vendredi 30 janvier 2015

La chute du prix du pétrole :

fait une victime !

Le prix du baril de brent qui passe sous la barre des 72 dollars (58 euros), on n'avait pas vu cela depuis quatre ans. C'est pourtant arrivé le 27 novembre 2014 – alors qu'en juin, il était encore de 115 dollars – et tout indique que la décote va se poursuivre.




Dessin de Hergé


Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud était, d'après le classement effectué par le magazine américain Forbes, la septième personne la plus influente au monde. Il était par ailleurs le troisième souverain le plus riche du monde, avec une fortune estimée à 18,5 milliards de dollars en 2015, selon Forbes



"L'Arabie saoudite est un partenaire, à la fois sur le plan économique et politique"

"J'avais avec le roi Abdallah des relations de confiance, y compris pour lutter contre le terrorisme"
François Hollande, président de la République française

  




Approuvez-vous la présence de Hollande à l'hommage du roi Abdallah demande un organe de presse national (Le Parisien) ?

Réponse :
"L'indignité totale, trahison des valeurs républicaines, c'est à plat ventre que fonctionne la tête de l'état. Le roi est mort, Vive le roi ! On débouche une bouteille de pétrole ? C'est du brut ...
Non à cette France des repus jamais assouvis, à cette France des Emirats de la finance et du business. Nous, nous savons vivre autrement. Pas besoin de beaucoup et surtout pas des ors de l'Elysée ou des palais de Riyad. Nous, nous ne faisons pas la guerre, nous ne tuons pas avec des drones et des missiles mais nous saurons nous défendre le moment venu. " Gaël Hadey







 Après les obsèques du monarque d'Arabie saoudite, État pétrolier où quelques jours auparavant une femme avait été décapitée en pleine rue, la commandante en chef du FMI s'exprime  à Davos durant l'assemblée des plus riches de la planète : 

" ... et de façon très discrète, c'était un ardent défenseur des femmes" Christine Lagarde










Un tyran meurt, l'Occident pleure

Par Michel Collon

Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite est décédé ce jeudi (23 janvier 2015, NdlR) à l'âge de 90 ans après avoir dirigé d'une main de fer le royaume réactionnaire pendant 20 ans. Allié inconditionnel des gouvernements impérialistes occidentaux, il est resté dans la lignée de ses prédécesseurs : soumission aux États-Unis, violation systématique des droits de l'homme, financement de groupes fanatiques djihadistes... La marionnette par excellence.
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Le roi Abdallah, un pacifiste ?
A entendre certains dirigeants européens et nord-américains, on se demande parfois s'ils sont vraiment conscients des propos qu'ils tiennent. Prennent-ils les citoyens pour des abrutis ou croient-ils réellement à ce qu'ils disent ? Je pencherais pour la première option car un des éloges rendus au roi saoudien a été de le qualifier de « pacifiste ». François Hollande a en effet « salué la mémoire d'un homme d'État dont l'action a profondément marqué l'histoire de son pays et dont la vision d'une paix juste et durable au Moyen-Orient reste d'actualité ». David Cameron a, lui, exprimé sa profonde tristesse en saluant « l'engagement du roi en faveur de la paix ». De son côté, le premier ministre du Canada (la semi-colonie des États-Unis) a fait très fort. Il a en effet qualifié le roi « d'ardent défenseur de la paix » avant d'ajouter : « Nous sommes de tout cœur avec le peuple saoudien et nous PLEURONS le départ de ce GRAND homme ».
On peut au moins saluer le sacré culot de nos dirigeants. Mais ce n'est pas tout. Au-delà d'être un pacifiste, le roi Abdallah aurait été un dirigeant combattant le « terrorisme », le président français confirmant que lui et le dictateur entretenaient des « relations pour lutter contre le terrorisme ». Des déclarations tenues face à la presse qui n'ont pas eu l'air de choquer les journalistes.
Le roi Abdallah et dans une plus large mesure la famille Saoud qui dirige ce pays sont-ils vraiment des pacifistes ?
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Rappelons qu'aucun dirigeant occidental n'était présent lors des funérailles d'Hugo Chavez, un dirigeant qui avait pourtant réellement œuvré en faveur de la paix. Il était en effet intervenu en tant que médiateur dans le dialogue entre le gouvernement colombien et les FARC. Il avait énormément travaillé pour qu'émerge enfin un processus de paix. Et puis, il avait soutenu avec la Ligue Africaine une solution pacifique en Libye pour éviter ce qui s'est passé par la suite avec les hordes criminelles de Washington, Londres et Paris. Cette homme était un « grand défenseur des femmes » et pas discrètement. En effet, sa nouvelle constitution donne un statut nouveau à la femme. Par exemple, une femme au foyer est désormais considérée comme une travailleuse à part entière et reçoit donc un salaire de l'État.
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Quant à l'Arabie Saoudite, elle va continuer à jouer le rôle du bon serviteur des États-Unis. Le pétrole va continuer à être quasi gratuit et le royaume va poursuivre sa mission de nation mercenaire au service de Washington. Enfin, rien ne devrait changer sur le plan intérieur. Les exécutions et les lapidations vont continuer à faire partie du paysage saoudien et ce, avec la bénédiction des États-Unis et de leurs alliés. Néanmoins, Riyad a peur. Peur de disparaître ou du moins de perdre de sa force au Moyen-Orient. Cette monarchie obscurantiste ne sait pas de quoi demain sera fait.
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Une chose est sûre : si demain Washington n'est plus en mesure de protéger l'Arabie Saoudite, le royaume s'effondrera. Et, comme les États-Unis sont en pleine crise économique et civilisationnelle, cette option est plus que jamais envisageable, peut-être plus tôt qu'on ne le croit.

