vendredi 5 décembre 2014

Bébés Ganja


Le foetus aime-t-il le cannabis ? 


Photo : Cannabis info
"En 2000, la fréquence en France de l’expérimentation (consommation au moins d’une fois dans sa vie, mais non en cours d’année) du cannabis chez les femmes était de 32,4% entre 18 et 25 ans, de 25,1% entre 26 et 34 ans et de 17,4% entre 35 et 44 ans. La fréquence de la consommation répétée de cannabis (au moins dix consommations par an) était de 9,1% chez les femmes de 18-25 ans, de 2,1% chez celles de 26-34 ans et de 0,5% entre 35-44 ans. En 2003, 41% des filles entre 16 et 17 ans avaient expérimenté le cannabis, 11% en faisaient un usage répété. Chez la femme enceinte, il n’existe pas à l’heure actuelle de données nationales sur l’incidence de la consommation de cannabis.
Les travaux des équipes nord-américaines et anglaises dans les années 1980 à 2000 ont rapporté une incidence de la consommation de cannabis pendant la grossesse allant de 3 à 30%, le plus souvent aux alentours de 10 à 15%.../... On dispose de peu d’études sur les complications obstétricales liées à la consommation de cannabis
." Evelyne Mazurier


Dans une localité où l'usage du cannabis est la tradition, les usagers peuvent être de tout statut social et les désavantages économiques auront moins d'effet sur les sujets et donc les résultats. Ce sont les arguments avancés par le Dr. Mélanie Dreher qui a travaillé en Jamaïque dans les années 1990 pour une étude sur les mères consommatrices de cannabis et leurs enfants. Ces études ont été menées sur le long terme sur le développement d'enfants exposés au cannabis dans l'utérus et n'ont démontré aucune infériorité évidente en comparaison avec des enfants non exposés (en fait, le premier groupe montre moins de signes d'anxiété face au stress et de meilleures capacités organisationnelles). De manière significative, ses recherches n'ont pas été menées seulement sur des fumeuses mais également sur des consommatrices de "thé" de cannabis. Elles ont également souligné l'importance du cannabis pour les futures mamans comme remède contre les nausées et d'autres applications que l'ont retrouvent dans la littérature médicale. Les futures mères manifestent une augmentation de l'appétit et une stabilité émotionnelle. On considère également que le cannabis peut servir de traitement à la dépression postnatale. Le fait que le cannabis puisse aussi améliorer la capacité de la mère à prendre soin de son enfant suggère un effet globalement positif sur la santé à long terme de son enfant.
Source : Cannabis Info





Etude ethnographique sur les effets de l’utilisation de la marijuana pendant la période prénatale et postnatale en Jamaïque.


Objectif. Identifier les effets neurologiques et comportementaux liés à l’exposition de marijuana prénatale sur des nouveaux-nés en Jamaïque rurale.

Conception. Le champ ethnographique étudie les effets neurologiques et comportementaux pendant la période néonatale.



Groupe d’étude. La Jamaïque rurale où la population rasta utilise intensément le cannabis.



Mesures et résultats principaux. Les nouveaux-nés exposés et non-exposés ont été comparés à 3 jours et à 1 mois de vie selon les normes de l’échelle d’évaluation néonatale Brazelton, y compris des articles supplémentaires permettant de capturer une échelle plus large d’effets subtils. Il n’y avait aucune différence significative entre des nouveaux-nés exposés et non-exposés le troisième jour de vie. À 1 mois, les nouveau-nés exposés ont montré une meilleure stabilité physiologique et ont exigé moins de facilitation de la part de l’examinateur pour atteindre des états organisés. Les nouveaux-nés de mères ayant lourdement utilisés la marijuana étaient plus qualifiés pour l’autonomie, la qualité de vigilance, l’irritabilité et l’autorégulation et ont été jugés plus bénéfiques par le personnel soignant.


Conclusions. L’absence de différences significatives entre les deux groupes de nouveaux-nés étudiés dans la première période néonatale suggère que le positionnement culturel, social et économique des mères utilisant la marijuana promeut aussi le développement du nourrisson au stade néonatal. 
.../...

Le contexte culturel, caractéristique du sud de la Jamaïque, valorise l’utilisation de la reine des plantes. Communément le Rastafarisme prône les vertus de la ganga. Les Rastas et les Roots Daughter consomment le chanvre en thé ou en fumette de manière traditionnelle. Des lignées de femmes jamaïcaines peuvent témoigner des vertus du chanvre. Pour les femmes consommatrices de cannabis, pendant la grossesse, cette médication atténue les nausées et la fatigue, ses vertus relaxantes sont appréciés.

