la jalousie des sédentaires contre ceux qu'ils regardent passer.

"(...) eux,
Ce sont les sauvages,
Ils vont où leur désir
Le veut, par dessus monts,
Et bois, et mers, et vents,
Et loin des esclavages.
L'air qu'ils boivent
Ferait éclater vos poumons."

Jean Richepin, "Les oiseaux de passage"
Chanté notamment par Brassens :
https://www.youtube.com/watch?v=wRdXZRZ5lkE


La haine du nomade n'est pas seulement le fait de la réaction, mais aussi du capitalisme, car ce dernier a toujours eu besoin de la sédentarité des populations pour s'établir (même si la précarité et la flexibilité qu'il veut nous imposer nous conduisent parfois à une mobilité de circonstance).

Le génocide d'au moins 200 000 Tziganes en Europe, à partir de l'automne 1939 et surtout de décembre 1942, n'a pas commencé autrement. Le nazisme et ses nombreux complices se sont simplement appuyés sur les préjugés sociaux de plus en plus répandus durant les années qui ont précédé. Le fruit était mûr. Himmler lui-même, chef de la SS et organisateur de la déportation, avait, en son temps, qualifié les peuples nomades de "sauvages (...) menaçant la société."

L'autre facilité, qui évita le tracas des enquêtes aux nazis et à leurs complices, c'est le fichage des Roms depuis 1910, dans la plupart des États européens, au prétexte de leur attitude "asociale" et de la "menace" qu'il représentaient soit-disant pour "la société et ses valeurs", à commencer par la propriété et l'obéissance.

Alors, Jacques Sapir, faut-il vraiment baisser la garde contre le FN pour mieux lutter contre la nouvelle forme du capitalisme ?

Yannis Youlountas



Source : http://jeluttedoncjesuis.net

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