Pour lire l'intégralité de l'article ci-dessus : Michel Collon 



jeudi 29 janvier 2015

Petit bilan des opérations guerrières "démocratisantes"



Eau-forte de Otto Dix

 «Peu importe que la guerre ne soit pas réelle, ou, si elle l’est, que la victoire ne soit pas possible. La guerre ne vise pas à la victoire. Elle vise à être continuelle. (…) La guerre est menée par l’oligarchie contre ses propres sujets, et son objet n’est pas de remporter la victoire sur l’Eurasia ou l’Estasia, mais de garder la structure même de la société intacte.» In "1984", de Georges Orwell



"Nous devons être clair que le capitalisme est aussi la société du génocide. La seule nouveauté d’Hitler est d’avoir fait à des blancs européens ce que ces blancs européens réservaient aux peuples du reste du monde. Une partie du spectacle des guerres capitalistes est de masquer ce coté génocidaire. Aujourd’hui, le capitalisme est confronté, depuis 2008, à la finitude des ressources naturelles de la planète. Cela implique que le capitalisme n’a plus le choix : il ne peut que décroître. Les maîtres du monde l’ont très bien compris et ils ont également compris que plus les ressources disponibles seront rares, plus les tensions sociales seront élevées. Ils voient dans la guerre le moyen simple pour faire d’une pierre deux coups : s’assurer le contrôle des ressources restantes et exterminer la concurrence, exterminer les peuples du monde."



mettre le vivre-ensemble au-dessus de l’intérêt personnel


Les USA et ses alliés (c.à d. civilisation occidentale pétrifiée), faussent toutes les règles du vivre-ensemble au détriment de la justice et des droits tout en prétendant les défendre . Le racket systématique est devenu la norme dans les relations internationales dominées par les membres de l'Otan. Ainsi des pays entiers sont désintégrés et leurs cultures anéanties au nom d'on ne sait quelle démocratie du "Divide et regna". Et ceux qui tentent d'échapper à cette loi archaïque du plus fort, deviennent des cibles ennemies de choix à abattre. Seul le culte de l'individu propriétaire (petit ou grand) épargné par le consommateur égoïste a permis jusque là aux grandes puissances modernes d'interdire à leurs populations de  prendre la mesure réelle du plan dramatique mis en oeuvre par les stratèges de l'oligarchie du Tout-monde. 
Pour ma part, faisant partie de la classe des "déshérités", je n'ai jamais oublié et n'oublierai jamais, que je dois le confort a minima dans lequel je vis, aux combat âpres et aux sacrifices de mes aIeux, qui ont exigé les quelques droits inaliénables obtenus pour le plus grand nombre.G.H.



L'ampleur de la crise a été révélée par l'ONG Oxfam. 80 personnes possèdent maintenant autant de richesses que les 3.5 milliards les plus pauvres - la moitié de la population de la planète. L'an dernier, les 1% les mieux lotis possédaient 48% des richesses du monde, et 44% 5 années plus tôt. Si la tendance actuelle se prolonge, les 1% les plus riches possèderont plus que les 99% restant dès l'année prochaine. Les 0.1% les plus riches font encore mieux, quadruplant leur part de revenu US depuis les années 80.  

Petit bilan des opérations guerrières menées par nos démocraties libres : 

Le monde plus dangereux et complexe qu'avant

Non le Kosovo n’est pas meilleur après la campagne qu’y ont conduite les alliés en 1999, montée suite à une incroyable guerre d’intoxication médiatique diabolisant les Serbes et présentant les Albanophones comme des anges persécutés…
Il en résulta la fondation du premier pays presque totalement mafieux du continent européen,
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Non l’Afrique d’aujourd’hui ne vit pas mieux que du temps de la colonisation, à commencer parce que l’esclavage (personne ne le dit) et les massacres ethniques sont repartis de plus belle et que bien des États officiellement constitués sont en faillite aussi bien financière que politique.
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Non la Libye d’aujourd’hui n’est pas meilleure que celle d’hier, puisque au demeurant elle n’existe tout simplement plus, et que son tyran a été remplacé par d’autres, en plus grand nombre.
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La guerre est bien de retour et le fracas des combats des Balkans, maintenant assourdi, nous rappelle qu’elle peut s’inviter dans des contrées européennes
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Général Alexandre Lalanne-Berdouticq 
(Dans un de ses discours de clôture d'une cession de l'IDEH)

Source :  La Saint Cyrienne



mardi 27 janvier 2015

Pour ne pas confondre l'antisémitisme et l'antisionisme






manifestation antisioniste par des Juifs orthodoxes

"Ce n’est pas parce qu’on est antinazi qu’on est forcément germanophobe. Il y a un univers entre critiquer les agissements criminels d’un gouvernement pourri et faire preuve de racisme en haïssant tout un peuple à cause de ça." T-Bear








Critiquer Israël n’est pas un acte antisémite



Il devrait être clair à vos yeux (ces paroles sont destinées à Emmanuel Valls, NdlR) qu’à visage presque découvert opèrent en France et sévissent sur le Net des groupes de propagande pro-israéliens qui utilisant les mêmes méthodes que celle des antisémites traditionnels c’est-à-dire pratiquent le mensonge, l’insinuation, la grasse plaisanterie, la calomnie, la menace. Le B.A.-BA de cette méthode est de traiter d’antisémite, d’antijuif, toute personne, juive ou non, qui ose désapprouver publiquement la politique israélienne, l’opération plomb durci, le mépris de toutes les résolutions des Nations Unies et ce qui en fait justifie tout cela à savoir la certitude que le peuple juif est le peuple élu (n’est-ce pas lui qui a le plus grand nombre de prix Nobel ) et que leur occupation des terres palestiniennes est légitime. Ces officines de propagande sont parfaitement complètement racistes, ont des buts et des méthodes racistes. Je fus en Palestine, envoyé par mon université en je crois 1995, peu après les accords d’Oslo, en un temps où la situation était meilleure qu’aujourd’hui et j’ai vu comment les Palestiniens, quelque soit leur rang, leur situation, leur savoir étaient soumis à des humiliations quotidiennes et sans fin par la soldatesque israélienne, outre qu’ils sont de fait prisonniers dans leur propre pays.
Maurice Nivat, Professeur honoraire à l'Université Paris VII. Extrait de "Lettre à Manuel Valls d'un chercheur accusé d'être "antijuif" - Le 18/01/ 2014






Les SÉMITES

Pour les linguistes, les Sémites sont les locuteurs des langues sémitiques, que l'on trouve principalement au Moyen-Orient, dans la Corne de l'Afrique (Érythrée, Éthiopie…) et en Afrique du Nord. Cette catégorie linguistique ne permet pas d'établir des liens anthropologiques entre les différents ensembles de locuteurs, qui fluctuent dans le temps par des mécanismes d'acculturation et de circulation.
Le mot a été forgé à partir du nom du personnage biblique Sem (en hébreu שֵׁם,šem, en arabe سام « nom, renommée, prospérité »), dernier fils de Noé. Créé dans le champ de la philologie pour désigner une famille de langues, le terme «sémite» a été utilisé à partir du XIXe siècle...

