vendredi 7 août 2015

L'exemple portugais vis à vis des drogues


La libéralisation des lois portugaises
restrictives en matière de culture
fait actuellement l’objet
d’une campagne de faible ampleur (Marionzetta).
La politique du Portugal en matière drogue est parmi les plus progressistes au monde. En 2001, le gouvernement portugais a adopté la dépénalisation de la possession de quantités de drogues illégales correspondant à une consommation personnelle, tout en maintenant des peines sévères pour les dealers et les trafiquants. L’expérience a été acclamée dans le monde entier comme étant un franc succès, bien qu’elle ne soit pas exempte d’imperfections.
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L’idée d’arrêter de poursuivre les utilisateurs de drogue remonte au moins à la Révolution des Œillets de 1974. À l’issue de près de cinquante années de dictature militaire au Portugal sous le régime de l’Estado Novo, les membres des forces armées reprirent le contrôle démocratique du pays lors d’un coup d’État militaire qui fut presque immédiatement renforcé par une résistance civile généralisée. Aucun coup de feu ne fut tiré pendant le coup d’État, et des Œillets furent placés au canon des fusils des soldats comme un symbole de paix.
Mais cette libération ne fut pas sans son lot de conséquences imprévues. Les citoyens portugais revenant des colonies africaines récemment libérées, comme l’Angola et le Mozambique, et qui étaient habitués à consommer du haschich et du cannabis, rapportèrent cette coutume à leur retour. La consommation de drogue commença à être perçue comme un effet dérivé de la libération, une manifestation de la liberté dont les Portugais pouvaient désormais jouir.
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La possession de drogues illégales, même en quantités manifestement destinées à la consommation personnelle, peut entraîner une amende de 25 à 150 €. En plus de cela, les coupables peuvent être soumis à certaines restrictions de liberté, y compris l’interdiction de voyager à l’étranger, l’interdiction de fréquenter des lieux spécifiques et des personnes spécifiques, le retrait du droit de porter une arme, la confiscation des biens personnels et la suspension du droit d’exercer une profession réglementée.
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Bien que les arrestations pour possession soient rares, on recense plusieurs arrestations de producteurs de cannabis dont les plantations étaient de toute évidence à petite échelle et destinées à la consommation personnelle. Les arrestations pour culture de cannabis sont plus fréquentes en Algarve, une région du sud du Portugal. En 2012, deux ressortissants étrangers âgés respectivement de 52 et 53 ans furent arrêtés dans deux affaires distinctes de culture, portant sur seulement seize et dix-huit plants.
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lors que l’utilisation des drogues dures semble être sur le déclin au Portugal, on a constaté une légère augmentation de la prévalence globale de l’utilisation du cannabis depuis la mise en œuvre de la dépénalisation. Bien qu’interdite par la loi, l’utilisation récréative semble être généralement bien acceptée par la société, certaines régions plus conservatrices étant cependant moins tolérantes.
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Le coût du cannabis et du haschich au Portugal varie en fonction de la qualité et de la disponibilité. Vingt-huit grammes de cannabis coûtent habituellement entre 100 et 170 €, bien que ces prix soient généralement inférieurs dans les régions où les produits abondent, comme en Algarve. Le haschich est, de loin, disponible plus largement que l’herbe de cannabis, car il peut être importé en grosses quantités du Maroc et du pays voisin, l’Espagne. Les noms locaux donnés au cannabis sont erva, burlite, canhão, ganza et bula.
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En fait, à mesure que le soutien à la légalisation du cannabis et à la fin de la guerre mondiale contre les drogues progresse partout dans le monde, de plus en plus de pays considèrent le Portugal comme un modèle sur lequel baser leurs propres réformes.
Il est primordial de documenter l’histoire et les évènements de la guerre contre les drogues qui continue d’affecter tant de vies partout dans le monde. À cet égard, Sensi Seeds et le Hash Marijuana & Hemp Museum à Amsterdam s’efforcent de proposer une information la plus précise, actuelle et impartiale possible sur la situation actuelle, pays par pays. Vos commentaires, réactions et corrections sont les bienvenus. Seshata






Portugal : ce que la dépénalisation des drogues a entraîné

La politique du Portugal en matière de drogues est révolutionnaire. Et ça marche.

Marijuana CC Flickr Scott Beale


Le 1er juillet 2001, le Portugal a réalisé quelque chose d’extraordinaire : il a abandonné la guerre contre la drogue ou, plus exactement, la guerre contre les toxicomanes, en décriminalisant toutes les substances contrôlées.
Le Portugal essaie toujours d’interrompre la distribution de drogues, mais, sur les quatorze dernières années, a cessé d’envoyer en prison ceux qui en possèdent ou en consomment.
Cette décision est d’autant plus remarquable que le pays avait bel et bien un problème à ce sujet : le Portugal était même au centre d’une « épidémie d’addiction » avec un Portugais sur cent dépendant de l’héroïne.
Mais avec ce changement de politique, les taux de MST et d’overdoses ont chuté de façon spectaculaire. Selon The Economist, depuis la décriminalisation, les morts provoquées par les drogues ont chuté de 80%, de 80 morts en 2001 à 16 en 2012. En parallèle, et sur la même période, le nombre d’héroïnomanes a décru de moitié, en termes absolus.
Et comme la consommation de drogue est traitée comme un problème de santé publique et non comme un délit ou un crime, le gouvernement se concentre sur les traitements médicaux et la réduction des dangers de cette consommation. Ainsi, plutôt qu’avoir des flics de plus en plus militarisés enfonçant des portes et opérant des fouilles corporelles aléatoires sur des individus pris dans la rue, le Portugal paye des psychologues et des spécialistes pour aider et accompagner les toxicomanes. Les ressources sont dirigées vers des aiguilles propres et des conseils médicaux au lieu de nouvelles menottes ou de cellules de prison.
On peut toujours pinailler pour savoir qui, de l’État ou des organisations caritatives, est dans la meilleure position pour résoudre les problèmes de santé des pauvres. On peut certainement être en désaccord avec la décision incohérente de maintenir illégal le versant production de drogues tout en légalisant leur consommation. Mais tous les amoureux de la liberté ne peuvent qu’applaudir le choix de s’écarter des politiques plus coercitives et plus violentes, et celui de s’approcher d’un plus grand respect de l’individu, de sa liberté de choix et, plus généralement, pour tout ce qui est pacifique.
Source : Contrepoints

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