samedi 29 novembre 2014

Le poète libanais qui légua "L'or du poème"






Le 28 novembre 2014 


Portrait de Saïd Akl par Jean Khalifé


«Créer n’est point reformer cendre/ C’est faire que le rien ait chair.»
 Saïd Akl





Alors que les larmes des Libanais n'ont pas encore séchés après la mort de la grande diva libanaise Sabah, le Liban perd aujourd'hui une deuxième icône : le Grand Saïd Akl.

 Le poète libanais est décédé, jeudi soir, dans son domicile, à l'âge de 102 ans, selon un de ses proches contacté par Annahar. "Saïd Akl a été admis à l'hôpital la semaine dernière et il était suivi par les médecins  après sa sortie de l'hôpital", a -t-il précisé. Et de poursuivre: "Il est décédé jeudi soir, à 11h30, à son domicile, accomplissant tous ses devoirs religieux". "Hier, il a passé toute la journée en priant", a conclu son proche.

Auteur de nombreux ouvrages libanais et arabes, Saïd Akl a aussi publié des recueils poétiques en français dont "L'Or est Poèmes" et "Sagesse de Phénicie."

Saïd Akl est un ardent défenseur de l'identité libanaise et de la langue libanaise, créant ainsi un alphabet  libanais en latin composé de 37 lettres. Selon Saïd Akl, le dialecte libanais devrait être indépendant de l'arabe.

"Viscéralement attaché au Liban, chantre de la Phénicie, l'homme séduit ou étonne, mais ne laisse jamais indifférent", c'est ainsi qu'Alexandre Najjar le définissait dans un article publié dans L'Orient littéraire en 2012 à l'occasion de son centenaire.

« L'alphabet libanais que j'ai créé comporte trente-six lettres (dont huit voyelles) rendant les phonèmes existant dans toutes les langues du monde. J'ai choisi les caractères latins à cause de leur universalité. Mon alphabet a un but : simplifier, permettre la clarté, ce qui n'exclut ni l'élégance ni la précision. Mon souhait est d'officialiser le libanais et de le substituer à l'arabe dans tout le pays. », écrit M. Najjar reprenant des extraits d'interviews du grand poète.

"Mon souhait est d'officialiser le libanais et de le substituer à l'arabe dans tout le pays
"Ce que je souhaite, c'est donner une âme à mon pays. La vocation du Liban est d'empêcher que la civilisation ne recule, car il est à la fois témoignage et témoin. »


Né le 4 juillet 1912 dans la ville  de Zahlé, reconnaissable à sa chevelure blanche en bataille, il était un farouche défenseur de la spécificité libanaise, insistant sur l'héritage phénicien du pays et rejetant avec force son appartenance arabe.

Il a toutefois entretenu avec cette langue un rapport étroit, écrivant de nombreux poèmes et de célèbres chansons devenues symbole du nationalisme arabe.
Parmi les plus connues, celle chantée par la diva libanaise Feyrouz, "Zahrat al-Madaen", la Fleur des villes, dédiée à Jérusalem après l'occupation israélienne,  "Ghanaytou Makka" sur l'islam et "Saailiini ya Sham" sur la Syrie.


Parmi ses principaux chef-d'oeuvres :

1935: Bint Yifta' 
1937: Al Majdaliyya
1944: Qadmos
1950: Rindalah
1954: Mushkilat al Nukhba
1960: Ajmal minki...? La!
1960: Lubnan in haka
1961: Ka's el Khamr
1961: Yara
1961: Ajraas al Yasmeen
1972: Kitab al Ward
1979: Qasaed min Daftari
1974: Kama al A'mida
1978: Khumasiyyat


"Il a entamé ses études à l'école des frères maristes à Zahlé. Le grand poète voulait devenir architecte mais à 15 ans, son père a perdu une grande somme d'argent. Il a alors été obligé de quitter son établissement scolaire pour assumer une grande responsabilité et le fardeau d'une maison prestigieuse.

Il est entré dans le monde du journalisme et de l'enseignement à Zahlé pour ensuite déménager à Beyrouth dans les années 1930. Son parcours dans les grands journaux libanais était parsemé de courage et de sincérité", rapporte l'Agence nationale d'information.

Saïd Akl a enseigné à l'Institut supérieur des Lettres, l'Institut des Lettres de l'Académie libanais des Beaux-arts et à l'Université Libanaise. Il a également enseigné l'histoire de la pensée libanaise à l'USEK et a donné des cours de théologie à la faculté de théologie à Saint-Antonios - Achrafieh. Il s'est approfondi dans la théologie et est devenu une référence digne de ce nom. Il a étudié l'histoire de l'Islam.

Le génie libanais s'est sacrifié pour son ambition et a forgé sa personnalité. Il a fondé et financé en 1962 le prix de la poésie pour le meilleur poète qui est capable de béatifier la beauté et d'inculquer l'amour du Liban.

Source annahar 


 « Au sifflement de sa plume, l’Histoire redevient un serpent qui danse. Qui danse l’amour, qui danse la guerre, qui danse les empires éteints et la faim d’un lendemain plus grandiose ».
Saïd Akl




Né en 1912 dans la ville de Zahlé (est), Said Akl est également connu pour son fameux "alphabet libanais" en latin. Reconnaissable à sa chevelure blanche en bataille, il était un farouche défenseur de la spécificité libanaise et de son indispensable affirmation.
Même si on l'a toujours cru opposé à la langue arabe, il a entretenu avec cette belle langue un rapport très spécifique. Il écrira ainsi de nombreux poèmes sublimes, transformés en de célèbres chansons devenues symboles du nationalisme arabe.

Parmi les plus connues, comme on l'a dit plus haut, Zahret al Madaen, chantée par Fayrouz après l'occupation de Jerusalem Est en 1967 :









Aucun commentaire: