lundi 15 juin 2015

La désobeissance civile comme mode de sur-vie en milieu corrompu




"Le spectacle est la carte de ce nouveau monde, carte qui recouvre exactement son territoire. Les forces mêmes qui nous ont échappé se montrent à nous dans toute leur puissance."
Guy Debord

"Charlie Hebdo deuxième version (1992 - 2012) ne fut qu'une faible parodie de Hara Kiri (1966 - 1969) du Charlie mensuel libertaire (1969) et une pâle copie du premier Charlie Hebdo originel (1970-1982). D'ailleurs il n'est pas anodin que son rédacteur en chef Philippe Val (ex chansonnier anarchiste) soit devenu le directeur très pontifiant de France Inter. A partir du moment où les membres du journal satirique avait, de par sa constitution légale (SARL Kalachnikov), accepté  de coopérer avec l'establishment, il n'avaient plus d'autres choix que de devenir rentable, tout en assumant un rôle d'amuseurs publiques dont la rédaction a payé le prix fort avec les caricatures "bêtes et méchantes" du prophète Mohamed." G. Hadey




"Désobeir est l'unique choix possible lorsque la démocratie prive les citoyens de leurs responsabilités civiques lesquelles ne consistent surtout pas à voter tous les cinq ans pour des partis politiques dont les chefs et les cadres vivent des dorures gratifiantes de la République (de l'État, plus précisément), à l'écart des difficultés et souffrances bien réelles des "gens d'en bas, comme un ministre de droite, Mr Raffarin, pour ne pas le nommer, qualifiait avec un cynisme frisant l'inconscience le petit peuple anonyme et laborieux croulant sous les impôts. Les peuples d'Europe ont été aplatis, nivelés par le rouleau compresseur guerrier du capitalisme mondial dominant à tel point que les mouvements d'indignation ne font dans le meilleur des cas que de relayer - en périodes de crise - l'asservissement considéré comme naturel d'une main d'oeuvre productrice de richesses colossales au service d'une élite de bourgeois en cols blancs aux mains si méticuleusement épargnées des tâches rudimentaires de l'existence que pour quiconque a encore le sens de la réalité et de la justice terrestre, la désobeissance civile ne fait qu'augurer l'inimaginable conquête de la liberté humaine.

 André Chenet  






DESOBEIR C’EST VIVRE

La fusillade qui a fait plusieurs morts à la rédaction de Charlie Hebdo confirme l’atmosphère liberticide qui, sous de multiples formes, menace actuellement la désobéissance, notamment sacrilège et satirique.

Dans l’hexagone, jour après jour, l’espace se réduit entre, d’une part, des intégristes religieux de tous bords qui descendent dans la rue, les uns après les autres, et menacent diversement nos libertés chèrement conquises et, d’autre part, une extrême-droite qui gagne du terrain et se prétend le rempart contre ce fléau, alors qu’elle est toute aussi nauséabonde et dangereuse.

La confusion ambiante atteint des sommets et chaque nouvelle étape suggère de choisir entre la peste et le choléra, dans la mise en scène d’une guerre de civilisation complètement imaginaire qui contribue à fabriquer la peur, les préjugés et le repli sur soi.

Malgré les circonstances, certains prétendent, en France, que l’anticléricalisme et l’antifascisme sont désuets et passés de mode. C’est faire peu de cas de l’Histoire qui nous a montré que les fantômes meurtriers des intégrismes religieux et de la nébuleuse fasciste tentent régulièrement de faire leur retour.

La laïcité n’est pas un combat d’arrière-garde, ni l’humanisme et l’antiracisme des vieilles lunes au service de quelque pouvoir.

Ce sont des luttes plus que jamais actuelles, qui sont absolument indissociables de celles qui nous opposent à un gouvernement violent et parfois criminel à l’égard de celles et ceux qui désobéissent sur les ZAD et partout ailleurs à des politiques autoritaires, inégalitaires et destructrices.

Ces luttes sont plus importantes et complémentaires que jamais. Et la désobéissance ne se négocie pas. Même si elle n’est pas du goût de tout le monde. Car désobéir, c’est vivre. Désobéir, c’est défendre le droit de choisir nos vies par-delà les idéologies mortifères qui nous menacent. Désobéir, c’est défendre la vie, parfois jusqu’à en mourir.

Même si je ne partageais pas toujours l’humour et les positions de mes confrères de Charlie Hebdo, notamment dans les conflits qui ont opposé certains d’entre eux à mon ami Siné, j’ai une pensée pour toutes les victimes et leurs proches, notamment mon ami Tignous.

Même décédées, ces personnes restent néanmoins plus vivantes, à travers les décénnies de créations qu’elles nous laissent, que les partisans d’idéologies mortifères qui les ont assassinées.

7 janvier 2015
Yannis Youlountas


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Quel lyrisme ! quel souffle ! quel courage ! quelle vérité ! et le cœur surtout de ce MOI inimaginable qui crie à la conquête de la liberté humaine. Comme c'est touchant cette pâtée de bons sentiments, on reconnait le poète à la papa qui avait des valeurs, mais qui se comportait comme un goujat impoli, un génie de canton, alors qui n'était qu'un assis de Rimbaud. Camarade vive la révolution ! poil aux roustons !

REVOLUTION ici et maintenant a dit…

Comme vous êtes mal élevé, et incapable d'expression intelligible, je vous laisse avec vos démangeaisons sordides, Mr ou Mme anonymous.