samedi 20 juin 2015

Grèce : la bourse ou la vie !




« D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.
Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis. ». Manolis Glezos, Bruxelles, le 22 février 2015




"Il y a une prise de conscience dans les institutions [BCE, FMI, Commission européenne] qu’il faut se préparer à un défaut de paiement de la Grèce, » a déclaré un fonctionnaire de l’UE au Monde."



"La France devrait être aux premières loges pour appuyer le peuple grec dans sa recherche de liberté, de bien-être et même de bonheur. La France avec son gouvernement social-libéral et l’appui de tous les médias audio-visuels tourne le dos à cette nécessaire solidarité entre peuples contre les spéculateurs bourgeois.
.../...
La mise en place de la chaîne d’esclaves à la monnaie unique l’Euro, au détriment des monnaies souverainistes de chaque État National , a entraîné la baisse générale des salaires, le développement du chômage et de la précarité, la mise à mal des services publics, la concurrence sauvage dite libre et non faussée, la promotion des fascismes sous diverses couleurs comme alternative à la droite conservatrice et à la social-démocratie.
Le constat lucide de cette situation c’est la pauvreté généralisée, c’est la délinquance financière et mafieuse, c’est la fin de la démocratie dite bourgeoise au profit d’une dictature rampante des élites bruxelloises, valets du capitalisme mondialisé et chaotique."


"Notre chance, la spécificité de la situation grecque actuelle, ce sont les mouvements sociaux apparus au cours de la période précédente mais aussi les contradictions de Syriza : le fait que ce parti ne constitue pas (encore ?) une forme bureaucratique figée, fossile, définitivement centralisée, le fait qu’il demeure encore poreux aux mouvements sociaux, aux luttes et aux processus collectifs de réponse à la crise et à la réorganisation néo-libérale une réorganisation qui s’opère dans le cas de la Grèce par le vide, la table rase, la déstructuration de la production et une mise au chômage massive.




"Cependant, le refus par la troïka d’approuver les revendications minimales, a mis en évidence l’incompatibilité d’un changement économique radical avec les principes de l’union monétaire. L’euro est plus un carcan imposé par le capital financier qu’un instrument d’intégration économique qui favorise la solidarité et le bien-être des peuples



Les oligarques grecs et européistes ont de quoi en être inquiets. Le rapport de la Commission du Parlement pour la vérité sur la dette grecque précise alors la marche à suivre: en juin 2015, la Grèce se trouve à un carrefour. Elle doit choisir entre la poursuite des programmes d’ajustement macroéconomiques imposés par ses créanciers ou briser les chaînes de sa dette. Cinq ans après le début des programmes d’ajustement, le pays reste plongé dans une grave crise économique, sociale, démocratique et écologique. La boîte noire de la dette n’a pas été ouverte. À ce jour, aucune autorité, grecque ou internationale, n’a cherché à faire la lumière sur les causes et les modalités d’assujettissement de la Grèce au régime de la Troïka. La dette, au nom de laquelle rien n’a été épargné à la population, reste le dogme au nom duquel est imposé un programme d’ajustement néolibéral qui s’accompagne de la plus profonde et la plus longue récession jamais connue en Europe en temps de paix.
.../...
Les éléments dont nous faisons état dans ce rapport montrent que de toute évidence la Grèce, non seulement n’est pas en capacité de rembourser cette dette, mais qu’elle ne doit pas la rembourser, tout d’abord parce que la dette issue des mesures de la Troïka constitue une violation caractérisée des droits humains fondamentaux des résidents de la Grèce. Ainsi, nous sommes parvenus à la conclusion que la Grèce ne doit pas payer cette dette, du fait de son caractère illégal, illégitime et odieux. Il est également apparu à la Commission que le caractère insoutenable de la dette publique grecque était évident depuis l’origine pour les créanciers internationaux, les autorités grecques et les grands médias. Pourtant, les autorités grecques et certains gouvernements de l’Union Européenne se sont ligués pour rejeter une restructuration de la dette publique en 2010, dans le seul but de protéger les institutions financières privées. Les grands médias officiels ont dissimulé la vérité au public en soutenant que le plan de sauvetage allait être bénéfique pour la Grèce, tout en passant en boucle le récit selon lequel la population ne faisait que payer pour ses propres turpitudes.
.../...
En mettant ce rapport à la disposition des autorités grecques et du peuple grec, la Commission considère avoir rempli la première partie de sa mission telle que définie dans la décision de la Présidente du Parlement du 4 avril 2015. La Commission espère que son rapport constituera un outil utile pour toutes celles et tous ceux qui veulent sortir de la logique mortifère de l’austérité et qui se lèvent pour défendre ce qui ce qui est en danger aujourd’hui: les droits humains, la démocratie, la dignité des peuples et l’avenir des générations à venir.

