dimanche 12 juillet 2015

Ma voix ...Résistance




En 2014, la militante marocaine Wafaa Charaf, âgée de 27 ans, a été condamnée à deux ans d’emprisonnement pour avoir signalé qu’elle avait été torturée après avoir participé à une manifestation. Lorsqu’Oussama Housne, 22 ans, a fait de même, il a été condamné à une peine de trois ans de prison. Tous deux ont été reconnus coupables de « dénonciation calomnieuse » d’actes de torture et de diffamation envers les forces de police marocaines, bien que ni l’un ni l’autre n’aient accusé la police. Amnesty International les considère comme des prisonniers d’opinion.
Les peines prononcées contre Wafae Charaf et Oussama Housne envoient un message inquiétant à toutes les victimes de tortures : si elles parlent, elles risquent la prison. La torture ne pourra être éradiquée que lorsque les victimes pourront s’exprimer et réclamer justice en toute sécurité. 



Lettre de Prison de Wafaa Charif


Traduction de la lettre de prison de Wafae Charaf par Aziz Hmoudane :

 Prison civile de Tanger.
Le 07 juillet 2015.
La Détenue Politique Wafae Charaf
N° d’écrou : 92694 

"A deux jours d’une année entière de détention politique revancharde qui m’a frappée à cause de mon action politique au sein de la jeunesse du Parti la Voie Démocratique, pour les Droits Humains à l’AMDH et de masse au sein du glorieux mouvement Marocain du 20 février ainsi qu’aux différentes luttes ouvrières et populaires de la Ville. Et après une année entière de détention dans des conditions rétrogrades et inhumaines, en l’absence de simples droits des prisonniers, et où les exactions quotidiennes graves sont pratiquées à l’encontre des détenu-e-s tels que les agressions physiques, les privations des visites, les manques de soins et une insupportable sur-occupation...,J’étais surprise mardi 07 juillet par les agressions et les insultes violentes du nouveau Directeur à l’égard d’une prisonnière. Cette attitude qui m’a écœuré m’a amené à intervenir auprès de lui pour attirer son attention sur la gravité des ses agissements criminels illégaux à l’encontre de cette prisonnière. Mon intervention - ne lui ayant pas plu - a provoqué la réaction hystérique de l’un de ses fonctionnaires proférant des insultes à mon égard et à celui de l’ensemble des prisonnières.

En conséquence - et en dénonçant les comportements sauvages du Directeur et de l’un de ses fonctionnaires, en protestant contre la dégradation des conditions au sein de cette misérable prison et en demandant que ces pratiques portant atteintes à la dignité et aux droits humains cessent - je déclare entamé une Grève de la Faim préventive de 48h à partir du 8 juillet. Je réitère ma demande aux organisations des droits humains Nationales et Internationales de dénoncer les exactions graves dans les prisons et la revendication de l’amélioration des conditions des prisons afin qu’elles soient des centres d’apprentissage et d’insertion et non des lieux de destruction de l’Humain.

Là où nous nous sommes, nous continuons à lutter et sans concessions pour nos droits "





Poème de Wafaa Charaf du fond de sa cellule


Traduction, Aziz Mhoudane
Wafaa Charaf, prison civile de Tanger
Dimanche, le 8 Mars, 2015



A l'occasion de cette journée internationale de la lutte pour les droits des femmes, une traduction de l'arabe au français d'un poème de la jeune militante Wafaa Charaf du fond de sa cellule. La jeune Marocaine avait été emprisonnée, suite à son soutien aux luttes syndicales, dans sa ville de Tanger.








S'il vous plait, ne m'interrogez pas
Est-ce une vérité ?
Est-ce un rêve ?
Interrogez-moi...oui...interrogez-moi
Je suis liberté éternelle absolue
Je suis la patrie libre
Je suis une femme révolutionnaire
Je suis une jeune rebelle
Je suis une jeune militante...J'ai abandonné ma famille et mes camarades
Je suis derrière les barreaux des cellules de la réaction
Ma voix..Résistance.
Ma voix...Révolution
Mon amour...Résistance.
Mon militantisme...continu
Emprisonnée, opprimée, réprimée et j'ai souffert
Je me suis rebellé et je me rebellerai...J'ai milité et je militerai
Je réfléchi et je dis
S'il vous plait, avez-vous vu une détenue se consoler elle-même ?
Je renouvelle confiance en moi
Mon sourire augmente d'avantage mon espoir
Mon amour est celui d'une patrie libre
Mon amour est celui de la femme libre
Prisonnière je le suis mais libre malgré les chaînes

Wafaa Charak




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