mardi 25 août 2015

Bourse : la Chine met le feu aux poudres




"Le Capital a horreur de l’absence de profit. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le Capital devient hardi. A 20%, il devient enthousiaste. A 50%, il est téméraire ; à 100%, il foule aux pieds toutes les lois humaines et à 300%, il ne recule devant aucun crime."
Karl Marx, Le Capital




Les krachs ce sont d'abord produits au niveau d'un pays, puis à l'ensemble d'une région du monde, puis à la totalité d'un continent. Depuis quelques décénies les krachs les plus récent concernent maintenant l'économie mondial de manière instantanée. La Tontine.com


L'optimisme jubilatoire quant à la reprise de l'économie affiché depuis quelques mois par les experts des grandes instances de la finance mondiale et leurs valets de pied (FMI, banques centrales, traders ...) à reçu un démenti sévère en ce lundi du 24 août 2015 de la part de la bourse chinoise, considérée comme un des moteurs de l'économie mondiale. Les bourses asiatiques ont dégringolé sous la pression du dragon   jaune crachant son feu  industriel et par contamination l'occident inconscient s'est trouvé brutalement entraîné dans une chute soudaine qui ressemble fort à un repli stratégique de la part des chinois, maîtres au jeu de go, qui ont lancé sans prévenir un avertissement aux économies occidentales dont la stagnation, maintenue artificiellement au dessus d'un précipice de dettes inavouables, n'est que le prélude à une débâcle par rapport à laquelle le krach de 1929 fera pâle figure. Le nouveau désordre mondial, hérissé de guerres et de conquêtes barbares, de coups d'états sanglants, est en marche désormais irréversiblement et il est à craindre que l'effondrement en cours ne fasse qu'attiser le chaos orchestré depuis les guerres de d'Afghanistan et d'Irak. L'Europe elle-même s'effrite qui, tout en dénonçant le  brin de paille dans l'oeil de sa petite soeur la Grèce se refuse à voir la poutre qui oblitère le sien. En se coupant de la Russie par Ukraine interposée, elle s'est livrée aveuglément à ce que l'écrivain Henry Miller surnommait, en décrivant son propre pays les États-Unis d'Amérique, "le cauchemar climatisé". Dans son petit livre d'une claire voyance inouie, il prévenait déjà, dès 1945, des conséquences de l'engouement des peuples européens pour le rêve technocratique américain : 
"Je songe à tous ces hommes éminents qui ayant visité notre pays revinrent chez eux attristés, dégoûtés et déçus. L'Amérique n'est capable de donner qu'une seule chose et tous sur ce point sont d'accord : c'est l'ARGENT". 
A force d'accumulation, le fond du sac finit toujours par craquer, telle pourrait bien être le sujet du prochain examen d'entrée dans les écoles de la haute finance internationale. 

Gaël Hadey




"Tout le monde, tous les pays jouent au même jeu : je me relance en prenant des parts de marché aux autres. Le monde est un jeu à somme nulle. Mais au final, ce type de politique ne contribue pas à la création de valeur au niveau mondial." Philippe Ledent, économiste

"Plus les marchés iront haut, plus la chute sera sévère!" Vincent Launay, trader

"nous sommes à l’aube d’une crise monétaire majeure, peut-être plus proche dans le temps pour l’euro que pour le dollar. Toute crise financière avec des banques hypertrophiées liées à des Etats surendettés se termine ainsi. Les ‘biens tangibles’ vont reprendre le dessus sur les actifs financiers et même le cash. Le grand retour de l’or se précise, probablement pour le second semestre 2014". 
Simone Wapler, rédactrice en chef de La Stratégie


"Le capitalisme de copinage est en déroute. M. le Marché, M. Tout-le-Monde, l’économie réelle, les travailleurs font enfin leur retour. Tous ces rachats d’actions — à des cours record — commencent enfin à ressembler à ce qu’ils sont depuis le début : le pillage des entreprises par les initiés." 
Bill Bonner, fondateur et président d'Agora Inc


"Le consensus nous dit que tout va bien : Le FMI, la BCE et la Commission Européenne prévoient tous une accélération de la croissance pour 2015 et 2016. Historiquement, quand les 3 sont d’accords, c’est le scénario inverse qui se produit. Cela a été le cas pour la crise de 2008 ou les 3 institutions indiquaient que le tout allait bien dans le meilleur des mondes. Ces institutions se sont également trompées en 2011 en prévoyant un fort redémarrage de l’économie en Europe puis en vantant le modèle économique espagnol, portugais et grec depuis 2006. De manière générale, plus les autorités se sentent obligés de nous dire que tout va bien, plus on est mal. C’est un peu ce qui se passe en Bourse, quand on vous vante les mérites d’une action qui ne cesse de grimper, bien souvent, c’est trop tard pour investir, la chute est proche."
Bruno Dupray, trader


