lundi 25 mai 2015

Il n'y a pas de quoi être fier de l'Europe et de ses institutions !




 L'étranglement du peuple grec doit cesser







Intervention de Manolis Glezos au Parlement européen, 21/05/15
Le député européen de SYRIZA, Manolis Glezos, largement connu de l’opinion publique française et européenne pour ses combats passés et présents, a fait l’intervention suivante lors de la séance du Parlement européen du 21mai 2015, au point d’ordre du jour « Taux de croissance en Europe » après lecture du rapport de la Commission européenne.
« Les chiffres prospèrent, cher(e)s collègues, et les peuples souffrent. Les profits des monopoles augmentent et les travailleurs vivent en enfer. La réalité est toute autre que celle décrite dans le rapport. Le chômage est en hausse dans toute l’Europe, la malnutrition s’étend. Les fermetures d’entreprises continuent, tout comme les suicides de personnes qui ne s’en sortent pas financièrement.
Pour sortir de cette situation, l’étranglement par les créanciers doit cesser et, en particulier, l’étranglement du peuple grec, de la Grèce, doit cesser.
Je ne citerai qu’un seul élément : au cours de ces dernières années, on nous a prêté 226 milliards et nous en avons remboursés 270, donc 44 milliards de plus »

« LE MOMENT EST VENU DE MONTRER À TOUS QUE NOUS GARDONS LA MÉMOIRE DE LA LIBERTÉ, LES IDÉES DE LA RÉSISTANCE »
L’asphyxie ! C’est le seul terme capable de décrire ce qui, depuis 4 mois, est sadiquement perpétré contre notre peuple et son gouvernement par les fameux « partenaires », sous l’approbation incessante de leurs collaborateurs domestiques. C’est comme si l’on avait passé un sac en plastique autour de la tête de chaque citoyen, dès lors que celui-ci à osé se dresser pour dire : « Ça suffit ! »
Des vexations quotidiennes venant des échelons du pouvoir, des fuites spécieuses, des mensonges énoncés avec la certitude que seule la voix du menteur sera entendue car c’est la voix d’un Allemand puissant (bien que compromis), d’un Luxembourgeois respectable (résidant dans un paradis fiscal), d’un Français bien considéré (mais amnésique et invertébré), d’un Néerlandais parvenu (et petit arnaqueur) qui ne manque pas de s’incliner avec grâce aux pieds des puissants.
Il n’y a vraiment pas de quoi être fier de l’Europe et de ses institutions !
Et nous ? Qu’allons-nous faire ? Qu’allons-nous faire nous tous, Grecs? Resterons-nous chez nous passifs, devant la télé, en espérant – contre toute raison – que le désastre du pays entier s’arrêtera devant notre seuil ?
Cela m’attriste d’être loin de la Grèce en ces moments. Mais, cela m’attristerait davantage de ne pas voir, dès demain, notre peuple sortir dans les rues avec toute sa dignité courroucée, sa colère juste, transformée en action politique face à ceux qui préparent son annihilation.
Il est de notre devoir envers les générations à venir de manifester dans la rue, pour clamer aux usuriers qu’il ne nous reste plus de sang à offrir. Sortir dans la rue pour dire aussi à notre gouvernement que nous sommes à ses côtés, à condition qu’il ne recule d’un seul pas.
Dans la seconde moitié du 1er siècle de notre ère, un homme dont l’Histoire n’a pas retenu le nom, a écrit : « Tant que le souvenir de la liberté est conservé et habite le peuple asservi, celui-ci la chérira et opposera de la résistance. Mais si le mal l’emporte, et les gens ne parlent plus de la manière de s’en débarrasser mais plutôt sur la manière de composer avec ce mal, le désastre est total »
Frères grecs, le moment est venu de montrer à tous que nous conservons le souvenir de la liberté et l’idéologie de la Résistance.


Aucun commentaire: