lundi 8 décembre 2014

Le peuple aura le dernier mot !


(slogan scandé dans les rues d'Athènes)



"Je lutte donc je suis" Photo de Yannis Youlountas




Le gouvernement grec a décrété la loi martiale et mobilisé la police anti-émeute pour briser la grève de neuf jours des employés du métro d'Athènes 

Les émeutes de samedi ont encore montré ce que peu de médias précisent concernant la Grèce : des policiers en civils font office d’agents provocateurs et n’hésitent pas à endommager les biens publics. De nombreux témoignages attestent encore de ces faits lors des violences du samedi 6 décembre 2014. Okéanos











Depuis quelques jours, Athènes, la capitale de la Grèce, est secouée par des manifestations et  des émeutes déversant des milliers de personnes dans les rues en protestation contre le coup de feu tiré le 6 décembre 2008 par un policier dans le quartier d'Exarchia à Athènes et qui a provoqué la mort d'Alexandros Grigoropoulos, âgé de 15 ans. Globalvoices






Par miliers dans les rues des villes grecques : À bas l’État terroriste !


Il est à peu près impossible de rendre compte de tout ce qui s’est passé un peu partout. Des manifs principalement étudiantes se sont déroulées lundi dans presque toutes les villes. Pour ce qu’on en dit sur Indymedia Athènes : occupation de la Mairie de Kozani en solidarité avec les arrêtés et en condamnation du terrorisme d’État de ces derniers jours, manifs à Mytilène (Lesbos), Lefkada, Paros, Larissa, Veria, Rhodes, Chania et Héraklion (Crète), Kalamata, Katerini, Zakynthos, Tripoles, Samos, Volos. Arrestations dans quelques-unes de ces villes. D’autres actions ont eu lieu, comme de brèves occupations de stations de radio.





Déclaration du 06/12/2014 de l’école Polytechnique occupée à Athènes (Extrait)


Les assassins armés ont envahi le squat autogéré Resalto et la mairie du quartier de Keratsini occupée suite à l’entrée des flics dans le squat. Ils ont isolé les espaces de lutte politique et sociale, ils ont encerclé le quartier d’Exarchia et l’école Polytechnique, en procédant à un grand nombre d’interpellations et d’arrestations (pour des contrôles d’identité et certains avec des chefs d’inculpation) et cela continue en ce moment.
Les pantins du régime, les médias, reproduisent la propagande d’État en créant un climat de terreur.
Un an après la révolte sociale de décembre, le système de l’oppression et de l’exploitation tente à nouveau de regagner du terrain. Il tente d’imposer un état d’urgence afin de museler la rage populaire et d’imposer un silence de cimetière dans la société.
Prenant acte que la ville est sous occupation, nous occupons l’école Polytechnique.









Elefthería í thánatos
"mieux vaut une heure de vie libre que 40 ans de vie en esclavage"
Féréos


Athènes s'embrase
autour de Nikos Romanos
gréviste de la faim
jeune prisonnier anarchiste de 21 ans
qui a vu mourir son ami
Alexis Grigopoulos
assassiné le 6 décembre 2008
- par un flic aujourd'hui sacrifié -
dans le quartier libertaire d'Exarcheia
ce coeur battant de la Grèce résistante


De Thessalonique à Héraklion
la Grèce ravagée s'insurge
défie le nouvel ordre
de la dictature des "mangeurs de présent"
big compagnies des oligarques
saignant les peuples du monde entier
en distribuant prébende aux traîtres


Des chants de lutte résonnent
dans la fumée des lacrymogènes
sur la place Syntagma
d'Athènes à Ferguson
les villes s'embraseront
pour défier et vaincre
la loi de la peur arachnéenne
que font régner
les mercenaires de la bancocratie


Dimanche une femme
a été battue à mort
par les forces de l'ordre
pendant que le sinistre Samaras
brade aux enchères le pays
déjà en son temps Hésiode
ne dénonçait-il pas
les puissants corrompus
qui endettaient les paysans
pour leur voler leurs terres ?


La liberté ou la mort
et je les reconnais tous
les Kazantsakis les Ritsos
les Panagoulis les Patrikios
les Théodorakis Glézios Elytis
et tous les compagnons anonymes
les Héléni les Manoli
les Yorgos les Kiriaki
ils sont poètes ouvriers
musiciens pêcheurs
médecins instituteurs
ils marchent dans les rues d'Athènes


Sur la colline Philoppapou
juste en face de l'Acropole
J'entends retentir le tonnerre
Elephtéria Elephtéria Elephtéria*
et sous une nuée de drapeaux rouges et noirs
un flot humain en colère déborde des rues
Elephtéria Elephtéria Elephtéria
comme en l'an 1973
massacres après massacres
sous la poudre et les balles
un peuple se libère du joug


Aujourd'hui 7 décembre 2014
la météo est bonne à Athènes
Soleil à peine voilé
avec une température de 18°C
et des vents de 7 à 9 kms/h
Mais ce soir le ciel va s'ouvrir
de la pluie est annoncée
L'oracle de retour d'exil
va de nouveau parler
« Na min zisoumé san douli »
(Ne vivons plus comme des esclaves)
et des miracles naîtront.

André Chenet, le 7 décembre 2014



* Eléphtéria :  (Ελευθερία« liberté » en grec. Elefthería í thánatos (Ελευθερία ή θάνατος), « La liberté ou la mort », est la devise de la Grèce







L'unique réponse à cet assaut de la classe dirigeante est la mobilisation indépendante de l'ensemble de la classe ouvrière grecque et européenne. Ceci requiert une rupture avec les syndicats et les groupes pseudo-gauches et le développement d'un mouvement socialiste et internationaliste pour mettre un terme à l'Union européenne en la remplaçant par des gouvernements ouvriers et les Etats socialistes unis de l'Europe. openyoureyes






GRÈCE GÉNÉRALE
à Lisa Youlountas


RÉALISATION
Réjane TRÉMEL & Samuel WAHL
mars 2012



Remerciements : LISA YOULOUNTAS, YANNIS YOULOUNTAS, RAOUL VANEIGEM, STATHIS KOUVÉLAKIS, SERGE PEY, MIKIS THÉODORAKIS, PASCAL COLRAT, TA LIMANIA XENA   





Lien  : 



- Athènes sur un volcan sur Ne vivons pas comme des esclaves






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