jeudi 25 juin 2015

Pour la Grèce : Mobilisation générale !




"Les peuples européens doivent s'unir pour gagner la bataille contre l'austérité"
Stathis Kouvélakis, professeur de philosophie politique 
et membre du comité central de SYRIZA





LES POÈTES SONT EN EXIL

Par Angélique Ionatos


Dans notre monde, soumis à une nouvelle barbarie, il faut nous interroger pour retrouver la mémoire et l'utopie. Ce sont elles qui veillent sur notre humanité.

Ma "belle et étrange patrie" qui a déposé une terre si fertile sur mes racines, m'a enseigné que la poésie, depuis toujours, nourrit le chant.

Et ce chant peut devenir un cri.

Aujourd'hui, la Grèce est défigurée. Les Grecs sont humiliés.

Le premier devoir d'un artiste est de témoigner de son temps. Et de résister ! "Chacun selon ses armes", disait le poète Elytis. Pour se redonner espoir et dignité
.
Souvent, je me sens découragée et impuissante face à tant de malheur. Parfois, je suis même tentée de me taire.

Alors, je lis mes poètes. Leurs mots jamais ne s'oxydent à l'haleine du désespoir. Leur parole est politique et souvent prophétique.

Et voilà que l'espoir revient comme "un chant de maquisard dans la forêt des aromates". Ce cri et cet espoir vont habiter aujourd'hui mon propre chant.



Photo : visuel d'une soirée en tandem (ciné + débat en duo + concert) le 17 décembre dernier aux Lilas.



"La tragédie grecque n’a évidemment jamais été terminée pusique nous n’avons strictement rien fait pour régler le fardeau insuportable de la dette grecque. Il ne s’agit pas de savoir si c’est moral ou pas, de savoir si les Grecs sont vilains tout plein ou pas.
Il s’agit juste de dire qu’avec 180 % de dette sur PIB et une récession économique qui dure depuis 7 ans, les Grecs SONT en faillite. Donc il faut trouver les meilleures modalités possibles de règlement de cette faillite.
Ce qui a été fait jusqu’à présent a uniquement consisté, via le FESF et les aides européennes, à transférer les créances grecques pourries détenues par les banques commerciales, et en premier lieu les banques allemandes qui s’étaient littéralement gavées de dettes grecques pour avoir des taux d’intérêt plus élevés et donc de meilleurs rendements, vers les États et les contribuables des différents pays membres de la zone euro.
Si hier la dette grecque était le problème des banques, il est aujourd’hui celui des citoyens… Mais la dette est toujours là, rien n’a été réglé. Jamais.
Pourtant, on vous a annoncé à de multiples reprises que la crise était finie, que la reprise arrivait. Rien de tout cela ne s’est produit, la crise n’est pas terminée et la Grèce est en faillite.
Reste à savoir si Tsipras acceptera de jouer le jeu et de faire durer encore un peu cette tragi-comédie grecque ou si au contraire, il forcera chacun de ses créanciers à prendre ses pertes.
Aujourd’hui, ce n’est plus la Grèce qui a un problème… c’est nous. Simplement, personne n’en a véritablement conscience."  Charles Sanat