"C'est un désastre, si ce n'en est pas un, qu'est-ce que c'est ?" 
Fu Xuejon, stratège chez Huarong Securities



Krach et badaboum (Extraits d'articles boursiers) 


Selon les observateurs aguerris des marchés, on peut parler d’un début de panique : « Les choses commencent à ressembler à la crise financière asiatique de la fin des années 1990. Des spéculateurs se débarrassent des actifs qui semblent les plus vulnérables », avance Takako Masai, directeur de recherches à la Shinsei Bank de Tokyo.
Par ricochet, la déprime touche aussi les matières premières : le cuivre, considéré comme un baromètre de la demande mondiale, a atteint lundi son cours le plus bas depuis six ans et demi. Cette débâcle du marché chinois se double d’une chute du prix du pétrole, le brut américain repassant sous la barre des 40 dollars.
Même si les consommateurs (les industries principalement) peuvent se féliciter d’une réduction de leur facture d’approvisionnement, ces baisses de prix ne sont pas une bonne nouvelle pour l’économie mondiale : la désinflation signifie généralement un ralentissement de la croissance et donc à la clé moins de création de valeur, moins de consommation, moins d’emploi, moins d’investissement, etc.





Un lundi noir prévisible :


Les marchés européens ont fortement accentué en cours d'après-midi leur mouvement baissier de la matinée. Heure après heure, le CAC40 a pulvérisé à la baisse plusieurs seuils psychologiques, terminant en baisse de 5,35%. Les doutes des derniers jours se sont transformés en véritable panique.

On peut désormais sans hésitation parler de « krach boursier » sur les indices européens, ces derniers ayant perdu plus de 15% en seulement deux semaines. Le CAC40, qui caracolait à 5.200 points le 10 août, est momentanément passé à 4.260 points lundi 24 août dans une séance de « lundi noir », avant de clôturer à 4.383 points (-5,35%).
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Les valeurs les plus touchées par la baisse de ce lundi sont une fois de plus les valeurs dites "cycliques" (industrielles), considérées comme les plus exposées face au risque d'un ralentissement de l'économie chinoise. ArcelorMittal (sidérurgie) a chuté de 9%, terminant à la dernière place du CAC40. Un tel krach en séance ne s’était plus vu sur les marchés européens depuis la semaine du 6 au 10 octobre 2008, peu après la faillite de Lehman Brothers.

La déroute des Bourses asiatiques, avec un lundi noir à Shanghai, continuait de faire des ravages, se propageant à Wall Street après avoir entraîné la chute des marchés européens, les investisseurs se montrant de plus en plus inquiets pour l'économie mondiale.

Selon les statistiques du Bloomberg Billionaires Index, les 400 personnes les plus riches du monde ont perdu 182 milliards de dollars en seulement une semaine suite à l'effondrement du marché boursier. C'est le pire résultat constaté depuis septembre 2014, quand Bloomberg a lancé le suivi de l'évolution de la fortune des milliardaires.
Ainsi, les avoirs des personnes les plus riches du monde ont baissé vendredi de 76 milliards de dollars dans le sillage de l'indice boursier Standard&Poor's 500, qui a dévissé en-dessous de 2.000 points.
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La bourse américaine a dégringolé dans le sillage des marchés d'Europe et d'Asie, déstabilisés par la situation négative en Chine — l'activité industrielle chinoise a atteint son plus bas niveau depuis six ans. 
En outre, le moral des investisseurs influencé par les attentes concernant la Réserve fédérale des Etats-Unis, qui devrait augmenter le taux d'intérêts de base lors de sa prochaine session qui se tiendra en septembre.


D'après Doug Ramsey, la chute des indices américains la semaine passée a marqué la fin du cycle de croissance des indices qui aura duré six ans et demi depuis la crise financière globale. "Ce sera vraiment profond", déplore M. Ramsey. "C'est effrayant et les tendances de ces derniers jours apparaissent redoutables".

M. Ramsey  a expliqué que le marché haussier est resté très longtemps sans aucun changement qu'il est parfois tentant d'ignorer ces avertissements internes. "Mais ces six dernières semaines ont constitué la première période après les années 2008-2009, où les cotations  ont baissé simultanément pendant 40 semaines", a-t-il ajouté.

Blommberg souligne que les pronostics de Doug Ramsey sont les plus justes depuis mars 2009, après la progression des actions sur le marché mondial. Ainsi, en juillet 2014, M. Ramsey prévoyait que les prévisions à la baisse sur le marché américain étaient fausses et que celui-ci continuerait à progresser. Au cours des 19 mois suivants, les cotations ont augmenté de 22%.






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