lundi 22 juin 2015

Otan-Russie :



L'Europe vassale des États-Unis
Par Bryan MacDonald, le 17 juin 2015 

© Sputnik. KIM JAE-HWAN
En suivant servilement la politique de Washington face à la Russie, les dirigeants européens sont surtout en train de planter des aiguilles dans des poupées vaudous à leur propre effigie. Je veux dire que leurs actes sont aussi inutiles que ridicules.
Si les États Unis choisissaient eux-mêmes les dirigeants européens, on peut douter qu’ils les choisiraient aussi obséquieux que ceux qui dominent actuellement l’Europe. On n’y voit personne de la trempe d’un Charles De Gaulle ou d’un Willy Brandt. En fait on n’y voit même pas un Jacques Chirac. La situation est telle qu’on en viendrait à désirer une Thatcher de second rang. Cela ferait au moins quelques feux d’artifice.
A la place, nous avons plutôt une Angela Merkel, un David Cameron et un François Hollande en première ligne. A la moindre suggestion de la Maison Blanche, ils sautent en l’air et la seule question qu’ils posent à Washington est «Ai-je sauté assez haut ?». Et maintenant leurs sauts sont si impressionnants que ceux du légendaire sauteur à la perche ukrainien, Sergey Bubka, paraissent minables.
La dernière fois que les dirigeants européens ont sérieusement fait preuve d’indépendance envers les États-Unis fut en 2002 lorsque Gerhard Schroeder et Chirac firent campagne contre l’invasion illégale de l’Irak par George W Bush. Leur courageuse prise de position fut compromise par celle de Tony Blair qui s’est plié en quatre pour jouer le rôle du caniche de son maitre américain. Les Polonais, que l’on pensait moins serviles, ont aussi participé à cette campagne militaire illégale. A la suite de ce premier refus, d’autres petits États européens comme l’Estonie ou l’Albanie, cherchant désespérément à attirer l’attention de Washington, y ont participé. L’Italie et l’Espagne aussi y ont brièvement participé avant de retirer leurs troupes.
Depuis cette dernière prise de position par Schröder et Chirac, l’indépendance européenne s’est dissoute. L’Allemagne est entre les mains du CDU/CSU pro-américain et la France gaulliste a ouvert le chemin à l’insipide socialiste François Hollande. Hollande a montré quelques signes qu’il voulait remettre en question le diktat américain, mais semble incapable d’incarner cette arrogance typiquement française.
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La grande question du jour est de savoir s’il est possible que l’Europe puisse un jour retrouver son indépendance dans sa politique contre Moscou. Mais les prévisions sont sombres. Cameron, même s’il est distrait par l’Écosse et l’adhésion de son pays à l’Union européenne, vient d’être réélu pour cinq ans, ce qui lui donne l’espace suffisant pour continuer à représenter les intérêts américains en Europe. Merkel est à mi-chemin de son mandat de quatre ans et, à moins que le CDU la remplace (improbable) ou qu’elle démissionne (pas impossible), la chancelière sera sûrement réélue pour un quatrième mandat dans deux ans.



La joyeuse troupe de l'Oncle Sam 

Évidemment, un jour quelqu’un sortira du rang. Probablement la France, où Hollande sera presque certainement viré de son fauteuil en 2017. Cela laisse cependant encore deux bonnes années à Washington pour foutre la merde en Europe. D’ici là, des dommages irréparables risquent d’être faits à l’économie européenne et aux relations du continent avec son géant voisin eurasien. Et les États-Unis, tout en tirant les ficelles, s’en sortiront sans heurts.
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Lire l'article entier en français sur Le Saker Francophone ou en anglais sur Russia Today


Bryan MacDonald est un écrivain et commentateur irlandais qui s’intéresse à la Russie et son pré-carré ainsi qu’à la géo-politique internationale.

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"Hier j'ai écouté les déclarations du nouveau secrétaire général de l'Otan, l'ex-premier ministre norvégien Jens Stoltenberg, qui est entré en fonction qu'il y a seulement six jours, le 1er octobre (2014,NdlR). Que de haine sur son visage! Quel désir incroyable de déclencher une guerre d'extermination contre la Fédération de RussieFidel Castro.

Sondage 2014 : 80% des Français, et Européens ne veulent pas de l'Ukraine dans l'Otan et dans l'UE


"...cessez-le-feu entre les présidents ukrainien Petro Porochenko et russe Vladimir Poutine ..."
C'est une erreur. Le cessez-le-feu n'est pas entre l'Ukraine et la Russie. La Russie ne fait pas parti des belligérants. Poutine est intervenu pour que les rebelles et le gouvernement ukrainien signent une treve. Rien de plus, mais rien de moins non plus. Constat d'un internaute français

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Résurgence de la guerre froide, nouvelle crise des euromissiles : savoir surfer sur les circonstances pour instrumentaliser une information est un art maîtrisé par tout homme politique et tout journaliste.


© Sputnik. Ramil Sitdikov
Le foisonnement des articles et des déclarations commentant la récente déclaration de Vladimir Poutine, lequel a annoncé que la Russie allait se doter cette année de 40 missiles intercontinentaux (ICBM) supplémentaires, n'a donc rien de surprenant. Nous y faisions allusion il y a moins de trois semaines, le feuilleton de l'été sera nucléaire. La mise en perspective des propos du Président russe, présentés comme une réponse à l'éventuel prépositionnement de matériels de guerre américains à proximité des frontières de la Russie, est, dans ce cadre, logique. Il s'agit d'ancrer l'idée d'une Russie engagée dans une course aux armements et cultivant une rhétorique agressive dans l'esprit des opinions publiques « occidentales ».

