samedi 4 avril 2015

Le terrorisme est l'allié des totalitarismes



« La terreur a été pratiquée le siècle dernier dans des proportions inégalées à n’importe quelle période de l’histoire, mais contrairement à la terreur qui est la plus crainte de nos jours, elle a eu lieu pour des espoirs laïques. » 
John Gray, In "Black Mass: Apocalyptic Religion and the Death of Utopia  "

Définition du terrorisme selon l'OCI (Organisation de la Coopération Islamique
 « Terrorisme : acte de violence ou de menace de violence quels qu’en soient les mobiles ou objectifs, pour exécuter individuellement ou collectivement un plan criminel dans le but de terroriser les populations, de les nuire, de mettre en danger leur vie, leur honneur, leurs libertés, leur sécurité ou leurs droits, de mettre en péril l’environnement, les services et biens publics ou privés, de les occuper, ou de s’en emparer, de mettre en danger une des ressources nationales ou des facilités internationales ou de menacer la stabilité, l’intégrité territoriale, l’unité politique ou la souveraineté des Etats indépendants. »









Le terrorisme, les causes et les remèdes, Extraits ( Télécharger le fichier original )

par Mahmoud El Khadir

La mondialisation, telle qu'elle est définie, est un mouvement d'internationalisation des économies et des sociétés induit par le développement des échanges dans le monde. Elle ne concerne plus seulement les marchandises, mais englobe les capitaux, la main-d'oeuvre, les services, la propriété intellectuelle, les oeuvres d'arts..., ce qui la rend un processus de changement global, profond, inexorable, irrésistible et durable qui transforme le paysage politique, économique et social international.

La genèse le la mondialisation est quelque peu controversée en doctrine. Mais la majorité des spécialistes font coïncider son avènement avec la fin du 20ème siècle, qui a connu des brusques transformations à l'échelle mondiale, notamment : la chute du mer de Berlin, la dislocation de l'Union soviétique et la première guerre irakienne de 1991. 
Mais, comment ce phénomène peut-il conduire au terrorisme ?
La doctrine de la mondialisation repose sur les quatre points suivants : 1) ouverture des frontières afin de libéraliser le commerceet la finance. 2) déréglementation et privatisation. 3) recul des dépenses publiques et des impôts au profit des activités privées. 4) primauté des investissements internationaux et des marchés financiers. En somme le déclin du politique et de l'Etat au profit des intérêts privés ! En libérant les mouvements des capitaux de tout contrôle étatique, cette politique, déplace le pouvoir économique de la sphère publique, des Etats à la sphère privée de la finance internationale. Les fonds de pension, fonds de spéculation, banque, assurances contrôlent une masse de liquidités de l'ordre de 30000 milliards de dollars, supérieur au produit mondial d'une année. Il n'y a, donc, pas de nations qui peuvent résister à leurs pressions. Ainsi, leur capacité de nuisance est très forte comme en témoigne les différentes crises qui ont frappé l'économie d'un nombre très grand de pays émergeants.
C'est, donc, une logique de fructification rapide des patrimoines financiers qui caractérise, désormais, le système. Cette course sans limite au profit à court terme épuise la nature, multiplie les déchets, détruit les régulations de la biosphère et menace le destin des générations futures.
La mondialisation est devenue insensée au sens propre, puisque l'instrument économique se substitue à la finalité au lieu de la servir, les frontières entre le moral et l'immoral, le légitime et l'illégitime disparaissent !
Ce pendant, toutes les conditions étaient requises pour provoquer le désespoir, puis l'action et la réaction des peuples, qui peut être pacifique à travers les grandes mobilisations du mouvement anti-mondialisation (constitué principalement par les ONG, les syndicats des travailleurs, les intellectuels...), mais aussi sanglante qui culmine avec des attentats terroristes, puisque « quand on sème le désespoir, on récolte fatalement la violence ». 
Le terrorisme, donc ne surgit pas du néant, il s'est trouvé un terreau (paragraphe 1), celui de la misère, de l'humiliation et du délitement des valeurs.
Ce terreau s'est trouvé enrichi par un engrais, ce lui de la technologie de pointe et de l'argent de l'illégalité.
Au lendemain des événements du 11 septembre 2001, la Maison Blanche a choisi « la lutte contre le terrorisme » comme étant le principe majeur de sa politique étrangère... tout en oubliant que cette politique est accusée d'être la cause principale du terrorisme.
Un simple regard - depuis la fin de la deuxième guerre jusqu'à nos jours - conduit à constater la réalité de cette politique totalement agressive.
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Les Etats-Unis, pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris, sont les leaders par excellence du monde dit « libre ». Ce sont eux qui accordent la confiance ou la retirent, donnent leur aval ou le refusent à telle ou telle alliance, telle organisation internationale, quelques que soient les parties contractantes. Leurs services de renseignements ont participé, toujours au non du sacro saint principe de la « sécurité nationale américaine », au renversement de régimes réformateurs et démocratiques issus du suffrage universel au Guatemala, en République dominicaine, au Brésil, au Chili, en Grèce, en Indonésie, en Bolivie, en Haïti. Ces mêmes services américains ont contribué à des actions de déstabilisation, contre des gouvernements légitimes à Cuba, en Angola, au Mozambique , en Ethiopie , au Cambodge, au Timor Oriental , au Liban , au Pérou , Congo démocratique (ex- Zaïre) , au Yémen du sud , aux Iles Fidji...Parallèlement, les Etats-Unis ont, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, mené des interventions militaires directes, terrestres ou aériennes, contre le Viêt-nam, le Laos, le Cambodge, le Liban, Grenade, Panama, la Libye, la Somalie, l'Irak. La liste est appelée, aujourd'hui encore, à s'allonger.