Le vent de la révolte et de l'espoir souffle en Grèce

Pae Yannis Youlountas, Mercredi 24 juin, 21h30.
LA PRESSION POPULAIRE QUI MONTE EN GRÈCE S’EST FAIT SENTIR À BRUXELLES : LA TRAHISON DE TSIPRAS, ANNONCÉE HIER PAR TOUS LES MÉDIAS DOMINANTS, N’A PAS EU LIEU !
Un vent de protestation, de rumeurs et de lutte commence à souffler partout en Grèce. Les appels à la mobilisation, dont celui de Stathis Kouvelakis (qui l’a fait depuis Londres, en plein mois de juin : petit clin d’œil à l’ami), ont été entendus. Les initiatives spontanées n’ont pas manqué également. Les discussions dans les réseaux politiques ont duré toute la nuit et continuent à l’heure qu’il est. Tout le monde, ou presque, s’en mêle : c’est notre affaire à tou-te-s. Les téléphones chauffent. Les mails fument. Les forums Internet prennent feu. Les manifestations se multiplient. Les actions symboliques aussi. La pression ne cesse plus de monter à Athènes et ailleurs.
Alexis Tsipras était visiblement très fatigué et tendu à son arrivé, aujourd’hui vers midi à Bruxelles. On sait pourquoi.
Les négociations se sont brutalement durcies, d’après les premiers retours qui nous parviennent. Il est à noter que des arguments laissés de côté, hier, ont été utilisés aujourd’hui, provoquant le blocage total de la situation.
Cette réunion préliminaire mais cruciale, avec Junker et Lagarde, qui devait préparer l’Eurogroupe de ce soir avec des propositions communes, s’est terminée sans la trahison annoncée depuis hier par tous les médias dominants. Les charognards de nos aléas, si prompts à distiller la résignation et la soumission, qui se frottaient déjà les mains et avaient mis au frais le champagne, devront encore patienter. L’accord calamiteux qui devait faciliter la réunion de l’Eurogroupe a donc été repoussé. Juncker et Lagarde ont fait grise mine et ont discuté longuement hors micros pendant la pause. Par la suite, l’Eurogroupe s’est réuni et n’a duré qu’une heure. Une heure seulement ! Rien a valider pour l’instant : la situation est belle et bien bloquée, même si les discussions avec les créanciers continuent mollement ce soir.
Pour l’instant, Tsipras n’a pas lâché, contrairement à ce que les vautours annonçaient, mais la révolte continue de gronder au sud-est de l’Europe devant les pièges grossiers qui nous sont tendus et les prochaines épreuves, à commencer par la prochaine réunion de l’Eurogroupe qui aura lieu demain, cette fois à 13 heures.
Désolé les Pujadas, Barbier, Apathie et autres pantins, mais il faudra encore attendre pour sonner le glas du vent de révolte et d’espoir qui souffle en Grèce. Nous sommes debout et nous ne nous laisserons pas faire. Tsipras le sait. Ses interlocuteurs aussi.
CE SOIR, POUR L'INSTANT, C'EST NOUS QUI BUVONS LE RAKI !
A la santé de toutes celles et ceux que nous remercions fraternellement de lutter avec nous !
Y.Y.

