lundi 9 février 2015

Une thérapie de choc : la guerre mondiale (1)




"L'Otan poursuit son inexorable développement à l'est. Ses ministres de la Défense viennent de porter sa Force de riposte à 30 000 hommes, soit plus de deux fois et demi qu'auparavant. Elle sera stationné dans six États d'Europe orientale, alentour de l'Ukraine." Manlio Dinucci


Affiche : « Sois patriote. Donbass aides-toi »
La crise ukrainienne présente aujourd’hui le cas extrême de la dissolution de toute action politique, dans tous les cas dans le chef du bloc BAO, bien plus que dans toutes les autres séries crisiques – y compris celles du Moyen-Orient. Le complet transfert de la non-politique vers la communication, c’est-à-dire vers les narratives, explique le décalage stupéfiant entre le discours des directions politiques et les vérités de situation qui se succèdent. La crise ukrainienne est sans aucun doute le modèle ultime de la crise hors de tout contrôle politique, c’est-à-dire hors de tout contrôle humain rationnel, pour s’en remettre aux seules impulsions des acteurs du système du technologisme (services, agences, etc.), agissant évidemment dans le sens de la dynamique surpuissante du Système. La crise ukrainienne est la crise-Système par définition et, pour cette raison, elle nous entraînera très, très loin, et elle dupliquera évidemment le sort du Système lui-même. Philippe Grasset, le 5 février 2015 





"L’armée ukrainienne n’a pas réussi à gagner la guerre ente avril et juillet, lorsque sa marge de supériorité sur les milices en armes était écrasante. Cette marge est perdue à jamais. Les fournitures d’armes occidentales ne pourront pas lui faire retrouver son ancienne supériorité. Ces fournitures ne feront pas parvenir à la victoire l’Ukraine, comme l’espèrent les champions occidentaux, ni ne dissuadera de l’agression russe, comme ils le prétendent. Ces champions occidentaux, avec leurs appels à fournir de telles armes, ne feront que prolonger la guerre, envoyant davantage d’Ukrainiens à une mort inutile. En faisant de tels appels ils n’aident pas à sauver l’Ukraine. Ils se font complices de la boucherie.Alexander Mercouris


"Il est évident qu’il y a des pressions importantes à Washington en faveur d’une grande guerre en Europe, au moins une guerre froide, et si possible une guerre chaude. Les pays européens, mis à part quelques petites marionnettes américaines, sont bien conscients qu’ils seraient durement touchés par une telle guerre, et ils n’en veulent pas. Le Etats-Unis veulent livrer des armes supplémentaires à l’Ukraine et provoquer ainsi la Russie à s’engager dans une guerre plus large. Les arguments à l’appui de ces livraisons d’armes, à savoir que cela aurait pour effet de restreindre la Russie sont tout simplement stupides et ont pour seul but de dissimuler le vrai projet: une escalade qui mettrait l’Europe (à nouveau) à feu et à sang.Moon of Alabama

"L’objectif de la junte (la junte parrainée par l’Occident et dirigée par le président-oligarque Petro Porochenko et son Premier ministre, Arseni Iatseniouk, un atout de la CIA, NdlR) se résume à ceci: forcer la Russie à faire la guerre, et la situation de la Transnistrie en est un exemple. Il n’y a qu’une seule chose qui n’est pas claire pour moi : quand comprendront-ils au Kremlin qu’ils vont devoir se battre?" Strelkov

"Les citoyens russes qui se battent en Ukraine orientale sont des volontaires qui ont, de leur propre gré et à leurs propres frais, pris l’initiative de rejoindre la milice d’auto-défense russophone en solidarité avec le peuple du Donbass, qui entretient avec la Russie des relations fraternelles depuis des siècles. Le caractère volontaire de ces combattants russes dans l’est de l’Ukraine a même été reconnu – par inadvertance – dans un rapport du média de propagande dirigé par la CIA, Radio Free Europe (voir les éditions SCF précédentes de cet article pour avoir plus de détails sur les rapports du NYT et de RFE publiés respectivement les 7 mai 2014 et 29 octobre 2014 mentionnés ci-dessus). Ils ne veulent surtout pas qu’on découvre que le régime-qui-révère-les-nazis de Kiev – porté au pouvoir par un coup d’état illégal parrainé par l’Occident en février dernier – commet d’épouvantables crimes contre l’humanité, y compris l’entassement des victimes dans des fosses communes et l’utilisation de bombes à sous-munitions sur les lieux d’habitation des civils. Ce régime n’est pas un mouvement pro-démocratie comme l’Occident le prétend sans vergogne. Il reçoit des milliards de dollars d’aide financière et militaire de Washington et de Bruxelles, grâce aux contribuables occidentaux, pour poursuivre son offensive criminelle." Finian Cunningham


Le général ukrainien Viktor Muzhenko, nommé par Poroshenko, chef de l'état-major des forces armées, contredit les allégations de l’administration Obama et du gouvernement ukrainien et affirme qu’aucune troupe russe ne combat contre l’armée ukrainienne dans l’est du pays séparatiste où se déroule actuellement une guerre civile.
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En d’autres termes, il a explicitement et clairement infirmé les affirmations ayant motivé la mise en place des sanctions européennes et américaines contre la Russie : toutes les sanctions prises contre la Russie sont en effet basées sur l’affirmation mensongère que le gouvernement ukrainien combat des « unités régulières de l’armée russe ».
Ces allégations ont également servi de preuve pour affirmer que Vladimir Poutine avait envahi l’Ukraine, et elles sont à la base des sanctions destinées à faire pression sur la Russie.
Ces sanctions devraient immédiatement être levées, accompagnées d’excuses et de compensations financières pour les individus qui en ont souffert, et il incombe de plus au gouvernement russe de poursuivre les auteurs de cette fraude, à travers tous les canaux juridiques légaux, afin d’obtenir des réparations pour les dommages qui ont été causés à l’économie de la Russie. Les informations parues dans les médias permettent d’ores et déjà d’établir avec précision qui sont ces personnes, et ceux qui ont tenus des propos, dans le cadre de déclarations officielles, qui peuvent être considérés comme des diffamations majeures.
Par ailleurs, il est probable que ce général ukrainien soit congédié pour avoir tenu de tels propos. 




