dimanche 4 janvier 2015

Le casse-pipe libyen



La dégradation de la situation sécuritaire en Libye inquiète ses voisins, dont l'Egypte, et plusieurs voix se sont récemment élevées pour dénoncer une situation qui pourraient avoir des conséquences au-delà des frontières libyennes. En déplacement cette semaine dans le nord du Niger, Jean-Yves Le Drian a ainsi évoqué "la résurgence (en Libye) d'un sanctuaire terroriste dans l'environnement immédiat du continent européen".
"Rester passif face au développement d'un tel foyer de terrorisme au coeur de la Méditerranée" constituerait "une erreur profonde", a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité d'une solution politique alors que la mission de l'ONU en Libye (Unsmil) cherche à réunir lundi les protagonistes de la crise pour une réunion de dialogue. Cinq Etats du Sahel ont pour leur part réclamé le mois dernier une intervention internationale en Libye, arguant des menaces sur la stabilité de leur région. Jeune Afrique 



Le journal « Ash Sharq al-Awsat » a annoncé, en se référant à un diplomate arabe, que l’intervention militaire française, en Libye, aura lieu, dans trois mois.
Le journal, lié à l’Arabie saoudite, écrit, citant cette source : «Il n’est plus question de demander si la France interviendra ou non, en Libye? La question qui se pose est de savoir quand elle effectuera cette intervention militaire ?» Elle est prévue, dans trois mois, selon ce diplomate. Le journal ajoute que certaines sources arabes et françaises, à Paris, font part des divergences de vue, au sein des ministères de la Défense et des Affaires étrangères. Le ministère de la Défense défend une attaque militaire contre la Libye, alors que l’autre opte pour la précaution. La France est entrée en guerre, en 2013, au Mali, et, en 2014, en Centre-Afrique, et elle entend, aujourd’hui, lancer une autre intervention, cette fois-ci, en Libye. Cela explique l’intérêt du ministre de la Défense, Jean Yves Le Drian, à visiter l’ancienne base militaire en construction, au Tchad. Ginette Hess Skandrani


"Au beau milieu de tout ce chaos, on se demande où se tiennent les Américains. La réponse a été apportée par l’ambassadeur Deborah Jones qui a tweeté que les organisations terroristes doivent être mises à l’écart par l’armée de métier, sous le contrôle d’une autorité centrale qui serait démocratique. Un autre tweet a condamné Ansar Al-Islam, suggérant ainsi que les États-Unis soutiennent pleinement Hiftar qui a longtemps été un de leurs alliés, puisqu’il a été formé par la CIA et a tenté sous leur contrôle dans les années 90, deux coups de force contre Muammar Ghadaffi. Où se tient le peuple libyen dans cette jungle de milices et de combats ? Il est totalement perdu et quiconque dispose d’un peu d’argent a déjà fuit le pays - les plus riches (grâce à la corruption) sont déjà partis en Europe - tandis que ceux qui n’ont rien attendent leur destin et vivent dans la pauvreté et la terreur, ne sachant quel groupe craindre le plus.La dernière question est : où est la révolution et où sont les révolutionnaires libyens ? Je vous laisse cette question ainsi qu’aux Libyens. L’histoire contemporaine est plus noire et plus trompeuse que tout ce à quoi nous avons déjà assisté." Abdel Bari Atwan (palestinien et rédacteur en chef du site Raialyoum. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe).


Le groupe islamiste Ansar al Charia est bien implanté en Cyrénaïque, dans l'Est, où le général en retraite Khalifa Haftar, qui a passé plusieurs années en exil aux Etats-Unis, a lancé il y a dix jours une offensive afin de "purger la Libye" des mouvements islamistes.

"Nous rappelons aux Américains, s'ils interviennent, les défaites qu'ils ont subies en Afghanistan, en Irak et en Somalie. En Libye, ce sera encore pire !", a déclaré à Benghazi Mohamed Zahaoui, chef de la brigade d'Ansar al Charia dans la capitale de la Cyrénaïque.

"C'est l'Amérique qui a demandé à Haftar de plonger le pays dans la guerre et le sang", a-t-il ajouté.

Ansar al Charia, considéré comme une organisation terroriste par Washington, est tenu pour responsable de l'attaque du consulat des Etats-Unis à Benghazi en septembre 2012, qui a coûté la vie à l'ambassadeur Chris Stevens et à trois autres Américains.
Cameroonvoice ( mai 2014)