PS : pour fêter ce sursis, ce soir, voici un souvenir en musique, pour ne jamais baisser les bras :
LA CHANSON QUI ME TROTTAIT DANS LA TÊTE
DURANT LE TOURNAGE DE
NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES
ET ME RAPPELAIT LA FORCE DE L'HISTOIRE EN MARCHE.
Quand j'étais enfant, mon grand père crétois, dont je porte le nom et le prénom, me jouait souvent de la lyre et me parlait de NIKOS XILOURIS, un célèbre chanteur et joueur de lyre, né quelques années après lui dans le village voisin, près de Réthymnon. Il me faisait notamment écouter une magnifique chanson à jamais gravée dans ma mémoire et qui m'arrache parfois des larmes, mais des larmes de joie, d'amour et de désir de lutter. Une chanson qui parlait d'esclaves (δούλοι, douli) de l'humain maltraité comme un âne, et de marche persévérante et passionnée vers l'émancipation et l'utopie. Une chanson qui disait que la vie n'a pas de sens si on ne lutte pas, avec d'autres, pour la transformer.
Cette chanson, c'était "La ballade de monsieur Mentiou" d'après un poème de Kostas Varnalis.
Nikos Xilouris chantait avec tout son cœur, en serrant le poing, l'immense désir de révolte et d'émancipation des esclaves. En écoutant bien vous reconnaîtrez la répétition du mot "DOULI" (esclaves) qui vous rappellera l'expression NA MIN ZISOUMÉ SAN DOULI (ne vivons plus comme des esclaves). En plus, sur le disque qui me reste de cette époque, le visage de Nikos Xilouris me rappelle étrangement celui mon grand-père, comme s'il s'agissait d'un testament, d'un épitaphe, d'une recommandation à ne jamais oublier.
Άιντε θύμα άιντε ψώνιο / Bouge toi, victime, nigaud !
άιντε σύμβολο αιώνιο / Bouge toi, symbole éternel !
αν ξυπνήσεις μονομιάς / Si tu t'éveilles une fois pour toutes,
θα 'ρθει ανάποδα ο ντουνιάς / Le vent tournera enfin !
C'est pourquoi, plus efficace que tous les cafés du monde, cette chanson me trottait dans la tête, durant le tournage de NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES en 2013, et me rappelait la force de l'histoire en marche : 40 ans exactement après l'insurrection populaire de l'Ecole Polytechnique à Exarcheia, contre la dictature des Colonels en novembre 1973 (les images qui illustrent la chanson, mêlées de portraits de Nikos). L'écho de cette chanson me tenait éveillé 20 heures par jour, faisait palpiter mon cœur et toutes mes veines et me portait littéralement aux côtés de mes compagnons et camarades de lutte. Je ne sentais plus mes jambes, même au soir de journées interminables.
Un souvenir en musique qui nous invite à ne pas, à ne JAMAIS baisser les bras. Car l'Histoire n'est pas écrite d'avance. C'est notre histoire et il nous revient de l'écrire ensemble.
Yannis Youlountas




Brisons les chaînes de la dette grecque !
La pétition:
Nous, citoyens de tous les pays d'Europe, exigeons
  • Une conférence européenne pour fixer une annulation de la dette pour la Grèce et pour les autres pays où cela est nécessaire, sur la base d'audits de la dette et financée par la récupération de l’argent que les banques et les spéculateurs ont recueillis au travers de plans de sauvetage.
  • La fin de l’imposition des mesures d'austérité qui provoquent injustice et pauvreté en Europe et partout dans le monde.
  • La création de règles par les Nations Unies pour régler les crises de la dette publique de façon rapide et juste, et dans le respect des droits humains, et pour faire savoir aux banques et aux dirigeants financiers que nous ne continuerons pas à faire pièce à leurs prêts inconsidérés.

Contexte
Partout en Europe, les peuples sont écrasés par l'austérité, une politique vouée à l'échec et une fausse solution au problème de l'accumulation des dettes publiques, en grande partie causée par le sauvetage des banques. Ces populations rejoignent des millions de gens dans les pays en développement qui sont aujourd'hui encore profondément affectés par des crises de la dette à répétition et des décennies d'une austérité impitoyable.
La Grèce est le pays d'Europe le plus exposé. La population grecque porte le fardeau d'une dette impayable qui provient de prêts irresponsables par des banques européennes, d'emprunts contractés par une élite corrompue et d'un réseau mondial de paradis fiscaux qui permet à l'argent de sortir du pays. La Commission pour la Vérité sur la Dette grecque a commencé à mettre au jour l'injustice profonde ce ces dettes.
La crise grecque, comme les précédentes crises, est le symptôme d'un système financier mondial qui place les intérêts des banques et des dirigeants de la finance au dessus des besoins des populations et de nos droits à un logement correct, un travail décent, et l'accès à des biens et services publics essentiels comme l'eau, les soins de santé, l’éducation.
Il nous faut d'urgence annuler les dettes injustes, mettre un terme aux mesures d'austérité qui nous sont imposées et créer de nouvelles règles pour faire face aux crises de la dette lorsqu'elles se présentent, et ce de façon juste et rapide.


Pour signer la pétitionhttp://cancelgreekdebt.org/fr/

Avant de signer, écoutez (avec la traduction en français),
NA MIN ZISOUMÉ SAN DOULI/ Ne vivons plus comme des esclaves de Nikos Xilouris :







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