L’effondrement prochain du système financier



Par Sergey Glazyev – Le 3 février 2015 – Source: FortRuss

Les USA vont mener la bataille jusqu’au dernier Ukrainien.
Un signe de l’effondrement prochain du système financier américain est la crise de la dette nationale des Etats-Unis. Vous pouvez constater que cette dette augmente de façon exponentielle. N’importe quel mathématicien qui examine ce graphique affirmera que le système est entré dans une phase critique et se trouve en danger d’autodestruction.
Le modèle américain est encore fort. Les Américains dominent les marchés financiers avec une part de 70% environ des transactions financières. Disposant de la faculté d’émettre à souhait la devise mondiale, ils financent une grande partie des dépenses militaires, étant à l’avant-plan dans la course aux armements. Plus de la moitié des dépenses militaires dans le monde émanent des Etats-Unis et deux tiers de celles-ci regroupent les pays membres de l’OTAN.
Du point de vue des dynamiques technologiques et institutionnelles de long terme, nous connaissons une période très dangereuse. Il s’agit d’une période de changement des types de reproduction du capital, des cycles d’accumulation, de formation d’un nouveau noyau de développement économique.
Cela pourrait s’appeler un cœur du capitalisme, bien que le modèle chinois combine des mécanismes sociaux et capitalistes d’organisation et de reproduction du capital. Malheureusement dans les années quatre-vingt dix, nous avons tenté de reproduire un ancien modèle de reproduction du capital ; nous avons essayé de copier le modèle américain et le résultat est un désastre. Si seulement nous avions suivi le modèle qui a été choisi par les Chinois, comme le proposait l’Académie russe des sciences… Les Chinois ont mis en œuvre bon nombre des idées de nos scientifiques, les plus talentueux d’entre eux ayant passé beaucoup de temps en Chine dans les années quatre-vingt dix où ils ont enseigné la façon d’élaborer une économie de transition.
En lieu et place de nos scientifiques, nous avons suivi les propositions de Jeffrey Sachs [économiste américain né en 1954, actuellement consultant spécial du secrétaire général des Nations unies, et auteur de la thérapie de choc comme solution aux crises économiques vécues en Bolivie, en Pologne et en Russie, provoquant dans ce dernier pays 3,2 millions de victime (source Wikipedia)] et de ce genre d’opportunistes qui imposent le modèle américain faisant de la Russie un avant-poste éloigné de l’économie mondiale. Aujourd’hui, le modèle américain entre dans une phase d’autodestruction, ce qui est très dangereux. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’exceptions aux cycles communs d’accumulation. Nous sommes véritablement à la veille d’une guerre globale. Cette tendance d’une guerre mondiale est conditionnée par de profondes dynamiques de mutations des technologies institutionnelles.
Indubitablement, les Etats-Unis vont mener la bataille pour leur leadership jusqu’au dernier Ukrainien, comme ils le disent maintenant. Ce n’est pas par hasard qu’ils ont choisi l’Ukraine comme outil d’attaque de l’Europe et de la Russie. Déclencher une guerre mondiale est nécessaire pour les Américains en vue de préserver leur hégémonie dans le monde à travers un contrôle renforcé sur l’Europe. Il s’agit de lui imposer le Traité de libre échange transatlantique, d’établir un contrôle sur la Russie et le Moyen-Orient, élargissant de la sorte leur avantage concurrentiel dans la bataille pour le leadership avec les pays asiatiques.
Cette guerre est vouée à l’échec. Bien que le Japon demeure un pays occupé, malgré tous les obstacles que les Américains tentent de générer dans les relations sino-japonaises, le capital japonais va très rapidement fusionner avec le système de production chinois.
Nous devons comprendre que ces convulsions, que nous voyons à Washington, du point de vue du développement mondial, n’autoriseront pas les Américains à conserver le leadership, mais présentent un grand danger pour nous, parce qu’ils démarrent une guerre en Europe, contre nous.
Nous sommes la principale victime de cette guerre aujourd’hui, et il n’y a pas de raison de croire que cela cessera dans les années à venir.
Sergey Yurievich Glazyev

Sergey Yurievich Glazyev est un home politique et économiste russe, membre à part entière de l’Académie russe des sciences depuis 2008. Il a été ministre en 1993, membre de la Douma d’État de 1993 à 2007 et candidat à l’élection présidentielle en 2004. Glazyev est le cofondateur du parti Rodina (Patrie)
Traduit par L40, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

Commentaire du traducteur :
L’analyse de Glazyev est amplement partagée par le traducteur selon lequel le retenue extraordinaire de la Russie face aux provocations graves, car injustifiables, de la part de l’Occident (en particulier l’Europe des Lumières), peut se comprendre par le fait que les dirigeants russes tablent sur l’imminence d’un effondrement financier et économique d’une ampleur sans précédent, qui accablera principalement et fondamentalement les USA. Ce que ceux-ci tentent d’endiguer en essayant de justifier une guerre totale mondialisée dirigée contre l’ennemi numéro 1: la Russie du président Poutine.

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