Langues sémitiques éteintes :

Arabe méridional (Érythrée, Yémen) ;
Araméen ;
Phénicien ;
Samarie


Langues sémitiques actuelles :






L'ANTISIONISME

Il est confondu  à tort bien trop souvent avec l’antisémitisme. À la fin du XIXe siècle et surtout en 1917, il représente historiquement AU SEIN MÊME DE LA COMMUNAUTÉ JUDAÏQUE OU JUIVE l’opposition à l’établissement d’un foyer national juif en Palestine appelé Sionisme. Ce sionisme soutenu par le très Chrétien Anglican Lord Balfour pour se débarrasser généreusement des Juifs aboutira en 1947 à la création de l’état d’Israël. Actuellement, même dans l’état d’Israël, il y a de forts mouvements antisionistes propagés paradoxalement par des communautés Juives les plus orthodoxes.
 T-Bear



Lettre ouverte de Rudolf Bkouche au premier ministre : « Votre déclaration "philosémite" n’est qu’une forme sournoise d’antisémitisme »






Par Rudolf Bkouche :
Professeur émérite à l'Université de Lille, membre de l'UJFP et de l'IJAN, juif antisioniste

Le dimanche 21 septembre 2014 



Monsieur le Premier Ministre.

"Se dire antisioniste ou nier le droit à l’existence de l’Etat d’Israël en voulant éviter l’accusation d’antisémitisme n’est pas possible".
Je me permets de vous dire qu’une telle déclaration "philosémite" n’est qu’une forme sournoise d’antisémitisme. Que dites-vous à ces notables, si ce n’est ce qu’ils veulent entendre, savoir que l’antisionisme est une forme d’antisémitisme et que vous le combattez. Peut-être même le croyez-vous ce qui montre votre peu de connaissance de la question.
Je comprends que cette confusion vous rassure, en soutenant le sionisme et l’Etat d’Israël vous pensez défendre une grande cause, la lutte contre l’antisémitisme, oubliant combien votre antiracisme est sélectif. Vous pratiquez à l’égard des étrangers, en particulier des Sans-Papiers, la même politique que vos prédécesseurs pratiquaient à l’égard des Juifs, vos déclarations sur les Rroms valent bien les déclarations de certains de vos prédécesseurs sur les Juifs. Mais comme tout bon Européen qui veut se libérer d’un passé désagréable, vous préférez aujourd’hui manifester un amour des Juifs pour mieux assouvir votre détestation d’autres populations. Votre philosémitisme, pour peu qu’on gratte pour voir ce qu’il cache, est peu reluisant. Mais il est vrai que le philo-truc n’est qu’une forme qu’anti-truc, et cela l’homme politique que vous êtes a appris à le manier. Comme je l’ai dit, je ne mets pas en doute votre sincérité, je dis seulement que si cette sincérité est réelle, elle a un goût amer.
Vous avez déclaré devant cette même assemblée que votre gouvernement se devait de lutter contre "les candidats au djihad". En un sens vous avez raison mais votre déclaration est biaisée parce que, pensant au djihad musulman, vous oubliez un autre djihad, le djihad juif, juif au sens sioniste du terme. Je suis d’accord avec vous lorsque vous voulez empêcher de jeunes français de rejoindre les massacreurs de l’Etat Islamique qui sèment la terreur aujourd’hui en Syrie et en Irak et peut-être ailleurs demain. Que leurs motivations soient religieuses ne les justifie en rien et vous avez raison de tenter de les empêcher de rejoindre une armée de tueurs. Mais pourquoi ne faites-vous pas la même chose contre ces jeunes qui, au nom du sionisme qu’ils confondent comme vous, avec le judaïsme, vont aider l’armée israélienne dans son œuvre meurtrière contre les Palestiniens. On entend même parler, à propos de ces jeunes français de soldats franco-israéliens, terme qui n’a aucun sens car il n’existe pas d’armée franco-israélienne, il existe tout au plus des Français qui se sont engagés dans l’armée israélienne et à ce titre sont des soldats israéliens. On n’a pas entendu parler de sanctions contre ces djihadistes juifs, comme on pourrait les appeler par une mauvaise métaphore mais qui à l’avantage de dire de quoi il s’agit. Et on sait que le gouvernement israélien envoie, via son Ambassade, des recruteurs pour enrôler ces jeunes djihadistes juifs, et ces recruteurs vont même prêcher dans les synagogues. Que dirait-on d’un recruteur qui viendrait dans les mosquées prêcher le djihad ?


Vous comprendrez pourquoi je considère que vos déclarations qui se veulent philosémites ne sont qu’une forme d’antisémitisme, quand bien même elles seraient sincères. 

Vous comprendrez aussi pourquoi le juif antisioniste que je suis considère ces déclarations comme des injures envers les Juifs, même si certains croient y voir de la sympathie, mais de quelle sympathie s’agit-il ? 


En confondant, comme vous le faites, antisémitisme et antisionisme, vous identifiez Juifs et sionistes. En cela vous avez la même démarche que les antisémites même si vous voulez en déduire des conclusions contraires.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Premier ministre, l’assurance du manque total de considération que m’inspirent vos déclarations.
Rudolf Bkouche



lundi 26 janvier 2015

L'Europe bolivarienne


ou quand Chavez donne une leçon d'économie à l'Europe


Hugo Chavez en appelle à un socialisme du 21ème Siècle
et non pas à un retour du système économique Soviétique
« Laissez les chiens de l’empire aboyer, c’est leur travail. Le nôtre, c’est de se battre pour achever la véritable libération de notre peuple » Hugo Chavez

“Je pense que le pays va poursuivre sa marche à suivre mais j’ai peur que tout ne soit pas bon pour le Venezuela et les pays d’Amérique latine. La crise va les toucher, c’est inévitable bien qu’on ne leur ait pas encore emposé de mesures d’austérité. Je rappelle qu’il y a 14 ans, on comptait 6 millions de pauvres, aujourd’hui, ces gens ont des droits, il y a plus d‘égalité dans le pays et ça, c’est grâce à Hugo Chavez.”  Alexis Tsipras, le leader de Syriza et aujourd'hui premier ministre grec (paroles prononcées lors des funérailles de Hugo Chavez en 2013)

"Nous proposons ce qui semble être la seule politique réaliste à l’échelle européenne, c’est-à-dire une politique (...) orientée vers la cohésion sociale et la démocratie" Alexis Tsipras