Pourtant, une fois encore, l'examen des faits autorise une analyse alternative de l'attitude russe et permet de nuancer sensiblement la version d'une dialectique de la menace entre le Kremlin et l'OTAN.

Reprenons, pour commencer, une source de l'Alliance Atlantique, « Russian military modernization », rapport rédigé par Stephen Gilbert, rapporteur général britannique, en date du 24 mars 2015. Près de trois mois donc avant les récents propos de Vladimir Poutine. Que dit-il? « Avant sa réélection en 2012, M. Poutine a exposé les résultats escomptés du PMA (programme de modernisation de l'armée, ndlr). Ce programme inclut les acquisitions suivantes: 400 missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) et missiles mer-sol balistiques stratégiques (SLBM); dix brigades équipées de missiles balistiques tactiques Iskander-M. Au cours des trois premières années du PMA, les progrès ont été lents au niveau du réarmement. Durant cette période, la Russie a fait l'acquisition de 30 ICBM et SLBM, deux SSBN/SNLE (sans les SLBM complémentaires). Toutefois, comme l'indique le présent rapport, le rythme des acquisitions d'armements s'est accéléré en 2014 et devrait continuer sur sa lancée en 2015 également. » A l'aune de ces déclarations les faits apparaissent sous un jour différent.

Primo le programme de modernisation 2011-2020 prévoyait il y a quatre ans déjà la production de 400 ICBM. Soit un rythme de production annuel de 40 missiles. Ce qu'a précisément annoncé le Président Poutine mardi dernier. Cette cadence était en conséquence prévisible bien avant que la crise ukrainienne ne commence. L'entrée en service de ces 40 nouveaux ICBM et/ou SLBM n'a donc aucun rapport direct avec ce qui se passe dans le Donbass ou aux frontières de l'OTAN.

















Secondo le programme de modernisation des forces armées russes, de l'aveu même de l'OTAN, a pris du retard au cours des trois premières années de son exécution. L'entrée en service de 22 ICBM et SLBM était programmée en 2014. Seize seulement auraient été livrés. Le cadencement prévu pour 2015 revient donc, tout simplement, à annoncer que le complexe militaro-industriel russe est à présent sur les bons rails pour tenir les délais. Cela reste à démontrer mais ce n'est pas ce qui compte. Ce qui compte, dans le contexte du débat actuel, c'est que les propos de Vladimir Poutine ont été détournés, par ignorance ou par malice suivant les auteurs du détournement, afin de convaincre les « occidentaux » de la résurgence d'une puissance russe s'inscrivant dans la même logique de la menace nucléaire que l'Union Soviétique. Au demeurant il ne faut pas se leurrer: la presse russe, reprenant les propos du Président Poutine, interprète elle aussi ces derniers comme un signe de fermeté vis-à-vis de l'OTAN, ce qui ne peut qu'améliorer —dans la mesure où c'est encore possible-la cote de confiance dont bénéficie le chef d'Etat russe auprès de ses concitoyens. De part et d'autre on fait donc mine de s'angoisser, ou de bomber le torse, à des fins strictement propagandistes et suivant une grille de lecture déconnectée d'un fait connu —théoriquement- de tous: la modernisation de l'arsenal nucléaire russe, aujourd'hui engagée, est une nécessité.

Près de 60% des 300 missiles intercontinentaux russes appartiennent à des classes de vecteurs dépassées (R-36M2, UR-100N, RT-2PM), approchant de la fin de vie opérationnelle. Quelques 180 missiles doivent donc être retirés du service et remplacés, la majorité de ces fusées obsolètes (les R-36M2 et UR-100N) devant avoir disparu de l'arsenal d'ici 2020. La cadence de 40 missiles par an (qui prend en compte les SLBM) est donc non seulement la bonne mais va sans doute être amenée à être dépassée à l'avenir, si l'industrie de défense russe est capable d'accroître sa productivité, afin de rattraper le retard initial du programme évoqué supra. Cela donnera l'occasion à l'OTAN et à la presse « occidentale » de distiller l'angoisse un peu plus encore.Tout citoyen un tant soit peu curieux peut cependant échapper à cette propagande en observant les paramètres suivant lesquels les forces armées, russes et « occidentales », opèrent.

Il peut, ainsi, relever qu'on ne tire pas sur des dépôts d'armes conventionnelles prépositionnées à ses frontières avec des armes nucléaires stratégiques, ni même tactiques. Dans l'hypothèse d'un conflit armé, de telles cibles, localisées de longue date, seraient l'objectif de l'aviation, laquelle se limiterait sans doute à l'usage de bombes ou de missiles de croisière à charge conventionnelle.

C'est en ce sens, précisément, que l'annonce de la possible mise en place de tels dépôts relève de la propagande américaine vis-à-vis des Etats d'Europe centrale: De tels stocks d'armes lourdes ne les protègeraient pas dans l'hypothèse d'un conflit. Ils sont bien plus destinés à être bombardés qu'à procurer une quelconque garantie de sécurité. Sauf bien entendu si l'OTAN, afin de protéger ces sites, décide de mettre en place un système de défense antiaérienne élargi, s'intégrant à son programme antimissiles, afin de créer en Europe centrale un bouclier antiaérien et antimissiles multicouches.

Cela ferait le bonheur des industriels de défense américains et acterait la fracture définitive entre Européens de l'Est et de l'Ouest, entre Russie et Union Européenne.
Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.
Philippe Migault Philippe Migault est Directeur de recherche à l'Institut de Relations Internationales et stratégiques (IRIS). Ses principaux domaines d’expertise sont les questions diplomatiques et stratégiques, les conflits armés et industries de l'armement.


Source : Sputnik 


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