Ainsi, depuis la fin de la seconde guerre mondiale et jusqu'à la veille de la deuxième guerre du golfe, les Etats-Unis ont dépensé 2000 milliards de dollars pour entraîner, former et équiper des armées étrangères dans 80 pays avec comme conséquences, directes ou indirectes, l'organisation de soixante-quinze coups d'Etats et des dizaines de guerres civiles provoquant la mort de certaines de milliers de personnes ! En parallèle à ces investissements dans les industries de mort et de déstabilisation, les Etats-Unis se créent sans relâche des « ennemis », qu'ils diabolisent à l'extrême pour justifier leurs ingérences militaires, leurs invasions, les coups d'Etat qu'ils fomentent, les guerres civiles qu'ils déchaînent. Les exemples illustrant cette stratégie sont nombre et divers. Peu n'importe que le pays proclamé ennemi soit réformiste, démocrate, socialiste, communiste ou islamiste... il faut l'abattre ! 

Il n'est pas sans intérêt de rappeler ce sinistre bilan américain chaque fois que Washington adopte une attitude menaçante ou passe à l'action contre ses ennemis désignés sans se soucier de la légalité internationale. Au coeur de ce bilan, la relation américain - israélienne occupe une place de choix. Elle est fondée sur une alliance stratégique en vertu de la quelle les deux parties se montrent solidaire pour le meilleur, et surtout le pire. On ne saurait en dire autant des amis arabes se Washington qui son loin, très loin, d'être traités sur le même pied d'égalité. Plutôt que d'alliance, il conviendrait de parler, en la matière, de relations de vassalité, de protectorat.

Grosso modo, quelle que soit l'administration en place, démocrate ou républicaine, le locataire de la maison blanche poursuit la même politique étrangère :

* politique de « deux poids deux mesures » 
* politique de guerre et d'arrogance 

Lire l'article sur : Mémoire Online


"Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une, ni l’autre, et finit par perdre les deux". Benjamin Franklin



Qu'est-ce que le terrorisme ?


Fabius soutient le terrorisme en Syrie ...


Etymologie : du latin terror, terreur. Le mot terrorisme a été utilisé pour la première fois en novembre 1794 pour désigner la "doctrine des partisans de la Terreur" pendant la Révolution Française.

Le terrorisme désigne l'usage de la violence par certaines organisations politiques pour atteindre leurs objectifs : faire pression sur l'Etat, contraindre une population à l'obéissance, médiatiser une cause, promouvoir une idéologie….

Le terrorisme peut prendre la forme d'attentats, d'assassinats, d'enlèvements, de sabotages, d'actes d'intimidation, etc. Au-delà des victimes directes, qui sont souvent des civils, le terrorisme cherche à frapper l'opinion publique, à l'intimider, en instaurant un climat de terreur et de peur.

Un terroriste est celui qui réalise des actes de terrorisme.

Le terrorisme d'Etat est l'utilisation par un gouvernement de mesures d'exception et d'actes violents à l'encontre d'une partie de ses administrés, sous couvert de raison d'Etat.

Au sens figuré, le terme terrorisme désigne une attitude d'intimidation, d'intolérance ou des pratiques abusives dans le domaine de l'économie, de la culture, de la mode, etc.

On distingue le terrorisme de la résistance (ou guerre des partisans) qui met en avant un objectif légitime en revendiquant le droit à l'autodétermination des peuples et la lutte contre l'oppression ou contre un envahisseur. Exemple : La Résistance en France pendant l'Occupation allemande, au cours de la Seconde Guerre mondiale.
La distinction est cependant délicate car le terrorisme des uns est souvent le combat pour la liberté des autres.