« Les impérialistes voient des extrémistes partout. Ce n’est pas que nous soyons des extrémistes. C’est que le monde se réveille. Il se réveille partout. Et les gens se lèvent. » Hugo Chavez




"Les opinions sont faites pour changer ; sinon comment atteindre la vérité ?" Lord Byron




Alexis Tsirpas




En Amérique Latine, les gouvernements qui mettent en oeuvre une stratégie alternative ont été réélus constamment, montrant son caractère efficace et populaire


La Grèce, Lord Byron et le chapeau de Bolívar


par Richard Gott*

 
George Gordon Byron (1788-1824)

Il y a quelques années, alors que je voyageais dans l’avion présidentiel de Hugo Chavez avec un ami français du Monde Diplomatique, on nous demanda notre avis sur la situation en Europe. Un mouvement vers la gauche était-il possible ? Nous répondîmes avec le ton déprimé et pessimiste qui caractérisait les premières années du 21 siècle. Ni au Royaume-Uni ni en France, ni ailleurs dans l’eurozone, nous ne discernions la possibilité d’une percée politique.
Dans ce cas, reprit Chávez avec un regard pétillant, nous pourrions peut-être vous venir en aide ». Il nous rappela l’époque de 1830 où les foules révolutionnaires arboraient dans les rues de Paris le chapeau de Simón Bolívar, le libérateur vénézuélien de l’Amérique du Sud qui allait mourir quelques mois plus tard. Le combat pour la liberté, dans le style de l’Amérique Latine, était vu comme le chemin à suivre pour l’Europe. 
Sur le moment, je fus encouragé mais pas convaincu par l’optimisme de Chávez. Ce n’est qu’à présent que je pense qu’il avait raison ; il était bon de nous rappeler qu’Alexis Tsipras, le leader du parti de la gauche radicale grecque Syriza, en visite à a Caracas en 2007, avait posé la question de la possibilité de recevoir à l’avenir du pétrole vénézuélien à bas prix, tout comme Cuba et d’autres pays des Caraïbes et d’Amérique Centrale. Il y eut ce bref moment où le maire Ken Livingstone et Chávez manigancèrent un accord pétrolier prometteur entre Londres et Caracas, rompu ensuite par Boris Johnson.



Juillet 1830, combats de la rue de Rohan

Plus important que la prospection de pétrole bon marché, il y a le pouvoir de l’exemple. Chávez s’est engagé au tournant du siècle, et même auparavant, dans un projet qui rejette les politiques néo-libérales affligeant l’Europe et une grande partie du monde occidental. Il s’est opposé aux recettes de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International et a bataillé avec force contre les politiques de privatisation qui ont abîmé le tissu social et économique de l’Amérique latine et avec lesquelles l’Union Européenne menace à présent de détruire l’économie de la Grèce. Chávez a renationalisé les nombreuses industries, dont celles du gaz et du pétrole, qui avaient été privatisées dans les années 90.
Les paroles et l’inspiration de Chávez avaient eu un effet au-delà du Venezuela. Elles ont encouragé l’Argentine à dénoncer sa dette ; à réorganiser son économie par la suite et à renationaliser son industrie pétrolière. Chávez a aidé le bolivien Evo Morales à administrer ses industries du gaz et du pétrole en faveur de son pays plutôt que des actionnaires étrangers, et plus récemment à stopper le vol par l’Espagne des profits de sa compagnie de l’électricité. Par-dessus tout il a montré aux pays d’Amérique Latine qu’il existe une alternative au seul message néo-libéral transmis sans fin depuis des décennies par les gouvernements et les médias rivés à une idéologie dépassée.
C’est l’heure où ce message alternatif doit être entendu plus loin encore, doit être écouté par les électeurs d’Europe. En Amérique Latine, les gouvernements qui mettent en oeuvre une stratégie alternative ont été élus et réélus constamment, montrant son caractère efficace et populaire. En Europe, les gouvernements de quelque couleur que ce soit qui appliquent le modèle néo-libéral semblent chuter au premier obstacle, montrant que la volonté du peuple ne suit pas.
Si Chávez et ses coreligionnaires de la nouvelle “Révolution Bolivarienne” ont appelé à un socialisme du 21ème siècle , ce n’est ni pour revenir à une économie à la soviétique ni pour continuer l’insipide adaptation social-démocrate du capitalisme, mais comme l’a décrit le président de l’Équateur Rafael Correa, pour rétablir la planification nationale par l’État « en vue du développement de la majorité de la population » . La Grèce a une occasion merveilleuse de changer l’Histoire de l’Europe et de lancer en l’air ses chapeaux de Bolivar comme le firent les Carbonari italiens à Paris il y a tant d’années. Lord Byron, qui avait l’intention de s’établir dans le Venezuela de Bolivar avant de faire voile pour contribuer à libérer la Grèce, baptisa son bateau « Bolívar » ; nul doute que les évènements contemporains lui auraient plu.

Richard Gott, 
Londres, le 16 mai 2012.










Traduit de l’anglais par Thierry Deronne

*L’historien Richard Gott, ex-rédacteur en chef du Guardian, auteur entre autres de “In the Shadow of the Liberator : The Impact of Hugo Chávez on Venezuela and Latin America”, Verso, 2001 ; "Cuba : A New History”, Yale University Press, 2004








samedi 24 janvier 2015

Angélique Ionatos, au pays de la poésie



Les heures à venir vont être cruciales pour le peuple grec et plus généralement pour la démocratie en Europe, alors que le président français Hollande a été honteusement (par politesse ?) s'incliner sur la dépouille du roi du pétrole, Abdallah d'Arabie Saoudite ... J'ai envie en cette longue nuit froide - miraculeusement étoilée à ma fenêtre - que la voix de Angélique Ionatos accordée celle du poète Elytis nous entraîne au-delà de nos différences provisoires vers ces terres fraternelles de la poésie où l'acte et la parole seraient nos seules richesses pour nous entendre.
A.C.



Angélique Ionatos

"]’ai habité un pays surgissant de l’autre, le vrai, tout comme les rêves surgissent des événements de ma vie. je l’ai aussi appelé Grèce et l’ai tracé sur le papier pour le regarder tellement il semblait petit et insaisissable."  Elytis

Angelikí Ionátou (en grec moderne : Αγγελική Ιονάτου), connue en France sous le nom Angélique Ionatos, est une compositrice et chanteuse grecque, née à Athènes en 1954.