L’étude menée conjointement avec l’aide des sages-femmes locales, porte sur un groupe de 56 femmes dont 31 sont consommatrices de chanvre et 25 non-consommatrices. Les nouveaux-nés sont soumis, à leur troisième jour de vie, aux tests mesurant leur motricité, stabilité, réflexes et des valeurs comme l’irritabilité, l’aide de l’examinateur. Au troisième jour de vie, aucune différence notoire n’est apparue entre les deux groupes de bébés.

Au premier mois de vie, les nouveaux-nés de mère consommatrices de chanvre ont en revanche montré plus d’autonomie, de stabilité. Ces tests d’aptitudes motrices et comportementales chez les nouveaux-nés de mère consommatrice de chanvre ont également démontré qu’une très lourde utilisation du chanvre augmentait les performances du bébé.


En comparant les deux groupes, les nouveaux-nés des mères qui ont utilisé de la marijuana ont montré la meilleure stabilité physiologique à 1 mois et ont exigé moins de facilitation d’examinateur pour atteindre un état organisé et être disponibles pour la stimulation sociale. Les résultats de la comparaison des nouveaux-nés de mères ayant "une lourde utilisation de marijuana" et ceux des mères non utilisatrices étaient encore plus saisissants. Les nouveaux-nés lourdement exposés étaient plus socialement sensibles. La qualité de leur vigilance était plus haute ; leur système moteur et autonome était plus robuste ; ils étaient moins irritables ; ils allaient moins probablement démontrer n’importe quel déséquilibre de ton ; ils ont eu besoin de moins de facilitation d’examinateur pour devenir organisés ; ils avaient la meilleure autorégulation ; et ont été jugés être plus utile pour le personnel soignant que les nouveaux-nés de mères non-utilisatrices de cannabis à 1 mois d’âge.

Bien que Melanie Dreher dresse modestement les limites de sa propre étude menée dans un contexte culturel particulier, elle éclaire de manière originale le savoir des chercheurs sur les effets du cannabis chez les femmes enceintes. Sa démarche est pourtant pertinente car elle observe des femmes consommatrices de cannabis dans un contexte qui prône son utilisation, ainsi les préjugés défavorables au chanvre ne prévalent pas dans cette société. Sans ce tabou, les recherches peuvent alors éclairer les effets positifs du cannabis pour la femme enceinte et le nouveau-né. Pour la première fois, des femmes consommatrices régulières de marijuana se livrent à une expérience qui aborde la question des effets du cannabis sur la grossesse d’après une méthode clairement scientifique.

On regrette que des études de cette nature ne voient pas le jour plus souvent et on ne peut qu’encourager les professionnels de la santé à se documenter à la source pour informer et accompagner les futures mères consommatrices de cannabis et leurs bébés.

Source : Chanvre Info




L’Eglise du Rastafarisme en Jamaïque perçoit la marijuana en tant que la « plante de la sagesse » et même les enfants très jeunes la fument et cela fait partie de nos traditions. Sous de telles circonstances, sa consommation n’amène pas à une addiction ou à des drogues plus violentes.




Les effets du cannabis sur les femmes enceintes et les nouveau-nés.

Par Sandra Véringa

C’est presque un sujet trop tabou pour en parler : les femmes enceintes et les effets du cannabis. Un secret fort gênant pour les femmes, en particulier pendant le premier trimestre déchirant de la grossesse, où elles se tournent vers le cannabis pour le soulagement des nausées et du stress. Les femmes enceintes en Jamaïque ont régulièrement recours au cannabis pour soulager les nausées, le stress et la dépression, souvent sous forme de thé ou de tonique.




À la fin des années 1960, une étudiante diplômée, Mélanie Dreher, a été choisie par ses professeurs pour effectuer une étude ethnographique sur l’utilisation du cannabis en Jamaïque afin d’observer et de documenter son utilisation et ses conséquences chez les femmes enceintes. Mélanie Deher a observé 24 enfants jamaïcains qui étaient exposés au cannabis avant leur naissance et 20 autres qui ne l’étaient pas. Son travail est ensuite devenu le livre Women and Cannabis: Medecine, Science and Sociology, dont une partie comprenait ses études sur le terrain.

La plupart des études nord-américaines ont montré que les effets du cannabis peuvent causer des anomalies congénitales et des problèmes de développement. Cependant, ces études ne proposent pas d’isoler la consommation de cannabis, mais elles ont inclus des substances plus destructrices, allant de l’alcool et du tabac à la méthamphétamine et à l’héroïne. En Jamaïque, Dreher a trouvé une culture qui a manifestement sa propre force policière sur le ganja et qui considère son utilisation comme étant spirituelle.

Pour évaluer l’impact de l’herbe lorsqu’elle est utilisée pendant la grossesse, elle a remis des rapports en utilisant l’échelle de Brazelton, qui est très reconnue pour évaluer le comportement néonatal qui évalue le comportement.