Manifestation du groupe islamiste Ansar al Charia 



La Libye et l’entêtement socialiste à poursuivre les crimes de Sarkozy

Par Mohamed Bouhamidi
Le mercredi 31 décembre à N’Djamena, le ministre français de la Défense a formulé ses vœux à ses soldats et renouvelé ses appels à l’action « contre le hub terroriste » libyen. Depuis 2010, il « alerte » les pays européens de « la bombe libyenne à retardement » et les pays voisins du pays « libéré » des mains de Kadhafi du danger pour leur « sécurité nationale » de la présence djihadiste.
Les présidents concernés l’avaient réclamé sauf l’Algérie qui rejette toute aventure guerrière qui finira par détruire toute la région.  Marzouki avait déjà appelé la France au secours rouvrant ainsi symboliquement les portes de Bizerte (1) sur les cadavres des manifestants martyrs qui l’ont libérée.
Les présidents nigérien et tchadien ont lancé le même appel vers ce gouvernement socialiste après avoir appelé, en vain, Sarkozy à la négociation avec Kadhafi pour préserver un minimum d’Etat et de stabilité. Arrogante et déterminée cette coalition a ignoré tout avis contraire, y compris celui de Berlusconi, d’autres italiens bien meilleurs connaisseurs du pays et même celui de l’Eglise locale qui prévoyait à l’instar de l’Irak, la fin d’une présence chrétienne libre et paisible à l’ombre du « dictateur ».
Les présidents du Niger et du Tchad n’entendaient pas le terme d’action de la même façon que Le Drian.  Ils avaient suffisamment averti l’OTAN de la catastrophe qui résulterait pour tout le Sahel de la démolition de l’Etat libyen. Ils réclament que les responsables du chaos payent en intervenant eux-mêmes et non pas en les convaincant d’une nouvelle guerre des sables qui les entraîneraient irrémédiablement dans un trou noir.
Car la concentration des forces créées et financées par le Qatar à la demande américaine, alimentées par les frères musulmans égyptiens, surarmées par les stocks laissés à leur disposition par la sagacité de l’OTAN, menacent précisément ces Etats existants, ces gouvernements réels et concrets et non pas des entités abstraites.
Nous avons beau être des bicots-nègres (2) la ficelle socialiste est plus grosse que la Rolex de Sarkozy : il s’agit de recréer derrière un leadership français, « La coloniale » (3) les fameux tirailleurs africains qui iront au casse-pipe pour les intérêts coloniaux de la France sur fond d’échec généralisé de la Francophonie et de la Françafrique à préserver l’ancien empire colonial de l’avancée chinoise.
La réunion, en Mauritanie, le jeudi 18 décembre 2014, autour du G5 du Sahel (4), de onze autres pays participant au processus de Nouakchott (5) a pointé la responsabilité pleine et entière de l’OTAN dans le cataclysme et dans sa réparation. Dans l’état de dénuement de nos pays, une guerre insoutenable financièrement et humainement les renverrait quatre siècles en arrière dans une situation pire que celle du Soudan et dans une condition insurmontable de candidats au nouveau type de colonisation.
Les 15 et 16 décembre déjà, au 1er Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique co-organisé avec la France, à Dakar ; les présidents tchadien, malien et sénégalais ont renvoyé Le Drian dans les cordes en invitant clairement les Etats occidentaux à « achever le travail » en Libye et à intervenir par eux-mêmes.
Idriss Deby a trouvé la bonne formule : « en Libye, la solution n’est pas entre nos mains, mais entre celles de l’Otan qui doit détruire les terroristes comme elle a détruit Kadhafi. ». Le G5 refuse de faire le travail derrière la France et Déby demande à l’OTAN le « service après-vente ». L’Algérie demande à la France de ne pas rajouter une nouvelle guerre au séisme libyen qui engloutirait toute la région.
La France de Hollande a besoin de prolonger la guerre de Sarkozy pour s’assurer d’une nouvelle présence coloniale différente du néocolonialisme à la Françafrique.  Voilà installée une crise régionale dont l’élément le plus clair est que la France n’arrive plus tout à fait à diriger comme avant…
M.B
1- Ville où était installée une base navale française libérée par des manifestations populaires animées par les organisations plébéiennes et épaulés par une armée tunisienne totalement inexpérimentée. L’armée française a tiré sur la foule et les pertes civiles sont estimées entre 600 à plusieurs milliers de civils.
2- Expression inventée par Med Hondo, cinéaste mauritanien pour son film « Les bicots nègres nos voisins ». 1972. 35mm. 1h30.
Expression qui rappelle étrangement un passage d’un poème de la Black Panther Mme Kathleen Neal, épouse d’Eldridge  Cleaver,   qui parodiait le racisme et qu’elle a déclamé en 1968 à Alger :
«… Poor nigger
Dirty nigger
Yellow nigger …»
3- Lire à ce propos les livres de   Raphaël Granvaud  « Que fait l’armée française en Afrique ? » – 2009-   et    « Areva en Afrique : une face cachée du nucléaire français » -2012- Editions Agone pour les deux ouvrages.
4- Le G5 du Sahel pour la sécurité et le développement sont le Mali, la Mauritanie, le Tchad, le Niger, le Burkina Faso.
5- Burkina Faso, Libye, Mali, Mauritanie, Sénégal, Tchad, Algérie, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger, Nigéria

Source : Impact24.info

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