Chanteuse, guitariste et compositrice, Angélique Ionatos est née à Athènes qu’elle a quitté à l’âge de 15 ans. (Wikipedia)

Elle poursuit ses études en Belgique où sa famille s’installe, puis réside en France.
Depuis son premier album « Résurrection » qui a obtenu le Grand Prix du disque de l’Académie Charles Cros, la chanteuse a enregistré 18 albums en composant sur des textes des plus grands poètes grecs.
En 1984, elle obtient le Grand Prix Audiovisuel de l’Europe pour la cantate « MARIE DES BRUMES » (« ΜΑΡΙΑ ΝΕΦΕΛΗ ») qu’elle a composée sur le poème scénique homonyme d’Odysseus Elytis, son poète de prédilection, prix Nobel de littérature. Pour cette œuvre, elle sollicite la collaboration du baryton grec Spyros Sakkas avec qui elle retravaillera quelques années plus tard pour « PAROLE DE JUILLET » («ΙΟΥΛΙΟΥ ΛΟΓΟΣ ») en 1996, l’année de la mort  d’Odysseus Elytis.
Lire la présentation complète sur le site officiel de Angélique Ionatos

Sélection  : 

1 - Angélique Ionatos.  
- "Omorphi Ke Paraxeni Patrida". 1971
"Belle mais étrange patrie"
poème de Odysseus Elytis
traduit en français par Angélique Ionatos

Belle mais étrange patrie
Que celle qui m’a été donnée
Elle jette les filets pour prendre des poissons
Et c’est des oiseaux qu’elle attrape
Elle construit des bateaux sur terre
Et des jardins sur l’eau
Belle mais étrange patrie
Que celle qui m’a été donnée
Elle baise le sol en pleurant
et puis elle s’exile
aux cinq chemins elle s’épuise
puis toute sa vigueur reprend
Elle menace de prendre une pierre
Elle renonce aussitôt
Elle fait mine de la tailler
Et des miracles naissent
Belle mais étrange patrie
Que celle qui m’a été donnée
Avec une petite barque
Elle atteint des océans
Elle cherche la révolte
Et s’offre des tyrans

Elle enfante cinq grands hommes
et puis elle leur brise l’échine
quand ils ne sont plus
elle chante leurs louanges
Belle mais étrange patrie…




2 - Angélique Ionatos. 
" Y a-t-il de la place pour les poètes. "



2 - Angélique Ionatos.
- "Του Μανώλη (Ρασούλη)" à Manoli







vendredi 23 janvier 2015

Athènes se lève





Village grec (Photo P. Grigoriou)
"L’histoire finit par couler parfois dans nos veines. Pour une fois, la rue y participe, drôle d’atmosphère, Athènes se lève, le sourire en plus, on revit." Panagiotis Grigoriou

Pour nous, Samaras et Rajoy sont ces piètres... versions d’Angela Merkel et dont les politiques suivies, ont aggravé le chômage, l'austérité et la dette. Pour inverser cette situation nous avons besoin d’une grande réaction de la part des citoyens. Nous disons pour l’instant ‘oui’ à l'euro puisqu’il est inévitable, mais non pas, à la manière dont fonctionne en ce moment la zone euro”.
  Pablo Manuel Iglesias Turrión ( Podemos - Espagne)



"Aujourd'hui comme alors tu vas naître du peuple. 
Aujourd'hui tu vas sortir du charbon, de la rosée. 
Tu vas venir secouer les portes 
avec des mains meurtries, des bribes 
d'âme survivante, des grappes 
de regards que la mort n'a pas éteints, 
avec aussi de durs outils 
armés sous les haillons."

Pablo Neruda







Les principaux bénéficiaires des privatisations grecques ne sont peut-être pas au final les multinationales européennes et les investisseurs orientaux. Ce sont plutôt les milliardaires grecs. On les retrouve dans les consortiums qui se sont vus attribuer la loterie nationale (Dimitris Melissianidis), le site Hellenikon (groupe Lamda Development, appartenant à Spyros Latsis) ou les aéroports régionaux (Dimitris Copelouzos). Les entreprises françaises l'ont bien compris, qui n'ont pas manqué de s'associer aux fortunes locales pour déposer leurs propres candidatures : Aktor (propriété de l'homme d'affaires George Bobolas) pour Suez et Vinci, Damco Energy (groupe Copezoulos) pour Alstom... « Cette privatisation montre l'hypocrisie totale de ce programme : il s'agissait soi-disant de faire venir les capitaux étrangers... Or avec Lamda Development, les décideurs grecs ont en réalité placé l'un des leurs ! », observait une urbaniste interrogée par Mediapart à propos du site d'Hellenikon.

Si la gauche grecque accède au pouvoir, changera-t-elle le cours des choses ? Syriza a toujours promis de suspendre le programme de privatisations, voire de revenir en arrière. Le mouvement a quelque peu modéré ses discours dans la perspective des échéances électorales. Le parti a en revanche ouvertement axé sa campagne sur la remise en cause des privilèges et de l'influence de ces « oligarques », qui ont profité des années de boom de la Grèce et profitent encore aujourd'hui des souffrance de leurs concitoyens [10].

Tracer un chemin alternatif pour la Grèce nécessitera d'aller au-delà du simple rejet de l'austérité, des privatisations et de leurs profiteurs. Il faudra notamment que Syriza sache perpétuer et exploiter la mobilisation et l'esprit de solidarité et d'innovation sociale dont ont fait preuve des millions de citoyens grecs confrontés à l'austérité. C'est ce qu'illustre à sa manière la lutte exemplaire - et victorieuse - contre la privatisation de l'eau de Thessalonique. Il ne suffit pas de défendre les positions acquises, il s'agit aussi d'inventer de nouvelles alliances entre syndicats et citoyens, et de nouvelles formes d'organisation sociale (comme la forme coopérative proposée par l'« Initiative 136 ») pour réinventer des services publics plus transparents, plus efficaces et plus démocratiques. Voilà la vraie réponse aux idéologues de la privatisation.
Olivier Petitjean
Lire l'article sur : bastamag.net





"Apostolos Polyzonis est ce père de famille grec qui s'était immolé par le feu devant une banque de Thessalonique. C'était le 16 septembre 2011, une date qu'il faudrait retenir. Apostolos a pu survivre à ses brûlures et il y a peu, il racontait la genèse de son geste. « Je l'ai fait en signe de protestation. Je ne voulais pas mourir. J'étais désespéré. Mais d'un autre côté, j'avais de l'espoir pour un meilleur avenir. Parce que je me sens coupable. Parce que ma génération laisse ce type de politiciens détruire les vies des générations à venir.»
Apostos Polyzonis n'est pas un homme seul. En Espagne, en Italie et en France, ils sont des dizaines à avoir fait le choix de s'immoler pour protester contre les conditions de vie inhumaines qu'ils devaient endurer. Le 13 mars 2013, à Nantes, Djamel Chaar s'est suicidé par le feu devant l'agence Pôle-emploi qui refusait de reconnaître ses droits à une indemnité chômage. 
J'essaie de ne pas oublier leurs noms, leur geste. Et quand je vois ces petites fleurs jaunes qui poussent au milieu des zones commerciales, je pense à Apostos Polyzonis, à Djamel Chaar et à Nicole, sa femme qui avait eu le courage de raconter le calvaire affronté par celui qu'elle aimait."
Tieri Briet



Grèce : l’ennemi de l’intérieur


Par Anastase Adonis 


Dimanche 25 Janvier, auront lieu les élections législatives grecques. Tous les partis sont présents, y compris ceux qui ont œuvré en faveur des politiques de destruction de l’Etat et de ses institutions. La commission européenne montre qu’elle suit de très près l’événement. Elle a même eu à intervenir pour mettre en garde la population : en cas de victoire de SYRIZA, elle ne sera pas contente du tout.

Elle a été même jusqu’à menacer de ne pas verser la 3e tranche d’aide, environ 110 Mrds, en cas de victoire de SYRIZA, montant qu’il devait être versé il y a déjà quelque temps et qui est utilisé sous forme de pression sur les affaires et processus politiques de la Grèce.
Comment donc l’Europe peut inverser une tendance, à savoir celle de tester une autre politique, un autre parti, même s’il est de l’extrême gauche, ce qui déplaît beaucoup semble-t-il ? La communication n’a pas suffi. De toute façon qu’ont à perdre les Grecs dans la situation où ils se trouvent ? Il reste donc la mobilisation, voire la recherche de nouveaux clients, prêts à assumer les missions de la continuité selon l’évangile de la Troïka.


Certes c’est la vision de la corruption, celle des structures néocoloniales et du nouveau professionnalisme politique dont l’Europe, habituée à fonctionner avec une cour, ne sait que trop bien faire la promotion. Mais cette vision est celle des Grecs, et voici pourquoi :


Retour en arrière, le 23/4/2010, lorsque le premier ministre grec George Papandreou, annonce lors d’un discours monté « en toute urgence », l’inévitable intervention de l’Europe dans les affaires économiques helléniques. La suite on la connaît : Troïka, Mnimonion, emprunts à taux élévé, braderies des entreprises d’Etat, mise aux enchères des bijoux de la Grèce (littoral, forêts, terres, bâtiments, mines, entreprises d’Etat, etc.).
Le premier ministre mentait lorsqu’il disait que « les marchés n’ont pas répondu favorablement à prêter à notre pays, et au risque de perdre tout, du fait de la difficulté d’emprunter, il est grand besoin de demander à nos partenaires européens l’activation du mécanisme de stabilité ». La veille bien sûr, des données ont été publiées, données relatives à la santé financière du pays.

Sur le coup, les Grecs découvrent « l’abysse », et ils ne savaient pas que ces données ont été falsifiées sur demande gouvernementale (pourquoi ?). En effet, une des falsifications était de comptabiliser les dépenses des entreprises d’Etat, bien rentables, sans compter leurs recettes. Une autre était de comptabiliser les dépenses de ces entreprises jusqu’en 2024 ! Par ailleurs, une plainte en Justice d’une employée du Service Hellénique des Statistiques, sur le maquillage des données d’Etat, montre que le déficit réel en 2009 était de 3,9%, un des plus faibles en Europe. 

Il est évident que ces méthodes, qui visaient à « gonfler » le déficit, cachent d’autres méthodes criminelles, de personnes non forcément politiques, parfois venant de la part de fonctionnaires fiers d’appartenir à un parti politique et prêts à produire des fausses déclarations…..( no comment, tout le monde connaît la place de la méritocratie dans le recrutement des fonctionnaires).

Mais quelle était la réalité ? Lorsque la Grèce introduisait un appel à emprunt dans les marchés de la finance, elle recevait des offres. Les documents officiels montrent que, par exemple, le 13/10/2009, la Grèce demandait 0,8 Mrds et les marchés lui en proposaient 4,795 à un taux de 0,59%.  Le 20/10/2009, elle demandait 1,5 Mrds et les marchés lui offraient 7,040 Mrds à 0,35%. Du 12/1/2010 jusqu’au 13/4/2010 la Grèce a demandé 16,404 Mrds et les marchés lui en ont proposé 55,280 Mrds. Etc. Des dizaines de documents montrent une situation bien différente à celle qui a été dépeinte. 

Tous les montants étaient sans aucune garantie assortie à l’emprunt. La situation selon laquelle la Grèce pouvait emprunter sans risques et sans taux usurier était bien réelle. Ces mêmes documents sont la preuve du mensonge du Premier Ministre grec George Papandreou. Mais pourquoi mentir ? Mentir c’était « convaincre » de la nécessité de l’arrivée de la Troïka. Strauss-Khan à la télévision française a reconnu que depuis Novembre 2009 Georges Papandreou discutait avec lui pour la mise sous tutelle de la Grèce par le FMI, et il le cachait au peuple grec. En fait, le moyen, ici la faillite de l’Etat grec, permettrait les taux d’intérêt de 0,35% à 6,5% et progressivement jusqu’ à 24%, 26% ou 28%. La suite était le but suprême, la cession des richesses privées et publiques.


Tous les Grecs savent ce qu’est le Mnimonion, utilisé par la Troïka (BCE, FMI, CE). Un Mémorandum, qui accompagne souvent les contrats et les traités ou conventions, contient des clauses et des détails. Un de ces détails qui font très mal aux Grecs est la cession de la souveraineté nationale.
Si on ne peut affirmer que l’Europe savait ou pas en Avril 2009 le mensonge d’Etat de Georges Papandreou, il est incontestable que depuis la mise sous tutelle de la Grèce en 2012 elle ne peut pas prétendre qu’elle ne savait pas.

Pourquoi entraîner les marchés financiers dans l’histoire grecque ? La réponse réside dans la coutume, où un sauveur arrive en situation de sauvetage. Pour que la CE invite le FMI à la fête grecque la Grèce ne devait pas emprunter au taux allemand. Pour ne pas emprunter au taux allemand, il fallait pousser les marchés financiers à réagir vers la spéculation qu’on a vue. Le pire dans cette histoire grecque, et dans l’Histoire de l’Humanité, c’est cette nouvelle manière d’assister au massacre d’un peuple. La Commission européenne, avec Baroso se cachait derrière la « crise » et la »nécessité » de soigner les marchés financiers pour éviter, d’après-elle le pire.

La précipitation donc de la Grèce dans une situation de « crise grecque » ou « crise de l’euro », crise qui a occupé, occupe et continuera à occuper pendant longtemps, mérite un peu plus d’attention.

Des études ont été faites, a posteriori, lorsque les grecs ont commencé à comprendre que quelque chose ne tournait pas rond, ni en Grèce mais ni en Europe non plus. La corrélation entre les faits, les communications des uns et des autres, ont permis de repérer les fautes et les crimes contre le peuple grec. L’impact de ces communications sur les spreads montre la pression par coups de discours catastrophique aussi bien sur la préparation psychologique de la population et des milieux financiers.

D’autres études ont montré comment le cadre législatif a été utilisé afin d’arriver à une impossibilité d’emprunter coûte que coûte. La dette souveraine, le budget de fonctionnement, le déficit, et le PIB étaient les plus grandes variables qu’il a fallu modifier. Le soutien aux banques, dont la valeur ne dépassait guère les 3 milliards, à hauteur de 233 Mrds, sans contrepartie ni autres obligations pour les banques montre comment le peuple, en cas de « crise bancaire » a été chargé d’un fardeau impossible à soutenir. Comment et pourquoi un gouvernement soutient des banques privées en dépit de toute mesure comme un « bon père de famille » en prendrait ? Les obligations d’Etat qui ont servi de mécanisme dans ce soutien aux banques, ont été données aux banques qui à leur tour les ont échangées auprès de la BCE pour récupérer des liquidités. Et au lieu de rendre aux gens l’argent (comme stipulait la loi 3723/2008 ) pour l’aide au logement des particuliers, au fonctionnement des PME-PMI, et au soutien des entreprises vitales, et tout ceci dans un but de croissance, non seulement les banques ne l’ont pas rendu, mais ont utilisé cet argent pour acheter d’autres obligations d’Etat au taux de 4,8%, empochant ainsi la différence. Pour la durée des trois ans des obligations, les banques devaient les rémunérer au taux de 10% ( loi N3723/2008, art1, §3, intérêts que n’ont pas été versés. Pour ces obligations, les banques auraient dû donner des garanties à l’Etat ou de verser une rémunération puisque ce dernier était le garant. Il apparaît clairement comment ces montants d’aide aux banques privées ont été transférés par simples inscriptions comptables sur le dos des citoyens. Le cadre législatif prévoit que pour accorder aux banques une aide, le ministre de l’Economie doit émettre une ordonnance ministérielle qui définit les conditions et le montant pour chaque banque, ordonnance qui doit être publiée au Journal Officiel. C’est justement là, à son dernier paragraphe que cette ordonnance stipule qu’en cas d’appel aux garanties, alors ces garanties seront à charge de la population grecque. C’est-à-dire au moment où l’Etat donne aux banques, leur dit avec la loi de ne pas payer puisque ces montants seront à la charge de la population. C’est une organisation de détournement de biens publics avant qu’ils la valident par décret ministériel. Il va de soi, simple déduction logique, que puisque le bilan comptable, recettes – dépenses, se situe entre 50 et 55 Mrds par an, l’aide aux banques augmente la dette souveraine d’autant, dette payable par les impôts des contribuables.


Pour rendre l’Etat grec insolvable pour permettre l’intervention de sauvetage, on doit mentionner deux actions, la première consistait à sous-évaluer les richesses publiques. Et la seconde fut l’élimination des deux banques publiques, bien rentables, à savoir la banque postale et la banque agricole. Ceci enlevait la possibilité pour l’Etat d’emprunter à taux très bas à travers ces banques. En effet, en accord avec le Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne, le gouvernement pouvait donner des garanties aux Banques d’Etat pour qu’elles puissent emprunter auprès de la BCE, comme il le faisait avec les banques privées, et par la suite emprunter auprès de ces banques selon les pratiques courantes, avec un taux jusqu’ à 1%, couvrant ainsi tout besoin de liquidité. La privatisation préalable immédiate de ces deux banques d’Etat, a affaibli l’Etat dans le domaine de sa propre survie. C’est ici, que l’appréciation des juristes et autres constitutionnalistes est sévère : « Un gouvernement qui ne respecte pas la constitution, une gestion déloyale contre l’Etat, complicité avec ennemi, manipulation des marchés moyennant fausses déclarations, etc. »


Trois ans se sont écoulés depuis le début des faits. Trois ans de « crise grecque », de « crise de l’euro », et de « mauvais élève » jusqu’au mois de Mai 2012, date à laquelle les premières publications officielles démontrent les mécanismes du hold-up à l’Etat, aux richesses nationales et à l’exploitation fiscale sauvage d’un peuple. D’abord ALPHA Bank, sur la méthodologie de calcul des dépenses d’Etat, puis ELSTAT (Service des Statistiques d’Etat) sur la falsification des données démontrant dans le rapport sur le déficit réel pour 2009 que celui-ci était de 3,9 % , un des plus bas en Europe. Pendant ces trois ans les spreads ne cessent de monter et la spéculation atteint des limites inimaginables. Trois ans, pendant lesquels, le faux prétexte de la faillite d’Etat a permis de dégraisser les salaires, de vider les caisses de retraite, d’anéantir la sécurité sociale et de créer un chômage sans précédent.
Trop tard, le Mnimonion est signé et l’effet de boule de neige est clair : le PIB chute sans les entreprises d’Etat, l’initiative privé est quasi-nulle par manque de support, d’infrastructures et de structures à économie de réseaux. En même temps la Grèce emprunte, car la Troïka impose, exige, la présence du FMI dont les taux dépassent les 20%. Comment dans une Europe où l’Allemagne emprunte à 0% cette même Europe peut-elle exiger que la Grèce emprunte à plus de 20% ? Quelle structure économique peut rémunérer le capital à ce taux ? Surtout pas la Grèce, qui jusque-là a toujours honoré ses dettes ...