La guérilla, quant à elle, a des cibles purement militaires et cherche à recueillir le soutien de la population.
    "Si on se réfère aux définitions courantes ou explicitement légales du terrorisme, qu’y trouve-t-on ? La référence à un crime contre la vie humaine en violation des lois (nationales ou internationales) y implique à la fois la distinction entre civil et militaire (les victimes du terrorisme sont supposées être civiles) et une finalité politique (influencer ou changer la politique d’un pays en terrorisant sa population civile)."
    Jacques Derrida - 1930-2004 - Le Monde diplomatique de février 2004



Source : La Toupie



Le terrorisme : forme désespérée de la critique



par Luca V. Bagiella

Il y a maintenant plusieurs décennies – et plus spécifiquement à partir des années 1970, pour être précis – que nous assistons à la réinvention constante de la critique et de l’indignation contre la logique socioéconomique dominante. Que cela soit sous l’angle de la justice sociale, de la crise écologique, de la vacuité spirituelle, de la manipulation marchande, etc., la critique a tout essayé sans jamais réellement percer le modèle qu’elle critique. À l’inverse, ce que nous constatons c’est que sous toutes ses formes : du livre à l’article en passant par la conférence au documentaire vidéo, la critique a toujours été instrumentalisée pour devenir, elle-même, un bien de consommation parmi d’autres. À côté de cela, nous ne pouvons pas négliger la critique sous forme d’action ; je pense ici aux manifestations, aux grèves, et aux nombreux mouvements qui sont nés, pour ceux que j’ai à l’esprit, après la crise de 2008. Or, il est important de dire qu’actuellement, nous sommes encore en plein là-dedans ; la crise qui nous touche n’est assurément pas qu’économique ou politique. D’ailleurs, en amont de cette critique et de ces actions, il y a des existences réelles. Il y a la critique de ceux qui ne trouvent pas les mots pour exprimer leur souffrance et qui, par ce manque de moyens, deviennent des spectateurs malheureux d’une réalité qu’ils pensent fatale. Puis, nous ne pouvons pas l’ignorer, il y a le suicide, cette forme de critique qui devient corps avec l’esprit (lorsque ce n’est pas le contraire). Le suicide est alors, souvent, la réponse à un monde dont le sens n’a pas été perçu. Car, c’est évident, pour survivre dans ce monde, il faut avoir un esprit combatif, mais surtout il faut pouvoir s’inventer individuellement un sens à ce combat. Or, il semble que certaines personnes ne comprennent pas le sens de celui-ci ni ne comprennent le sens de cette fatigue que le producteur s’impose à lui-même pour devenir ensuite un bon consommateur.
Toute la question est de savoir si l’on peut véritablement, sans trop se marginaliser, ne pas accepter ce combat. L’autre question qu’on pourrait se poser est celle de la cible ou de la responsabilité ? En effet, contre qui ou contre quoi pouvons-nous nous révolter, nous indigner ? Il y a tellement de raison. Puis, on peut être indigné un jour, deux jours, un mois, deux ans, et après ?... On reste seul, car personne n’a envie de s’infliger longtemps la conscience critique alors que le contexte dans lequel on se trouve tente par tous les moyens d’exciter nos désirs pour qu’on les réalise et pour qu’on rentre volontairement dans la danse des consommateurs.
Cela dit, si l’on veut traiter du terrorisme contemporain, il faut envisager les limites du désir à la consommation. On peut certes se satisfaire de l’objet et de l’apparence, mais pour certains la question du sens et de l’être est trop forte. Ils voient alors dans la critique, une forme désespérée pour exprimer de manière radicale leur cri au monde. C’est ainsi que la folie, l’exclusion, la violence – qui se trouve, je le souligne, en puissance dans nos sociétés - les conduits à construire des actes qui donneront, croient-ils, un sens à leur critique. Dès lors, on peut dire que le suicide et le terrorisme sont très proches ; ils sont des épiphénomènes qui cachent un problème plus grand que l’on ne veut pas voir, car – dans le cas global qui nous concerne – il rapporte du capital au système dont nous sommes entièrement dépendants. Surtout, le terroriste est un peu comme un bouc émissaire ; pendant qu’on le fixe, on ne s’interroge pas soi-même. Il devient alors un divertissement, au sens d’un détournement ou d’une diversion. Il peut également être perçu comme une sorte de projection. On se rassure alors que nous sommes les « gentils », alors qu’ils sont les « méchants ». Ainsi, la seule définition correcte que l’on peut donner au mot ’terrorisme’ c’est le suicide que l’on montre pour dissimuler le meurtre. Pourtant, il faut le redire, ce type de suicide ne doit pas être compris comme un acte isolé, car le terrorisme est un état total inhérent au relativisme et au cynisme de la société de consommation.
Pour conclure, je dirais que combattre le « terrorisme » ce n’est pas combatte contre une cible extérieure, mais bien plutôt se mettre à l’écoute de la critique et percevoir la violence qu’on subit et qu’on fait subir, par notre résiliation ou notre égocentrisme, à ceux qui osent encore croire en d’autres valeurs.
Luca V. Bagiella *, Doctorant en philosophie politique et sciences sociales
* À paraître en fin d’année : Narcissisme-critique aux éditions Hélice Hélas.

Source : Le Grand Soir


A lire : Terrorisme, l'arme des puissants, par Noam Chomsky



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