Le profil identifie les points forts du bébé, les réactions d’adaptation et les éventuelles vulnérabilités. Les chercheurs ont continué à évaluer les enfants de cette étude jusqu’à l’âge de 5 ans. Les résultats n’ont montré aucun impact négatif sur les enfants, contrairement à ce qui avait été déclaré dans d’autres études. Beaucoup de gens n’ont pas aimé cette réponse, surtout ceux qui ont financé l’étude, la National Institute on Drug Abuse. Ils n’ont pas souhaité continuer à verser des fonds pour l’étude et ont eu du mal à divulguer les résultats.

« March of Dimes était favorable », dit Dreher. « Mais il était clair que la NIDA ne souhaitait pas continuer à financer une étude qui ne contenait aucun résultat négatif. On m’a dit de ne pas poursuivre l’étude. Nous avons raté l’occasion de poursuivre l’étude à l’adolescence et à l’âge adulte. » Doyenne des sciences infirmières à l’Université Rush avec des diplômes en soins infirmiers, en anthropologie et en philosophie, ainsi que titulaire d’un doctorat en anthropologie à l’Université Columbia, Dreher a découvert le cannabis lorsqu’elle a été envoyée en Jamaïque.


Elle comprend que les professionnels de la santé hésitent à faire quelque chose qui pourrait nuire à leur professionnalisme, malgré les preuves sur les effets thérapeutiques du cannabis, particulièrement pour les femmes enceintes. L’étude du Dr Melanie Dreher, ainsi que les autres études sur le ganja jamaïcain ne sont pas des cas isolés d’études scientifiques. L’une des études les plus épuisantes est Ganja in Jamaica -A Medical Anthropological Study of Chronic Marijuana Use effectuée par Vera Rubin et Lambros Comitas, publiée en 1975.
Malheureusement pour la National Institute of Mental Health’s Center for Studies of Narcotic and Drug Abuse, l’étude anthropologique médicale a conclu:

Et malgré son illégalité, l’utilisation de la ganja est omniprésente et la durée et la fréquence sont très élevées; on le fume sur une plus longue période, en quantité plus importante et avec plus de THC qu’aux États-Unis, et sans conséquences sociales ou séquelles psychologiques [c’est nous qui soulignons].



À propos de Sandra Véringa auteure et traductrice:


"J’ai rejoint l’équipe ESM en 2014. Il y a beaucoup de choses qui se passent sur la planète qui vont à l’encontre de mes valeurs, j’ai voulu faire de mon mieux pour jouer un rôle dans la création de changements. Depuis que je travaille pour ESM, il y a eu de grands changements dans ma vie et j’espère pouvoir sensibiliser et faire changer la mentalité de notre société."



Sources anglaises : Cannabis Effects Altering Perspectives

Article mis en ligne par : ESM

2 commentaires:

Jacques-Pierre Bernard a dit…

Bonjour,
C'est curieux comme vos sources d'informations sont différentes des miennes sur les données techniques des effets du cannabis...Je crains qu'il faille que nous fassions confronter nos informateurs !
Voici ce qu'affirme l’ association française de prévention Oui à la vie Non à la drogue : « …Au-delà des problèmes de maux de gorge et de poitrine, il a été démontré qu’un joint est aussi cancérigène que la fumée de 5 cigarettes.
Les conséquences psychologiques du cannabis sont également graves. Les consommateurs de cannabis ont une mémoire et des aptitudes mentales moins bonnes que les non-consommateurs.
Les animaux auxquels les chercheurs ont donné du cannabis ont également souffert de lésions du cerveau . » (…)« …Le cannabis modifie la structure des cellules du sperme en les déformant. Donc même de petites quantités de cannabis peuvent causer une stérilité temporaire chez des hommes. La consommation de cannabis peut bouleverser le cycle menstruel des femmes.
Des études montrent que le fonctionnement cérébral des gros fumeurs de cannabis tend à être ralenti ou diminué. Le THC ( le principal composé chimique) du cannabis perturbe les cellules nerveuses et affecte la mémoire … »

REVOLUTION ici et maintenant a dit…

Bonsoir Jean-Pierre,

Il est bien évident que mes sources ne proviennent pas, concernant ce sujet maltraité, d'instances pro gouvernementales. cependant, bien que je les aie reprises de sites afficionados "de la petite fumée", elles proviennent d'études très abouties. J'ai fréquenté des peuplades pour qui le cannabis est en quelque sorte un mode de vie, en rapport spirituel avec l'environnement et le monde, je puis vous assurer que ses membres vieillissent beaucoup mieux que dans nos sociétés gavées de barbituriques, d'antidépresseurs quand ce n'est pas l'alcool qui est volant de l'ordinaire. Mes vieux amis Hippies ne toussent pas, grimpent au sommet des montagnes, dansent rient et aiment malgré la morosité quelque peu répressives de nos doctes savants moulés dans la pensée normative. Je dirais que mes sources sont parallèles aux vôtres. Avec mes bonnes salutations. Gaël Hadey