La suite n’est qu’un mauvais film : La troïka décide pour les ventes aux enchères, pour les cessions d’entreprises publiques, pour le bradage des meubles et immeubles…. La conséquence sur le PIB est inévitable. La sous-estimation de la valeur des biens vendus n’a pas apporté suffisamment, d’où des nouveaux prêts à des taux exorbitants ayant pour conséquence l’augmentation de la Dette.

Le premier sentiment, tout recul pris, vient de l’appréciation de la compétence de la Troïka en matière de gestion. Imaginons alors comment l’Europe est gérée……

Et si ce n’était pas une question d’Europe ? Et s’il n’y avait pas d’Europe du tout, comme celle qu’on nous la fait fait miroiter ? Et si l’Europe n’était pas responsable, ou plutôt si ces missions étaient autres ? Une étude plus approfondie sur la nature de ses institutions, qui devient cruciale, nous éclairerait mieux. Bien sûr, on s’affrontera au problème connu : comment est-ce possible qu’une forme de pouvoir se laisse contrôler ?


Entre 2012, début de la mission de la Troïka et Janvier 2014, la Grèce a payé plus de 220 Mrds en intérêts, pendant que sa Dette officielle continue à augmenter. C’est pendant cette période que nous avons eu les mesures fiscales qui n’ont rien à voir avec les possibilités de paiement ou avec le niveau de production. C’est pendant cette période que les suicides ont commencé à apparaître pour dépasser les 4000 officiellement. Quelle différence avec le génocide ?
Il est évident que pour conduire la Grèce en faillite il fallait s’assurer de sa gestion, éloigner des fonctionnaires d’Etat, puisque tous ne pourraient pas être corrompus, pour la confier à un nombre de personnes contrôlables. Par la loi 3965 de 2011, une seule personne avait le pouvoir, excepté le ministre, de collecter les recettes venant des impôts, des douanes, des tribunaux, etc., de les gérer, et de savoir où cet argent se trouvait. Cette même personne, cadre chez Goldman Sachs, fut nommée auparavant, en 1998, par le Premier Ministre de l’époque pour gérer les dettes de l’Etat. Il semble facile dans un tel contexte de transparence de dire qu’il n’y a pas d’argent et qu’il faut emprunter, le paiement de l’emprunt se ferait par la vente des richesses et autres bien publics. Il y a eu quelques échos dans la presse internationale qui montre plus l’ampleur du rôle joué par cette banque dans l’administration financière de la Grèce. 


Quel est donc l’attente de ces élections du Dimanche prochain ?



Pourquoi ne pas voter Extrême Gauche ?
Pour avoir la confiance et le soutien de l’Europe ? La Grèce a une longue expérience au sein des Alliés. Son Histoire est remplie des faits et les Grecs savent qu’il n’y aucune confiance à accorder à tous ceux qui l’ont traité comme une population conquise.
Pour rester dans l’euro ? L’euro c’est bien quand on l’a, mais quand on ne l’a pas, ce qui est le cas des Grecs ceci n’est pas vraiment un paramètre. Ni euro bas ni euro fort. Un des leviers de l’endettement fut la perte de la compétence monétaire, cédée à l’Europe pour la construction de l’euro, alors qu’elle n’a pas bénéficié des ajustements favorables comme cela a été le cas pour d’autres pays.
Pour rester dans l’Europe ? Peu importe l’issue des élections, aucun des partis capable d’entrer en coalition ne souhaite quitter l’Union Européenne.
Pour rester compatible avec un modèle économique libéral ? Si l’extrême gauche ajuste un programme de viabilité avec des micro-nationalisations, qui peuvent être exceptionnellement accordées par les instances européennes, ceci n’enlèvera pas le caractère de l’économie grecque comme celui-ci a été transformé par des réformes structurelles non renégociables.

Pourquoi voter Extrême Gauche ?
Pour la Justice Sociale ? Ceci semble mission impossible, le pot de terre contre le pot de fer. Jamais l’Europe ne laissera ses pions se faire massacrer devant les Tribunaux grecs, par ailleurs nous avons un aperçu de la politique allemande à l’égard de la liste des corrompus dans l’affaire Siemens, ou la gestion de l’affaire de liste Lagarde (celle du FMI, ancienne ministre du gouvernement français).
Pour redresser l’économie ? L’économie de qui ? La rafle sur les entreprises publiques a profité au capital international et certains pays influents, comme l’Allemagne. La crise grecque a permis à l’Allemagne de réaliser des acquisitions très importantes, fruit de beaucoup d’efforts de la population grecque, au point d’entendre par le ministre de l’économie allemande Schäuble « On ne les a pas eus par la guerre, on les a eus par l’économie ». Attirer des nouveaux investissements, sous l’hypothèse que les risques socio-politiques sont acceptables, c’est garantir les conditions économiques du capital qui ne sont guère favorables à la population. On ne parle plus dans ce cas d’un programme de gauche, mais d’un programme politique de survie.
Pour annuler la dette ? Ceci semble être déjà une question bien réglée. Il est possible de renégocier la dette, mais une telle tactique assure une reconnaissance de la dette et de la manière avec laquelle elle a été fabriquée.
Pour exiger le paiement des réparations allemandes pour faits de la seconde guerre mondiale ? Il faudra être deux pour cela, et sans le consentement de l’Allemagne ou une pression sur elle, ce qui loin d’être acquis, rien ne peut se faire.
Pour exiger le paiement des prêts d’occupation [par l’armée nazie] ? Il y a certainement des choses à faire auprès des instances internationales. Il faut juste mentionner que toute somme que la Grèce peut attendre, aussi élevée qu’elle soit, est déjà versée en intérêts par le biais de la Dette souveraine. Rebelote, les Grecs paient pour qu’on leur rembourse ce qu’on leur doit. Du déjà-vu.
Enfin, pour montrer un exemple et essayer de se faire entendre par les autres peuples de l’Europe, dans un but de changer les politiques européennes ? C’est sans doute la seule lueur d’espoir aux yeux d’une population catastrophée, lueur qui malheureusement ne donnera pas un changement immédiat des conditions de vie. Une lueur et un cri qui peut être entendu.
A méditer.

Anastase Adonis
Le 22 Janvier 2015


Source : Le Grand Soir