Aujourd’hui, en réponse à ceux qui leur imposent des mesures iniques, le peuple grec pourrait leur rappeler ce propos de Thucydide lorsqu’il évoquait la constitution de son peuple: “Elle a reçu le nom de démocratie, parce que son but est l’utilité du plus grand nombre et non celle d’une minorité.” (Oraison funèbre de Périclès rapportée par Thucydide dans “La guerre du Péloponnèse”). Le texte de la synthèse dans sa totalité est consultable sur le site de la CADTM. Voilà pourquoi les oligarques peuvent en être inquiets, voire troublés.
Panagiotis Grigoriou (Historien et Ethnologue)

Lire en détail cet article qui démontre l'illégitimité et l'illégalité de la dette grèque sur : 





Le coup d"état ne sera pas télévisé
par Dimitris Alexakis, Athènes, le mardi 16 juin 2015





Les rumeurs d’élections distillées depuis deux jours par les créanciers de la Grèce, l’inquiétude pour les «Grecs qui souffrent» exprimée avant-hier sur les ondes d’une radio française par le président de la Commission (qui a bien pris soin d’ajouter que c’était du «peuple» qu’il se souciait, et non de son «gouvernement» ni de son «Parlement»), la récente douche froide de Bruxelles (la délégation hellénique face à des interlocuteurs expliquant qu’ils n’avaient pas mandat pour négocier, l’interruption consécutive de cette réunion au bout de 45 minutes), le report des négociations à la fin juin, la campagne de dénigrement du gouvernement grec orchestrée par le FMI, la Commission européenne et les principaux quotidiens allemands et français («Die Welt», «Bild», «Le Figaro», «Le Monde»), campagne à laquelle le chef de file des sociaux-démocrates allemands vient d’apporter une lourde pierre et dont l’intensité a manifestement franchi un cap depuis deux ou trois jours tout cela, combiné à la fuite des capitaux en cours et à l’effondrement de la Bourse d’Athènes, montre que ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est rien d’autre qu’une tentative de coup d’État financier et politique perpétrée contre le gouvernement grec, un gouvernement élu il y a à peine moins de cinq mois.
L’objectif semble bien être de faire tomber le gouvernement d’Alexis Tsipras en utilisant le levier de la panique bancaire et, en sapant les fondements mêmes de l’économie du pays, de réduire à néant le soutien politique que le peuple grec continue d’apporter à ses représentants.
Il s’agit d’un coup d’État invisible, sans tanks dans les rues d’Athènes, sans bain de sang, sans images, dans le droit fil de la stratégie insidieuse d’étranglement adoptée par nos «partenaires» dès le 18 février (suspension par la BCE du principal mécanisme de financement des banques grecques), dans le droit fil aussi de la stratégie qui avait conduit ces mêmes partenaires à court-circuiter en 2011 les procédures démocratiques pour placer un banquier et un technocrate (Lukas Papademos, Mario Monti) à la tête des gouvernements grec et italien.
Une tentative de coup d’État que les peuples de l’Union européenne, et le peuple grec lui-même, sont d’ores et déjà invités à cautionner.
Ces peuples doivent aujourd’hui prendre conscience que leurs représentants font aujourd’hui tout ce qui est en leur pouvoir pour renverser, au cœur de l’Europe, un gouvernement démocratiquement élu.
Dimitris Alexakis

Source : oulaviesauvage







Aux dernières nouvelles, des pourparlers sont en train d’examiner la possibilité pour la Grèce de devenir le sixième participant de la Banque de développement des BRICS. C’est la Russie qui a révélé cette proposition faite au mois de mai dernier. Pour le moment, les parties sont en cours de «discussions préalables sur la question du rattachement éventuel de la Grèce à la banque de développement des BRICS (Alliance interétatique informelle du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud ). Pour que, une fois la Banque opérationnelle, la Grèce puisse devenir membre de plein droit», a rapporté le ministre grec de la Restructuration de la production, de l’Environnement et de l’Energie Panagiotis Lafazanis, selon Russia Today. Varoufakis réclame un choix décisif de Merkel au sommet de lundi : Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a mis la pression sur la chancelière allemande Angela Merkel, qui se tient devant un choix décisif lundi lors du sommet européen exceptionnel sur la Grèce, selon une tribune dans la presse allemande.




A consulter pour comprendre le rapport du comité sur la vérité sur la dette publique grecque :


Aucun commentaire: